{"id":38505,"date":"2022-10-21T07:47:45","date_gmt":"2022-10-21T05:47:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=38505"},"modified":"2022-10-27T04:24:04","modified_gmt":"2022-10-27T02:24:04","slug":"la-fausse-mort-de-coriolan-du-vannage-1-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=38505","title":{"rendered":"Les fausses morts de Coriolan du Vannage (1\/2) (Couleur caf\u00e9 n\u00b034)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #808000;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-37705 alignright\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Sablier.png\" alt=\"\" width=\"36\" height=\"36\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Sablier.png 225w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/Sablier-150x150.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 36px) 100vw, 36px\" \/>temps de lecture : 3 minutes\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Couleur caf\u00e9 n\u00b034<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><strong>Les fausses morts de Coriolan du Vannage<br \/>\n<\/strong><em>premi\u00e8re partie\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em>Val Caf\u00e9<br \/>\n39 boulevard de Port Royal<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019est la premi\u00e8re fois que je viens m\u2019asseoir \u00e0 la terrasse de ce caf\u00e9. \u00c0 cette heure de la journ\u00e9e, elle est encore \u00e0 l\u2019ombre, mais dans une heure, les rayons du soleil couchant finiront par trouver l\u2019enfilade du boulevard pour inonder la terrasse du Val Caf\u00e9.<br \/>\nC\u2019est plut\u00f4t \u00e9trange que je n\u2019aie jamais fr\u00e9quent\u00e9 le Val Caf\u00e9 alors que j\u2019ai presque toujours habit\u00e9 ce quartier. J\u2019ai m\u00eame pass\u00e9 les onze ou douze premi\u00e8res ann\u00e9es de mon existence au num\u00e9ro 20 de ce m\u00eame boulevard, sur le trottoir d\u2019en face, un peu plus bas, vers Les Gobelins. Mais \u00e0 cette \u00e9poque, je ne fr\u00e9quentais pas encore les bistrots.<br \/>\nLe patron vient de m\u2019apporter la bi\u00e8re pression que j\u2019ai command\u00e9e. J\u2019ai d\u00fb lui faire r\u00e9p\u00e9ter trois fois la marque de la bi\u00e8re. Trois fois il me l\u2019a dite en grommelot aveyronnais, ni aimable, ni hostile, juste auvergnat. J\u2019ai fini par comprendre\u00a0: Jupiler, une bi\u00e8re du Nord, blonde, dor\u00e9e, l\u00e9g\u00e8re, une Belge comme on les aime.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">C\u2019est la premi\u00e8re fois que je viens au Val Caf\u00e9, mais cette femme, l\u00e0-bas, ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que je la vois. Blonde, elle aussi,<!--more--> taille moyenne, tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement envelopp\u00e9e, petite quarantaine, chemisier blanc, blouson vert pomme et pantalon corsaire noir, une tenue de saison tout \u00e0 fait adapt\u00e9e \u00e0 ce quartier des abords de l\u2019h\u00f4pital Cochin qui reste pour quelques petites ann\u00e9es encore mi-bourgeois, mi-populaire. \u00c0 cet endroit et \u00e0 cette heure, cette femme n\u2019a rien de remarquable et ce n\u2019est pas le fait qu\u2019elle vienne d\u2019emprunter le passage-pi\u00e9tons pour rejoindre mon c\u00f4t\u00e9 du boulevard en tenant un gros chien jaune en laisse qui la fait sortir de sa banalit\u00e9. En effet, par ici, les chiens accroch\u00e9s \u00e0 un \u00eatre humain distrait ou exc\u00e9d\u00e9, c\u2019est tr\u00e8s courant et que le chien soit un labrador ne la distingue qu\u2019\u00e0 peine des autres attelages de cette sorte.<br \/>\nPourtant, depuis quelques instants, cette femme et son chien sont l\u2019objet de tous les regards. Les passants s\u2019arr\u00eatent pour l\u2019observer, l\u2019air int\u00e9ress\u00e9 ou compatissant selon le cas. Front contre la vitre et bouche ouverte, les passagers du 91 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la station sortent de leur torpeur pour la contempler. Les consommateurs \u00e0 la terrasse du Val Caf\u00e9 l\u00e8vent les yeux de leur t\u00e9l\u00e9phone et la regardent, un sourire amus\u00e9 aux l\u00e8vres.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que je la vois, elle et son labrador, c\u2019est la deuxi\u00e8me. La premi\u00e8re fois, c\u2019\u00e9tait il y a une quinzaine de jours, un peu plus haut sur le boulevard, entre l\u2019arr\u00eat de bus Port-Royal-St-Jacques et le caf\u00e9 Harmony. Je passai, affair\u00e9, sur le trottoir ; elle \u00e9tait l\u00e0, ennuy\u00e9e, avec son chien. L\u2019animal \u00e9tait couch\u00e9 sur le flanc, inerte. Sa maitresse tentait de le persuader de la suivre en tirant par secousses sur la laisse qui l\u2019ancrait au sol tout en lui adressant injonctions, conseils, encouragements et insultes. Rien n\u2019y faisait. La b\u00eate restait obstin\u00e9ment r\u00e9pandue sur l\u2019asphalte brulant, aussi lourde et flasque qu\u2019un \u00e9dredon d\u00e9tremp\u00e9. Pourtant, \u00e0 l\u2019attitude de sa maitresse et au l\u00e9ger mouvement de l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de sa queue, on voyait bien que l\u2019animal n\u2019\u00e9tait pas mort. Il arborait m\u00eame un certain sourire, suppliant certes, mais un certain sourire. Je vous assure, les labradors peuvent sourire. Je le sais, j&rsquo;en ai eu deux, et c&rsquo;est pourquoi, l&rsquo;air affable et apitoy\u00e9 tout \u00e0 la fois , je m\u2019approchai de la sc\u00e8ne et dis :<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 Pauvre petite b\u00eate, avec cette chaleur et \u00e0 son \u00e2ge, elle doit \u00eatre \u00e9puis\u00e9e \u2026<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Je parlais du chien, bien entendu, et d\u2019ailleurs la dame ne s\u2019y m\u00e9prit pas une seconde puisqu\u2019elle me r\u00e9pondit :<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\u2014 Pensez-vous ! Il veut seulement que j\u2019aille \u00e0 la boulangerie d\u2019en face\u00a0!<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">Il y avait effectivement, en face, une boulangerie, mais je ne crus la dame qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9 et je passai mon chemin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE (demain, suite et fin)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400; text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>temps de lecture : 3 minutes\u00a0 Couleur caf\u00e9 n\u00b034 Les fausses morts de Coriolan du Vannage premi\u00e8re partie\u00a0 \u00a0Val Caf\u00e9 39 boulevard de Port Royal C\u2019est la premi\u00e8re fois que je viens m\u2019asseoir \u00e0 la terrasse de ce caf\u00e9. \u00c0 cette heure de la journ\u00e9e, elle est encore \u00e0 l\u2019ombre, mais dans une heure, les &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=38505\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les fausses morts de Coriolan du Vannage (1\/2) (Couleur caf\u00e9 n\u00b034)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12],"tags":[21],"class_list":["post-38505","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/38505","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=38505"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/38505\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=38505"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=38505"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=38505"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}