{"id":40640,"date":"2022-12-03T16:47:56","date_gmt":"2022-12-03T15:47:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=40640"},"modified":"2022-12-04T08:12:05","modified_gmt":"2022-12-04T07:12:05","slug":"les-fleurs-jaunes-integral","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=40640","title":{"rendered":"Les fleurs jaunes (int\u00e9gral)"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400; text-align: right;\"><span style=\"color: #008080;\"><em>temps de lecture : 5 minutes et encore &#8230;<\/em><\/span><\/p>\n<p><em><span style=\"color: #0000ff;\"><b>Un homme avec des fleurs ? Le plus empot\u00e9, c\u2019est l\u2019homme.<br \/>\n<\/b>Antoine Blondin<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>\u00a0<\/strong><span style=\"text-decoration: underline;\"><em>Premi\u00e8re partie<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-40016 alignleft\" src=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Capture-decran-2022-09-07-a-15.05.52.png\" alt=\"\" width=\"158\" height=\"187\" \/>En rentrant de la rue de Rennes, il y a quelques jours, je me suis rappel\u00e9 brusquement la promesse que je m\u2019\u00e9tais faite la veille, offrir des fleurs \u00e0 ma femme. Je n\u2019avais pas pu le faire sur le moment, celui o\u00f9 j\u2019avais con\u00e7u le projet, forc\u00e9ment, parce que, ce jour-l\u00e0, nous \u00e9tions le dernier lundi du mois d\u2019ao\u00fbt. Alors vous pensez ! Lundi + mois d\u2019ao\u00fbt = z\u00e9ro fleuriste. Normal ! Contrariant, mais normal.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Si je dis \u00ab\u00a0<em>nous \u00e9tions<\/em>\u00ab\u00a0, ce n\u2019est pas parce que je me prends pour le roi des Belges. Quand je dis \u00ab\u00a0<em>nous \u00e9tions<\/em>\u00ab\u00a0, quand je parle \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du pluriel,\u00a0c\u2019est par pure politesse, parce que vous pensez bien que, o\u00f9 vous \u00e9tiez, vous, \u00e0 ce moment-l\u00e0, je m\u2019en fiche comme de ma deuxi\u00e8me (je dis \u00e7a parce que, la premi\u00e8re, il parait qu\u2019on s\u2019en souvient toujours).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Donc, je suis du c\u00f4t\u00e9 de la rue de Rennes, on est mardi<!--more-->\u2014 tout le monde est mardi \u2014 et bien qu\u2019en ao\u00fbt, j\u2019ai des chances de trouver un sacr\u00e9 foutu fleuriste ouvert. Et, de fait, au coin de Raspail et de Vaugirard, il y a un sacr\u00e9 foutu fleuriste ouvert. Sur le trottoir, il y a des seaux avec dedans des tas de petits bouquets, tout pr\u00eats, de toutes les couleurs. Des fleurs jaunes, c\u2019est des fleurs jaunes qu\u2019il me faut. Elle aime beaucoup les fleurs jaunes. Je le sais parce qu\u2019un jour que je lui apportais un bouquet, elle m\u2019a dit \u00ab\u00a0Oh ! Comme c\u2019est gentil ! J\u2019adore les fleurs jaunes !\u00a0\u00bb Enfin, elle ne l\u2019a peut-\u00eatre pas dit <em>exactement<\/em> comme \u00e7a, mais c\u2019\u00e9tait bien ce que \u00e7a voulait dire. J\u2019ai du mal \u00e0 me rappeler ses mots, <em>exactement<\/em>, parce que \u00e7a fait bien vingt, vingt-cinq ans que c\u2019est arriv\u00e9. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019elle n\u2019a pas chang\u00e9 de go\u00fbt depuis. Parce qu\u2019il faut faire attention avec les femmes. \u00c7a change d\u2019avis comme qui dirait. Je n\u2019ai jamais vraiment compris pourquoi on disait \u00e7a, <em>comme qui dirait<\/em>. Moi, pour la m\u00eame chose, je dirais plut\u00f4t \u00ab\u00a0<em>comme de chemise<\/em>\u00ab\u00a0, mais pour une femme \u00e7a ferait beaucoup trop de chemises. Alors, va pour \u00ab\u00a0<em>comme qui dirait<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Donc, des fleurs jaunes. J\u2019en prends trois bouquets tout pr\u00eats, parce que, quand on offre des fleurs, il ne faut pas y aller avec le dos de la cuill\u00e8re\u00a0; il faut y aller franchement. Avec mes trois bouquets, je rentre dans la boutique et je demande au patron qu\u2019on m\u2019en fasse un seul. Il les attrape et, sans me regarder, il me lance :<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 C\u2019est pour offrir ?