{"id":41916,"date":"2022-12-17T16:47:35","date_gmt":"2022-12-17T15:47:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41916"},"modified":"2022-12-18T05:44:22","modified_gmt":"2022-12-18T04:44:22","slug":"rendez-vous-a-cinq-heures-avec-le-cinema-indien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41916","title":{"rendered":"Rendez-vous \u00e0 cinq heures avec le cin\u00e9ma indien"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 4 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p><strong><em>La page de 16h47 est ouverte&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-34135\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/camera-150x150.jpeg\" alt=\"\" width=\"132\" height=\"132\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/camera-150x150.jpeg 150w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/camera.jpeg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 132px) 100vw, 132px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>CESAR ET ROSALIE AU BENGALE<br \/>\n<\/strong><strong><em>(Fritz Lang<\/em>, 1959)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>par Lorenzo dell&rsquo;Acqua<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je ne regarde jamais la t\u00e9l\u00e9vision et je vais encore moins souvent au cin\u00e9ma. De rares exceptions cependant, impr\u00e9visibles, comme hier soir sur ARTE, la cha\u00eene des intellectuels et des ing\u00e9nieurs, qui proposait un chef d\u2019\u0153uvre, \u00ab\u00a0<em>C\u00e9sar et Rosalie au Bengale\u00a0\u00bb<\/em>, de Fritz Lang. L\u2019intrigue ne vous surprendra pas car j\u2019ai appris en vous lisant sur le blog que les situations scabreuses r\u00e9unissant deux hommes et une femme, ou l\u2019inverse, faisaient partie (ou avaient fait partie) de votre quotidien. Le sc\u00e9nario est exactement le m\u00eame\u00a0que dans le remake de Claude Sautet sorti en 1972 : les deux personnages principaux aiment la m\u00eame femme. Ce film m\u2019avait attir\u00e9, non pas \u00e0 cause du r\u00e9sum\u00e9 de T\u00e9l\u00e9rama, mais parce qu\u2019il se d\u00e9roulait en Inde o\u00f9 mon p\u00e8re <!--more-->avait \u00e9t\u00e9 l\u2019aide de camp de Lord Mountbatten. Malgr\u00e9 mon tr\u00e8s jeune \u00e2ge \u00e0 cette \u00e9poque, je garde un souvenir \u00e9merveill\u00e9 de ce pays que nous quitt\u00e2mes peu avant la partition meurtri\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">J\u2019ai donc regard\u00e9 hier soir ce film dont le metteur en sc\u00e8ne, auteur de bien d\u2019autres chefs d\u2019\u0153uvre comme \u00ab\u00a0<em>M le Montand\u00a0\u00bb <\/em>ou<em> \u00ab\u00a0M\u00e9tropolis Python 357\u00a0\u00bb, <\/em>ne passe pas pour un plaisantin. Son\u00a0\u00ab\u00a0<em>C\u00e9sar et Rosalie au Bengale\u00a0\u00bb,<strong>\u00a0<\/strong><\/em>que les plus jeunes d\u2019entre vous pourraient ne pas conna\u00eetre en raison de sa date de sortie en 1959, frappe d\u2019abord par ses images kitch, ses dialogues convenus, un jeu d\u2019acteurs \u00e9namour\u00e9s des plus liquoreux, des personnalit\u00e9s manich\u00e9ennes avec des m\u00e9chants tr\u00e8s m\u00e9chants et des bons tr\u00e8s bons, un c\u00f4t\u00e9 r\u00e9trograde de mauvais go\u00fbt faisant passer les hindous pour des colonis\u00e9s serviles, sadiques et parfois m\u00eame l\u00e9preux. Tous les acteurs sont des inconnus et, fort heureusement dans cette version doubl\u00e9e en fran\u00e7ais, ils ne parlaient pas leur langue maternelle, l\u2019allemand, qui donne \u00e0 l\u2019originale, parait-il, une dimension surr\u00e9aliste.