{"id":46827,"date":"2023-09-01T16:47:40","date_gmt":"2023-09-01T14:47:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46827"},"modified":"2023-09-02T13:29:29","modified_gmt":"2023-09-02T11:29:29","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-46-47-48-et49","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46827","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (46, 47, 48 et49)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\">Chapitre 46<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">L\u2019arr\u00eat du Conseil d\u2019Etat annulant les r\u00e9sultats du r\u00e9f\u00e9rendum fut \u00e0 l\u2019origine d\u2019une situation in\u00e9dite comme n\u2019en avait encore jamais connue le JdC. En effet, son fondateur en 1912, monsieur Emile Zola, avait impos\u00e9 que l\u2019Assembl\u00e9e des lecteurs ait 51 % des voix au Conseil de Gestion du journal. Cette mesure consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9magogique par la plupart de ses directeurs successifs, allait remettre en cause son existence m\u00eame. Le rejet par le Conseil d\u2019Etat <!--more-->d\u00e9jugeait la Direction en place et imposait la tenue d\u2019\u00e9lections anticip\u00e9es \u00e0 la t\u00eate du JdC. Son R\u00e9dacteur en Chef et en poste, un scientifique rigoureux, froid et peu enclin \u00e0 la gaudriole, le prit fort mal. L\u2019opposition qui se permettait de le contester \u00e9tait men\u00e9e par madame Lari\u00e9geoise, une militante \u00e9colo-communiste qui avait d\u00e9but\u00e9 en bas de l\u2019\u00e9chelle comme secr\u00e9taire puis gravi tous les \u00e9chelons de la hi\u00e9rarchie pour se retrouver, certes en fin de carri\u00e8re, pour ne pas dire dans les prolongations, expert au contr\u00f4le de gestion. Bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 dans un lointain pass\u00e9 sa voisine \u00e0 l\u2019\u00e9cole maternelle de la rue Durouchoux, elle refusait les frasques directives d\u2019un R\u00e9dacteur en Chef jadis bienaim\u00e9 que ses succ\u00e8s litt\u00e9raires r\u00e9cents avaient quelque peu \u00e9loign\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le r\u00e9sultat des \u00e9lections ne fut une surprise pour personne sauf pour Jim qui ne voyait point de salut en dehors de son ancien chef-scout au lyc\u00e9e Saint Louis. Ce dernier fut mis en ballotage d\u00e9favorable face \u00e0 madame Lari\u00e9geoise qui avait r\u00e9ussi le prodige de faire revenir participer au vote son vieil ami Ren\u00e9-Jean, \u00e9migr\u00e9 au Canada. Sur le plan arithm\u00e9tique (excusez-moi de me m\u00ealer de ce qui ne rel\u00e8ve pas de ma comp\u00e9tence) la situation \u00e9tait sans solution. Pour obtenir la majorit\u00e9 absolue, une alliance contre nature devait se faire entre Lari\u00e9geoise (extr\u00eame gauche mod\u00e9r\u00e9e) et Ph. (extr\u00eame droite mod\u00e9r\u00e9e). D\u2019un c\u00f4t\u00e9 la candeur juv\u00e9nile d\u2019une femme honn\u00eate bien qu\u2019elle ne f\u00fbt plus juv\u00e9nile, de l\u2019autre la roublardise d\u2019un expert dans l\u2019art d\u2019\u00e9carter ses concurrents sur le plan litt\u00e9raire comme ce pauvre Lorenzo, auteur d\u2019un roman m\u00e9connu qu\u2019il avait plagi\u00e9 et dont il avait tir\u00e9, l\u2019honn\u00eatet\u00e9 obligeait \u00e0 le reconnaitre, un chef d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">De quoi ne pas s\u2019en remettre, se lamentait tous les soirs Lorenzo depuis qu\u2019il ne d\u00e9lirait plus. Madame Lari\u00e9geoise, \u00e0 laquelle ses obligations \u00e0 la t\u00eate du Parti Communiste de Chants de F\u00e9es laissaient du temps libre, \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e0 venir lui remonter le moral.