{"id":43614,"date":"2023-03-06T16:47:06","date_gmt":"2023-03-06T15:47:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43614"},"modified":"2023-03-07T08:13:14","modified_gmt":"2023-03-07T07:13:14","slug":"les-corneilles-du-septieme-ciel-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=43614","title":{"rendered":"Les corneilles du septi\u00e8me ciel (2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 3 minutes devraient suffire\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;)<\/em>\u00a0En rentrant chez elle, Fran\u00e7oise passa s\u2019agenouiller \u00e0 l\u2019\u00e9glise pour demander pardon au Seigneur de son involontaire m\u00e9saventure. Elle Lui demanda aussi pourquoi Il n\u2019avait pas mieux fait son travail en affublant les gar\u00e7ons d\u2019un instrument aussi laid.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">Voil\u00e0 ce que Fran\u00e7oise avait racont\u00e9 \u00e0 son psychanalyste lors des premi\u00e8res s\u00e9ances. Bien qu\u2019il en ait vu d\u2019autres et de pires, ce dernier pr\u00e9f\u00e9ra ne pas se prononcer sur le nombre de s\u00e9ances \u00e0 pr\u00e9voir pour sa gu\u00e9rison.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">Chapitre II<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">A son retour de lune de miel, Fran\u00e7oise s\u2019\u00e9tait pr\u00e9cipit\u00e9e sur le net. Celui qui lui avait tant plu \u00e0 la terrasse du Surcouf ne pouvait pas \u00eatre Didier Blonde\u00a0: il \u00e9tait en effet beaucoup trop vieux. Comme le lui confirma Wikip\u00e9dia, son \u00e9crivain favori n\u2019avait pas encore d\u00e9pass\u00e9 la quarantaine. Elle ne cacha pas sa d\u00e9ception au docteur Philippe que ce drame laissa indiff\u00e9rent.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Apr\u00e8s le d\u00e9part des deux amies, l\u2019\u00e9crivain d\u00e9j\u00e0 quinquag\u00e9naire, mais encore sensible aux charmes de la jeunesse, s\u2019\u00e9tait inform\u00e9 aupr\u00e8s du gar\u00e7on qu\u2019il connaissait depuis plus de vingt ans. Ce dernier lui avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 sans la moindre difficult\u00e9 <!--more-->le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de l\u2019une d\u2019entre elle, la grosse moche disait-il, qui r\u00e9servait souvent une table pour d\u00e9jeuner avec d\u2019autres filles. Il ne l\u2019avait jamais vue avec un gar\u00e7on. Quant \u00e0 sa copine, la jolie mince, il ne la connaissait pas. Et il ajouta qu\u2019avec ce genre de filles, \u00e7a d\u00e9filait sans arr\u00eat.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Notre \u00e9crivain, que Fran\u00e7oise avait surnomm\u00e9 avec humour le faux Blonde (alors qu\u2019il l\u2019avait \u00e9t\u00e9 avant de perdre ses cheveux), en d\u00e9duisit que la jolie mince d\u00e9visag\u00e9e pendant plus de deux heures en faisant semblant d\u2019\u00e9crire sur son portable ne devait pas non plus aimer les hommes. Cette information allait compliquer la r\u00e9daction de son futur roman o\u00f9 il envisageait de lui donner le r\u00f4le principal.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Sa vocation litt\u00e9raire \u00e9tait n\u00e9e des \u00e9preuves que la vie lui avait r\u00e9serv\u00e9es, \u00e0 commencer par sa jeunesse \u00e0 Saint Br\u00e9vin-les-Pins devant les ruines de Saint Nazaire bombard\u00e9e \u00e0 cinquante reprises par l\u2019aviation alli\u00e9e. Il en connut d\u2019autres plus tard en Afrique o\u00f9 il fut guide pour chasseurs fortun\u00e9s en pleine brousse. Confront\u00e9 chaque jour \u00e0 la f\u00e9rocit\u00e9 de fauves sanguinaires, il fit de ces r\u00e9gions inhospitali\u00e8res le d\u00e9cor de ses premiers romans dont l\u2019un, Les corneilles du septi\u00e8me ciel, re\u00e7ut le Prix Romain Gary.