{"id":35624,"date":"2022-02-27T07:47:36","date_gmt":"2022-02-27T06:47:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=35624"},"modified":"2022-02-27T20:28:02","modified_gmt":"2022-02-27T19:28:02","slug":"35624","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=35624","title":{"rendered":"Fragile des bronches &#8211; Critique ais\u00e9e 226"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e 226 <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Fragile des bronches<\/strong><br \/>\nBertrand Blier &#8211; 2022<br \/>\n<em>\u00c9ditions Seghers &#8211; 185 pages\u201317 \u20ac<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9cid\u00e9ment, je n\u2019ai pas de chance avec les recommandations de fin d\u2019\u00e9mission du <em>Masque et la Plume<\/em>. Apr\u00e8s <strong><em>Un Barrage contre l\u2019Atlantique<\/em><\/strong> de Beigbeder dont je vous ai dit il y a peu ce que je pensais, voil\u00e0 que je me suis laiss\u00e9 tenter par le <strong><em>Fragile des bronches<\/em><\/strong> de Bertrand Blier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019abord, Bertrand Blier pour moi, c\u2019est l\u2019homme qui a contribu\u00e9 (pour de bon) \u00e0 changer notablement l\u2019\u00e9criture avec son premier roman <strong><em>Les Valseuses<\/em><\/strong> paru en 1972, puis apport\u00e9 quelque chose de vraiment neuf au cin\u00e9ma avec son deuxi\u00e8me long m\u00e9trage, du m\u00eame titre, sorti en 1974. Il nous a ensuite r\u00e9gal\u00e9s, touch\u00e9s, glac\u00e9s, choqu\u00e9s, amus\u00e9s, interpell\u00e9s avec ses films suivants :\u00a0<strong><em>Calmos, Pr\u00e9parez vos mouchoirs, Buffet froid, Tenue de soir\u00e9e, Trop belle pour toi, Les acteurs, Le Bruit des gla\u00e7ons<\/em><\/strong>, pour ne citer que ceux que j\u2019ai vraiment aim\u00e9s.\u00a0 Un beau palmar\u00e8s, quand m\u00eame, fait de films \u00e0 chaque fois diff\u00e9rents, originaux, jamais vus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, entendre je ne sais plus qui recommander son <em><strong>Fragile des Bronches<\/strong><\/em> \u00e0 la fin d\u2019un <em>Masque et la Plume<\/em>, \u00e7a me motivait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et puis, le titre, rien que le titre<strong><em>, Fragile des bronches<\/em><\/strong> \u00e9tait<!--more--> tr\u00e8s attirant pour un type comme moi, n\u00e9, comme Blier, pendant la guerre. Cette expression, aujourd\u2019hui d\u00e9su\u00e8te, <strong><em>fragile des bronches<\/em><\/strong>, nous autres l\u2019avons tellement entendue pendant notre enfance que \u00e7a nous fout comme un coup de nostalgie. Alors, j\u2019ai achet\u00e9 <strong><em>Fragiles des bronches<\/em><\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la sympathie que j\u2019ai pour Beigbeder ne m\u2019a pas emp\u00eacher d\u2019\u00e9reinter son <strong><em>Barrage<\/em><\/strong>, le respect que j\u2019ai pour Bertrand Blier en tant que r\u00e9alisateur prolixe et \u00e9crivain laconique, me g\u00eane pour dire ce que je pense vraiment de son dernier bouquin. Je vais quand m\u00eame le faire, bien s\u00fbr, mais le plus gentiment possible et en prenant d\u2019avance la modeste pr\u00e9caution de dire que peut-\u00eatre, probablement, surement m\u00eame, je n\u2019ai pas compris ce que Blier voulait faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La page de garde ne qualifie pas <strong><em>Fragile\u2026<\/em><\/strong> de roman. C\u2019est une bonne chose, car visiblement c\u2019est plut\u00f4t une autofiction. Mais ce n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9 non plus, l\u2019\u00e9diteur reste dans le vague, comme l\u2019auteur sur ses intentions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le narrateur parle au pr\u00e9sent de l\u2019indicatif. Ce doit \u00eatre Bertrand, car les ressemblances sont l\u00e0 : son p\u00e8re est com\u00e9dien, souvent absent, d\u2019un abord difficile. Et puis, vers la fin, il rencontre Clouzot. Mais, il n\u2019est pas nomm\u00e9, et le narrateur ne s\u2019appelle pas Bertrand. Il est possible que son nom soit Jean-Michel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il nous raconte son adolescence, ses quinze ans surtout. Il tousse, on l\u2019envoie \u00e0 la montagne dans ce qu\u2019on appelait \u00e0 cette \u00e9poque un <strong><em>Home d\u2019enfants<\/em><\/strong>\u00a0pr\u00e8s de Meg\u00e8ve. Sa m\u00e8re est \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, pas loin. Il va la voir. Elle rencontre un amant. Il rencontre l\u2019amant. Son p\u00e8re vient aussi, il rencontre l\u2019amant aussi. Ils parlent de se battre, mais rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Michel (est-ce bien son nom\u00a0?) a quinze ans. Il retourne au <strong><em>home<\/em><\/strong> et rencontre Nicole avec qui il couche dans le dortoir des filles. Il rentre \u00e0 Paris et parle de Nicole avec son copain Blumberg en \u00e9coutant Count Basie. Et il recouche avec Nicole, et puis Nicole est s\u00e9duite par un petit loubard pas antipathique, Jimmy, et puis rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un petit extrait pour que vous compreniez mieux. Voici le texte int\u00e9gral du chapitre 8 de la premi\u00e8re partie\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Je suis convoqu\u00e9 dans le bureau du directeur. C\u2019est le soir. On domine la station et ses mille lumi\u00e8res. Le directeur me regarde au fond des yeux : c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 le mal va se nicher.