{"id":46477,"date":"2023-09-22T07:47:13","date_gmt":"2023-09-22T05:47:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46477"},"modified":"2023-09-23T20:03:12","modified_gmt":"2023-09-23T18:03:12","slug":"histoire-de-dashiell-stiller-critique-aisee-n264-2-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46477","title":{"rendered":"Histoire de Dashiell Stiller &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0264 (2\/3)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">(suite de l&rsquo;autocritique malais\u00e9e d&rsquo;Histoire de Dashiell Stiller)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) Et puis bien s\u00fbr, il y a Le Cujas. Aujourd\u2019hui, le Cujas, c\u2019est l\u2019Histoire de Dashiell Stiller, mon premier vrai roman, le texte qui justifie sous forme de critique ais\u00e9e mon intervention d\u2019aujourd\u2019hui. Je ne le r\u00e9p\u00e8terai jamais assez\u00a0: je l\u2019ai lu et relu, et j\u2019ai aim\u00e9 ce que j\u2019ai lu.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Histoire-Dashiell-Stiller-Philippe-Coutheillas\/dp\/B0C9SB2MLZ\/ref=sr_1_1?crid=1WT8H2NAMGQK6&amp;keywords=philippe+coutheillas&amp;qid=1689696166&amp;sprefix=,aps,141&amp;sr=8-1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-46291 alignleft\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Couverture-HDS.png\" alt=\"\" width=\"163\" height=\"259\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Couverture-HDS.png 215w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Couverture-HDS-189x300.png 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 163px) 100vw, 163px\" \/><\/a>Comment l\u2019id\u00e9e du Cujas m\u2019est venue, je l\u2019ai dit cent fois \u00e0 qui voulait l\u2019entendre\u00a0: la vieille dame joyeuse \u00e0 Aurillac, la carte-postale bihebdomadaire \u00e0 la maison de retraite et, un jour, celle qui m\u2019arr\u00eate au moment de la mettre \u00e0 la boite\u00a0:\u00a0<em>\u00c9tudiants \u00e0 la terrasse d&rsquo;un caf\u00e9 du boulevard Saint-Michel \u00e0 Paris, vers 1935.\u00a0 \u00a9 Albert Harlingue\/Roger-Viollet<\/em>. Huit personnages sur la photo, le Quartier Latin, quatre ans avant la seconde guerre mondiale&#8230; Qu\u2019est-ce qui peut bien lier ces gens en ce jour de 1935\u00a0? Comment vont-ils traverser la guerre\u00a0? Vont-ils seulement en r\u00e9chapper\u00a0? Et <!--more-->le photographe, qui est-ce\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Alors, pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai \u00e9crit une \u00e9bauche de chaque personnage, \u00e0 chacun, j\u2019ai donn\u00e9 une date de naissance, un embryon de caract\u00e8re \u2014 pour le physique, merci, c\u2019\u00e9tait fait \u2014 et, sur un tableur Excel, j\u2019ai fait d\u00e9filer les ann\u00e9es qui passent et les \u00e2ges qui augmentent, j\u2019y ai plac\u00e9 approximativement dans l\u2019espace et dans le temps des cases pour des rencontres, des s\u00e9parations, des mariages, des d\u00e9parts \u00e0 la guerre, des retours, des morts.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et \u00e0 partir de ce qui \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre un canevas mais seulement un tr\u00e8s vague semis de jalons, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire avec l\u2019interview de l\u2019\u00e9b\u00e9niste de la rue Monsieur le Prince, j\u2019ai poursuivi avec celui de la tenanci\u00e8re du Cujas, puis, dans l\u2019ordre, jusqu\u2019au dernier des personnages photographi\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au moment de passer au photographe, Dashiell Stiller, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que ce grand na\u00eff d\u2019am\u00e9ricain n\u2019avait entendu qu\u2019un seul son de cloche, une seule version de chaque histoire. Il fallait donc donner vie \u00e0 ce Su\u00e9dois et le charger de dire \u00e0 Stiller une autre v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Vous serez surement int\u00e9ress\u00e9s d\u2019apprendre ce qu\u2019a dit Michel Houellebecq au cours d\u2019une conf\u00e9rence \u00e0 la Sorbonne \u00e0 propos de l\u2019intrigue\u00a0: <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Je pense que chez moi, l\u2019intrigue est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par les personnages plut\u00f4t que l\u2019inverse. Je ne d\u00e9termine pas vraiment au d\u00e9part ce qui doit se produire et je les laisse s\u2019agiter.