{"id":3738,"date":"2015-05-17T07:07:31","date_gmt":"2015-05-17T05:07:31","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3738"},"modified":"2016-03-08T15:30:55","modified_gmt":"2016-03-08T13:30:55","slug":"3738","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=3738","title":{"rendered":"Bonjour, Philippines ! Chap.8: Douglas et moi"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>Pour les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents de Bonjour, Philippines ! cliquez ci-dessous<\/strong><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2656\">Chapitre 1- Un pt\u00e9rodactyle sur fond d&rsquo;azur<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2897\">Chapitre 2 &#8211; Des m\u00e9faits de l&rsquo;air conditionn\u00e9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2940\">Chapitre 3 &#8211; Mitraillette, champagne et taille-crayons<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3065\">Chapitre 4- Un soir au Monte-Carlo<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3185\">Chapitre 5 &#8211; La fi\u00e8vre monte \u00e0 Mindanao<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3338\">Chapitre 6 &#8211; Retour \u00e0 Manille<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3403\">Chapitre 7- Un diner \u00e0 O.K. Corral<\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><em><strong>R\u00e9sum\u00e9 des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0:<\/strong><\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Au Philippines depuis quelques semaines pour une \u00e9tude routi\u00e8re, Philippe a rencontr\u00e9 quelques personnages int\u00e9ressants\u00a0: G\u00e9rard Peltier, \u00e9ternel optimiste jovial et jouisseur, Robert Robertson, sympathique Ecossais qui transporte avec lui son monde britannique partout o\u00f9 il se rend, sans oublier Andr\u00e9 Ratinet, r\u00e2leur, casanier, parano\u00efaque et malchanceux.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Il a aussi d\u00e9couvert quelques particularit\u00e9s de ce bout d\u2019Asie du Sud Est\u00a0: la pr\u00e9sence permanente des armes et de la violence, la fi\u00e8vre dengue, les casinos clandestins, les \u00ab\u00a0femmes non accompagn\u00e9es\u00a0\u00bb, le squash imp\u00e9rial, le bowling et ses ramasseurs, le jai-alai et ses danseurs sur mur.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Dans le chapitre qui suit, Philippe retourne \u00e0 Mindanao. Tout devrait bien se passer, car Ratinet est rest\u00e9 \u00e0 Manille. Tout commence au cin\u00e9ma Rizal de Cagayan de Oro\u2026<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette fois, c&rsquo;est du s\u00e9rieux et il va falloir se colleter avec la dure mati\u00e8re. Dans l&rsquo;avion qui vole vers Cagayan, je fais le point avec Pacifico, mon counterpart. Tout ce qui pouvait \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 pour l&rsquo;enqu\u00eate depuis Manille semble pr\u00eat: la m\u00e9thode, la dur\u00e9e de l&rsquo;enqu\u00eate, l&#8217;emplacement des postes, les nombres d&rsquo;enqu\u00eateurs \u00e0 chaque poste selon les moments de la journ\u00e9e et de la nuit. Les questionnaires, les manuels d&rsquo;instruction et les badges ont \u00e9t\u00e9 charg\u00e9s dans deux caisses en soute. Les mat\u00e9riels de signalisation et d&rsquo;\u00e9clairage nous serons fournis par le DPWH de Cagayan de Oro. Nous atterrirons dans une heure et je pense que c&rsquo;est la premi\u00e8re op\u00e9ration de cette envergure que je vais r\u00e9aliser: un mois d&rsquo;enqu\u00eate en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cents kilom\u00e8tres de route c\u00f4ti\u00e8re, trois villes importantes, une multitude de croisements de pistes qui grimpent vers la montagne \u00e0 travers la jungle. Pour que le moins possible de d\u00e9placements \u00e9chappent \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate, deux douzaines de postes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis. Nous avons calcul\u00e9 qu&rsquo;il nous faudrait plus de deux cents personnes pour les tenir. On m&rsquo;a assur\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait aucun probl\u00e8me pour trouver <!