{"id":42830,"date":"2023-01-31T07:47:54","date_gmt":"2023-01-31T06:47:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=42830"},"modified":"2023-02-04T12:31:51","modified_gmt":"2023-02-04T11:31:51","slug":"babylon-critique-aisee-n251","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=42830","title":{"rendered":"Babylon &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0251"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 5 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0251<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><strong>Babylon<br \/>\n<\/strong>Damien Chazelle \u2013 2023 \u2013 188 minutes<br \/>\n<em>Brad Pitt, Margot Robbie<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-42832\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-27-a-08.21.53.png\" alt=\"\" width=\"430\" height=\"240\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-27-a-08.21.53.png 430w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-27-a-08.21.53-300x167.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 430px) 100vw, 430px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">De retour au Path\u00e9 Montparnasse dans l\u2019une de ces nouvelles salles \u00e9quip\u00e9es de fauteuils de classe \u00ab\u00a0Affaire\u00a0\u00bb dont je vous ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019<em>Avatar 2<\/em>\u2026 M\u00eame salle, plus petite, certes, mais \u00e9quip\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re, m\u00eames fauteuils, m\u00eame \u00e9cran, m\u00eame son\u2026 le confort.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">A c\u00f4t\u00e9 de moi viennent s\u2019asseoir les \u00ab\u00a0Trois grasses\u00a0\u00bb de Botero qui, une fois d\u00e9barrass\u00e9es des pelures d\u2019oignon qui les recouvrent \u2014 il fait froid dehors \u2014 ont \u00e0 peine maigri et qui s\u2019empressent de sortir de leurs sacs des sandwiches pr\u00e9par\u00e9s avec amour \u00e0 la maison et de mordre dedans avec all\u00e9gresse, ceci sans jeu de mot d\u00e9sobligeant de ma part. Je remarque que, comme dans les wagons de troisi\u00e8me classe de mon enfance, la plupart des spectateurs arrivent dans la salle avec de quoi manger et de quoi boire. C\u2019est tout juste s\u2019il n\u2019apportent pas aussi oreillers et couvertures, comme ceux que l&rsquo;on louait sur les quais le long de ces m\u00eames wagons quand ils \u00e9taient de nuit. \u00a0De mes voisines, je crains le pire, le bruit des papiers, celui de<!--more--> la mastication, les commentaires sur la qualit\u00e9 du p\u00e2t\u00e9, l\u2019odeur\u2026 mais non. La publicit\u00e9 et les annonces des films \u00e0 venir sont assez longues pour leur permettre de terminer leur amuse-bouche avant le d\u00e9but du film. Tout va donc pour le mieux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Damien Chazelle\u2026 38 ans, am\u00e9ricano-fran\u00e7ais, Harvard, Oscar \u00e0 31 ans pour <em>La la land<\/em>.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En ce qui concerne ses ant\u00e9c\u00e9dents, pour moi, il y a du bon (<em>Whiplash<\/em> &#8211; 2014) et du presque mauvais (<em>La la land<\/em> &#8211; 2016). Si vous voulez savoir pourquoi, reportez vous \u00e0 mes critiques ais\u00e9es correspondantes <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=2999\">https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=2999<\/a>\u00a0 et <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=8132\">https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=8132<\/a><u> .<\/u><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Si non, sachez seulement que ce que j\u2019avais vu de lui m\u2019avait fait comprendre qu\u2019il avait un talent certain pour mettre en rythme et en image la musique de jazz, un go\u00fbt tr\u00e8s prononc\u00e9, sinon un talent, pour la com\u00e9die musicale, et une grande admiration pour des films essentiels dans ce domaine, par exemple et surtout \u00ab\u00a0<em>Chantons sous la pluie<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>New York, New York<\/em>\u00a0\u00bb? C\u2019est tout \u00e0 son honneur.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et maintenant, apr\u00e8s tous ces pr\u00e9liminaires dont je ne suis que trop coutumier, le film, <em>Babylon.<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Le th\u00e8me est strictement le m\u00eame que celui de \u00ab\u00a0<em>Chantons sous la pluie<\/em>\u00ab\u00a0: Hollywood 1927, l\u2019industrie du cin\u00e9ma vit encore son \u00e2ge d&rsquo;or mais aussi sa plus grande crise existentielle depuis sa naissance : la naissance du cin\u00e9ma parlant. Avant \u00ab\u00a0<em>Le Chanteur de Jazz<\/em>\u00ab\u00a0, Le petit monde d\u2019Hollywood croule sous l\u2019argent, l\u2019alcool, la drogue, le sexe, pour ceux qui sont \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, et sous l\u2019alcool, la drogue, le sexe et <em>la volont\u00e9 de r\u00e9ussir<\/em> pour ceux qui r\u00eavent d\u2019y entrer.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Apr\u00e8s \u00ab\u00a0L<em>e Chanteur de Jazz\u00a0\u00bb<\/em>, les \u00e9lus du Paradis du cin\u00e9ma, producteurs, com\u00e9diens, techniciens, se demandent comment ils vont bien pouvoir survivre \u00e0 ce tsunami qu\u2019est pour eux l\u2019arriv\u00e9e du parlant : n\u2019est-ce qu\u2019une vague passag\u00e8re ou un changement profond et d\u00e9finitif de nature ?