{"id":48308,"date":"2023-12-27T07:47:41","date_gmt":"2023-12-27T06:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=48308"},"modified":"2023-12-27T19:45:38","modified_gmt":"2023-12-27T18:45:38","slug":"aventure-en-afrique-48","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=48308","title":{"rendered":"Aventure en Afrique (48)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #0000ff;\">Nous retournons au Niger. Cette fois-ci, ce n&rsquo;est plus G\u00e9raud mais Chantal, son \u00e9pouse, qui nous fait part de ses premi\u00e8res impressions de femme de coop\u00e9rant, pharmacienne de surcroit.\u00a0<\/span><\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-48323\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-16.07.18.png\" alt=\"\" width=\"542\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-16.07.18.png 542w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-16.07.18-300x191.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 542px) 100vw, 542px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0 Il y a cinquante ans, d\u00e9but janvier, je partais rejoindre G\u00e9raud, mon \u00e9poux qui effectuait son service militaire dans le cadre de la coop\u00e9ration technique, au Niger. C\u2019\u00e9tait mon premier grand\u00a0 voyage par avion pour une destination m\u00e9connue : le Sahel !<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Deux mois auparavant, par un concours de circonstances inesp\u00e9r\u00e9es, j\u2019avais rencontr\u00e9 un pharmacien de Toulon, qui s\u2019appr\u00eatait, par un itin\u00e9raire transsaharien, via la M\u00e9diterran\u00e9e et l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 rejoindre le Niger. Il lui \u00e9tait n\u00e9cessaire d\u2019avoir un pharmacien assistant, rempla\u00e7ant, dans son officine de Niamey\u2026<!--more--><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je suis arriv\u00e9e par une chaleur torride insoup\u00e7onn\u00e9e, elle venait du sol lat\u00e9ritique rouge de la piste du petit a\u00e9roport. Aux formalit\u00e9s de douane et \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration de mon bagage, le personnel \u00e9tait noir, peu de blancs. Je retrouvai mon mari accompagn\u00e9 de quelques-uns en tenue saharienne, d\u2019autres en boubou.<br \/>\nG\u00e9raud \u00e9tait venu me chercher en\u00a0 2CV, v\u00e9hicule d\u2019exportation rustique\u00a0 qu\u2019il avait achet\u00e9 \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Il me fit d\u00e9couvrir la case de passage, o\u00f9 il avait v\u00e9cu avant mon arriv\u00e9e, case dite \u201cdes infirmi\u00e8res\u201c situ\u00e9e dans un\u00a0 quartier populeux \u00a0au milieu des cases africaines en banco. La cour \u00e9tait\u00a0 agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019un cassia et entour\u00e9e d\u2019un haut mur,\u00a0 rougi par la poussi\u00e8re du sol, l\u00e0 au soleil se doraient des margouillats. Le \u00a0soir de mon arriv\u00e9e, G\u00e9raud d\u00e9cide de me faire faire un tour de ville en voiture, je suis surprise par la tomb\u00e9e tr\u00e8s rapide de la nuit, peu d\u2019\u00e9clairage public, de grands passages dans l\u2019obscurit\u00e9 \u00a0profonde (nous sommes en zone tropicale proche de l\u2019\u00e9quateur).Seuls les phares de la voiture \u00e9clairaient la route ensabl\u00e9es, quelques arbres difficilement visibles bordaient les grandes voies, autour le noir absolu\u2026\u00a0.