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Ne t\u2019inqui\u00e8te pas, mon petit Lorenzo, on va lui faire la peau \u00e0 ce pilleur d\u2019intrigues\u00a0!<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Elle employait ce langage bienveillant digne des psychanalystes alors qu\u2019elle mesurait vingt centim\u00e8tres de moins que\u00a0lui ce qui ne manqua pas de susciter certaines interrogations chez ses biographes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Gr\u00e2ce aux efforts des deux partis, un compromis acceptable fut trouv\u00e9 dans la nuit du 24 d\u00e9cembre\u00a0: Ph. resterait R\u00e9dacteur en Chef-Bienaim\u00e9 (il avait exig\u00e9 que la d\u00e9finition de son poste soit mot \u00e0 mot celle-l\u00e0 et que soit confirm\u00e9e sa qualit\u00e9 de Bienaim\u00e9 dont personne ne comprenait la n\u00e9cessit\u00e9 et encore moins la justification) et madame Lari\u00e8geoise occuperait d\u00e9sormais le poste de Directrice-Adjointe ce qui lui conf\u00e9rait un poids consid\u00e9rable (<em>\u00e0 la t\u00eate du JdC, NDLR<\/em>). Autrement dit, son avis devenait aussi important que celui de Ph. et, sur le plan \u00e9lectoral, sa double-voix \u00e9quivalente \u00e0 la sienne. L\u2019issue du futur r\u00e9f\u00e9rendum risquait d\u2019\u00eatre diff\u00e9rente de la pr\u00e9c\u00e9dente ce qu\u2019esp\u00e9rait l\u2019auteur d\u2019<em>A la recherche des corneilles perdues au chapitre 45<\/em>.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Chapitre 47<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Quand ils se retrouv\u00e8rent \u00e0 la terrasse du Cyrano o\u00f9 ils avaient convenu de prendre l\u2019ap\u00e9ritif ensemble, Fran\u00e7oise et Annick furent impressionn\u00e9es par la tristesse de Ph. Non seulement, il avait la mine d\u00e9faite, mais en plus il ne disait pas un mot ce qui \u00e9tait tr\u00e8s inhabituel chez lui. Le contraste \u00e9tait saisissant avec les deux jeunes femmes qui rayonnaient de bonheur\u00a0: Fran\u00e7oise, dont la vie avec Pierre s\u2019\u00e9panouissait dans l\u2019attente d\u2019un premier enfant, et Annick, dont la relation avec Pierre atteignait les sommets de l\u2019\u00e9rotisme. Fran\u00e7oise, plus polie que jalouse, ne releva pas cette all\u00e9gation dont elle doutait en raison du poids de son amie et de l\u2019\u00e2ge de son mari.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est Annick qui tenta la premi\u00e8re de d\u00e9rider l\u2019\u00e9crivain en lui racontant le retour \u00e0 la raison miraculeux de Lorenzo dell\u2019Acqua quand il avait vu son voisin de palier entrer dans sa chambre d\u2019h\u00f4pital. Les incessantes campagnes de fouilles de Pierre et l\u2019hospitalisation prolong\u00e9e de Lorenzo expliquaient pourquoi ce dernier n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 du mariage dans l\u2019intimit\u00e9 des deux tourtereaux. Ph. se r\u00e9jouit du r\u00e9tablissement de Lorenzo mais ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019os\u00e8rent le questionner sur le drame du Marais Poitevin.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Il a eu bien de la chance de survivre aux morsures d\u2019un ragondin enrag\u00e9<\/em><\/li>\n<li><em>Mais, il n\u2019a pas jamais \u00e9t\u00e9 mordu\u00a0ni enrag\u00e9 ! affirma Fran\u00e7oise<\/em><\/li>\n<li><em>Ah bon, je l\u2019ai pourtant toujours cru. Et quelle \u00e9tait la nature de ses blessures\u00a0?<\/em><\/li>\n<li><em>Des lac\u00e9rations comme auraient pu en faire les griffes de cet animal ou un fouet.