{"id":43721,"date":"2023-03-25T16:47:43","date_gmt":"2023-03-25T15:47:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43721"},"modified":"2023-03-26T05:49:05","modified_gmt":"2023-03-26T03:49:05","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43721","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (9)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 3 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) Bien au contraire, chez lui, la vie de tous les jours ressemblait \u00e0 une vie monacale o\u00f9 l\u2019on aurait fait v\u0153u de silence. Personne n\u2019avait le droit de raconter son dernier r\u00eave ou de parler de ses probl\u00e8mes. Cet homme pourtant d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ses patients ne le fut jamais \u00e0 celle de sa famille. Il ne s\u2019int\u00e9ressa ni \u00e0 ses enfants ni, encore moins, \u00e0 ce qu\u2019ils pensaient. Le jour o\u00f9 son fils a\u00een\u00e9 m\u00e9decin fut nomm\u00e9 chef de service dans un h\u00f4pital parisien, il ignorait sa sp\u00e9cialit\u00e9 &#8230;<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Chapitre IX<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Subitement, malgr\u00e9 sa d\u00e9cision de reprendre des \u00e9tudes, Fran\u00e7oise alla mieux. Le docteur Philippe C. ne mit pas longtemps \u00e0 en comprendre la raison. Lors d\u2019un week-end chez ses parents, elle avait assist\u00e9 au centre culturel interurbain de Chauvigny \u00e0 une conf\u00e9rence donn\u00e9e par Didier, le vrai Blonde. Elle connaissait tous ses \u00e9crits et elle \u00e9prouvait une v\u00e9ritable fascination pour son livre intitul\u00e9 Le\u00eflah Mahi. A partir d\u2019un minimum d\u2019informations r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 droite et \u00e0 gauche, l\u2019auteur avait imagin\u00e9 <!--more-->la vie de cette femme libre des ann\u00e9es vingt dont il avait suivi la trace jusqu\u2019en Italie. Lors d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 Paris, Fran\u00e7oise s\u2019\u00e9tait rendue au cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise\u00a0afin de voir l\u2019urne fun\u00e9raire de Le\u00eflah orn\u00e9e de sa photo en noir et blanc. L\u2019\u00e9crivain ne pr\u00e9cise pas qui d\u00e9cida de mettre ce portrait \u00e0 la place d\u2019un texte. Le r\u00e9sultat d\u2019une troublante originalit\u00e9 excita l\u2019imagination de cette jeune fille romantique n\u00e9e en province et attir\u00e9e par les femmes.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Elle avait d\u00e9couvert ce r\u00e9cit dans les rayonnages de la salle d\u2019attente du docteur Philippe auquel elle se permit de demander s\u2019il l\u2019avait lu et s\u2019il lui avait plu. Pour une fois, sa r\u00e9ponse, sobre mais d\u00e9pourvue d\u2019ambigu\u00eft\u00e9, fut compr\u00e9hensible\u00a0:<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">&#8211;\u00a0Oui.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Annick, devenue sp\u00e9cialiste de la culture hittite, passait d\u00e9sormais la plus grande partie de son temps \u00e0 donner des conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019\u00e9tranger quand elle ne dirigeait pas des fouilles arch\u00e9ologiques autour de l\u2019antique Babylone. La f\u00e9minisation de sa discipline favorisait ses penchants sentimentaux et la rendait moins d\u00e9pendante de son amie Fran\u00e7oise. Elle s\u2019en d\u00e9tacha peu \u00e0 peu \u00e0 la satisfaction des deux parties. Elle se lassa aussi de Franck, le physicien sp\u00e9cialiste des cordes, qui tentait de lui expliquer tous les soirs l\u2019int\u00e9r\u00eat de ses recherches. De ses explications incompr\u00e9hensibles, Annick avait retenu que la gravit\u00e9 quantique n\u2019\u00e9tait pas un vain mot et que la th\u00e9orie des cordes \u00e9tait particuli\u00e8rement raide ce qui flatta le machisme primaire de son ami.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Apr\u00e8s le d\u00e9part de sa compagne, Franck sombra dans la d\u00e9pression et les cordes que lui tendirent ses coll\u00e8gues physiciens ne parvinrent pas \u00e0 l\u2019en tirer. En plus du refus d\u2019Annick dont il n\u2019avait pas compris les raisons, il avait accumul\u00e9 d\u2019autres contrari\u00e9t\u00e9s dont il ne parvenait pas \u00e0 se d\u00e9p\u00eatrer. D\u2019abord, il s\u2019\u00e9tait f\u00e2ch\u00e9 avec sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e, sa m\u00e8re de substitution car la leur \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9e quand il \u00e9tait encore un enfant. Elle ne lui avait pas pardonn\u00e9 d\u2019avoir demand\u00e9 en mariage une trentenaire ob\u00e8se alors qu\u2019elle-m\u00eame \u00e9tait anorexique. Et puis, alors qu\u2019il avait le sentiment de faire \u0153uvre de charit\u00e9, l\u2019attitude d\u2019Annick lui sembla en contradiction avec ce qu\u2019on lui avait enseign\u00e9 jadis au cat\u00e9chisme. Ces remises en question existentielles l\u2019avaient conduit au fond du trou noir et chez un psychiatre. Ce qu\u2019il demandait \u00e0 l\u2019infortun\u00e9 m\u00e9decin d\u00e9passait l\u2019entendement\u00a0: son discours r\u00e9p\u00e9titif d\u2019une affligeante pauvret\u00e9 ne parlait que d\u2019Annick et de la th\u00e9orie des cordes. Passe encore pour l\u2019interpr\u00e9tation du d\u00e9part d\u2019Annick qui \u00e9tait dans les cordes de tout psychanalyste, mais la th\u00e9orie des cordes, elle, ne relevait pas de leur comp\u00e9tence, loin de l\u00e0\u00a0! Elle en \u00e9tait m\u00eame \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Une fois n\u2019est pas coutume, les s\u00e9ances s\u2019av\u00e9r\u00e8rent bien plus p\u00e9nibles pour le m\u00e9decin que pour le patient. D\u2019ailleurs, son analyste abandonna rapidement tout espoir de le sortir de son trou noir en expansion continue, au propre comme au figur\u00e9. Franck, de son c\u00f4t\u00e9, ne per\u00e7ut jamais la r\u00e9signation de son m\u00e9decin elle aussi en expansion continue.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 3 minutes\u00a0 (&#8230;) Bien au contraire, chez lui, la vie de tous les jours ressemblait \u00e0 une vie monacale o\u00f9 l\u2019on aurait fait v\u0153u de silence. Personne n\u2019avait le droit de raconter son dernier r\u00eave ou de parler de ses probl\u00e8mes. 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