{"id":45920,"date":"2023-08-21T16:47:25","date_gmt":"2023-08-21T14:47:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=45920"},"modified":"2023-08-22T08:18:01","modified_gmt":"2023-08-22T06:18:01","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-37","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=45920","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (37)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><strong>Chapitre 37<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Quand Philippe Premier apprit le mariage de Fran\u00e7oise, il en fut abattu, pour ne pas dire d\u00e9prim\u00e9. S\u2019envolait la belle jeune fille, intelligente et dr\u00f4le, qu\u2019il \u00e9tait convaincu ne jamais retrouver. Pour un c\u00e9libataire ayant d\u00e9pass\u00e9 la quarantaine, les chances de rencontrer la compagne id\u00e9ale s\u2019amenuisaient de jour en jour. Il savait sa situation quasiment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e m\u00eame si, chaque matin, il c\u00f4toyait de jeunes internes parfois belles, parfois intelligentes, parfois dr\u00f4les, mais rarement les trois \u00e0 la fois. L\u00e0 n\u2019\u00e9tait pas la principale difficult\u00e9 qui se pr\u00e9sentait \u00e0 lui, la plus importante \u00e9tant en r\u00e9alit\u00e9 leur \u00e2ge\u00a0: elles avaient moins de trente ans. A cet \u00e2ge-l\u00e0, elles devaient le prendre pour un vieux de la g\u00e9n\u00e9ration de leurs parents, ce qui n\u2019\u00e9tait pas faux, et, \u00e0 ses yeux, elles n\u2019\u00e9taient que des gamines immatures. Question de g\u00e9n\u00e9ration, se disait-il avec inqui\u00e9tude. Restaient bien quelques c\u00e9libataires de son \u00e2ge qu\u2019il rencontrait gr\u00e2ce aux efforts louables de tous ses amis, mais c\u2019\u00e9tait des ragotons glaciales pour lesquelles il ne ressentait ni \u00e9lan amoureux, ni encore moins physique. A ces difficult\u00e9s bien r\u00e9elles venait s\u2019ajouter une angoisse nouvelle due \u00e0 ses \u00e9tats d\u2019\u00e2me. Depuis toujours il tenait \u00e0 avoir des enfants et d\u2019ailleurs ils les adoraient. Mais plus il avan\u00e7ait en\u00a0 \u00e2ge, plus la responsabilit\u00e9 de leur \u00e9ducation et de leur entr\u00e9e dans le combat de la vie moderne lui faisait peur.<!--more--><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Philippe Premier \u00e9tait parvenu \u00e0 la conclusion suivante\u00a0: l\u2019\u00e9pouse id\u00e9ale serait une jeune femme de moins de trente ans, non pour la fra\u00eecheur de sa chair mais celle de son \u00e2me, avec du plomb dans la t\u00eate comme Fran\u00e7oise ce qui ne se rencontrait que chez des plus de trente ans et encore quand on avait de la chance. Autrement dit, la quadrature du cercle. Ses tentatives sur les sites de rencontre en ligne tourn\u00e8rent \u00e0 la catastrophe\u00a0; il avait l\u2019impression de se retrouver en consultation de psychiatrie \u00e0 \u00e9couter les plaintes de femmes frustr\u00e9es. Dans leur fa\u00e7on de se pr\u00e9senter, il y avait souvent une bonne dose de vantardise qui l\u2019aga\u00e7ait, une bonne dose de critique des hommes qui l\u2019aga\u00e7ait moins et une bonne dose d\u2019angoisse qu\u2019il partageait. Mais cela ne les rendait pas plus d\u00e9sirables pour autant.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Son meilleur ami \u00e9tait un coll\u00e8gue avec lequel il avait fait ses \u00e9tudes de m\u00e9decine. Chanceux, ce dernier \u00e9tait tomb\u00e9 amoureux d\u2019une jeune fille qu\u2019il avait \u00e9pous\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but de ses ann\u00e9es de facult\u00e9. Brigitte avait deux s\u0153urs, l\u2019une plus \u00e2g\u00e9e qu\u2019elle, mari\u00e9e et m\u00e8re de famille, l\u2019autre plus jeune \u00e2g\u00e9e de douze ans au moment de son mariage dont Philippe \u00e9tait t\u00e9moin. Il ne remarqua pas la petite soeur de la mari\u00e9e ou plut\u00f4t il ne vit qu\u2019une demoiselle d\u2019honneur parmi les autres. Souvent invit\u00e9 dans la belle famille de son camarade, il la croisait r\u00e9guli\u00e8rement sans lui pr\u00eater la moindre attention. Un jour, il d\u00e9couvrit que la petite s\u0153ur \u00e9tait devenue une belle jeune fille. La suite, il la v\u00e9cut comme un conte de f\u00e9es. La rage de vivre, l\u2019enthousiasme et la ga\u00eet\u00e9 de Romane eurent raison de ses r\u00e9ticences de vieux gar\u00e7on. Malgr\u00e9 leur diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge, elle lui offrit un amour qu\u2019il n\u2019avait jamais soup\u00e7onn\u00e9 tout au long des ann\u00e9es pass\u00e9es. Il faut dire aussi qu\u2019elle avait une qualit\u00e9 exceptionnelle\u00a0pour un gar\u00e7on d\u2019un naturel pessimiste : chez elle, le mot impossible n\u2019existait pas.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 37 Quand Philippe Premier apprit le mariage de Fran\u00e7oise, il en fut abattu, pour ne pas dire d\u00e9prim\u00e9. S\u2019envolait la belle jeune fille, intelligente et dr\u00f4le, qu\u2019il \u00e9tait convaincu ne jamais retrouver. Pour un c\u00e9libataire ayant d\u00e9pass\u00e9 la quarantaine, les chances de rencontrer la compagne id\u00e9ale s\u2019amenuisaient de jour en jour. 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