<\/em><\/li>\n<li><em>Bah, l\u2019essentiel est qu\u2019il s\u2019en soit tir\u00e9, <\/em>dit-il pour clore la discussion qui semblait le mettre mal \u00e0 l\u2019aise<\/li>\n<li><em>Oui, d\u2019accord, mais au prix de deux ans d\u2019hospitalisation, ce n\u2019est tout de m\u00eame pas rien, <\/em>ajouta Fran\u00e7oise quelque peu scandalis\u00e9e par l\u2019apparente indiff\u00e9rence de Ph..<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La r\u00e9serve de Ph. se comprenait d\u2019autant mieux qu\u2019il avait reconnu Fran\u00e7oise aux c\u00f4t\u00e9s de Lorenzo dans le Marais ce dont il n\u2019avait pas fait \u00e9tat au proc\u00e8s. Fran\u00e7oise, de son c\u00f4t\u00e9 et bien qu\u2019elle n\u2019ait pas os\u00e9 jurer, \u00e9tait convaincue que l\u2019agresseur de Lorenzo n\u2019\u00e9tait pas un ragondin, mais lui, Ph., l\u2019\u00e9crivain \u00e0 la mode qu\u2019elle avait reconnu dans le faisceau de sa lampe torche. La col\u00e8re lui fit monter le rouge au visage mais elle se contint et ils pass\u00e8rent \u00e0 un autre sujet de conversation.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Alors, ce nouveau roman, <\/em>lan\u00e7a Annick, <em>il marche comment\u00a0?<\/em><\/li>\n<li><em>Pas trop mal mais j\u2019ai des soucis avec la municipalit\u00e9 de Chants de F\u00e9es dont la Maire, qui est pourtant une amie d\u2019enfance, veut m\u2019intenter un proc\u00e8s au pr\u00e9texte que ma description des lieux est d\u00e9valorisante et risque d\u2019\u00e9loigner les \u00e9ventuels acqu\u00e9reurs d\u2019une r\u00e9sidence secondaire dans le bas de l\u2019Aisne. <\/em><\/li>\n<li><em>Parler de r\u00e9sidence secondaire me semble un rien optimiste, il s\u2019agit plut\u00f4t de r\u00e9sidence fun\u00e9raire pour un enterrement de premi\u00e8re classe, <\/em>crut dr\u00f4le d\u2019ajouter Annick.<\/li>\n<li><em>Pas tant que \u00e7a, <\/em>leur expliqua Ph.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400;\">La d\u00e9couverte d\u2019un gisement de p\u00e9trole dans les douves de la maison dont il avait h\u00e9rit\u00e9 avait transform\u00e9 la situation \u00e9conomique du village. A part les derricks et les \u00e9oliennes, la Maire \u00e9cologiste de Chants de F\u00e9es avait affirm\u00e9 qu\u2019il n\u2019y aurait aucune d\u00e9gradation de l\u2019environnement. Cette information ne rassura pas pour autant Ph. bien qu\u2019il fut un passionn\u00e9 de westerns. Ce qui l\u2019avait d\u00e9sol\u00e9 en plus de la pollution visuelle, c\u2019\u00e9tait l\u2019afflux d\u2019hommes d\u2019affaires chinois. Pour les habitants de Chants de F\u00e9es qui avaient esp\u00e9r\u00e9 la venue de retrait\u00e9s aimables et conviviaux dans leur charmant village, le choc fut rude. La demeure de Ph. que sa d\u00e9licieuse \u00e9pouse avait transform\u00e9e en chambres d\u2019h\u00f4tes croula sous les demandes de r\u00e9servation en provenance de P\u00e9kin. Elle qui avait pris l\u2019habitude de recevoir un couple tous les trois mois, et encore seulement en p\u00e9riode estivale, ne savait plus o\u00f9 donner de la t\u00eate. Pragmatique, elle s\u2019\u00e9tait mise imm\u00e9diatement \u00e0 apprendre le chinois.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Chapitre 48<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Sur ces entrefaites travers\u00e8rent la rue de M\u00e9dicis deux vieilles connaissances de Ph, ses amis de cinquante ans, Bruno Body et Z\u00e9ro Lamy, qui l\u2019aper\u00e7urent assis \u00e0 la terrasse ensoleill\u00e9e du Cyrano et vinrent le saluer. Bruno, en orf\u00e8vre du quai du m\u00eame nom, reconnut Fran\u00e7oise avant m\u00eame que Ph fit les pr\u00e9sentations. C\u2019\u00e9tait la jeune femme qui avait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de l\u2019aventure de Lorenzo dans le Marais et au proc\u00e8s qui s\u2019en \u00e9tait suivi. Bien \u00e9videmment, il n\u2019en dit rien mais il tenait enfin une piste qui l\u2019aiderait peut-\u00eatre \u00e0 prouver la culpabilit\u00e9 de son ami.