{"id":41677,"date":"2022-12-04T16:47:37","date_gmt":"2022-12-04T15:47:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41677"},"modified":"2022-12-05T08:12:28","modified_gmt":"2022-12-05T07:12:28","slug":"rendez-vous-a-cinq-heures-avec-les-jeunes-filles-en-fleurs-jaunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41677","title":{"rendered":"Rendez-vous \u00e0 cinq heures avec les jeunes filles en fleurs jaunes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><em><span style=\"color: #008080;\">temps de lecture : trois \u00a0minutes\u00a0<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong style=\"color: #800080; text-align: justify;\"><em>La page de 16h47 est ouverte&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-34135\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/camera-150x150.jpeg\" alt=\"\" width=\"132\" height=\"132\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/camera-150x150.jpeg 150w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/camera.jpeg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 132px) 100vw, 132px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\">A L\u2019OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS JAUNES<br \/>\n<\/span><\/span><\/strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>par Lorenzo<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Le 2 d\u00e9cembre dernier, \u00e0 l\u2019occasion de la publication des \u00ab\u00a0Fleurs jaunes\u00a0\u00bb, Lorenzo avait produit un joli pastiche de Marcel Proust. Visible seulement dans les commentaires, ce texte n\u2019a peut-\u00eatre pas recueilli toute l\u2019attention qu\u2019il m\u00e9ritait. Pour que tout le monde puisse en profiter, le voici donc \u00e0 nouveau dans cette page de 16h47<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce matin-l\u00e0, comme tous les matins de l\u2019ann\u00e9e depuis plus de cinquante ans, je terminais mon petit d\u00e9jeuner pr\u00e9par\u00e9 avec une invariable m\u00e9ticulosit\u00e9 par ma gouvernante et compos\u00e9 d\u2019un grand bol de caf\u00e9 noir avec seulement un sucre et demi mais jamais deux afin d\u2019endiguer une f\u00e2cheuse tendance \u00e0 l\u2019embonpoint fort compr\u00e9hensible n\u00e9anmoins \u00e0 mon \u00e2ge, d\u2019un grand verre d\u2019eau glac\u00e9e sens\u00e9 favoriser un transit intestinal devenu indolent avec les ann\u00e9es, et de mes trois petites madeleine dont je ne r\u00e9p\u00e9terai pas \u00e0 des f\u00e9rus de litt\u00e9rature comme vous les origines profondes enfouies dans ma petite enfance et dans la maison rurale de ma grand-m\u00e8re beauceronne, ni les sensations ind\u00e9finissables qu\u2019elles me procuraient depuis cette \u00e9poque innocente et d\u00e9licieuse elle aussi.<br \/>\nAu moment o\u00f9 je reculais de quelques centim\u00e8tres le fauteuil dans lequel je venais de passer ce moment certes physiologique mais aussi bien confortable dont les vertus, avant que ne d\u00e9bute une nouvelle journ\u00e9e pleine des petites obligations d\u00e9risoires<!--more--> peuplant le quotidien d\u00e9sertique d\u2019un jeune retrait\u00e9, n\u2019\u00e9taient plus \u00e0 d\u00e9montrer, ma vieille servante m\u2019apporta comme d\u2019habitude sur un plateau d\u2019argent l\u00e9gu\u00e9 par une lointaine tante aux cheveux d\u2019un blanc immacul\u00e9 le journal que je parcourais avec une lenteur \u00e0 peine contrari\u00e9e par le halo dor\u00e9 d\u2019un soleil inattendu dont les rayons d\u00e9pourvus de chaleur en cette matin\u00e9e de d\u00e9cembre envahissaient petit \u00e0 petit ma salle \u00e0 manger douillette et me laissaient envisager l\u2019hypoth\u00e9tique plaisir d\u2019une promenade au Jardin du Luxembourg dont j\u2019apercevais sous mes fen\u00eatres les vagues d\u00e9charn\u00e9es form\u00e9es par les cimes ondoyantes de ses arbres en hibernation.<br \/>\nA la rubrique des faits divers que je lisais attentivement, surtout en cette saison glac\u00e9e, je d\u00e9couvris un \u00e9v\u00e9nement survenu au bas de mon immeuble dans la matin\u00e9e de la veille qui ne manqua pas d\u2019attirer mon attention pourtant pr\u00e9occup\u00e9e \u00e0 ce moment-l\u00e0 par une digestion que les petites madeleines peut-\u00eatre trop grasses pour mes villosit\u00e9s intestinales chancelantes avaient rendue quelque peu probl\u00e9matique et m\u2019occasionnaient une sensation d\u00e9sagr\u00e9able sans \u00eatre douloureuse au niveau de mon ventre distendu par une fermentation malvenue. Un homme au physique scandinave, aux cheveux certes rares mais bien align\u00e9s sur un cr\u00e2ne qui avait \u00e0 coup s\u00fbr contenu des id\u00e9es et des pens\u00e9es au dessus de la moyenne r\u00e9gionale, v\u00eatu d\u2019une redingote rouge, de chausses blanches couvrant des bottines en cuir beige clair, d\u2018un chapeau melon vert p\u00e2le, de gants de couleur ind\u00e9finissable, avan\u00e7ait \u00e0 pas mesur\u00e9s sur le trottoir de la rue de Vaugirard, celui qui est tr\u00e8s \u00e9troit et toujours \u00e0 l\u2019ombre, d\u2019une d\u00e9marche inhabituelle m\u00eame pour son \u00e2ge plus que m\u00fbr : en effet, il progressait de travers avec la lenteur des crabes maladroits qui envahissaient \u00e0 mar\u00e9e basse l\u2019immensit\u00e9 des sables mouill\u00e9s de la plage de Balbec, le visage en permanence baiss\u00e9 comme si la crainte d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre pr\u00e9judiciable l\u2019obligeait \u00e0 s\u2019assurer de la place respective de chacun de ses pieds sur le sol, fuyant le regard pourtant indiff\u00e9rent des autres passants venant en sens inverse et tenant dans sa main droite les tiges r\u00e9guli\u00e8rement sectionn\u00e9es d\u2019un bouquet dont la couleur des p\u00e9tales s\u2019accordait il est vrai avec un certain bonheur \u00e0 sa tenue que l\u2019on aurait pu juger \u00e0 une autre \u00e9poque excentrique : il s\u2019agissait de fleurs aux p\u00e9tales jaunes comme on n\u2019en voyait plus depuis que les gaz toxiques de nos ennemis ancestraux avaient ravag\u00e9 les vastes champs du nord de la France o\u00f9 elles avaient coutume d\u2019\u00e9clore avant de finir leur existence \u00e9ph\u00e9m\u00e8re dans les pots traditionnels de nos a\u00efeux comme il y en avait tant jadis \u00e0 Combray.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : trois \u00a0minutes\u00a0 La page de 16h47 est ouverte&#8230; A L\u2019OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS JAUNES par Lorenzo Le 2 d\u00e9cembre dernier, \u00e0 l\u2019occasion de la publication des \u00ab\u00a0Fleurs jaunes\u00a0\u00bb, Lorenzo avait produit un joli pastiche de Marcel Proust. 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