{"id":41142,"date":"2022-12-19T07:47:41","date_gmt":"2022-12-19T06:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41142"},"modified":"2022-12-29T17:16:49","modified_gmt":"2022-12-29T16:16:49","slug":"les-humeurs-du-luxembourg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41142","title":{"rendered":"Les humeurs du Luxembourg"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #008000;\"><em>temps de lecture : 3 minutes<\/em><\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-38194\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Capture-decran-2022-06-19-a-13.20.03-300x278.png\" alt=\"\" width=\"169\" height=\"157\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Capture-decran-2022-06-19-a-13.20.03-300x278.png 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Capture-decran-2022-06-19-a-13.20.03.png 503w\" sizes=\"auto, (max-width: 169px) 100vw, 169px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y a l\u2019humeur maussade, celle du temps gris et ti\u00e8de, o\u00f9 les fauteuils sont encore mouill\u00e9s de la derni\u00e8re pluie. Le bassin est d\u00e9sert, m\u00eame les canards n\u2019ont pas envie d\u2019\u00eatre l\u00e0. Le jet d\u2019eau retombe sur lui-m\u00eame dans un floc-floc onctueux de mollesse. Le drapeau tricolore, h\u00e9sitant, pendille au-dessus du S\u00e9nat o\u00f9 quelques fen\u00eatres sont d\u00e9j\u00e0 allum\u00e9es. Un gardien siffle. On ferme !<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y a l\u2019humeur aventureuse, quand le vent souffle et fait battre dans mon sillage les pans de mon imperm\u00e9able, quand les nuages noirs apparaissent derri\u00e8re les tours de Saint-Sulpice et que je marche \u00e0 grand pas, droit vers eux, sans crainte, pr\u00eat \u00e0 tout dans ce jardin abandonn\u00e9 o\u00f9 se presse encore un dernier passant, le cou dans les \u00e9paules et la main sur le chapeau. La temp\u00eate approche, mais je passerai. Car je passe toujours\u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y a l\u2019humeur incertaine, comme le temps. On est l\u00e0, mais on h\u00e9site. Prendra-t-on par<!--more--> le parc \u00e0 l\u2019anglaise ? Oui mais la travers\u00e9e sera courte et ce sera tout de suite Montparnasse. Peut-\u00eatre le long du bassin puis de l\u2019Orangerie ? Il ne vaudrait mieux pas, il y a des travaux, des palissades, du bruit. Le long des tennis, alors ? Oui c\u2019est cela, le long des tennis, et puis on contournera les petits chevaux de bois du man\u00e8ge, on passera devant le parc \u00e0 jeux et on finira par les terrains de boules. \u00c7a nous fera une matin\u00e9e sportive. Ah oui, mais non ! Il est \u00a0trop t\u00f4t et ni les enfants ni les vieillards ne seront encore arriv\u00e9s. Alors, que faire en attendant ? S\u2019asseoir\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y a l\u2019humeur vindicative, l\u2019humeur de chien, l\u2019humeur agressive o\u00f9 une douzaine de ridicules font de la gymnastique en soixante-douze images secondes sous la baguette d\u2019une long barbu faussement oriental. Celle o\u00f9 une forte femme fard\u00e9e prom\u00e8ne un vilain cl\u00e9bard dans une zone interdite, celle o\u00f9 les mouettes criaillent au-dessus du bassin. Quelqu\u2019un traine un fauteuil m\u00e9tallique dans un bruit d\u2019enfer, un enfant tr\u00e9pigne et glapit en remorque d\u2019un p\u00e8re mal ras\u00e9 et, au loin, le long des grilles de la rue de M\u00e9dicis, un motoconnard fait rugir ses cent chevaux entre deux feux rouges. Une caravane d\u2019anoraks bariol\u00e9s traverse la grande all\u00e9e entre deux rang\u00e9es de b\u00e2tons de marche nordique en polycarbonate all\u00e9g\u00e9. Je les regarde passer et je ricane.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et puis il y a l\u2019humeur bienveillante. Il fait beau et on sent qu\u2019il va bient\u00f4t faire doux, tr\u00e8s doux. Les vieux jouent aux \u00e9checs, sereins, le menton dans la main. Concentr\u00e9 sous son casque bleu, un petit enfant agite les jambes le plus vite qu\u2019il peut pour faire avancer sa draisienne qui trace son sillage dans les feuilles mortes. Derri\u00e8re, son p\u00e8re, attendri. Dans sa m\u00e9moire, cette image vient de se graver pour toujours. Il doit \u00eatre un peu plus de midi parce que toutes les chaises, tous les fauteuils, tous les bancs sont occup\u00e9s par des gar\u00e7ons et des filles. Ils sont de Montaigne, de Notre Dame de Sion ou de l\u2019\u00c9cole Alsacienne. Ils rient et mangent en groupe des salades compliqu\u00e9es qu\u2019ils pignochent dans des boites en carton, ils boivent des cocas, fument des am\u00e9ricaines et ne me voient pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 3 minutes Il y a l\u2019humeur maussade, celle du temps gris et ti\u00e8de, o\u00f9 les fauteuils sont encore mouill\u00e9s de la derni\u00e8re pluie. Le bassin est d\u00e9sert, m\u00eame les canards n\u2019ont pas envie d\u2019\u00eatre l\u00e0. Le jet d\u2019eau retombe sur lui-m\u00eame dans un floc-floc onctueux de mollesse. Le drapeau tricolore, h\u00e9sitant, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=41142\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les humeurs du Luxembourg<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12,2],"tags":[21],"class_list":["post-41142","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","category-textes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/41142","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=41142"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/41142\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=41142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=41142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=41142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}