{"id":43715,"date":"2023-03-14T16:47:15","date_gmt":"2023-03-14T15:47:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43715"},"modified":"2023-03-15T13:03:49","modified_gmt":"2023-03-15T12:03:49","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43715","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (6)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 3 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) D\u2019ailleurs, elle trouvait que plus personne dans ce caf\u00e9 n\u2019\u00e9voquait ce pass\u00e9 r\u00e9volu. Au contraire, et \u00e0 sa grande surprise, il y avait non loin de leur table cet \u00e9crivain jadis blond qui l\u2019avait tant s\u00e9duite \u00e0 la terrasse du Surcouf deux mois auparavant. Quel hasard\u00a0! Fran\u00e7oise en profita pour enfoncer le clou. Elle confia innocemment \u00e0 son amie que, pour preuve, ce consommateur-l\u00e0 ressemblait davantage aux s\u00e9ducteurs des films de Vittorio de Sica qu\u2019\u00e0 son \u00e9pouvantable Sartre.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Chapitre VI<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Lors de ses passages \u00e0 Joigny, Fran\u00e7oise revoyait parfois Bernard, ce jeune gar\u00e7on un peu fruste convaincu de l\u2019avoir demand\u00e9e en mariage dans la grange du P\u00e8re M\u00e9nard. Le malheureux<\/em> ne s\u2019\u00e9tait jamais remis de son refus offusqu\u00e9. Bien que b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un emploi de complaisance chez un oncle cultivateur, il accumula les absences injustifi\u00e9es. On le trouva un jour, allong\u00e9 au bord de la rivi\u00e8re, fumant les herbes qu\u2019il avait ramass\u00e9es autour de lui. Il ne s\u2019agissait pas de plantes hallucinog\u00e8nes mais il n\u2019en d\u00e9lirait pas moins. Hospitalis\u00e9 en psychiatrie au CHU de Poitiers, il fut suivi par<!--more--> le docteur Philippe qui effectuait deux vacations par semaine dans ce service. Ce dernier se prit de sympathie pour ce simple d\u2019esprit et, confront\u00e9 \u00e0 une situation conflictuelle, sa tentation fut grande de se s\u00e9parer d\u2019un de ses deux patients mais, par curiosit\u00e9 plus professionnelle que malsaine, il n\u2019en fit rien.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le docteur Philippe ne parvenait pas \u00e0 comprendre pourquoi une jeune fille aussi intelligente que Fran\u00e7oise avait pu \u00eatre \u00e0 ce point traumatis\u00e9e par le comportement de Bernard, somme toute assez courant et pas seulement \u00e0 la campagne. N\u2019avait-il pas impos\u00e9 lui aussi la m\u00eame chose \u00e0 Myriam, sa petite cousine, lors d\u2019une kermesse de bienfaisance o\u00f9 ils s\u2019\u00e9taient rendus avec leurs parents\u00a0? Certes, la petite Myriam avait obtemp\u00e9r\u00e9, mais la torsion violente qu\u2019elle exer\u00e7a de toutes ses forces sur ses attributs lui valut un h\u00e9matome bleut\u00e9, une adolescence compliqu\u00e9e et des relations encore plus compliqu\u00e9es\u00a0 avec les filles en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00a0Il devait une fi\u00e8re chandelle \u00e0 mademoiselle Chiroubles, la p\u00e9dopsychiatre que ses parents inquiets l\u2019emmen\u00e8rent consulter parce que leur fils refusait de revoir sa petite cousine et fondait en larmes d\u00e8s qu\u2019on parlait d\u2019elle. Mademoiselle Chiroubles \u00e9tait une c\u00e9libataire endurcie ni belle ni laide \u00e0 qui on ne connaissait aucune relation masculine. Non seulement elle le remit dans le bon chemin, mais elle remit aussi ses parties malmen\u00e9es dans le bon chemin, en l\u2019occurrence celui des siennes. Il faut dire qu\u2019elle aimait la chair fra\u00eeche et en abusait parfois.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Apr\u00e8s cette r\u00e9\u00e9ducation peu orthodoxe mais efficace, Philippe connut une travers\u00e9e du d\u00e9sert quand mademoiselle Chiroubles fut mut\u00e9e au s\u00e9minaire Saint Eustache \u00e0 Tours qui formait les futurs cur\u00e9s du dioc\u00e8se. Personne ne sait si elle put continuer ses pratiques innovantes dans un environnement aussi d\u00e9favorable. La solitude, le go\u00fbt des vieilles filles, ses difficult\u00e9s avec les plus jeunes, conduisirent le jeune Philippe chez un autre m\u00e9decin, le psychanalyste Henri Namur, qui r\u00e9ussit le tour de force de lui faire admettre enfin le bien-fond\u00e9 de la r\u00e9action de Myriam.\u00a0 A la fin de ses \u00e9tudes de m\u00e9decine, il choisit donc cette discipline \u00e0 laquelle il devait tant.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 3 minutes\u00a0 (&#8230;) D\u2019ailleurs, elle trouvait que plus personne dans ce caf\u00e9 n\u2019\u00e9voquait ce pass\u00e9 r\u00e9volu. Au contraire, et \u00e0 sa grande surprise, il y avait non loin de leur table cet \u00e9crivain jadis blond qui l\u2019avait tant s\u00e9duite \u00e0 la terrasse du Surcouf deux mois auparavant. Quel hasard\u00a0! 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