{"id":46524,"date":"2023-08-26T16:47:41","date_gmt":"2023-08-26T14:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46524"},"modified":"2023-08-26T21:58:27","modified_gmt":"2023-08-26T19:58:27","slug":"46524","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46524","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (40)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Chapitre 40<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Bruno Body fut d\u00e9\u00e7u par cette r\u00e9union de travail \u00e0 la terrasse du Cyrano dont il attendait tant. Ni lui, ni Fabienne Pascaud n\u2019en tir\u00e8rent de conclusion et encore moins la preuve de d\u00e9tournements coupables de l\u2019\u00e9crivain. Plus le temps passa plus ils acquirent la conviction que ce dernier les avait men\u00e9s en bateau. Ils en eurent la certitude quand, interrog\u00e9 par Bernard Pivot lors d\u2019une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e dont il \u00e9tait un habitu\u00e9, Ph. pr\u00e9senta son prochain ouvrage dont la sortie en librairie \u00e9tait imminente. A l\u2019\u00e9vidence, il ne s\u2019agissait pas d\u2019un roman historique d\u2019autant que <em>Les bas d\u2019H\u00e9l\u00e8ne <\/em>n\u2019\u00e9taient pas ceux d<em>\u2019<\/em>H\u00e9l\u00e8ne de Troie. Difficile de deviner au r\u00e9sum\u00e9 qu\u2019il en fit devant les cam\u00e9ras s\u2019il pouvait s\u2019agir d\u2019un plagia dont ils n\u2019entrevoyaient d\u2019ailleurs pas l\u2019origine.<!--more--><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Comme s\u2019en expliqua plus tard son auteur, ce titre \u00e9tait l\u2019homophone de la r\u00e9gion o\u00f9 se passait son roman. Il d\u00e9butait par une description certes peu enthousiasmante mais objective du Bas de l\u2019Aisne. D\u2019apr\u00e8s les historiens, la pauvret\u00e9 des subsides officiels et la rudesse du climat jointe \u00e0 un relief inhospitalier avaient interdit l\u2019acc\u00e8s de cette province recul\u00e9e de l\u2019est de la France aux b\u00e9n\u00e9ficiaires des Trente Glorieuses avides de r\u00e9sidences secondaires que leurs descendances s\u2019empresseraient d\u2019essayer de revendre, sans succ\u00e8s d\u2019ailleurs, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il serait devenu plus rapide de se rendre en Algarve que d\u2019aller \u00e0 Deauville. Mal desservie par la SNCF qui ne pouvait construire de ligne TGV \u00e0 cause des mar\u00e9cages et des tourbi\u00e8res et priv\u00e9e d\u2019une autoroute dont la construction \u00e9tait sans cesse diff\u00e9r\u00e9e, cette r\u00e9gion \u00e9tait retourn\u00e9e des ann\u00e9es en arri\u00e8re d\u2019apr\u00e8s des journalistes qui s\u2019y \u00e9taient aventur\u00e9s \u00e0 leurs risques et p\u00e9rils. Sa population exsangue vivait dans des hameaux o\u00f9 sa prog\u00e9niture issue de croisements consanguins r\u00e9gressait de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Malgr\u00e9 les efforts de quelques progressistes qui en \u00e9taient originaires comme Edouard Minette, propri\u00e9taire d\u2019une enseigne de vente de b\u00e9tail en ligne, et Bella Davidovitch, la cantatrice qui faisait un tabac dans le r\u00f4le de Carmen, les pouvoirs publics rechignaient \u00e0 investir dans cette circonscription sans grand avenir vu le nombre d\u2019\u00e9lecteurs sachant lire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">A un jeu radiophonique fort pris\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, les parents du jeune Ph. gagn\u00e8rent dans ce havre de paix par la force des choses une maison assez vaste desservie par un chemin de terre difficilement praticable pendant les six mois d\u2019hiver. Ne parlons pas des chutes de neige qui la rendait photog\u00e9nique mais inaccessible. Comme on le voit, ce n\u2019\u00e9tait pas un cadeau. Si, en r\u00e9alit\u00e9, car la commune avait d\u00e9cid\u00e9 de faire cadeau des propri\u00e9t\u00e9s abandonn\u00e9es \u00e0 n\u2019importe qui pour un franc symbolique. Une radio peu scrupuleuse pr\u00e9tendait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une r\u00e9compense de valeur qu\u2019elle offrait \u00e0 la sagacit\u00e9 des participants \u00e0 son fameux jeu des 77 erreurs. Les parents de Ph. firent partie des dupes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le b\u00e2timent \u00e9tait vaste de l\u2019ext\u00e9rieur en raison de la taille d\u00e9mesur\u00e9e de l\u2019\u00e9table mais le logis lui-m\u00eame ne comportait que trois pi\u00e8ces. Pas de chauffage, des sanitaires rudimentaires dans une cabane en bois au fond d\u2019un jardin \u00e0 l\u2019abandon, un coin cuisine avec un \u00e9vier en pierre qui servait aussi de baignoire, voil\u00e0 quel \u00e9tait le lot des heureux gagnants du jeu radiophonique. L\u2019absence de chauffage aurait pu \u00eatre compens\u00e9e par l\u2019utilisation de la vaste chemin\u00e9e du s\u00e9jour mais les marchands de bois refusaient de faire des livraisons dans cette localit\u00e9 \u00e0 la voierie non entretenue. Restaient par chance les couettes dont il \u00e9tait fait un usage intensif de nuit comme de jour. Malgr\u00e9 les conditions atmosph\u00e9riques d\u00e9favorables, les enfants des propri\u00e9taires ne prirent jamais froid gr\u00e2ce aux pull-overs en laine de lama tricot\u00e9s par leur maman.