<br \/>\nSoudainement des milliers de \u00ab lucioles \u00bb, petites lumi\u00e8res des lampes \u00e0 huile ou \u00e0 p\u00e9trole des seuils des cases apparaissent, certaines sont ambulantes port\u00e9es\u00a0 par les africains dont la silhouette se confondait avec l\u2019obscurit\u00e9 de la nuit. Nous arrivons sur le pont Kennedy, \u00e9clair\u00e9 seulement par les lampes qui se d\u00e9pla\u00e7aient. C\u2019\u00e9tait le seul pont qui enjambait le fleuve Niger \u00e0 cette \u00e9poque. Nous retrouvons plus pr\u00e8s de nous des foyers \u00e0 brochettes sur de minuscules esplanades, (d\u00e9laiss\u00e9s du bord de route) o\u00f9 les lumi\u00e8res s\u2019agitent en \u00a0va et vient. C\u2019est la vie nocturne des africains \u00e0 l\u2019abri de la grande chaleur diurne !\u00a0 Faisant demi-tour apr\u00e8s la travers\u00e9e du pont, nous faisons face au centre-ville perdu dans l\u2019obscurit\u00e9. Tout en roulant nous apercevons deux grands immeubles modernes, passant \u00e0 leur pied, nous appr\u00e9cions leur grande hauteur : La \u00abSONARA \u00bb et \u00a0\u00ab EL \u00a0NASSER \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-48324\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Capture-decran-2023-12-07-a-16.07.39.png\" alt=\"\" width=\"278\" height=\"251\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Ma premi\u00e8re visite de nuit s\u2019arr\u00eate l\u00e0, avec l\u2019impression de la d\u00e9mesure de ces immeubles au ras des constructions traditionnelles en banco, sans \u00e9tage.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Quelques jours apr\u00e8s, je venais \u00e0 la pharmacie ; c\u2019\u00e9tait un b\u00e2timent \u00a0\u00e0 murs \u00e9pais, de style colonial s\u2019\u00e9tirant en bordure de la place du march\u00e9 : un quai surmont\u00e9 d\u2019une galerie \u00e0 piliers et d\u2019un fronton \u00e0 claustras, l\u2019ensemble de couleur blanche impr\u00e9gn\u00e9e de poussi\u00e8re de sable rouge. En arri\u00e8re deux grandes vitrines sans publicit\u00e9 ni d\u00e9coration, pour la lumi\u00e8re du jour, \u00e9taient celles de la pharmacie, une troisi\u00e8me celle du magasin de photos \u00ab Kodak\u00a0 \u00bb, attenant. Le tout appartenait au pharmacien titulaire qui m\u2019embauchait : Louis-Henri Mouren.<br \/>\nSit\u00f4t les marches du quai franchies, je trouvai un premier personnage : le gardien, adoss\u00e9 \u00e0 un pilier, un grand noir, petit chapeau noir sans bord style<br \/>\n\u201cch\u00e9chia \u201d, \u00e9dent\u00e9. Quelques doigts restaient \u00e0 ses mains abim\u00e9es par la l\u00e8pre blanchie. Une tunique beige laissait appara\u00eetre ses jambes maigres dont les pieds retenaient avec peine des \u00ab samaras \u00bb. Une b\u00e9quille ancienne, dans le creux de son \u00e9paule le soutenait. De sa b\u00e9quille, redoutable et mena\u00e7ante, il faisait fuir les enfants espi\u00e8gles, les estropi\u00e9s, les culs de jatte qui venaient mendier.<br \/>\nJ\u2019entrais dans le magasin, l\u2019air frais, \u00a0contrastait avec le dehors o\u00f9 la chaleur \u00e9tait \u00e0 peine soutenable. Dans la mie-ombre, de grands ventilateurs, tels des h\u00e9lices d\u2019avion pendaient au plafond. De hautes \u00e9tag\u00e8res tapissaient les murs, deux longues \u00e9chelles y \u00e9taient adoss\u00e9es\u00a0; au sol le comptoir en \u00ab L \u00bb, avec \u00e0 l\u2019angle la caisse. Celle-ci \u00e9tait actionn\u00e9e par une manivelle et ne distribuait pas de tickets. Elle recevait les pi\u00e8ces de monnaie, les billets (francs CFA), des carr\u00e9s de papier \u00ab bons \u00bb, estampill\u00e9s ou sign\u00e9s, ils servaient ult\u00e9rieurement \u00e0 \u00e9tablir les factures correspondantes, adress\u00e9es ensuite aux payeurs ! C\u2019\u00e9tait la gestionnaire, Mme Havard dit Duclos, \u00e9pouse d\u2019un adjudant-chef cantonn\u00e9 sur la base a\u00e9rienne fran\u00e7aise de Niamey, qui tournait la manivelle. Grande femme, quill\u00e9e sur des talons compens\u00e9s, menant \u00e0 grands \u00e9clats de voix et \u00e0 grands pas le personnel africain (trois employ\u00e9s noirs). Elle assurait le \u00ab public relation \u00bb surtout avec les blancs ! Elle avait peu de connaissances m\u00e9dicales.