{"id":43799,"date":"2023-04-02T16:47:15","date_gmt":"2023-04-02T14:47:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43799"},"modified":"2023-04-03T05:18:19","modified_gmt":"2023-04-03T03:18:19","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43799","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (11)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><em><span style=\"color: #008000;\">temps de lecture : 4 minutes bien tass\u00e9es<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) Mais comment ne pas passer pour un vieux gigolo alors que ses sentiments envers la jeune fille \u00e9taient purs\u00a0bien qu\u2019int\u00e9ress\u00e9s ? Il n\u2019\u00e9tait motiv\u00e9 que par une seule chose\u00a0: faire sa connaissance pour donner corps \u00e0 l\u2019h\u00e9ro\u00efne de son prochain roman. Rien de sexuel l\u00e0 dedans, comme il le r\u00e9p\u00e9ta au commissaire charg\u00e9 de l\u2019interroger apr\u00e8s la disparition de Fran\u00e7oise.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Chapitre XI<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019\u00e9crivain surnomm\u00e9 le faux Blonde par Fran\u00e7oise \u00e9tait n\u00e9 Edward Crandaret. Pourquoi cette juxtaposition \u00e9trange ? A sa naissance, son pr\u00e9nom avait \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par sa maman, professeur d\u2019anglais (mais pas d\u2019histoire), elle-m\u00eame pr\u00e9nomm\u00e9e Victoria, ce dont elle \u00e9tait tr\u00e8s fi\u00e8re. Ses parents avaient \u00a0\u00a0voulu rendre hommage au fair-play de cette Reine qui avait ensemenc\u00e9 toutes <!--more-->les cours europ\u00e9ennes de futurs criminels de guerre. Son p\u00e8re, Ange Crandaret, originaire des bas fonds marseillais, \u00e9tait d\u2019un naturel peu bavard et encore plus discret sur son pass\u00e9. Selon des sources polici\u00e8res dignes de foi, Ange Crandaret n\u2019avait pas vol\u00e9 son nom. Apr\u00e8s sa reconversion dans la coutellerie, il parvint \u00e0 se faire appeler Coutelas malgr\u00e9 l\u2019opposition de sa belle famille qui aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un patronyme plus \u00e9loign\u00e9 de ses anciennes activit\u00e9s. De Victoria, Edward h\u00e9rita l\u2019embonpoint et, d\u2019Ange, le sourire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le petit Ed., dont le pr\u00e9nom impronon\u00e7able en patois avait \u00e9t\u00e9 simplifi\u00e9 par ses voisins de palier \u00e0 Marseille, r\u00e9solut son probl\u00e8me d\u2019embonpoint pendant son service militaire \u00e0 Cayenne bien qu\u2019il ne l\u2019effectu\u00e2t pas dans une ge\u00f4le, comme le soulignait non sans ironie Louis-Charles, son ami d\u2019enfance. Ces deux-l\u00e0 avaient fait connaissance sur la plage de Saint-Br\u00e9vin o\u00f9 ils s\u2019acharnaient \u00e0 construire le plus beau ch\u00e2teau fort malgr\u00e9 le fracas quotidien des bombardements. C\u2019\u00e9tait les meilleurs amis du monde m\u00eame si Louis-Charles, jaloux des succ\u00e8s de son copain aux concours du club des Mouettes, lui r\u00e9p\u00e9tait\u00a0dix fois par jour : \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas parce que tu sais construire d\u2019\u00e9normes ch\u00e2teaux de sable que tu seras un jour ing\u00e9nieur\u00a0\u00bb. Et il ajoutait, car il ne pouvait s\u2019emp\u00eacher de faire des jeux de mots, \u00ab\u00a0et surtout pas ing\u00e9nieur des Ponts et des Ch\u00e9ries\u00a0!