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 Non, c\u2019est pour manger tout de suite, connard !<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Non, en vrai, je n\u2019ai pas dit \u00e7a. J\u2019aurais bien voulu lui faire une r\u00e9ponse de ce genre, une r\u00e9plique \u00e0 la Jean-Marie Bigard. Tout le monde rit quand Bigard dit quelque chose comme \u00e7a, lui. Mais moi, quand j\u2019essaie, \u00e7a ne marche jamais. \u00c7a tombe \u00e0 plat. Ou pire. Alors, je pr\u00e9f\u00e8re m\u2019abstenir. D\u2019ailleurs, en fait, je n\u2019ai jamais essay\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Donc, je ne lui pas dit \u00ab\u00a0Non, c\u2019est pour manger tout de suite, etc.\u2026\u00a0\u00bb, mais seulement\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, si c\u2019est possible. \u00bb N\u2019emp\u00eache\u00a0! \u00ab\u00a0C\u2019est pour offrir\u00a0?\u00a0\u00bb Quelle question idiote\u00a0! \u00c9videmment que c\u2019est pour offrir\u00a0! Ce n\u2019est pas pour me mettre \u00e0 la boutonni\u00e8re, ou pour me souhaiter mon anniversaire\u00a0! Connard\u00a0! J\u2019ai vraiment envie&#8230; mais\u00a0bon&#8230; alors, bien poliment\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, Si c\u2019est possible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et me voil\u00e0 reparti vers chez moi, dans la rue de Vaugirard, tout content mais un peu g\u00ean\u00e9 quand m\u00eame. Vous savez ce que c\u2019est, parce que pour vous c\u2019est probablement la m\u00eame chose, mais quand on trimballe un bouquet de fleurs dans la rue, on a toujours l\u2019impression d\u2019avoir l\u2019air idiot. On se dit que les gens vont vous prendre pour un cr\u00e9tin de fianc\u00e9 transi qui vient faire sa demande, qu\u2019il ne vous manque plus que l\u2019\u0153illet au revers, la bague dans la poche et les gants beurre frais \u00e0 la main pour \u00eatre parfaitement ridicule. Ah si\u00a0! Ah si\u00a0! Si vous portez le bouquet bien devant vous, avec les fleurs vers le haut, c\u2019est s\u00fbr que tout le monde va penser \u00e7a. Alors, quand je porte un bouquet, j\u2019ai ma m\u00e9thode. Ce n\u2019est pas tr\u00e8s souvent, mais j\u2019ai ma m\u00e9thode. Je le porte au bout du bras, bien vertical, le long de la jambe, les fleurs vers le bas, comme \u00e7a les gens ont moins de chance de les voir et moi, d\u2019avoir l\u2019air idiot.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Donc me voil\u00e0 rue de Vaugirard \u00e0 marcher vers le Luxembourg. Vous la connaissez, la rue de Vaugirard\u00a0: le trottoir est \u00e9troit et il n\u2019est pas facile de croiser les gens \u00e0 distance raisonnable, je veux dire \u00e0 une distance qui permette de faire semblant de ne pas les voir. Parce que je n\u2019aime pas beaucoup croiser le regard des gens. Sur un trottoir aussi \u00e9troit, c\u2019est in\u00e9vitable, les gens vous regardent, c\u2019est comme \u00e7a. Et moi, je ne suis jamais s\u00fbr de ce qu\u2019ils vont penser de moi. Alors, \u00e0 chaque fois, je dois me composer une attitude. Les sourcils fronc\u00e9s, l\u2019air d\u00e9cid\u00e9 et le regard fixe, pendant deux ou trois m\u00e8tres, je suis celui qui a pris la d\u00e9cision qui s\u2019imposait et qui s\u2019en va d\u2019un pas ferme r\u00e9gler un probl\u00e8me en deux temps, trois mouvements\u00a0; ou alors, pendant cinq secondes, le temps de croiser le passant, le regard h\u00e9sitant, presque inquiet, je cherche des yeux les plaques de noms de rue ou de num\u00e9ros d\u2019immeubles et je suis l\u2019\u00e9tranger au quartier ou m\u00eame au pays \u2014 je pr\u00e9f\u00e8re <em>au pays<\/em> \u2014 qui cherche son chemin\u00a0; je peux aussi, mais plus rarement, l\u2019air serein ou amus\u00e9, pr\u00e9tendre m\u2019int\u00e9resser aux cariatides qui soutiennent les balcons, au d\u00e9tail des portes coch\u00e8res ou aux chiens-assis des toitures et \u00eatre ainsi le promeneur parisien, \u00e9l\u00e9gant, cultiv\u00e9 et libre de son temps. J\u2019ai une s\u00e9rie de personnages comme \u00e7a que j\u2019utilise au gr\u00e9 des circonstances, c\u2019est-\u00e0-dire, en fait, au gr\u00e9 du quartier et de ma tenue.