{"id":44086,"date":"2023-04-22T16:47:15","date_gmt":"2023-04-22T14:47:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=44086"},"modified":"2023-04-22T20:35:21","modified_gmt":"2023-04-22T18:35:21","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-17","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=44086","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (17)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 4 minutes<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) \u00ab\u00a0Mieux vaut un bon scanner qu\u2019une heure de bavardages\u00a0\u00bb. Les cons\u00e9quences de ces d\u00e9rives ne se firent sentir que vingt ans plus tard lors d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie qu\u2019aucun professeur n\u2019avait pr\u00e9vue, ce qui \u00e9tait excusable, et qui submergea des h\u00f4pitaux devenus, par leur faute, incapables d\u2019y faire face, ce qui \u00e9tait impardonnable.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Chapitre XVII<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">La nouvelle vie de Fran\u00e7oise l\u2019enthousiasmait\u00a0: elle d\u00e9couvrait les \u00a0neurosciences, un domaine dont l\u2019origine ne remontait qu\u2019aux ann\u00e9es cinquante. Un nouvel examen, l\u2019Imagerie par R\u00e9sonance Magn\u00e9tique, r\u00e9volutionna l\u2019exploration du cerveau. Les am\u00e9ricains avaient entrepris la construction d\u2019un appareil g\u00e9ant, grand comme une maison, qui allait permettre de suivre le cheminement des informations dans les neurones et dans les deux sens\u00a0: leur stockage et leur retour \u00e0 la conscience. Ainsi allait \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e la part <!--more-->de hasard et d\u2019erreurs de cheminement dans la remont\u00e9e des souvenirs \u00e0 la conscience. Bien qu\u2019elle remette en question le fondement de la psychanalyse qui l\u2019avait pourtant sauv\u00e9e de biens des turpitudes, cette discipline la fascinait. En fait, elle se consacra \u00e0 l\u2019\u00e9tude de l\u2019effet placebo ce qui impliquait une d\u00e9monstration rigoureuse et scientifique de l\u2019effet des th\u00e9rapeutiques avant d\u2019\u00e9voquer celui du dit placebo. Cela mettait \u00e0 mal les th\u00e9ories psychanalytiques qui \u00e9taient d\u00e9pourvues de la moindre preuve scientifique et dont certains d\u00e9montraient, preuves statistiques \u00e0 l\u2019appui, que les r\u00e9sultats positifs, environ trente pour cent, \u00e9taient \u00e9quivalents \u00e0 ceux de l\u2019effet placebo, efficace lui aussi dans trente pour cent des cas.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au cours de ses stages en psychiatrie, Fran\u00e7oise fut conquise par les nouvelles th\u00e9rapies cognitives et comportementales qui prenaient de plus en plus souvent la place de la psychanalyse. Selon elle, les th\u00e9ories de Freud commen\u00e7aient \u00e0 dater encore plus que les films cultes am\u00e9ricains dont raffolait \u00a0son amie Annick. L\u2019interpr\u00e9tation des r\u00eaves, des lapsus et des actes manqu\u00e9s \u00e0 la sauce freudienne, autrement dit la base de la psychanalyse et son fonds de commerce, lui semblait plus que discutable. D\u2019abord, on savait d\u00e9sormais de fa\u00e7on formelle et scientifique que la m\u00e9moire n\u2019existait pas avant l\u2019\u00e2ge de cinq \u00a0ans pour une raison simple\u00a0: les neurones d\u00e9volus au stockage des souvenirs ne fonctionnaient pas car ils ne poss\u00e9daient pas encore de my\u00e9line. Consciente ou inconsciente, il ne pouvait donc pas exister de m\u00e9moire de la petite enfance. Les fantasmes de la vie du nourrisson, si tant est qu\u2019ils existent, ce qu\u2019elle ne croyait pas, ne pouvaient en aucun cas r\u00e9appara\u00eetre chez l\u2019adulte qui ne l\u2019avait pas m\u00e9moris\u00e9. Quant \u00e0 leur signification sexuelle, elle consid\u00e9rait comme d\u2019autres qu\u2019il s\u2019agissait de fantasmes d\u2019adultes plaqu\u00e9s arbitrairement sur des enfants. L\u2019exp\u00e9rience de Popper en 1920 aurait du, selon elle, stopper net une th\u00e9orie qui ne pouvait rien d\u00e9montrer de ce qu\u2019elle avan\u00e7ait. Ce philosophe demanda \u00e0 dix psychanalystes d\u2019interpr\u00e9ter le m\u00eame r\u00eave et il obtint dix interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes. Nietzsche avait d\u00e9j\u00e0 dit que les interpr\u00e9tations des psychanalystes n\u2019\u00e9taient que le reflet de leurs lubies \u00e9rig\u00e9es par eux en v\u00e9rit\u00e9s. Malheureusement, constatait-elle, ces th\u00e9ories datant de plus de cent cinquante \u00a0ans continuaient de r\u00e9genter la vie intellectuelle de son temps. Elle avait donc d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9montrer leur absence de base scientifique et donc leur irrecevabilit\u00e9. La synth\u00e8se un peu provocatrice de ses convictions fit grand bruit et pas seulement \u00e0 Poitiers\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0La psychanalyse est une th\u00e9rapie efficace, mais seulement pour les psychanalystes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">On comprend que le docteur Philippe ait eu des difficult\u00e9s \u00e0 avaler tout \u00e7a mais le charme de Fran\u00e7oise, qui ressemblait maintenant \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efne blonde de Mulholland Drive, \u00e9branlait ses propres certitudes, contrairement \u00e0 la majorit\u00e9 de ses coll\u00e8gues qui n\u2019en d\u00e9mordirent jamais. (<em>La R\u00e9daction vous prie d\u2019excuser la pr\u00e9sence rapproch\u00e9e de ces deux verbes, \u00e9branler et d\u00e9mordre, qui pourrait rappeler \u00e0 certains et certaines des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s et douloureux de leur vie intime<\/em>).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Quand, pour la premi\u00e8re fois, Fran\u00e7oise fit part de ses travaux \u00e0 Philippe, ce dernier eut le tort de lui rire au nez en affirmant de fa\u00e7on p\u00e9remptoire qu\u2019elle \u00e9tait bien mal plac\u00e9e pour douter de l\u2019efficacit\u00e9 de la psychanalyse. Cette assertion ne pouvait en aucun cas constituer une preuve et s\u2019av\u00e9ra en plus une erreur fatale\u00a0: il n\u2019avait pas per\u00e7u, alors que c\u2019\u00e9tait pourtant son m\u00e9tier, que la personnalit\u00e9 de son ancienne patiente avait \u00e9volu\u00e9. Elle le lui fit remarquer de la mani\u00e8re la plus cinglante qui soit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211; Philippe, vous n\u2019\u00eates pas psychologue pour un sou mais psychanalyste pour beaucoup.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 4 minutes (&#8230;) \u00ab\u00a0Mieux vaut un bon scanner qu\u2019une heure de bavardages\u00a0\u00bb. 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