{"id":45153,"date":"2023-05-26T07:47:57","date_gmt":"2023-05-26T05:47:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=45153"},"modified":"2025-07-07T15:01:58","modified_gmt":"2025-07-07T13:01:58","slug":"45153","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=45153","title":{"rendered":"Le capitaine Volkonogov s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9 &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0261"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>Temps de lecture : 3 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0261<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Le capitaine Volkonogov s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9<br \/>\n<\/strong>Natalia Merkoulova et Alexe\u00ef Tchoupov &#8211; 2021<strong><br \/>\n<\/strong><em>Youri Borissov<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-45152\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Volkonogov.png\" alt=\"\" width=\"216\" height=\"115\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Volkonogov.png 477w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/Volkonogov-300x159.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 216px) 100vw, 216px\" \/><\/em>Leningrad-1938. Une partie de la ville est compos\u00e9e des palais de l\u2019ancien r\u00e9gime transform\u00e9s en b\u00e2timents administratifs aux parquets poussi\u00e9reux et sonores, remplis de fonctionnaires r\u00e9sign\u00e9s et de rayonnages surcharg\u00e9s de dossiers.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Dans l\u2019autre partie, ce ne sont qu\u2019immeubles d\u2019habitation v\u00e9tustes aux fa\u00e7ades d\u00e9cr\u00e9pies, aux fen\u00eatres al\u00e9atoires, aux escaliers incertains et aux toitures fuyardes. Les rues y sont sans trottoir, sans chauss\u00e9e, constell\u00e9es de flaques de boue et de tas d\u2019ordure. Ses habitants sont des zombies fam\u00e9liques en guenilles, sans espoir. Paradis stalinien\u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Parfois, dans une r\u00e9f\u00e9rence aux films de science-fiction, tel un vaisseau venu d\u2019une autre plan\u00e8te, \u00e9norme et silencieux, un Zeppelin passe lentement au ras des toitures, annon\u00e7ant le pacte germano-sovi\u00e9tique qui, un an plus tard, scellera la complicit\u00e9 de Staline et Hitler dans l\u2019agression \u00e0 venir de <!--more-->la Pologne.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au milieu de cette ville en d\u00e9cr\u00e9pitude peupl\u00e9e de fant\u00f4mes apathiques, des jeunes hommes en habit rouge \u00e9voluent librement. Ils sont en pleine sant\u00e9, ils cultivent leur corps par la lutte et la gymnastique, ils jouent aux volley-ball sous les lambris de l\u2019ancienne capitale imp\u00e9riale et chantent ces belles chansons russes m\u00e9lancoliques qui leur font croire qu\u2019ils ont une \u00e2me. Mais ils n\u2019en n\u2019ont pas. Ils sont officiers dans la police politique. Sur d\u00e9nonciation , ils arr\u00eatent des hommes et des femmes, les questionnent, les torturent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils avouent, remplissent un dossier et passent au suivant. Ils torturent, mais ils n\u2019ex\u00e9cutent pas eux-m\u00eames ; c\u2019est la t\u00e2che d\u2019un bourreau m\u00e9thodique qu\u2019on leur a d\u2019ailleurs fait appr\u00e9cier au cours de leur instruction. Ils sont beaux, ils sont forts, ils sont russes, ils sont patriotes, ils n\u2019ont pas de regret, pas de remords, pas de sentiment, pas d\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ils sont les ex\u00e9cutants des grandes purges ordonn\u00e9es par Staline. Mais \u00e0 pr\u00e9sent, les purges s\u2019\u00e9tendent aux officiers de la police politique eux-m\u00eames, qui sont convoqu\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres pour une \u00ab r\u00e9\u00e9valuation \u00bb dont ils ne reviennent jamais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le film commence avec la fuite, juste \u00e0 temps, du Capitaine Volkonogov. La fuite de Volkonogov devant ses anciens coll\u00e8gues qui le poursuivent \u00e0 mort \u00e0 travers les vieux palais et les faubourgs en ruine de la ville imp\u00e9riale constitue la partie action du film, parfaitement r\u00e9ussie sur le plan cin\u00e9matographique dans ces d\u00e9cors qui, il faut bien le dire, sont parfaitement propices \u00e0 ce genre d\u2019action. Mais d\u00e8s la fin du premier tiers du film, cette poursuite va se fondre dans une \u00e9trange recherche spirituelle. Dans une s\u00e9quence onirique que je ne raconterai pas tant elle est saisissante, le Capitaine Volkonogov va r\u00e9aliser que ses actions pass\u00e9es sont autant de crimes qui ne pourront qu\u2019entrainer sa damnation avec les horribles souffrances \u00e9ternelles qu\u2019elle comporte. Il ne pourra l\u2019\u00e9viter que s\u2019il obtient le pardon d\u2019une seule de ses victimes. C\u2019est \u00e0 cette qu\u00eate qu\u2019il va se consacrer jusqu\u2019\u00e0 la fin, et je ne vous dirai pas laquelle.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Les couleurs brique, terre de Sienne et verd\u00e2tre des d\u00e9cors s\u2019accordent avec celles des guenilles que portent les zombies qui les peuplent et contrastent avec l\u2019impeccable rouge anglais des uniformes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019excellente bande son participe \u00e0 la peur et \u00e0 la d\u00e9sesp\u00e9rance avec l\u2019amplification des pas lourds sur les parquets sonores des minist\u00e8res qui se transforment en profonds battements venant cr\u00e9er une musique angoissante.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le film est parfaitement r\u00e9alis\u00e9 et parfaitement interpr\u00e9t\u00e9, particuli\u00e8rement par l\u2019acteur principal, Youri Borissov, qui incarne le capitaine fuyard, tout d\u2019abord avec froideur et puissance, puis avec panique et d\u00e9sespoir.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je ne sais pas vraiment pourquoi je vous raconte tout \u00e7a\u00a0: si vous avez d\u00e9j\u00e0 vu le film, vous le savez d\u00e9j\u00e0. Si vous ne l\u2019avez pas vu, c\u2019est probablement trop tard, car il ne se joue pratiquement plus nulle part.<\/p>\n<p>Ah si ! Peut-\u00eatre encore aux 3 Luxembourg\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Temps de lecture : 3 minutes\u00a0 Critique ais\u00e9e n\u00b0261 Le capitaine Volkonogov s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9 Natalia Merkoulova et Alexe\u00ef Tchoupov &#8211; 2021 Youri Borissov Leningrad-1938. Une partie de la ville est compos\u00e9e des palais de l\u2019ancien r\u00e9gime transform\u00e9s en b\u00e2timents administratifs aux parquets poussi\u00e9reux et sonores, remplis de fonctionnaires r\u00e9sign\u00e9s et de rayonnages surcharg\u00e9s de dossiers. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=45153\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le capitaine Volkonogov s&rsquo;est \u00e9chapp\u00e9 &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0261<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[94],"tags":[98,21],"class_list":["post-45153","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critiques","tag-cinema","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/45153","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=45153"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/45153\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=45153"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=45153"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=45153"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}