\u00a0\u00bb. Par la suite, il regretta am\u00e8rement cet humour auquel ne furent sensibles que les nostalgiques de nos Comptoirs des Indes. Non seulement Edward fut re\u00e7u major du concours des Ponts, passe encore, mais aussi, ce que son amour propre eut plus de mal \u00e0 accepter, du concours, parfois long, des ch\u00e9ries. L\u2019histoire est cruelle et se r\u00e9p\u00e9ta,\u00a0telle une fatalit\u00e9 pour Louis-Charles qui, contrairement \u00e0 son ami devenu son rival en litt\u00e9rature, ne connut pas plus de r\u00e9ussite avec le Goncourt. Comme on le verra, ils firent ensemble la fameuse Ecole des Ponchos, mais, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par les succ\u00e8s litt\u00e9raires et f\u00e9minins de son ami, Louis-Charles d\u00e9cida de s\u2019exiler au Canada. Malgr\u00e9 ses questions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, Edward\u00a0ne sut jamais l\u2019origine du pr\u00e9nom versaillais de son ami.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le hasard voulut qu\u2019ils se retrouvent dans la m\u00eame promotion o\u00f9 ils form\u00e8rent un groupe d\u2019amis tr\u00e8s li\u00e9s qui ne se perdirent jamais de vue m\u00eame si parfois, \u00e0 cause de la jalousie ou de la brume, ils eurent recours \u00e0 la corne. Dans leur petite soci\u00e9t\u00e9 \u00e9litiste, il y avait une jolie fille au franc-parler, une f\u00e9ministe avant l\u2019heure, Chantal Guermante, qui faisait, non pas la brume, bien qu\u2019elle le fut, mais la pluie et le beau temps. Louis-Charles n\u2019\u00e9tait pas insensible \u00e0 ses charmes et l\u2019avait surnomm\u00e9e la Guermante fra\u00eeche. La v\u00e9rit\u00e9 oblige \u00e0 dire qu\u2019il ne la trouvait pas que fra\u00eeche. Fort attach\u00e9e \u00e0 son ascendance nobiliaire ancr\u00e9e dans une province dont personne ne savait la localisation exacte, Chantal s\u2019\u00e9tait attribu\u00e9 le pseudonyme de l\u2019Ard\u00e8choisie des Dieux. On aurait pu faire plus sobre mais ce n\u2019\u00e9tait pas dans ses habitudes. A propos de sobri\u00e9t\u00e9, elle avait d\u2019ailleurs coutume de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Un verre, \u00e7a va, deux verres, c\u2019est mieux\u00a0\u00bb. A l\u2019\u00e9poque, \u00eatre Ing\u00e9nieuse des Ponts n\u2019\u00e9tait pas une sin\u00e9cure. Elle devait affronter tous les matins l\u2019humour discutable et misogyne de ses camarades de promotion. Edward, surtout, ne l\u00e9sinait pas dans le trivial. Plagiant sans vergogne la vieille litanie de son copain d\u2019enfance, il se permit un jour cet aphorisme vulgaire : \u00ab\u00a0Il ne faudrait pas confondre le Concours des Ponts avec celui des Ch\u00e9ries \u00bb. L\u2019Ard\u00e8choisie des Dieux, mise au courant innocemment par Louis-Charles, fit la sourde oreille qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 faible. Elle en rit sous cape avec ce dernier qui profita au passage de la situation \u00e0 l\u2019abri des regards et, s\u2019adressant \u00e0 Edward\u00a0en pleine Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale, le 3 mai 1968, elle le crucifia avec cette sentence\u00a0devenue c\u00e9l\u00e8bre : \u00ab\u00a0Si les Coutelas \u00e9taient de fines \u00e2mes, \u00e7a se saurait dans les \u00e9tables\u00a0\u00bb. La messe \u00e9tait dite. Edward comprit que ses manoeuvres de s\u00e9duction n\u2019auraient d\u00e9sormais plus aucune chance de succ\u00e8s, ce que Louis-Charles, en fin diplomate ravi de la tournure des \u00e9v\u00e9nements, lui confirma.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 4 minutes bien tass\u00e9es (&#8230;) Mais comment ne pas passer pour un vieux gigolo alors que ses sentiments envers la jeune fille \u00e9taient purs\u00a0bien qu\u2019int\u00e9ress\u00e9s ? 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