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Ils devis\u00e8rent tous les cinq de la chaleur inhabituelle, des trottinettes \u00e9lectriques et des prochaines \u00e9lections. Ils \u00e9cout\u00e8rent aussi le r\u00e9cit passionnant des soucis de Z\u00e9ro Lamy dans la R\u00e9serve du Serengeti dont il \u00e9tait le Directeur. Des braconniers cherchaient \u00e0 obtenir par tous les moyens des cornes de rhinoc\u00e9ros pour leurs vertus aphrodisiaques fort pris\u00e9es au Japon, pas telles quelles mais une fois r\u00e9duites en poudre, \u00e9videmment. Ce trafic lucratif \u00e9tait une plaie qui risquait de faire dispara\u00eetre les derniers sp\u00e9cimens de cette esp\u00e8ce en voie d\u2019extinction. Comme il \u00e9tait difficile voire suicidaire de vouloir arracher la corne d\u2019un rhinoc\u00e9ros vivant, ils commen\u00e7aient par tuer l\u2019animal avant d\u2019ex\u00e9cuter leur forfait.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Quand ils prirent cong\u00e9s, Z\u00e9ro Lamy accompagna Ph. \u00e0 l\u2019Institut o\u00f9 il devait participer \u00e0 une s\u00e9ance consacr\u00e9e \u00e0 la place de la photographie\u00a0dans l\u2019art, les deux jeunes femmes all\u00e8rent se faire bronzer sur les fauteuils autour du bassin du Jardin du Luxembourg et Bruno pr\u00e9texta un besoin urgent pour se rendre aux toilettes du Cyrano. Il p\u00e9n\u00e9tra dans celle r\u00e9serv\u00e9e aux handicap\u00e9s, non parce qu\u2019il l\u2019\u00e9tait, mais parce qu\u2019elle \u00e9tait assez vaste pour ce qu\u2019il avait \u00e0 faire. Il sortit de sa poche une barbe postiche, une perruque, de grosses lunettes aux montures en \u00e9caille, un stetson blanc puis retourna sa veste qui de beige devint marron fonc\u00e9. Le patron du Cyrano ne sembla pas surpris de voir sortir des toilettes l\u2019inspecteur Clouzot en personne. L\u2019objectif de Bruno \u00e9tait de suivre discr\u00e8tement Fran\u00e7oise et de l\u2019interroger d\u00e8s que son amie l\u2019aurait quitt\u00e9e. Il se camouflait ainsi parce que la d\u00e9ontologie lui interdisait ces pratiques ch\u00e8res aux d\u00e9tectives priv\u00e9s de Truffaut mais indignes d\u2019un haut fonctionnaire asserment\u00e9 de la PJ.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Il rep\u00e9ra les deux amies assises au bord du bassin du Luxembourg et attendit qu\u2019elles se l\u00e8vent pour se mettre \u00e0 leurs trousses sans \u00e9veiller leurs soup\u00e7ons. Elles firent dans Paris un p\u00e9riple qui dura une bonne heure avant de se s\u00e9parer. Jadis sportif de haut niveau Bruno constata sur son i-phone que son essoufflement anormal \u00e9tait du aux 8,7 km parcourus depuis leur d\u00e9part. Mais l\u2019essentiel \u00e9tait qu\u2019il allait enfin pouvoir aborder Fran\u00e7oise et la questionner.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Celle-ci faillit crier au secours quand l\u2019inspecteur Clouzot la prit par le bras et lui murmura \u00e0 l\u2019oreille, par d\u00e9formation professionnelle\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><em>Suivez-moi, il ne vous sera fait aucun mal.<\/em><\/li>\n<li><em>Mais que me voulez-<\/em>vous\u00a0?<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Bruno arracha sa barbe postiche et sa perruque. Fran\u00e7oise \u00e9clata de rire<\/p>\n<ul>\n<li><em>Auriez-vous<\/em> <em>un moment \u00e0 me consacrer, j\u2019aimerais vous poser deux ou trois questions relatives \u00e0 l\u2019accident de Lorenzo\u00a0?