{"id":46475,"date":"2023-09-21T07:47:41","date_gmt":"2023-09-21T05:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46475"},"modified":"2023-09-21T17:54:15","modified_gmt":"2023-09-21T15:54:15","slug":"histoire-de-dashiell-stiller-critique-aisee-n264-1-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46475","title":{"rendered":"Histoire de Dashiell Stiller &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0264 (1\/3)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Histoire de Dashiell Stiller<br \/>\n<\/strong>Philippe Coutheillas, 2023<br \/>\n<em>Amazon, 419 pages, 12\u20ac<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong><a href=\"https:\/\/www.amazon.fr\/Histoire-Dashiell-Stiller-Philippe-Coutheillas\/dp\/B0C9SB2MLZ\/ref=sr_1_1?crid=1WT8H2NAMGQK6&amp;keywords=philippe+coutheillas&amp;qid=1689696166&amp;sprefix=,aps,141&amp;sr=8-1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-46291 alignleft\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Couverture-HDS.png\" alt=\"\" width=\"163\" height=\"259\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Couverture-HDS.png 215w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Couverture-HDS-189x300.png 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 163px) 100vw, 163px\" \/><\/a>\u00a0<\/strong>Il m\u2019arrive parfois de quitter le second degr\u00e9 ; il m\u2019arrive aussi de quitter nuance, r\u00e9serve et modestie et g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e7a se produit en m\u00eame temps. En voici la preuve :<br \/>\nJ\u2019ai relu <em>Histoire de Dashiell Stiller<\/em>. Il le fallait\u00a0: c\u2019\u00e9tait n\u00e9cessaire pour les corrections d\u2019\u00e9preuves avant publication. Mais c\u2019est aussi par go\u00fbt que je l\u2019ai fait et, comme je le disais l\u2019autre jour dans une critique plus lapidaire parue fin ao\u00fbt dernier : j\u2019ai aim\u00e9 ce que j\u2019ai lu.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Oui, j\u2019ai aim\u00e9. Cela vous surprend, n\u2019est-ce pas, de lire ici ce genre d\u2019aveu ? Ce sont des choses qui ne se font pas\u00a0: c\u2019est fichtrement casse-gueule, c\u2019est un faux-pas, une faute de go\u00fbt, et, pire, c\u2019est une erreur.<br \/>\nEh bien, c\u2019est peut-\u00eatre une erreur, mais <!--more-->c\u2019est comme \u00e7a. L\u2019\u00e2ge venant, l\u2019envie vous prend de plus en plus souvent d\u2019\u00eatre franc. Et puis, faire l\u2019\u00e9l\u00e9gant, le modeste, le nonchalant, le d\u00e9tach\u00e9, \u00e7a finit par vous d\u00e9finir : les gens pensent que vous ne croyez pas \u00e0 ce que vous faites ; alors comment pourraient-ils y croire eux-m\u00eames ? Alors, pour aujourd\u2019hui, je vais quitter nuance, r\u00e9serve et modestie.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Beaucoup de mes textes publi\u00e9s dans le Journal des Coutheillas ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits avec plaisir, avec facilit\u00e9, presque en souriant, et parfois m\u00eame, \u00e0 l\u2019occasion, en riant. Ces textes-l\u00e0, souvent, ont \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9s par mes quelques lecteurs ; ils \u00e9taient rigolos ou acides, parfois m\u00e9chants. Pourtant, moi qui les ai \u00e9crits, je n\u2019y attache que peu de prix. Ce sont des textes dans lesquels je me suis peu ou pas impliqu\u00e9, des textes dans lesquels, disons-le, j\u2019ai fait le malin. C\u2019est sans doute pour cette raison qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 relativement faciles \u00e0 \u00e9crire. Aujourd\u2019hui, la seule valeur que je leur accorde, c\u2019est ma plus ou moins grande r\u00e9ussite \u00e0 respecter les contraintes techniques que je m\u2019\u00e9tais impos\u00e9es : le pastiche, la concision, un langage parl\u00e9, un style soutenu, un paradoxe, l\u2019absurde\u2026 Les exemples de ce type de texte, c\u2019est <em>Blind dinner<\/em>, <em>La Mitro, Sassi Manoon et les Texas Rangers<\/em>, la deuxi\u00e8me des <em>Trois premi\u00e8res fois<\/em>&#8230;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au contraire, certains textes m\u2019ont cout\u00e9 beaucoup d\u2019efforts. Parmi eux, il y a ceux dans lequel je m\u2019\u00e9tais imprudemment embarqu\u00e9 sans route trac\u00e9e et ni pr\u00e9cautions prises. J\u2019aime ces textes, du moins certains de leurs passages, mais j\u2019ai d\u00fb finir par les abandonner en cours de route pour pouvoir passer \u00e0 autre chose. Les deux principaux textes que je n\u2019ai jamais pu terminer sont <em>La Machine d\u2019Anticyth\u00e8re<\/em>, \u00e9pop\u00e9e trop ambitieuse, <em>Un couple inachev\u00e9<\/em>, com\u00e9die dramatique bourgeoise, provinciale et sans \u00e9nergie.