--more-->tout ce monde, et m\u00eame qu&rsquo;ils parleraient un minimum d&rsquo;anglais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout \u00e7a me rend un peu nerveux mais Pacifico a l&rsquo;air confiant et heureux. Il assurera sur place la supervision de l&rsquo;enqu\u00eate pendant un mois et le contr\u00f4le du d\u00e9pouillement pendant un autre mois. Cela veut dire pour lui deux mois de frais de d\u00e9placement qui viendront gonfler notablement son salaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&rsquo;a\u00e9roport, une banderole tendue entre deux piquets nous accueille:<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00ab\u00a0<strong>WELCOME TO THE DPWH-BCEOM SEMINAR<\/strong>\u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous la banderole, un petit groupe nous attend. C&rsquo;est la d\u00e9l\u00e9gation du DPWH du Misamis Oriental, province de Mindanao dont Cagayan est la capitale. Le patron, c&rsquo;est le plus petit, Gil Banaag. Mince, fluet m\u00eame, rapide, souriant, aimable et de bonne humeur, il d\u00e9gage pourtant une forte autorit\u00e9. Au bar de l&rsquo;a\u00e9roport o\u00f9 il a fait pr\u00e9parer des sandwiches, des ananas d\u00e9coup\u00e9s en tranche, des Coca-Cola et du caf\u00e9, il nous explique qu&rsquo;il est onze heures trente, que nous avons tout juste le temps de discuter du programme de l&rsquo;apr\u00e8s-midi en d\u00e9jeunant, qu&rsquo;il a r\u00e9serv\u00e9 le cin\u00e9ma Rizal o\u00f9 un peu plus de deux cents personnes nous attendent \u00e0 partir de 14 heures pour y subir la formation d&rsquo;enqu\u00eateur. J&rsquo;essaie de cacher ma panique. Je n&rsquo;avais pr\u00e9vu une telle s\u00e9ance que pour dans deux ou trois jours et je n&rsquo;ai pas grand-chose de pr\u00eat pour cette conf\u00e9rence. On m&rsquo;explique qu&rsquo;\u00e0 partir de demain, le Rizal sera pris par la convention d\u2019un parti politique, que c&rsquo;\u00e9tait la seule solution et que cela ne devrait pas me poser de probl\u00e8me. \u00ab\u00a0Est-ce que cela vous pose un probl\u00e8me?\u00a0\u00bb J&rsquo;avale ma salive et je r\u00e9ponds que, non, bien s\u00fbr, cela ne me pose pas de probl\u00e8me. Du coin de l&rsquo;\u0153il, je vois un petit \u00e9clair rigolard dans celui de Pacifico, mais il joue le jeu et reste solidairement impassible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;\u00e0 deux heures moins le quart, nous arrivons devant le Rizal,tout est calme. Je ne vois que l&rsquo;\u00e9norme bandeau lumineux blanc au-dessus de l&rsquo;entr\u00e9e du cin\u00e9ma. Au lieu du titre d&rsquo;un film et des noms de ses acteurs principaux, on y a \u00e9crit en grosses lettre noires<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>WELCOME TO THE DPWH-BCEOM SEMINAR<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et en dessous, en lettres un peu plus petites,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Iligan-Cagayan de Oro-Butuan Highway Improvement Project<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gil Banaag, deux ou trois de ses assistants, Pacifico et moi entrons, dans cet ordre, par le fond de la salle. Elle est grande, sombre et silencieuse. Sur la sc\u00e8ne, vivement \u00e9clair\u00e9e, on a plac\u00e9 une longue table et une douzaine de chaises qui font face \u00e0 la salle. Devant la table, se dresse un pupitre et un micro sur pied. En avan\u00e7ant le long de l&rsquo;all\u00e9e en pente qui m\u00e8ne vers l&rsquo;\u00e9cran, je m&rsquo;aper\u00e7ois que les dix ou douze premiers rangs sont d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9s. Je me dis que voil\u00e0 mes s\u00e9minaristes. Un coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 droite et \u00e0 gauche me permet de voir que ce sont des jeunes gens, gar\u00e7ons et filles, silencieux et d\u00e9j\u00e0 attentifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parvenus sur la sc\u00e8ne, nous nous pla\u00e7ons derri\u00e8re les petits prismes de bois grav\u00e9s \u00e0 nos noms et, sur un signe de Banaag, les lumi\u00e8res de la salle s&rsquo;allument. Tout le monde se l\u00e8ve et les premi\u00e8res mesures de l&rsquo;hymne national retentissent, imm\u00e9diatement reprises avec force par les spectateurs. \u00c0 la fin de l&rsquo;hymne, tout le monde s&rsquo;assied, sauf Banaag qui s&rsquo;avance jusqu&rsquo;au micro.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;avais bien remarqu\u00e9 \u00e0 Manille que les s\u00e9ances de cin\u00e9ma commen\u00e7aient toutes par un hymne national, mais je n&rsquo;imaginais pas que ma petite s\u00e9ance \u00e0 moi serait entour\u00e9e de la m\u00eame pompe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lumi\u00e8res de la salle s\u2019\u00e9teignent. La pr\u00e9sentation de Banaag est tr\u00e8s br\u00e8ve : trois mots sur le but et l&rsquo;importance du projet et deux sur le r\u00f4le des intervenants. Il pr\u00e9cise que, par courtoisie envers l&rsquo;\u00e9tranger que je suis, toute la s\u00e9ance se tiendra en anglais. Et puis il me passe la parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je contourne la longue table, reviens vers le centre de la sc\u00e8ne, me place derri\u00e8re le micro, dispose mes papiers sur le pupitre, r\u00e8gle