{"id":46282,"date":"2023-08-23T16:47:39","date_gmt":"2023-08-23T14:47:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46282"},"modified":"2023-08-23T20:25:21","modified_gmt":"2023-08-23T18:25:21","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-38","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=46282","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (38)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Chapitre 38<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019inspecteur B. Body avait perdu de vue depuis longtemps son camarade devenu une ic\u00f4ne de l\u2019intelligentsia litt\u00e9raire germanopratine. Ils ne s\u2019\u00e9taient revus que de loin en loin aux f\u00eates de bienfaisance de leur Ecole o\u00f9 ils avaient \u00e9chang\u00e9 quelques souvenirs m\u00e9morables de leurs chasses en for\u00eat de la Palmyre. Bien s\u00fbr, au moment de la disparition de Lorenzo, il ignorait comme ses coll\u00e8gues l\u2019horrible chantage que ce dernier exer\u00e7ait sur lui. C\u2019est gr\u00e2ce aux confidences bienveillantes de Louis-Charles qu\u2019il fut mis sur la voie\u00a0en apprenant les zones d\u2019ombres du pass\u00e9 de l\u2019\u00e9crivain. A l\u2019\u00e9poque de ses d\u00e9buts en litt\u00e9rature, Ph. montrait tout ce qu\u2019il \u00e9crivait \u00e0 son ami Louis-Charles qui, bien que n\u2019\u00e9tant pas un litt\u00e9raire, fut \u00e0 plusieurs reprises surpris par certaines similitudes entre ses romans et d\u2019autres \u0153uvres comme par exemple entre sa Bicyclette Rose et Autant en emporte le Vent. A son avis, il y avait une forte probabilit\u00e9 que Blind Dinner soit aussi un plagia.<!--more--><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion de leur rencontre en gare de Poitiers due aux \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents que Louis-Charles fit part \u00e0 Bruno de ses doutes. Malheureusement, il ignorait le titre du roman de Lorenzo qu\u2019il imaginait \u00eatre l\u2019origine du succ\u00e8s de Ph.. Tous les deux \u00e9tant bilingues et anglophiles, ils plaisant\u00e8rent \u00e0 la terrasse du caf\u00e9 de la gare \u00e0 propos de Blind Dinner qu\u2019ils s\u2019amus\u00e8rent, les demis de bi\u00e8re aidant, \u00e0 traduire en fran\u00e7ais avec des r\u00e9sultats diff\u00e9rents. Pour l\u2019un, ce fut un Souper d\u2019Aveugles et pour l\u2019autre un Bal Masqu\u00e9. L\u2019inspecteur Bruno Body qui n\u2019en \u00e9tait pas \u00e0 sa premi\u00e8re intuition fulgurante pensa sans trop y croire que c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre une bonne piste de recherche. Il se pr\u00e9cipita dans la premi\u00e8re librairie ouverte pour acheter un exemplaire de Blind Dinner aur\u00e9ol\u00e9 de son r\u00e9cent Prix Goncourt. Il souhaita aussi acqu\u00e9rir un ouvrage de Lorenzo dell\u2019Acqua mais la vendeuse ne le connaissait pas et croyait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un chanteur d\u2019op\u00e9ra.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En se baladant un soir de printemps sur les quais de la Seine, Bruno d\u00e9couvrit dans le fouillis d\u2019un bouquiniste une bo\u00eete en carton sur laquelle \u00e9tait inscrit au feutre rouge \u00ab\u00a0Tout \u00e0 1 euro\u00a0\u00bb. Il y d\u00e9nicha le fameux essai de Roland Barthes qui d\u00e9fraya la chronique au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante\u00a0: \u00ab\u00a0Jeux de mots, maux de Je\u00a0\u00bb. Il adorait Roland Barthes qu\u2019il trouvait aussi dr\u00f4le que l\u2019Almanach Vermot mais pour intellectuels de gauche. Heureux de l\u2019acquisition de ce tr\u00e9sor introuvable depuis que son auteur l\u2019avait reni\u00e9, il allait en r\u00e9gler le montant quand il aper\u00e7ut dans la m\u00eame bo\u00eete en carton deux titres qui le sid\u00e9r\u00e8rent\u00a0: il s\u2019agissait, mais vous ne me croirez pas, de \u00ab\u00a0Bal Masqu\u00e9\u00a0\u00bb, l\u2019autobiographie d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre tennisman dont nous tairons le nom en raison de ses lacunes en orthographe, et <u>du \u00ab\u00a0S<\/u>ouper d\u2019Aveugles\u00a0\u00bb, ce roman oubli\u00e9 de Lorenzo dell\u2019Acqua dont Louis-Charles avait soup\u00e7onn\u00e9 l\u2019existence. Son intuition ne l\u2019avait donc pas