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Autant vous pr\u00e9venir tout de suite, son charme n\u2019a rien \u00e0 voir avec celui du remake homonyme de Sautet. Ce dernier ne s\u2019est d\u2019ailleurs pas cass\u00e9 la t\u00eate et s\u2019est content\u00e9 de faire un simple copi\u00e9 coll\u00e9. Chez Fritz Lang, l\u2019architecte, pench\u00e9 sur de grandes feuilles de papier \u00e0 dessins comme David, est aussi falot que lui. Quant au Maharadjah, il est comme C\u00e9sar, tr\u00e8s riche et tr\u00e8s col\u00e9rique. L\u2019h\u00e9ro\u00efne, elle, ne ressemble pas du tout \u00e0 Rosalie\u00a0: elle est plus jeune, n\u2019a pas d\u2019enfants ni d\u2019ex-maris, ne d\u00e9bute pas une m\u00e9nopause pr\u00e9coce et, surtout, elle a un vrai m\u00e9tier, elle : elle est danseuse. Seul point commun avec Romy, mais de taille, cette actrice aux yeux plus bleus qu\u2019elle tu meures, excusez-moi mesdames, est d\u2019une beaut\u00e9 \u00e0 couper le souffle\u00a0! Pas \u00e9tonnant qu\u2019elle fasse tourner la t\u00eate \u00e0 tous les hommes et m\u00eame aux serpents. Heureusement, le tigre n\u2019y est pas sensible ce qui est \u00e0 l\u2019origine de cette belle histoire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle qui me caract\u00e9rise m\u2019oblige \u00e0 avouer que ce film atteint les sommets de l\u2019art cin\u00e9matographique dans une sc\u00e8ne d\u2019un \u00e9rotisme d\u2019autant plus torride qu\u2019elle est inattendue en 1959. Jamais je n\u2019avais vu tenue aussi hardie que celle de l\u2019h\u00e9ro\u00efne condamn\u00e9e \u00e0 danser devant un tribunal religieux masculin avec seulement le minimum syndical pour cacher l\u2019ampleur de ses charmes. Au final, ce n\u2019est pas le cobra qu\u2019elle r\u00e9ussira \u00e0 amadouer mais son amoureux, lequel, transgressant les r\u00e8gles ancestrales, ira tout simplement assommer l\u2019animal au moment o\u00f9 il s\u2019appr\u00eate \u00e0 la piquer. On se dit que c\u2019\u00e9tait bien la peine de nous faire aussi peur pour en arriver l\u00e0 mais on se dit aussi que si le metteur en sc\u00e8ne n\u2019avait pas eu cette id\u00e9e sadique on n\u2019aurait pas eu droit \u00e0 la danse \u00e9rotique. Alors, bon, c\u2019est mieux comme \u00e7a, j\u2019en conviens.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">N\u2019\u00e9tant h\u00e9las pas ing\u00e9nieur, je suis incapable de faire un rapport fiable\u00a0sur le charme envo\u00fbtant, non pas du serpent, mais de Seetha-Rosalie. Pour vous faire votre propre opinion, pr\u00e9cipitez-vous voir ce film et rappelez-vous que la sc\u00e8ne m\u00e9morable se situe au d\u00e9but de la deuxi\u00e8me partie intitul\u00e9e \u00ab\u00a0<em>Le<\/em> <em>Tombeau Hindou\u00a0\u00bb<\/em> dans lequel elle vous pr\u00e9cipitera tous, messieurs, comme j\u2019en suis convaincu \u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Afin d\u2019\u00e9viter toute interpr\u00e9tation abracadabrante dont certains, comme Couteillac, sont coutumiers, Fritz Lang propose une fin bien moins farfelue\u00a0que celle de Sautet : C\u00e9sar se retire dans un monast\u00e8re tib\u00e9tain et abandonne Rosalie \u00e0 un David cachectique et d\u00e9prim\u00e9 par son s\u00e9jour dans une ge\u00f4le sordide qui a dur\u00e9 pendant toute le deuxi\u00e8me \u00e9poque, autrement dit pendant une \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 4 minutes\u00a0 La page de 16h47 est ouverte&#8230; CESAR ET ROSALIE AU BENGALE (Fritz Lang, 1959) par Lorenzo dell&rsquo;Acqua Je ne regarde jamais la t\u00e9l\u00e9vision et je vais encore moins souvent au cin\u00e9ma. 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