<br \/>\nCela contrastait avec Jean, d\u2019origine dahom\u00e9enne (B\u00e9nin), de petite taille, rond, ancien infirmier de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Il \u00e9tait catholique et avait quatre \u00e9pouses qu\u2019il devait honorer \u00e0 tour de r\u00f4le dans leurs diff\u00e9rents logements ! Il servait les clients, assurait des soins \u00e0 l\u2019infirmerie. Il \u00e9tait responsable des commandes et des relations avec le service des douanes. Pour ce service il fallait fournir toujours\u00a0\u00ab\u00a0 quelque chose\u00a0\u00bb : des liasses de papiers (imprim\u00e9s de d\u00e9clarations) et de la \u00ab monnaie cadeau \u00bb !<br \/>\nBoubacar, grand mince, jeune, portant des lunettes, \u00e0 la d\u00e9marche nonchalante, intellectuel, d\u2019ethnie Haoussa, \u00e9tait surtout vendeur, parfois magasinier.<br \/>\nPar un passage \u00a0on acc\u00e9dait, au bureau en partie vitr\u00e9. Il y avait l\u00e0 le coffre-fort, une \u00e9tag\u00e8re avec quelques dossiers, un r\u00e9frig\u00e9rateur, une table et deux chaises.\u00a0 Venait ensuite l\u2019arri\u00e8re-boutique occup\u00e9e par des rayonnages et de petites r\u00e9serves. C\u2019\u00e9tait le domaine d\u2019Ibrahima. Il recevait, pla\u00e7ait les commandes et, par une sorte de passe-plats, il fournissait les m\u00e9dicaments \u00e0 l\u2019appel de Boubacar\u00a0 dans un langage commun : \u00ab Brema ! 3 aspirines \u00bb. Ibrahima \u00e9tait petit, mince, plus \u00e2g\u00e9 et d\u2019ethnie Djerma. Il \u00e9tait musulman, \u00a0s\u2019interrompait pour faire sa \u00a0pri\u00e8re sur un petit tapis qu\u2019il orientait.<br \/>\nCes trois personnages parlaient le fran\u00e7ais, langue nationale, savaient le lire. Ils parlaient aussi les langages de leurs ethnies avec les clients. Ils avaient en commun une expression phon\u00e9tique \u00ab vouala\u00ef \u00bb, en fran\u00e7ais \u00ab nom de Dieu \u00bb, exclamation qu\u2019ils utilisaient souvent, signifiant l\u2019\u00e9tonnement, l\u2019admiration, la stupeur\u2026\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-weight: 400;\">Par les petites r\u00e9serves, on d\u00e9bouchait dans une ruelle interne \u00e0 ciel ouvert. Sur un c\u00f4t\u00e9 elle donnait acc\u00e8s \u00e0 de grandes r\u00e9serves, l\u2019air\u00a0 \u00e9tait confin\u00e9, surchauff\u00e9, brulant m\u00eame, on y travaillait seulement le matin dans la p\u00e9nombre, seules les portes ouvertes donnaient de la lumi\u00e8re. Les m\u00e9dicaments \u00a0\u00e9taient prot\u00e9g\u00e9s dans les caisses d\u2019arrivage, en bois, empil\u00e9es en guise d\u2019\u00e9tag\u00e8res. En suivant on trouvait un petit laboratoire et l\u2019infirmerie,\u00a0 qui faisaient face \u00e0 un escalier menant \u00a0\u00a0\u00e0 l\u2019appartement, en \u00e9tage de M. Mouren. Un bout de la ruelle \u00e9tait mur\u00e9, l\u2019autre avait une porte, cette derni\u00e8re donnait sur une rue passante.<br \/>\nA l\u2019arri\u00e8re comme \u00e0 l\u2019avant de la pharmacie, se tenaient des \u00ab kaya-kaya \u00bb (petits marchands \u00e0 \u00e9tal r\u00e9duit), une foule grouillante, color\u00e9e, de marchands ambulants, de passants, de mendiants, de clients, d\u00e9ferlaient\u2026 !<br \/>\nLe gardien surveillait\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous retournons au Niger. 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