tromp\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En le parcourant \u00e0 son retour chez lui, il constata que Ph. avait purement et simplement traduit\u00a0le titre mot \u00e0 mot. En page V, il fut abasourdi par ce passage o\u00f9 il suffisait de remplacer Koochie d\u2019Afghanistan par Ragondin des Andes pour obtenir le m\u00eame texte que celui de Lorenzo. Jugez-en plut\u00f4t par vous-m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Un Koochie d\u2019Afghanistan, l\u2019interrompt Christiane. Quatre-vingt kilos, quatre-vingt-dix centim\u00e8tres \u00e0 l\u2019encolure\u2026 une b\u00eate splendide. Il vous tue un mouton en moins de trois secondes\u2026 il d\u00e9teste les moutons\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Un Ragondin des Andes, l\u2019interrompt Christiane. Quatre-vingt kilos, quatre-vingt-dix centim\u00e8tres \u00e0 l\u2019encolure\u2026 une b\u00eate splendide. Il vous tue un mouton en moins de trois secondes\u2026 il d\u00e9teste les moutons\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Sa conviction \u00e9tait faite. Il s\u2019empressa d\u2019appeler Louis-Charles pour l\u2019informer de sa trouvaille. Ce dernier lui confia qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de son premier forfait. D\u00e9j\u00e0, tout petit \u00e0 Saint Br\u00e9vin, il avait plastiqu\u00e9 de nuit son gigantesque ch\u00e2teau de sable, une r\u00e9plique au 1\/43 \u00e8me \u00a0de l\u2019Alhambra de Grenade, pour gagner le concours et les trente pots de confiture Materne qu\u2019il offrit \u00e0 sa copine, la petite Annick Cottard dont Louis-Charles \u00e9tait secr\u00e8tement amoureux. A sa d\u00e9charge, c\u2019\u00e9tait bien avant qu\u2019elle atteigne le quintal mais d\u2019apr\u00e8s Louis-Charles il y avait fort \u00e0 parier que ce cadeau bien mal acquis ne fut pas \u00e9tranger \u00e0 sa d\u00e9rive pond\u00e9rale.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ni une ni deux, ils appel\u00e8rent leur amie Fabienne Pascaud ravie de pouvoir enfin se venger du Prix Goncourt qui avait refus\u00e9 une interview au pr\u00e9texte que son journal, T\u00e9l\u00e9rama, \u00e9tait (je cite)\u00a0un ramassis de journalistes snobinards \u00e0 la solde de dictateurs n\u00e9ostaliniens. Ph. \u00e9tait coutumier de ces avis p\u00e9remptoires et outranciers qui en avaient choqu\u00e9 plus d\u2019un par le pass\u00e9 (dont moi).<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p><em><span style=\"text-decoration: underline; color: #0000ff;\"><strong>NOTE DE L&rsquo;\u00c9DITEUR<\/strong><\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><b style=\"color: #0000ff;\">Pour r\u00e9pondre \u00e0 une question qui m\u2019a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e par plusieurs lecteurs du JdC, une question qui br\u00fble les l\u00e8vres des autres \u00e0 l\u2019exception de ceux qui sont familiers de ma fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9crire et de mes th\u00e8mes favoris, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ni Lorenzo, ni Lorenzo dell\u2019Acqua ne sont de mes pseudonymes et que je ne suis pas l\u2019auteur des \u201cCorneilles du septi\u00e8me ciel\u201d, ni de tout autre texte, critique, aphorisme, calembour et autre contrep\u00e8terie sign\u00e9e Lorenzo, Lorenzo dell\u2019Acqua ou Lorenzaccio.<span class=\"Apple-converted-space\"><br \/>\n<\/span><\/b><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Par ailleurs, les aventures, accidents, <span style=\"caret-color: #0000ff;\">analyses, analepses<\/span>, avatars, avanies et apoth\u00e9oses que vivent les personnages des \u00ab\u00a0Corneilles\u00a0\u00bb et en particulier les d\u00e9nomm\u00e9s Philippe, Philippe 1, Philippe C et assimil\u00e9s n\u2019ont rien \u00e0 voir avec ma propre existence. Qu\u2019on se le dise !\u00a0<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 38 L\u2019inspecteur B. Body avait perdu de vue depuis longtemps son camarade devenu une ic\u00f4ne de l\u2019intelligentsia litt\u00e9raire germanopratine. Ils ne s\u2019\u00e9taient revus que de loin en loin aux f\u00eates de bienfaisance de leur Ecole o\u00f9 ils avaient \u00e9chang\u00e9 quelques souvenirs m\u00e9morables de leurs chasses en for\u00eat de la Palmyre. 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