{"id":41561,"date":"2023-02-06T07:47:13","date_gmt":"2023-02-06T06:47:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41561"},"modified":"2023-02-06T17:51:15","modified_gmt":"2023-02-06T16:51:15","slug":"les-vacances-de-monsieur-hulot-critique-aisee-n249","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41561","title":{"rendered":"Les Vacances de Monsieur Hulot &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0252"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 4 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0252<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Les vacances de Monsieur Hulot<br \/>\n<\/strong>Jacques Tati \u2013 1953<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-41567\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/HULOT-300x210.png\" alt=\"\" width=\"280\" height=\"196\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/HULOT-300x210.png 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/HULOT.png 434w\" sizes=\"auto, (max-width: 280px) 100vw, 280px\" \/>C\u2019est notre mini d\u00e9bat autour de ma photo du Bar L\u2019Oc\u00e9an du Guilvinec, publi\u00e9e le 27 novembre dernier, qui m\u2019a remis en m\u00e9moire <em>Les Vacances de Monsieur Hulot<\/em>. La premi\u00e8re fois que j\u2019ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la derni\u00e8re, c\u2019\u00e9tait il y a quatre ans, et s\u2019il devait repasser demain \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, je le reverrais \u00e0 coup s\u00fbr.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">L\u2019\u0153uvre cin\u00e9matographique de Jacques Tati est peu abondante, six longs m\u00e9trages en tout et pour tout, dont je n\u2019ai manqu\u00e9 que le dernier, <em>Parade.<br \/>\n<\/em>Pourquoi si peu de films en 35 ans de carri\u00e8re ? Je ne suis ni historien du cin\u00e9ma ni biographe de Tati, mais je crois <!--more-->me souvenir des difficult\u00e9s financi\u00e8res dans lesquelles son perfectionnisme et son avance sur son \u00e9poque (\u00e0 partir de <em>Play Time<\/em>) avaient entra\u00een\u00e9 sa maison de production. Dommage\u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>Les Vacances de Monsieur Hulot&#8230;<\/em>\u00a0ce merveilleux deuxi\u00e8me film de Jacques Tati, sorti en 1953, est plus abouti que <em>Jour de f\u00eate\u00a0<\/em>qui constituait d\u00e9j\u00e0 la surprise de 1949. Il est aussi plus g\u00e9n\u00e9reux que l\u2019excellent <em>Mon oncle<\/em> (1958), plus naturaliste que le tr\u00e8s beau <em>Play Time<\/em> (1967), plus r\u00e9ussi que le moins bon <em>Trafic <\/em>(1971) et que l\u2019oubli\u00e9\u00a0<em>Parade<\/em> (1973)<br \/>\n<em>Les Vacances&#8230;<\/em>\u00a0peuvent se voir et se revoir ind\u00e9finiment encore aujourd\u2019hui, tout comme on peut voir et revoir ind\u00e9finiment <em>Les temps modernes<\/em> de Chaplin, pour appr\u00e9cier, analyser, diss\u00e9quer les situations et les gags qui en d\u00e9coulent.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais il y a une diff\u00e9rence sensible entre ces deux films, <em>Les temps modernes<\/em> et <em>Les Vacances<\/em> &#8230;, et finalement entre ces deux g\u00e9nies du cin\u00e9ma.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Dire qu\u2019avec<em> Les Temps modernes<\/em>, Chaplin a voulu d\u00e9noncer la mis\u00e8re et l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme \u2014 et r\u00e9ciproquement \u2014 me parait \u00e0 la fois une banalit\u00e9 et une exag\u00e9ration qui reviendrait \u00e0 lui attribuer des intentions sociales et politiques qu\u2019\u00e0 mon avis il n\u2019avait pas. Chaplin avait saisi le ressort comique que lui procurait le personnage du pauvre petit immigrant, fragile et roublard \u00e0 la fois, affrontant un monde bien \u00e9tabli, m\u00e9fiant et peu d\u00e9sireux de l\u2019int\u00e9grer, et c\u2019est sur ce ressort qu\u2019il a construit la plupart de ses films \u2014 \u00e0 l\u2019exception bien s\u00fbr du <em>Dictateur<\/em>. Malgr\u00e9 cette r\u00e9serve sur les intentions premi\u00e8res du r\u00e9alisateur, il est quand m\u00eame \u00e9vident que, tout en faisant rire, parfois \u00e9norm\u00e9ment, les films de