<\/em><\/li>\n<li><em>Mais volontiers <\/em>lui r\u00e9pondit -elle.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Chapitre 49<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Par souci de discr\u00e9tion, Bruno et Fran\u00e7oise s\u2019install\u00e8rent au fond d\u2019un bar en bas des Champs Elys\u00e9es. Ni une, ni deux, Bruno n\u2019y alla pas par quatre chemins et Fran\u00e7oise re\u00e7ut son message cinq sur cinq. Il commen\u00e7a par lui expliquer la raison de sa d\u00e9marche sans omettre de lui r\u00e9v\u00e9ler sa profession et Fran\u00e7oise ne put cacher sa joie de pouvoir enfin dire ce qu\u2019elle avait sur le c\u0153ur. Ses r\u00e9v\u00e9lations ne surprirent pas Bruno\u00a0; elles ne faisaient que confirmer ses soup\u00e7ons. Non seulement, son ami \u00e9tait un voleur d\u2019intrigues comme le lui avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 Ren\u00e9-Jean mais en plus un assassin potentiel comme venait de le lui confirmer Fran\u00e7oise. Bruno se dit que le roman a priori l\u00e9ger dans lequel il avait accept\u00e9 de jouer un petit r\u00f4le virait au lourd.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Tous les deux s\u2019interrog\u00e8rent ensuite sur le mobile de Ph. Pourquoi s\u2019attaquer \u00e0 un m\u00e9decin \u00e0 la retraite, photographe et bienveillant\u00a0? Fran\u00e7oise, qui connaissait les deux personnages, se posait la question depuis deux ans sans avoir trouv\u00e9 la moindre explication possible. Bruno lui rapporta alors le contenu des confidences de Louis-Charles qu\u2019ignoraient Fran\u00e7oise ainsi que sa d\u00e9couverte chez un bouquiniste.<\/p>\n<ul>\n<li><em>Ah bon, en plus de ses qualit\u00e9s de photographe, Lorenzo s\u2019est essay\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture\u00a0?<\/em><\/li>\n<li><em>Oui, mais sans aucun succ\u00e8s. Il faut reconna\u00eetre qu\u2019il s\u2019y \u00e9tait mal pris en confiant son roman au JdC dans lequel il parut en feuilletons assortis de commentaires pas toujours bienveillants de son R\u00e9dacteur en Chef. <\/em><\/li>\n<li><em>Oui, d\u2019accord, ce n\u2019\u00e9tait pas malin, mais pas de quoi expliquer la suite <\/em><\/li>\n<li><em>Si, <\/em>lui r\u00e9pondit Bruno<em>, parce qu\u2019apr\u00e8s avoir d\u00e9moli son roman dans les lignes de son Journal en ligne, son R\u00e9dacteur en Chef qui n\u2019\u00e9tait autre que Ph. reprit l\u2019intrigue fort originale \u00e0 son profit et publia six mois plus tard Un Souper d\u2019Aveugles dont vous connaissez le succ\u00e8s commercial ph\u00e9nom\u00e9nal. C\u2019est lui qui conduisit Ph. au Prix Goncourt et \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise.<\/em><\/li>\n<li><em>Et alors\u00a0?<\/em><\/li>\n<li><em>Et alors, eh bien, Lorenzo d\u00e9couvrit le pot aux roses et je le soup\u00e7onne sans preuve il est vrai d\u2019avoir exerc\u00e9 un chantage aupr\u00e8s de Ph. Ce dernier ne trouva d\u2019autre solution pour lui \u00e9chapper que de l\u2019\u00e9liminer physiquement. Dans les archives de la PJ, il est rapport\u00e9 plusieurs \u00e9v\u00e9nements troubles qui ont parsem\u00e9 la vie de l\u2019\u00e9crivain. Un s\u00e9jour \u00e0 la prison de la Sant\u00e9 suite \u00e0 la noyade dans la Seine de son ami Louis-Charles \u00e9vit\u00e9e de justesse, plusieurs sinistres dont il aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019auteur en Afrique comme l\u2019incendie de la ferme de Karen Blixen dont il aurait ensuite d\u00e9tourn\u00e9 les assurances \u00e0 son profit, des menaces r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ayant conduit son ami d\u2019enfance Louis-Charles \u00e0 s\u2019exiler au Canada apr\u00e8s le plasticage de son Ch\u00e2teau de sable