{"id":44083,"date":"2023-04-19T16:47:04","date_gmt":"2023-04-19T14:47:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=44083"},"modified":"2023-04-19T20:06:40","modified_gmt":"2023-04-19T18:06:40","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=44083","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (16)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #008080;\"><em>temps de lecture : 2 minut<span style=\"color: #008080;\">e<\/span><\/em>s\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) En l\u2019\u00e9coutant, Fran\u00e7oise r\u00e9alisa que son enfance \u00e0 elle, qu\u2019elle avait toujours jug\u00e9e sinistre, ne l\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas autant que d\u2019autres comme celle de ce photographe. Annick, de son c\u00f4t\u00e9, consid\u00e9ra que cet ahuri en rajoutait un peu pour se mettre en valeur. Comme elles en discut\u00e8rent plus tard ensemble, il n\u2019y avait pas de r\u00e9ponses \u00e0 leurs interpr\u00e9tations\u00a0divergentes : aucune preuve ne pouvait d\u00e9montrer la validit\u00e9 de l\u2019une ou de l\u2019autre. Telles sont les vies des gens\u00a0: elles n\u2019expriment pas toujours leurs propres diff\u00e9rences mais les diff\u00e9rences entre ceux qui les voient et les jugent. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Chapitre XVI<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Fran\u00e7oise avait d\u00e9sormais pris de l\u2019assurance. Elle en attribuait le m\u00e9rite en partie \u00e0 son analyse et en partie \u00e0 son changement d\u2019orientation professionnelle o\u00f9 elle s\u2019\u00e9panouissait. Chaque jour, elle d\u00e9couvrait autre chose que l\u2019horizon d\u00e9sol\u00e9 de la campagne poitevine et le regard vide d\u2019un poilu couleur kaki d\u00e9lav\u00e9e. Sa r\u00e9cente rupture avec Annick ne l\u2019avait pas perturb\u00e9e et elles \u00e9taient rest\u00e9es les meilleures amies du monde. Reconnaissons que la vie de province favorisait son investissement dans des \u00e9tudes qui, par ailleurs, la passionnaient. Elle fut nomm\u00e9e<!--more--> interne en m\u00e9decine \u00e0 Tours d\u00e8s son premier concours puis chef de clinique \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Poitiers.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, assistante en Neurologie et syndicaliste convaincue, Fran\u00e7oise avait connu cette p\u00e9riode plus rassurante qu\u2019enthousiasmante, o\u00f9, enfin, le pouvoir m\u00e9dical allait \u00eatre temp\u00e9r\u00e9 par de vrais administrateurs capables de g\u00e9rer de mani\u00e8re non fantaisiste les finances de l\u2019H\u00f4pital Public. Elle devait assez vite d\u00e9chanter. Cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de directeurs prit bient\u00f4t toutes les d\u00e9cisions comme le choix des chefs de service, de la taille des services et m\u00eame de leurs orientations m\u00e9dicales, domaines dont ils ignoraient \u00e0 peu pr\u00e8s tout. Devinant le b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019ils pourraient tirer de ces directeurs na\u00effs sur le plan m\u00e9dical, certains praticiens hospitaliers se charg\u00e8rent de les conseiller dans le sens de leurs int\u00e9r\u00eats \u00e0 eux. Ils y parvinrent avec un succ\u00e8s personnel ind\u00e9niable mais au d\u00e9triment de l\u2019avenir de la sant\u00e9. Ainsi, disparurent des disciplines peu rentables mais d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, comme le SIDA, les maladies infectieuses ou la g\u00e9riatrie, et prolif\u00e9r\u00e8rent de nouvelles unit\u00e9s qui ne se justifiaient pas, des professeurs agr\u00e9g\u00e9s dont le poste \u00e9tait budg\u00e9t\u00e9 en \u00e9change de la disparition de deux postes d\u2019assistants, et des chefs de service qui ne recrutaient pas de malades mais \u00e9toffaient la liste de leurs titres et travaux scientifiques ainsi que celle de leurs destinations touristiques. Pire encore, comme ces derniers \u00e9taient souvent professeurs sans \u00eatre p\u00e9dagogues, ils parvinrent \u00e0 infl\u00e9chir les objectifs universitaires vers des pratiques m\u00e9dicales o\u00f9 le contact humain avec le patient n\u2019avait plus de raison d\u2019\u00eatre. \u00ab\u00a0Mieux vaut un bon scanner qu\u2019une heure de bavardages\u00a0\u00bb. Les cons\u00e9quences de ces d\u00e9rives ne se firent sentir que vingt ans plus tard lors d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie qu\u2019aucun professeur n\u2019avait pr\u00e9vue, ce qui \u00e9tait excusable, et qui submergea des h\u00f4pitaux devenus, par leur faute, incapables d\u2019y faire face, ce qui \u00e9tait impardonnable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 2 minutes\u00a0 (&#8230;) En l\u2019\u00e9coutant, Fran\u00e7oise r\u00e9alisa que son enfance \u00e0 elle, qu\u2019elle avait toujours jug\u00e9e sinistre, ne l\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas autant que d\u2019autres comme celle de ce photographe. Annick, de son c\u00f4t\u00e9, consid\u00e9ra que cet ahuri en rajoutait un peu pour se mettre en valeur. 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