\u00a0\u00bb<\/em> Eh bien apprenez du m\u00eame coup que chez moi, c\u2019est pareil.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019est par pure facilit\u00e9 que, pour les neuf premiers chapitres, j\u2019ai choisi d\u2019adopter le proc\u00e9d\u00e9 de l\u2019interview, parce qu\u2019il permet le discours direct, autrement dit, le langage parl\u00e9. Ce type de narration pr\u00e9sente pour moi l\u2019avantage de rendre inutile et m\u00eame hors sujet les descriptions pr\u00e9cises des lieux. On n\u2019imagine pas un personnage un peu r\u00e9aliste r\u00e9pondre \u00e0 son interlocuteur dans le style du discours direct\u00a0: \u00ab\u00a0Alors, je l\u2019ai suivie jusqu\u2019au salon qui \u00e9tait \u00e9clair\u00e9 \u00e0 giorno par les grandes crois\u00e9es \u00e0 la fran\u00e7aise encadr\u00e9es de rideaux de couleur lie de vie qui tranchaient avec le tapis de haute laine aux motifs compliqu\u00e9s qui passaient de fa\u00e7on presque concentrique du jaune vif au sepia puis au vert d\u2019eau pour finir dans un vert anglais intense. Au centre, la grande table de style Tudor&#8230;\u00a0\u00bb M\u00eame Huysmans n\u2019aurait pas os\u00e9. C\u2019est le personnage qui parle qui doit exprimer les descriptions utiles \u00e0 l\u2019action. De la m\u00eame mani\u00e8re, ce style du discours direct permet d\u2019\u00e9viter les savantes analyses psychologiques des personnages et de leurs motivations. Elles doivent \u00eatre per\u00e7ues du lecteur \u00e0 travers les mots du m\u00eame narrateur. C\u2019est plus court et plus pratique. Un autre avantage du discours direct, et qui est en m\u00eame temps une obligation, c\u2019est d\u2019avoir \u00e0 utiliser un type de langage parl\u00e9 diff\u00e9rent pour chaque personnage. C\u2019est parfois un exercice difficile, surtout quand certains sont du m\u00eame milieu, mais c\u2019est amusant. Pour le dernier chapitre, celui qui concerne Stiller lui-m\u00eame, comme il ne pouvait raisonnablement pas s\u2019interviewer lui-m\u00eame, je me suis vu contraint d\u2019adopter le style plus classique du narrateur omniscient, avec quelques d\u00e9tours vers le discours indirect libre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Toutes ces explications techniques vous ont peut-\u00eatre donn\u00e9 une impression trompeuse d\u2019organisation professionnelle et de contr\u00f4le total. Mais il faut savoir qu\u2019il y a eu des pannes, dont la plus longue, celle que j\u2019ai connue au moment de l\u2019ach\u00e8vement du chapitre de Samuel Goldenberg. Je l\u2019avais \u00e9crit assez facilement, presque en courant, mais l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019action avait rendu l\u2019exercice fatigant. De plus, je devais passer \u00e0 Georges Cambremer, personnage que je voulais complexe et dont il ne fallait pas r\u00e9v\u00e9ler les aspects obscurs trop vite. Je devais donc redescendre tr\u00e8s nettement en intensit\u00e9 et je n\u2019y arrivais pas. La panne dura plusieurs mois jusqu\u2019\u00e0 ce que je d\u00e9cide tout d\u2019abord de faire de Cambremer un collaborateur suppos\u00e9, un r\u00e9sistant douteux et un homme politique ambitieux et ensuite de le faire interviewer non par Stiller, comme les autres, mais par deux journalistes du journal Combat.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les deux derniers chapitres, Mattias Engen et Dashiell Stiller, les plus longs du roman, d\u00e9gag\u00e9s qu\u2019ils \u00e9taient de la trag\u00e9die de Samuel et de la langue de bois de Cambremer, ont \u00e9t\u00e9 sinon faciles, du moins agr\u00e9ables \u00e0 \u00e9crire. Le moins agr\u00e9able n\u2019\u00e9tant pas de ne pas connaitre le d\u00e9nouement des amours d\u2019Isabelle et Dashiell une demi-heure avant de l\u2019\u00e9crire enfin.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(suite de l&rsquo;autocritique malais\u00e9e d&rsquo;Histoire de Dashiell Stiller) (&#8230;) Et puis bien s\u00fbr, il y a Le Cujas. Aujourd\u2019hui, le Cujas, c\u2019est l\u2019Histoire de Dashiell Stiller, mon premier vrai roman, le texte qui justifie sous forme de critique ais\u00e9e mon intervention d\u2019aujourd\u2019hui. 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