sur la plage de Saint Br\u00e9vin, le r\u00e9cit sulfureux dans Playboy de la jeunesse de Lari\u00e9geoise, la c\u00e9l\u00e8bre cantatrice, qu\u2019il avait su monnayer au prix fort, le vol de la robe de chambre de Marcel Proust au Mus\u00e9e Gr\u00e9vin, qui n\u2019en sont que les exemples les moins terribles. Il \u00e9chappa au pire gr\u00e2ce \u00e0 son intelligence exceptionnelle qu\u2019avait signal\u00e9e ses professeurs dans une Ecole Scientifique prestigieuse dont il sortit major en 1968 avant de se lancer dans une carri\u00e8re rappelant celle d\u2019Ars\u00e8ne Lupin bien qu\u2019il n\u2019ait jamais h\u00e9sit\u00e9, lui, \u00e0 s\u2019attaquer aux faibles et aux d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s comme le d\u00e9montre sa tentative d\u2019assassinat sur Lorenzo dans le Marais Poitevin.<\/em><\/li>\n<li><\/li>\n<li><b>Lorenzo dell\u2019Acqua<\/b><\/li>\n<li><\/li>\n<li><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE ???? \u00a0 \u00a0 <\/em><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #0000ff;\"><em>VRAIMENT ?<\/em><\/span><\/li>\n<li><\/li>\n<li><em><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>NOTE DE L&rsquo;\u00c9DITEUR<\/strong><\/span><\/em>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><b style=\"color: #0000ff;\">Pour r\u00e9pondre \u00e0 une question qui m\u2019a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e par plusieurs lecteurs du JdC, une question qui br\u00fble les l\u00e8vres des autres \u00e0 l\u2019exception de ceux qui sont familiers de ma fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9crire et de mes th\u00e8mes favoris, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ni Lorenzo, ni Lorenzo dell\u2019Acqua ne sont de mes pseudonymes et que je ne suis pas l\u2019auteur des \u201cCorneilles du septi\u00e8me ciel\u201d, ni de tout autre texte, critique, aphorisme, calembour et autre contrep\u00e8terie sign\u00e9e Lorenzo, Lorenzo dell\u2019Acqua ou Lorenzaccio.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span><\/b><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Par ailleurs, les aventures, accidents, <span style=\"caret-color: #0000ff;\">analyses, analepses<\/span>, avatars, avanies et apoth\u00e9oses que vivent les personnages des \u00ab\u00a0Corneilles\u00a0\u00bb et en particulier les d\u00e9nomm\u00e9s Philippe, Philippe 1, Philippe C et assimil\u00e9s n\u2019ont rien \u00e0 voir avec ma propre existence. Qu\u2019on se le dise !\u00a0<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 46 L\u2019arr\u00eat du Conseil d\u2019Etat annulant les r\u00e9sultats du r\u00e9f\u00e9rendum fut \u00e0 l\u2019origine d\u2019une situation in\u00e9dite comme n\u2019en avait encore jamais connue le JdC. En effet, son fondateur en 1912, monsieur Emile Zola, avait impos\u00e9 que l\u2019Assembl\u00e9e des lecteurs ait 51 % des voix au Conseil de Gestion du journal. Cette mesure consid\u00e9r\u00e9e comme &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46827\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les corneilles du septi\u00e8me ciel (46, 47, 48 et49)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[1563],"class_list":["post-46827","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","tag-lorenzo-dellacqua"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46827","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=46827"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/46827\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=46827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=46827"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=46827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}