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Votre maman va rester un petit peu dans la station pour faire du ski ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Sans doute, je r\u00e9ponds.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Vous allez vouloir passer le week-end avec elle ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Sans doute.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Vous allez r\u00e9pondre \u00ab sans doute \u00bb \u00e0 toutes les questions que je vais vous poser ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Sans doute. Le directeur me mettre une grande tarte dans la gueule, imm\u00e9diatement suivie d\u2019une autre. Je tombe de ma chaise. Sanglots.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Vous foutez de ma gueule ou je r\u00eave ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Sans doute.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce qui est de la forme, Blier a d\u00e9coup\u00e9 son bouquin en 10 parties, d\u00e9coup\u00e9es chacune en un petit nombre de chapitres. Beaucoup de chapitres occupent moins d&rsquo;une page enti\u00e8re. Voici une photo du chapitre 7 de la 4<sup>\u00e8me<\/sup> partie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-35626\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Fragile-des-bronches-827x960.jpeg\" alt=\"\" width=\"385\" height=\"447\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Fragile-des-bronches-827x960.jpeg 827w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Fragile-des-bronches-258x300.jpeg 258w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Fragile-des-bronches-768x892.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Fragile-des-bronches-1323x1536.jpeg 1323w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Fragile-des-bronches-1764x2048.jpeg 1764w\" sizes=\"auto, (max-width: 385px) 100vw, 385px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais je vais arr\u00eater l\u00e0, parce que je suis incapable d\u2019aller plus loin. Je ne comprends rien \u00e0 ce r\u00e9cit, ni \u00e0 ce qu\u2019il peut y avoir dessous, dessus ou \u00e0 cot\u00e9, rien ! \u00c7a me d\u00e9sole et \u00e7a m\u2019ennuie, pas au sens de <em>\u00e7a me contrarie<\/em> mais au sens d\u2019<em>ennui<\/em>, d\u2019<em>ennui profond<\/em>, de d\u00e9sir d\u2019en finir sur le champ avec cette lecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne pouvant me r\u00e9soudre \u00e0 une telle extr\u00e9mit\u00e9, j\u2019ai saut\u00e9 une cinquantaine de pages pour atterrir directement \u00e0 la fin du dernier chapitre de la derni\u00e8re partie, la dixi\u00e8me, dont le titre est :\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Je suis venu pour vous dire quelque chose de tr\u00e8s important .<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En voici les derni\u00e8res lignes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>-(\u2026) Je me d\u00e9becte et j\u2019ai envie de me tirer une balle dans la t\u00eate<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Vous avez une arme ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Oui j\u2019ai un revolver.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Et qu\u2019est-ce que vous allez faire ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Je vais me tirer une balle dans la t\u00eate.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Quand ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Je ne sais pas, un jour.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Y\u2019a pas d\u2019urgence ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Bah non, mais un jour, faut y faire face.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013 Au moment de prendre la d\u00e9cision, contactez-moi, j\u2019aurai peut-\u00eatre des arguments pour vous convaincre de rester sur le parcours. Parfois, nous les jeunes, on a besoin d\u2019un adulte.<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Pourquoi faire ?<\/em><\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u2013Pour inventer une nouvelle forme de connerie, pas toujours faire la m\u00eame.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas vraiment compris. Mais si quelqu\u2019un veut m\u2019\u00e9clairer sur le sens de ce livre, je reste preneur.<br \/>\nDans <strong><em>Un Barrage\u2026<\/em><\/strong>, j\u2019avais d\u00e9cel\u00e9 chez Beigbeder surtout de la paresse, fille de la facilit\u00e9.<br \/>\nDans <strong><em>Fragile&#8230;,<\/em><\/strong> chez Blier, c\u2019est le d\u00e9sarroi que j\u2019ai d\u00e9cel\u00e9, et c\u2019\u00e9tait communicatif.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e 226 Fragile des bronches Bertrand Blier &#8211; 2022 \u00c9ditions Seghers &#8211; 185 pages\u201317 \u20ac D\u00e9cid\u00e9ment, je n\u2019ai pas de chance avec les recommandations de fin d\u2019\u00e9mission du Masque et la Plume. 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