la hauteur du micro. Le silence de la salle est parfait. On n&rsquo;entend que le battement du sang dans mes oreilles. Je l\u00e8ve les yeux vers la salle. Je ne vois que les visages attentifs du premier rang. Tout le reste est plong\u00e9 dans le noir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis mon entr\u00e9e dans la salle, je ne cesse de retourner dans ma t\u00eate que je n\u2019ai rien pr\u00e9par\u00e9 pour cette s\u00e9ance surprise : pas de petite blague d\u2019entr\u00e9e pour d\u00e9tendre l\u2019atmosph\u00e8re et me rendre sympathique, pas d\u2019introduction au sujet, pas de point fort, pas de conclusion, pas de s\u00e9ance de questions, rien. Rien qu\u2019un triste petit manuel d\u2019instruction et des questionnaires r\u00e9barbatifs. Je pense aussi \u00e0 la soixantaine d\u2019\u00e9tudiants parisiens que j\u2019avais r\u00e9unis un an auparavant dans le poste de CRS de l\u2019Autoroute du Sud pour leur ass\u00e9ner une formation \u00e0 une enqu\u00eate qui ne devait durer qu\u2019une semaine. Je me rappelle que, malgr\u00e9 une pr\u00e9paration minutieuse, la s\u00e9ance n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 vraiment r\u00e9ussie, et pas seulement parce que rassembler des \u00e9tudiants et des CRS dans un m\u00eame local de police deux ans seulement apr\u00e8s mai 68 n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment une bonne id\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le silence se prolonge, g\u00eanant. Quelques toux se font entendre. Il va falloir que je me lance. Je tousse \u00e0 mon tour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis, \u00e7a vient, tout naturellement. Je commence par quelques remerciements de convenance. Je poursuis avec une pr\u00e9sentation du projet, son int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique pour la r\u00e9gion, la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019enqu\u00eate de trafic que nous allons mener, \u00a0\u00bb vous et moi, tous ensemble ! \u00a0\u00bb Je d\u00e9roule ensuite un petit topo sur la m\u00e9thode. Sans doute gris\u00e9 par le son de ma propre voix, je parle maintenant sans difficult\u00e9, presque sans h\u00e9sitation. J\u2019arrive m\u00eame \u00e0 plaisanter deux fois. Au bout d\u2019une vingtaine de minutes, je me raccroche enfin au manuel d\u2019instruction et au questionnaire. A partir de l\u00e0, c\u2019est un boulevard et tout devient facile ; ennuyeux, mais facile. La distribution des manuels et des questionnaires permet aux s\u00e9minaristes de se d\u00e9tendre un peu en \u00e9changeant quelques paroles et m\u00eame quelques rires. La s\u00e9ance de formation se d\u00e9roule comme dans un r\u00eave. Les auditeurs sont pleins de bonne volont\u00e9, ils r\u00e9pondent aux questions avec l&rsquo;enthousiasme de bons \u00e9l\u00e8ves. Gil Banaag intervient de temps en temps pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;un certain point \u00e0 \u00e9t\u00e9 bien compris ou pour reformuler adroitement la r\u00e9ponse trop th\u00e9orique que j&rsquo;ai pu donner \u00e0 une question. Je suis sur un nuage et, quand la s\u00e9ance se termine, je suis un peu surpris que seuls quelques applaudissements polis viennent en saluer la fin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux jours plus tard, c\u2019est la r\u00e9p\u00e9tition g\u00e9n\u00e9rale. Pour cet exercice qui doit durer 48 heures, le nombre de postes d\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit \u00e0 une dizaine. A 14:00 comme on dit dans l\u2019arm\u00e9e US, les premiers v\u00e9hicules sont arr\u00eat\u00e9s et les conducteurs sont interrog\u00e9s sur leur point de d\u00e9part, leur destination, le motif du voyage, le nombre de passagers, la nature et la qualit\u00e9 des marchandises transport\u00e9es, la fr\u00e9quence du trajet etc\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant les premi\u00e8res vingt-quatre heures, je contr\u00f4lerai avec Pacifico les postes situ\u00e9s \u00e0 l\u2019Est de Cagayan et Gil Banaag, les postes situ\u00e9s \u00e0 l\u2019Ouest, puis nous permuterons nos zones pour les vingt-quatre heures suivantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On m\u2019a affect\u00e9 une jeep et deux chauffeurs. Jusqu\u2019\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, je me limite \u00e0 l\u2019observation des quelques postes situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 de la ville. Mon syst\u00e8me semble fonctionner correctement. Habitu\u00e9s aux contr\u00f4les de toutes sortes et en particulier \u00e0 ceux de la police, les conducteurs s\u2019arr\u00eatent sans protester et sont plut\u00f4t soulag\u00e9s quand ils r\u00e9alisent