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019est donc l\u00e0 que le petit Ph. passait ses vacances et qu\u2019il fit la connaissance des voisins de son \u00e2ge, Edouard Minette et Bella Davidovitch. Ce trio infernal fit les 400 coups mais leurs relations \u00e9voquaient plut\u00f4t Jules et Jim car, \u00e0 cette \u00e9poque, Minette n\u2019\u00e9tait pas encore ob\u00e8se, Ph. \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un angelot aux yeux bleus et aux cheveux blonds et Bella la plus belle gamine du village ce qui n\u2019\u00e9tait pas difficile. Ils se firent appeler les \u00ab\u00a0Mi, Mi and Me\u00a0\u00bb en hommage au solo de trompette l\u00e9gendaire d\u2019un marceau de jazz qu\u2019ils adoraient. Les musicologues pensent que ce pseudonyme devait se comprendre ainsi\u00a0: Mi (nette), Mi (dinette) and Me (moi-m\u00eame).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Leurs blagues d\u2019un go\u00fbt discutable que leurs parents trop permissifs ne r\u00e9prim\u00e8rent jamais n\u2019amusaient gu\u00e8re les paysans du coin comme celle d\u2019ouvrir de nuit les cl\u00f4tures des pr\u00e9s o\u00f9 v\u00e9g\u00e9taient des animaux que les experts consid\u00e9r\u00e8rent apr\u00e8s analyse de leur ADN comme des veaux. La plupart n\u2019avaient pas de dents ce qui contrariait leur alimentation et surtout leur croissance. Les plus chanceux atteignaient \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte la taille d\u2019un mouton mais squelettique. Des loups firent leur apparition dans le petit village de Chants de F\u00e9es, un nom charmant qui ne refl\u00e9tait pas vraiment la r\u00e9alit\u00e9, et sem\u00e8rent la terreur dans les troupeaux d\u00e9j\u00e0 clairsem\u00e9s. On vit m\u00eame \u00e0 plusieurs reprises des ragondins comme en t\u00e9moigna la D\u00e9p\u00eache du Badeleine qui publia la photographie de l\u2019un d\u2019entre eux dont on sait les ravages qu\u2019ils \u00e9taient capables de causer surtout en p\u00e9riode de famine comme c\u2019\u00e9tait le cas de mani\u00e8re end\u00e9mique dans cette r\u00e9gion d\u00e9favoris\u00e9e.<\/p>\n<p>A SUIVRE<\/p>\n<p><b>Lorenzo dell\u2019Acqua<\/b><\/p>\n<p><em><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>NOTE DE L&rsquo;\u00c9DITEUR<\/strong><\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><b style=\"color: #0000ff;\">Pour r\u00e9pondre \u00e0 une question qui m\u2019a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e par plusieurs lecteurs du JdC, une question qui br\u00fble les l\u00e8vres des autres \u00e0 l\u2019exception de ceux qui sont familiers de ma fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9crire et de mes th\u00e8mes favoris, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ni Lorenzo, ni Lorenzo dell\u2019Acqua ne sont de mes pseudonymes et que je ne suis pas l\u2019auteur des \u201cCorneilles du septi\u00e8me ciel\u201d, ni de tout autre texte, critique, aphorisme, calembour et autre contrep\u00e8terie sign\u00e9e Lorenzo, Lorenzo dell\u2019Acqua ou Lorenzaccio.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span><\/b><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Par ailleurs, les aventures, accidents, <span style=\"caret-color: #0000ff;\">analyses, analepses<\/span>, avatars, avanies et apoth\u00e9oses que vivent les personnages des \u00ab\u00a0Corneilles\u00a0\u00bb et en particulier les d\u00e9nomm\u00e9s Philippe, Philippe 1, Philippe C et assimil\u00e9s n\u2019ont rien \u00e0 voir avec ma propre existence. Qu\u2019on se le dise !\u00a0<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 40 Bruno Body fut d\u00e9\u00e7u par cette r\u00e9union de travail \u00e0 la terrasse du Cyrano dont il attendait tant. Ni lui, ni Fabienne Pascaud n\u2019en tir\u00e8rent de conclusion et encore moins la preuve de d\u00e9tournements coupables de l\u2019\u00e9crivain. 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