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et puis, parmi les textes qui ont \u00e9t\u00e9 difficiles \u00e0 \u00e9crire, il y a ceux que j\u2019ai achev\u00e9s, que j\u2019aime et dont je suis fier. Oui, fier. Ces textes-l\u00e0 sont rarement dr\u00f4les. Il n\u2019y a aucun humour, aucune ironie, pratiquement pas de distance. Ils peuvent \u00eatre tr\u00e8s personnels ou pas du tout, il n\u2019y a pas de r\u00e8gle. Ils m\u2019ont demand\u00e9 du temps, des efforts. Ils ont exig\u00e9 de longues p\u00e9riodes d\u2019arr\u00eat, que j\u2019ai souvent crues d\u00e9finitives. Et puis, un jour, sur une id\u00e9e, plus rarement sur une volont\u00e9, c\u2019est reparti et c\u2019est all\u00e9 jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Parmi ces textes, ceux qui me viennent tout de suite \u00e0 l\u2019esprit, il y a cette <em>Histoire de No\u00ebl. <\/em>Dans <em>Histoire de No\u00ebl, <\/em>je crois avoir r\u00e9ussi \u00e0 mener le suspense jusqu\u2019au dernier quart d\u2019heure en respectant les r\u00e8gles du genre : l\u2019innocence de la victime, l\u2019espoir, la nuit, les \u00e9l\u00e9ments contraires, l\u2019angoisse, la peur, la terreur, la mort et finalement la r\u00e9alit\u00e9. Il y a aussi les <em>Trois premi\u00e8res fois<\/em>, du moins la premi\u00e8re et la troisi\u00e8me, la deuxi\u00e8me \u201cpremi\u00e8re fois\u201c \u2014 ceux qui ont lu comprendront \u2014 \u00e9tant du domaine plus classique du pastiche d\u2019humour anglais dont j\u2019ai parl\u00e9 plus haut. Dans la premi\u00e8re de ces \u201cpremi\u00e8res fois\u201c, je suis content d\u2019avoir, je crois, r\u00e9ussi \u00e0 faire passer de v\u00e9ritables \u00e9motions de jeunesse tout en respectant les codes d\u2019une litt\u00e9rature compos\u00e9e d\u2019un grand tiers d\u2019<em>eau-de-rose-germano-romantique<\/em>, d\u2019un petit tiers de <em>scoutisme-dans-les-alpages<\/em>, et d\u2019un dernier tiers de <em>rat-des-villes-et-rat-des-champs<\/em>. L\u2019\u00e9crire n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile, mais tr\u00e8s rafra\u00eechissant. \u00c9crire la troisi\u00e8me \u201c<em>premi\u00e8re fois<\/em>\u201c fut plus difficile encore, \u00e9puisant m\u00eame. Ici, pas de pastiche, sinon involontaire, d\u2019un style ou d\u2019une \u00e9poque, rien que de l\u2019original. Dans les textes que j\u2019aime, il y a aussi <em>Wetbacks<\/em>, plus court, \u00e0 la limite du pastiche de la S\u00e9rie Noire californienne, dont j\u2019aime la densit\u00e9 de l\u2019action et l\u2019angoisse montante du narrateur pendant son parcours en autobus.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et puis bien s\u00fbr, il y a <em>Le Cujas<\/em>. Aujourd\u2019hui, le Cujas, c\u2019est l\u2019<em>Histoire de Dashiell Stiller, <\/em>mon premier vrai roman, le texte qui justifie sous forme de \u00ab\u00a0<em>Critique ais\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em> mon intervention d\u2019aujourd\u2019hui. Je ne le r\u00e9p\u00e8terai jamais assez\u00a0: je l\u2019ai lu et relu, et j\u2019ai aim\u00e9 ce que j\u2019ai lu.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE (demain)<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire de Dashiell Stiller Philippe Coutheillas, 2023 Amazon, 419 pages, 12\u20ac \u00a0Il m\u2019arrive parfois de quitter le second degr\u00e9 ; il m\u2019arrive aussi de quitter nuance, r\u00e9serve et modestie et g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e7a se produit en m\u00eame temps. En voici la preuve : J\u2019ai relu Histoire de Dashiell Stiller. 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