<br \/>\nFaut-il se laisser flotter en attendant que \u00e7a passe ou bien faut-il tenter de s\u2019adapter ? Nous savons, nous, aujourd\u2019hui, que d\u00e8s la sortie du Chanteur de Jazz, le muet \u00e9tait condamn\u00e9, comme les diligences \u00e0 l\u2019apparition du Chemin de fer et l\u2019\u00e9clairage au gaz avec l\u2019invention de l\u2019ampoule \u00e9lectrique, et vous faites les malins l\u00e0&#8230; Mais pouvez-vous dire sinc\u00e8rement quel aurait \u00e9t\u00e9 votre choix <em>\u00e0 vous<\/em> \u00e0 ce moment-l\u00e0 ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Certains feront le bon, d\u2019autres non.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Doncques\u2026 le m\u00eame th\u00e8me que \u00ab\u00a0<em>Chantons sous la pluie<\/em>\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais si <em>Babylon<\/em> est bourr\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences admiratives \u00e0 ce chef d\u2019\u0153uvre de la com\u00e9die musicale, le point de vue n\u2019est pas le m\u00eame. Rien que le choix du titre le r\u00e9v\u00e8le. Pour beaucoup, dont moi, le mot Babylon \u00e9voque la d\u00e9cadence, la fornication forcen\u00e9e, les plaisirs d\u00e9plac\u00e9s, l\u2019indiff\u00e9rence aux autres, en bref et bibliquement, le p\u00e9ch\u00e9. Et pour Chazelle aussi sans doute, car c\u2019est bien sur une sc\u00e8ne babylonienne que s\u2019ouvre le spectacle. Une longue sc\u00e8ne d\u2019orgie, une d\u00e9bauche de couleurs, un pullulement de corps de femmes, de bustes d\u2019\u00e9ph\u00e8bes et de ventres de gros lards, une jungle de plantes, des averses de champagne, des temp\u00eates de coca\u00efne, superbement, richement film\u00e9e, parfaitement maitris\u00e9e\u2026 une longue, longue, longue sc\u00e8ne\u2026 longue au point d\u2019en devenir ennuyeuse. Et l\u2019on trouve l\u00e0, d\u00e8s les premi\u00e8res vingt minutes, peut-\u00eatre trente, une indication de la construction du film et surtout de ses qualit\u00e9s et de ses d\u00e9fauts.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Parmi ses qualit\u00e9s, il y a cette maitrise des grandes sc\u00e8nes d\u2019action, la sc\u00e8ne orgiaque d\u2019ouverture, et celles de tournage du p\u00e9plum muet dont Brad Pitt est la star. Il y a aussi un humour permanent comme dans cette sc\u00e8ne de tournage \u00e0 grand spectacle muet avec une star ivre morte, toutes les sc\u00e8nes de tournage des premiers films parlant (mais peut-\u00eatre un peu trop proches de celles de <em>Chantons sous la pluie<\/em>). Il y a une formidable direction d\u2019acteur ou plut\u00f4t, en l\u2019occurrence, d\u2019actrice, d\u2019une actrice, Margot Robbie, absolument explosive dans le r\u00f4le d\u2019une jeune femme pr\u00eate \u00e0 tout pour devenir elle-m\u00eame une star. Brad Pitt, que je n\u2019ai jamais consid\u00e9r\u00e9 vraiment comme un bon acteur (sauf dans <em>Il \u00e9tait une fois Hollywood<\/em>), n\u2019est ni tr\u00e8s bon ni mauvais. Il est l\u00e0, star jouant une star. Les autres com\u00e9diens aussi font tr\u00e8s bien ce qu\u2019on leur demande, c\u2019est-\u00e0-dire, parfois, trop. Le voil\u00e0, le d\u00e9faut du film\u00a0; il se peut de d\u00e9finir par un seul mot\u00a0: trop. Chaque sc\u00e8ne est r\u00e9ussie, mais trop allong\u00e9e, souvent au-del\u00e0 du supportable. Les sc\u00e8nes de d\u00e9bauche ou de violence sont bonnes, mais \u00e0 force d\u2019\u00eatre complaisamment longues, elles en deviennent complaisamment violentes et vulgaires. D\u2019o\u00f9, pour le spectateur, une certaine fatigue, parfois m\u00eal\u00e9e d\u2019\u00e9c\u0153urement.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais il y a une chose qui sauve le film, qui le maintient d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, c\u2019est le respect de Chazelle et son amour \u00e9vident et, finalement, son optimisme pour le cin\u00e9ma hollywoodien. Quand apr\u00e8s avoir expos\u00e9 toute cette noirceur, cette pourriture, cette violence, apr\u00e8s avoir tu\u00e9, d\u00e9truit ou d\u00e9boussol\u00e9 ses principaux personnages, Chazelle nous montre pour terminer son film une derni\u00e8re et longue s\u00e9quence \u2014 et cette fois on ne regrettera pas sa dur\u00e9e \u2014 dans laquelle une salle comble de cin\u00e9ma regarde, \u00e9blouie, charm\u00e9e, ravie une sc\u00e8ne de <em>Chantons sous la pluie<\/em>, on lui pardonnerait presque ses \u00a0exc\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Trop long, trop excessif, moins bon que <em>Whiplash<\/em>, meilleur que <em>La la land<\/em>, on peut quand m\u00eame voir <em>Babylon<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 5 minutes\u00a0 Critique ais\u00e9e n\u00b0251 Babylon Damien Chazelle \u2013 2023 \u2013 188 minutes Brad Pitt, Margot Robbie De retour au Path\u00e9 Montparnasse dans l\u2019une de ces nouvelles salles \u00e9quip\u00e9es de fauteuils de classe \u00ab\u00a0Affaire\u00a0\u00bb dont je vous ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion d\u2019Avatar 2\u2026 M\u00eame salle, plus petite, certes, mais \u00e9quip\u00e9e &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=42830\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Babylon &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0251<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[94],"tags":[98,21],"class_list":["post-42830","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critiques","tag-cinema","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/42830","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=42830"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/42830\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=42830"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=42830"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=42830"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}