que, pour cette fois, ils n\u2019auront pas \u00e0 payer la dime aux policiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque la nuit tombe, je pars avec mes deux chauffeurs visiter les postes les plus \u00e9loign\u00e9s. Le premier que nous rencontrons est au bord de la jungle, juste apr\u00e8s la travers\u00e9e d&rsquo;une clairi\u00e8re qui s&rsquo;est form\u00e9e autour de l&rsquo;estuaire d&rsquo;un torrent. Dans la mauvaise lumi\u00e8re de nos phares, je vois un petit camion blanc arr\u00eat\u00e9 pr\u00e8s de la lampe temp\u00eate qui \u00e9claire le poste. Un des enqu\u00eateurs est debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la porti\u00e8re du camion. L&rsquo;autre, de repos, est un peu en retrait de la route. On ne doit pas \u00eatre loin d&rsquo;un village, car il discute avec une jeune fille en robe l\u00e9g\u00e8re. L&rsquo;enqu\u00eate se termine, le camion red\u00e9marre. L&rsquo;enqu\u00eateur vient vers nous et me reconna\u00eet. L&rsquo;autre aussi. Ils se figent quasiment au garde \u00e0 vous. La fille s&rsquo;est enfuie. Je descends de la jeep. J&rsquo;essaie d&rsquo;\u00eatre jovial et rassurant. Je commente le temps qu&rsquo;il fait, la douceur de la temp\u00e9rature. Je pose deux ou trois questions. Est-ce qu&rsquo;ils ont tout ce qu&rsquo;il faut, le travail est-il difficile, est-ce que les conducteurs s&rsquo;arr\u00eatent volontiers ?&#8230;.je n&rsquo;obtiens que deux r\u00e9ponses, \u00ab\u00a0Yes Sir ! \u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0No Sir !\u00a0\u00bb, rien d&rsquo;autre. Je regarde rapidement les quelques questionnaires d\u00e9j\u00e0 remplis. Rien \u00e0 dire, tout va bien. Je leur dis very well, keep on, good bye. La r\u00e9ponse jaillit de mes deux bonshommes, raidis sur le bord de la route : \u00ab\u00a0Yes Sir !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La jeep repart sur la route, l\u00e9g\u00e8rement en surplomb de la plage. \u00c0 travers les cocotiers, sous le clair de lune magnifique, je peux voir d\u00e9filer la bande de sable blanc, la petite frange lumineuse des vagues, le reflet \u00e9clat\u00e9 de la pleine lune. A deux ou trois cents m\u00e8tres au large, je vois passer lentement une \u00eele, toute petite, exemplaire, touffe de v\u00e9g\u00e9tation pos\u00e9e sur la mer noire, surmont\u00e9e de trois hauts cocotiers en bouquet. Au-dessus de moi, dans la douceur de la nuit, aux travers de palmes immobiles, je contemple des millions d&rsquo;\u00e9toiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La jeep roule \u00e0 bonne allure sur la piste en bon \u00e9tat. Le bruit du moteur est agr\u00e9able et rassurant. Mon premier chauffeur conduit sans \u00e0-coup. L&rsquo;autre s&rsquo;est endormi en chien de fusil sur le si\u00e8ge arri\u00e8re. J&rsquo;ai pass\u00e9 ma jambe droite par-dessus la porti\u00e8re et j&rsquo;ai pos\u00e9 mon pied sur l&rsquo;aile de la jeep. De la main gauche, je tiens le montant du pare-brise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense \u00e0 Douglas Macarthur inspectant les troupes avant la reconqu\u00eate de l&rsquo;archipel :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<strong><em>\u00a0Je reviendrai !\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em><strong>(\u00e0 suivre)<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong><span style=\"color: #000080;\">Si vous voulez lire maintenant le chapitre suivant, cliquez dessus.<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3792\">Chapitre 9 &#8211; Retour au Chalet<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents de Bonjour, Philippines ! cliquez ci-dessous Chapitre 1- Un pt\u00e9rodactyle sur fond d&rsquo;azur Chapitre 2 &#8211; Des m\u00e9faits de l&rsquo;air conditionn\u00e9 Chapitre 3 &#8211; Mitraillette, champagne et taille-crayons Chapitre 4- Un soir au Monte-Carlo Chapitre 5 &#8211; La fi\u00e8vre monte \u00e0 Mindanao Chapitre 6 &#8211; Retour \u00e0 Manille Chapitre 7- Un &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=3738\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Bonjour, Philippines ! Chap.8: Douglas et moi<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12,2],"tags":[707,810,741,21,694],"class_list":["post-3738","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","category-textes","tag-cagayan-de-oro","tag-enquete-de-transport","tag-mindanao","tag-philippe","tag-philippines"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3738","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3738"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3738\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3738"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}