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Sa derni\u00e8re \u00e9preuve avait \u00e9t\u00e9 l\u2019acquisition, non pas de fauves comme ceux dont il avait la nostalgie, mais de six veaux qu\u2019il entendait engraisser avant de les revendre et de r\u00e9aliser un b\u00e9n\u00e9fice appr\u00e9ciable. C\u2019est en \u00e9coutant les conseils avis\u00e9s de son voisin, monsieur Minette, dont la ferme jouxtait sa r\u00e9sidence, que lui \u00e9tait venue cette id\u00e9e g\u00e9niale. Malgr\u00e9 les r\u00e9ticences de sa femme, c\u2019\u00e9tait plus fort que lui, il ne pouvait pas s\u2019emp\u00eacher de \u00ab\u00a0faire des affaires\u00a0\u00bb qu\u2019il qualifiait toujours de \u00ab\u00a0juteuses\u00a0\u00bb pour la convaincre. Par un manque de chance inou\u00ef, ce fut une tr\u00e8s mauvaise ann\u00e9e pour les \u00e9levages de veaux. Seule la presse sp\u00e9cialis\u00e9e en parla \u00e0 l\u2019\u00e9poque mais les assurances, comme d\u2019habitude, se d\u00e9fil\u00e8rent. Ses six veaux d\u00e9c\u00e9d\u00e8rent en moins de six mois, un record, avait reconnu monsieur Minette qui, sans qu\u2019on en connaisse les raisons et sans qu\u2019il en ait averti son voisin, avait investi cette ann\u00e9e-l\u00e0 dans les moutons. Le v\u00e9t\u00e9rinaire de Chaumont, appel\u00e9 au chevet de ses animaux, arriva trop tard et ne put que constater le d\u00e9c\u00e8s du pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de monsieur Faux Blonde, celui qu\u2019il avait surnomm\u00e9 Hurlevent. Les appels suivants ne connurent pas plus de succ\u00e8s. Ce n\u2019est qu\u2019au sixi\u00e8me qu\u2019il se d\u00e9pla\u00e7a enfin pour assister, impuissant, au dernier souffle du dernier veau. Notre \u00e9crivain, impressionn\u00e9 par ses honoraires, osa lui demander, ce qui n\u2019\u00e9tait pourtant pas dans sa nature plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9e, de quelle maladie \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s ses six veaux. Le v\u00e9t\u00e9rinaire eut un rictus encore plus sinistre que d\u2019habitude et, apr\u00e8s deux minutes de r\u00e9flexion silencieuse, lui hurla sa r\u00e9ponse en articulant chaque syllabe de fa\u00e7on exag\u00e9r\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Meuh-sieur, vos-veaux-sont-morts-de-la-ma-la-die-des-veaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il ne fit aucun autre commentaire. Notre \u00e9crivain non plus mais il renon\u00e7a d\u00e9finitivement \u00e0 l\u2019\u00e9levage.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Fran\u00e7oise, qui ignorait pourtant les projets litt\u00e9raires du faux Blonde la concernant, se demandait comment le retrouver dans une ville comme Paris. S\u2019il restait des matin\u00e9es enti\u00e8res \u00e0 la terrasse du Surcouf, ce qui \u00e9tait en effet le cas, elle pensa avoir une chance de l\u2019y revoir lors de son prochain s\u00e9jour. Ce fut sa motivation inavou\u00e9e quand elle t\u00e9l\u00e9phona \u00e0 Annick pour lui demander la date de leurs retrouvailles.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 3 minutes devraient suffire\u00a0 (&#8230;)\u00a0En rentrant chez elle, Fran\u00e7oise passa s\u2019agenouiller \u00e0 l\u2019\u00e9glise pour demander pardon au Seigneur de son involontaire m\u00e9saventure. Elle Lui demanda aussi pourquoi Il n\u2019avait pas mieux fait son travail en affublant les gar\u00e7ons d\u2019un instrument aussi laid. 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