{"id":47911,"date":"2023-11-16T16:47:55","date_gmt":"2023-11-16T15:47:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=47911"},"modified":"2024-11-04T18:25:12","modified_gmt":"2024-11-04T17:25:12","slug":"rendez-vous-a-cinq-heures-avec-une-facon-dailer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=47911","title":{"rendered":"Rendez-vous \u00e0 cinq heures avec une fa\u00e7on d&rsquo;aimer"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><strong style=\"color: #800080; text-align: justify;\"><em>la page de 16h47 est ouverte&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-23460\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TASSE-DE-THE%CC%81.jpg\" alt=\"\" width=\"62\" height=\"79\" \/><\/p>\n<h6 style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Critique litt\u00e9raire<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">par Lorenzo dell&rsquo;Acqua<\/span><\/h6>\n<h6 style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><strong>Une fa\u00e7on d\u2019aimer<\/strong><br \/>\n<em>Dominique Barberis, 2023<\/em><\/h6>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">A la diff\u00e9rence de Modiano, D. Barberis, l\u2019auteur du roman \u00ab\u00a0Une fa\u00e7on d\u2019aimer\u00a0\u00bb, ne se nourrit pas de bribes de souvenirs mais de bribes de t\u00e9moignages. Son imagination comble les vides pour inventer une histoire coh\u00e9rente alors que celles de Modiano restent toujours floues. Son roman, plus proche de Maupassant, est criant de v\u00e9rit\u00e9 en particulier sa description de la vie coloniale en Afrique \u00e0 la fin des ann\u00e9es cinquante\u00a0; on s\u2019y croirait.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0\u00ab\u00a0Une fa\u00e7on d\u2019aimer\u00a0\u00bb est une histoire banale comme en vivent beaucoup de gens dont on n\u2019entendra jamais parler et qui ne seront jamais des h\u00e9ros. Aux yeux de son auteur, ils le sont autant que Madame Bovary. Ses personnages obscurs, pour ne pas dire quelconques, ressentent un jour la m\u00eame chose que les personnages de romans : la passion. D. Barberis nous dit que la passion existe aussi chez ceux qui, intellectuellement, culturellement, socialement, n\u2019en sont pas les protagonistes classiques. Elle redonne leurs titres de noblesse \u00e0 tous ceux qui ont connu pour de vrai ce que les romans racontent pour de faux. Eux, ils l\u2019ont v\u00e9cue, ils en ont souffert et parfois ils en sont morts. Qui le dit, qui le raconte, qui le sait\u00a0? C\u2019est surement une de ses qualit\u00e9s de r\u00e9ussir \u00e0 int\u00e9resser les lecteurs \u00e0 des gens banals dont l\u2019histoire n\u2019est exceptionnelle <!--more-->qu\u2019\u00e0 leurs propres yeux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Pourtant, je n\u2019ai pu me projeter dans aucun de ses personnages. Est-ce parce qu\u2019elle les d\u00e9crit de fa\u00e7on trop liss\u00e9e, sans v\u00e9ritables d\u00e9fauts mais sans v\u00e9ritables qualit\u00e9s non plus\u00a0? On devine cependant que l\u2019aventurier coureur de jupons, le m\u00e9decin c\u00e9libataire, le boy hostile, la grand-m\u00e8re autoritaire en ont mais l\u2019auteur fait le choix de ne parler que de leurs bons c\u00f4t\u00e9s\u00a0: l\u2019aventurier est sensible, le m\u00e9decin humain, le boy affectueux et la grand-m\u00e8re g\u00e9n\u00e9reuse. Ce parti pris s\u2019appelle la bienveillance sans laquelle il n\u2019y a pas de vie affective possible en famille comme en amiti\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En \u00e9voquant la bienveillance et la passion, le roman de D. Barberis exprime \u00e0 sa mani\u00e8re un aphorisme bien connu\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019amour est aveugle et l\u2019amiti\u00e9 ferme les yeux\u00a0\u00bb. Il pose aussi une autre question : la bienveillance est-elle une qualit\u00e9 ou un d\u00e9faut, justement parce qu\u2019elle ne retient que les qualit\u00e9s et oublie les d\u00e9fauts\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Une fa\u00e7on d\u2019aimer\u00a0\u00bb m\u2019a aussi plu parce que c\u2019est une fiction indiscernable de la r\u00e9alit\u00e9. Est-ce que tous les grands romans qui j\u2019ai aim\u00e9s ont cette particularit\u00e9 ? Impossible de le savoir quand ils se passent dans une \u00e9poque, une soci\u00e9t\u00e9, un lieu, dont nous ignorons tout. Certains pensent que les grandes id\u00e9es et les grands sentiments sont universels, intemporels et touchent tout le monde. Je n\u2019en suis pas si s\u00fbr et les \u00e9v\u00e9nements actuels auraient tendance \u00e0 prouver le contraire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>la page de 16h47 est ouverte&#8230; Critique litt\u00e9raire par Lorenzo dell&rsquo;Acqua Une fa\u00e7on d\u2019aimer Dominique Barberis, 2023 A la diff\u00e9rence de Modiano, D. Barberis, l\u2019auteur du roman \u00ab\u00a0Une fa\u00e7on d\u2019aimer\u00a0\u00bb, ne se nourrit pas de bribes de souvenirs mais de bribes de t\u00e9moignages. 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