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais quand j\u2019ai un bouquet de fleurs \u00e0 la main, aucun de mes personnages ne tient deux secondes, \u00e0 l\u2019exception de celui de livreur de chez Monceau Fleurs. Mais qui a envie d\u2019\u00eatre pris pour un livreur de chez Monceau Fleurs\u00a0?<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Seconde partie<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Donc me voil\u00e0 rue de Vaugirard. Je sens bien que ma d\u00e9marche est un peu raide et je sais bien que c\u2019est d\u00fb \u00e0 ma fa\u00e7on de porter le bouquet. Je cherche vainement \u00e0 me composer un personnage qui colle avec cette d\u00e9marche. Sur le coup, je n\u2019en vois qu\u2019un : bless\u00e9 de guerre\u00a0; mais j\u2019ai des scrupules : \u00e0 part mai 68, je n\u2019en ai fait aucune.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Donc me revoil\u00e0, rue de Vaugirard, la jambe droite un peu raide, sans raison apparente, sans personnage adapt\u00e9.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Dans quelques m\u00e8tres, je vais croiser une femme. Je la vois, elle approche. Le trottoir fait \u00e0 peine un m\u00e8tre cinquante de large et des voitures de livraison m\u2019emp\u00eachent de descendre sur la chauss\u00e9e. Aucun moyen de passer \u00e0 distance. Que faire ? Rien, rien d\u2019autre que d\u2019\u00e9changer un regard avec elle, un regard que je voudrai le plus neutre possible. Surtout qu\u2019elle n\u2019aille pas s\u2019imaginer je ne sais quoi. D\u2019ailleurs, je n\u2019ai aucune id\u00e9e de ce qu\u2019elle pourrait s\u2019imaginer. Elle approche, elle approche encore et l\u2019\u00e9change des regards est maintenant in\u00e9vitable. Et \u00e7a y est\u00a0: contact !<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">De mon c\u00f4t\u00e9, regard vide, \u00e0 la limite idiot\u2026 Du sien, une \u00e9tincelle, une petit ride qui se forme au coin de l\u2019\u0153il &#8211; elle n\u2019a plus vingt ans &#8211; et un sourire\u2026 Mais qu\u2019est-ce qu\u2019elle a ? Qu\u2019est-ce qu\u2019elle veut, cette bonne femme ? Mon regard vide n\u2019a pas eu le temps de se charger de cette interrogation que \u00e7a y est, nous nous sommes crois\u00e9s, c\u2019est fini ; elle me tourne le dos, nous nous tournons le dos, nous ne nous verrons plus.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Bizarre quand m\u00eame\u2026 Tout en continuant mon chemin, je me dis que \u00e7a doit \u00eatre moi, que je dois avoir quelque chose de dr\u00f4le, de risible m\u00eame. Je me regarde dans une vitrine qui passe : non, tout semble normal : les cheveux, \u00e7a va, la figure, pareil, la chemise, la veste, la ceinture, plus bas, tout \u00e7a, c\u2019est bon. Alors quoi ? Je ne saurai jamais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Et me voil\u00e0 toujours rue de Vaugirard. Au croisement de la rue Madame, \u00e7a recommence. Trottoir \u00e9troit, femme en vue &#8211; une toute jeune cette fois. On se croise. Coup d\u2019\u0153il vague de ma part. Mais elle, tout en marchant \u00e0 ma rencontre, elle m\u2019envisage, je veux dire qu\u2019elle me regarde du haut en bas et retour et, pareil mais sans la petite ride, un sourire\u2026 L\u00e0, quand m\u00eame, je m\u2019arr\u00eate et je me retourne pour la suivre des yeux. Mais pas elle. Dommage. Je ne saurai jamais.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Bon\u00a0! Autant vous le dire tout de suite, \u00e0 un moment j\u2019ai su, j\u2019ai fini par comprendre, parce qu\u2019entre la rue Madame et chez moi, le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019est reproduit quatre fois, dont deux dans le Luxembourg : coup d\u2019\u0153il de l\u2019inconnue, sourire et puis bonsoir.