Chaplin pr\u00e9sentaient une critique, parfois acerbe, de ses contemporains et de leur soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Avec <em>Les Vacances de Monsieur Hulot<\/em>, Jacques Tati ne d\u00e9nonce rien du tout ; il ne critique pas un instant les travers de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il vit, celle des ann\u00e9es 50. Bien s\u00fbr, au moment du tournage, les trente glorieuses viennent de commencer, mais peu de gens en sentent d\u00e9j\u00e0 les effets : le monde paysan vit\u00a0 bien comme les personnages de <em>Jour de f\u00eate<\/em>, au rythme du facteur et du garde-champ\u00eatre, et les citadins vont en vacances \u00ab\u00a0\u00e0 la mer\u00a0\u00bb en troisi\u00e8me classe en train \u00e0 vapeur dans des h\u00f4tels qui ressemblent plus \u00e0 des pensions de famille qu\u2019\u00e0 des palaces. Et Tati observe tous ces gens\u00a0; il se moque de leurs travers, de leurs attitudes, de leurs ridicules mais, c\u2019est du moins l\u2019impression que j\u2019en ai gard\u00e9e, il le fait gentiment, sans hauteur, sans ironie, avec tendresse. Chez Tati, il y a des imb\u00e9ciles, des pr\u00e9tentieux, des maladroits, mais il n\u2019y a jamais de m\u00e9chant. Tati aime ses personnages, Tati est un humaniste, ce dont je ne suis pas s\u00fbr pour Chaplin.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00catre humaniste, c\u2019est bien, mais cela complique plut\u00f4t la t\u00e2che de l\u2019humoriste, car cela le prive de l\u2019ironie, de la caricature, de la farce et de la m\u00e9chancet\u00e9 qui sont, on le sait, les ressorts du comique les plus puissants.\u00a0Malgr\u00e9 son m\u00e8tre quatre-vingt-onze, Tati ne regarde jamais ses personnages de haut. Mieux, il se place au beau milieu d\u2019eux, avec sa silhouette anachronique et emprunt\u00e9e, maladroit parmi les maladroits, gentiment ridicule parmi les gentils ridicules. Dans ce petit monde estival rythm\u00e9 par les mar\u00e9es et la cloche du d\u00e9jeuner, et contrairement \u00e0 Charlot dans ses aventures, Hulot n\u2019est la victime de personne ni de rien d\u2019autre que sa propre gentillesse, de sa serviabilit\u00e9 et de sa maladresse. <em>Les Vacances&#8230;<\/em> sont pour moi son v\u00e9ritable chef d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Bien qu\u2019il soit admir\u00e9 mondialement par l\u2019ensemble des professionnels, Tati n\u2019a pas fait \u00e9cole. Apr\u00e8s lui, il y a eu bien d\u2019autres grands r\u00e9alisateurs de com\u00e9dies mais, \u00e0 ma connaissance aucun que l\u2019on puisse rapprocher de Jacques Tati, mis \u00e0 part Pierre \u00c9taix \u2014 dans sa droite ligne mais sur un plan mineur et sans v\u00e9ritable succ\u00e8s commercial \u2014 et Pierre Richard \u2014 avec de notables diff\u00e9rences, notamment sur la plan sc\u00e9naristique.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Vous l\u2019avez compris, sinon c\u2019est \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer, j\u2019aime <em>Les Vacances&#8230;<\/em> pour toutes les raisons cin\u00e9matographiques du monde. Mais il y a aussi une raison d\u2019un autre ordre que je vous livre en confidence, c\u2019est la nostalgie : cet H\u00f4tel de la Plage de Saint-Marc-sur-Mer ressemble furieusement \u00e0 l\u2019H\u00f4tel des Tamaris de Saint-Br\u00e9vin-l\u2019Oc\u00e9an dans lequel, en 1952, je passai mes premi\u00e8res vacances \u00ab\u00a0\u00e0 la mer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Essayez donc de voir cette bande annonce sans avoir les larmes aux yeux, de rire ou de nostalgie.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Les vacances de Monsieur Hulot (1953) - Bande-annonce\" width=\"604\" height=\"453\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Ysxw1PmHxKY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 4 minutes\u00a0 Critique ais\u00e9e n\u00b0252 Les vacances de Monsieur Hulot Jacques Tati \u2013 1953 C\u2019est notre mini d\u00e9bat autour de ma photo du Bar L\u2019Oc\u00e9an du Guilvinec, publi\u00e9e le 27 novembre dernier, qui m\u2019a remis en m\u00e9moire Les Vacances de Monsieur Hulot. 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