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">En fait, je vais vous dire, ces femmes, toutes ces femmes, elles l\u2019avaient vu, le bouquet. C\u2019est m\u00eame tout ce qu\u2019elles voyaient. Et \u00e7a m\u2019a fait comprendre que, quand une femme voit un inconnu porter des fleurs dans la rue, elle se dit : \u00ab\u00a0tiens, voil\u00e0 un homme gentil, il apporte des fleurs \u00e0 sa femme, ou \u00e0 sa vieille m\u00e8re, ou \u00e0 sa petite amie ; c\u2019est s\u00fbrement un type bien, un type doux, un homme attentionn\u00e9. Ah ! Quel dommage que je ne l\u2019aie pas rencontr\u00e9 plus t\u00f4t, au lieu de ce sale \u00e9go\u00efste de G\u00e9rard qui oublie chaque mois l\u2019anniversaire de notre premi\u00e8re rencontre et m\u2019offre un brin de muguet le 2 mai en me disant \u00ab\u00a0bon sang, ce qu\u2019il est cher, cette ann\u00e9e !\u00a0\u00bb Je suis certaine qu\u2019il ne met pas sa serviette de table dans son col de chemise, celui-l\u00e0, et qu\u2019il laisse des pourboires corrects dans les restaurants, lui. En plus, il n\u2019est s\u00fbrement pas du genre \u00e0 refuser d\u2019aller au th\u00e9\u00e2tre ou d\u2019aller voir le dernier film de Nicole Garcia\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Eh oui, les femmes se disent \u00e7a quand elles voient un bouquet de fleurs port\u00e9 par un bonhomme avec l\u2019air idiot tout seul dans la rue. Vous ne saviez pas \u00e7a, hein ? Elles sont tout attendries. D\u2019o\u00f9 le sourire.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">J\u2019\u00e9tais rassur\u00e9, j\u2019avais compris qu\u2019elles ne se moquaient pas de moi, qu\u2019elles ne me prenaient pas pour un ahuri. Je rentrai chez moi la t\u00eate haute et la d\u00e9marche souple, quitte \u00e0 montrer \u00e0 tout le monde le bouquet de fleurs jaunes que je tenais \u00e0 la main.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Oh ! Un bouquet ! Comme c\u2019est gentil ! J\u2019adore les fleurs jaunes !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Mais, j\u2019y pense, un tout autre que moi pourrait tirer de cette d\u00e9couverte un moyen id\u00e9al pour la drague, bien meilleur que celui du labrador en laisse. Imaginez un peu : vous vous promenez dans un quartier favorable avec un bouquet de fleurs \u00e0 la main, mais discret quand m\u00eame, pas \u00e0 bras tendu devant vous, sinon vous passez pour le cr\u00e9tin de fianc\u00e9 transi de tout \u00e0 l\u2019heure. Vous prenez l\u2019air un peu emprunt\u00e9, mais pas trop idiot quand m\u00eame, parce que \u00e7a, \u00e7a fait peur aux femmes, et vous marchez. \u00c7a ne peut pas manquer : quatre sur cinq de celles que vous croiserez vont vous sourire. Vous n\u2019avez plus qu\u2019\u00e0 tenter le coup avec une qui ne vous d\u00e9pla\u00eet pas trop : \u00ab\u00a0Bonjour Mademoiselle, ou Madame selon le cas. Tenez, c\u2019est pour vous.\u00a0\u00bb et vous lui tendez les fleurs. \u00c0 ce moment, ou bien elle s\u2019enfuit avec un \u00ab\u00a0Non, mais \u00e7a va pas, vous ?\u00a0\u00bb ou bien elle s\u2019arr\u00eate et vous dit \u00ab\u00a0Mais enfin, Monsieur, pourquoi\u2026\u00a0\u00bb et l\u00e0, vous ne lui laissez pas le temps de finir : \u00ab\u00a0&#8230; mais, parce que vous avez souri ! Ne dites pas non, vous avez souri ! Ah ! c\u2019est merveilleux ! La vie est belle ! Et vous \u00eates comme elle, si belle\u2026\u00a0\u00bb Si elle ne r\u00e9alise pas tout de suite que c\u2019est comme \u00e7a que Brasseur drague Arletty dans Les Enfants du paradis, vous avez gagn\u00e9. Bon, maintenant que vous avez le tuyau, je vous laisse improviser pour la suite.<\/p>\n<p><em>FIN<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 5 minutes et encore &#8230; Un homme avec des fleurs ? Le plus empot\u00e9, c\u2019est l\u2019homme. 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