{"id":35264,"date":"2022-04-01T07:47:51","date_gmt":"2022-04-01T05:47:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=35264"},"modified":"2022-04-02T10:28:40","modified_gmt":"2022-04-02T08:28:40","slug":"la-cena-pisana-1-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=35264","title":{"rendered":"La cena di Pisa  (1\/2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Comme vous n&rsquo;allez pas tarder \u00e0 le constater, ce r\u00e9cit ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat. Mais, bon&#8230;<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>1\/2<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-35270\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Unknown-1.jpeg\" alt=\"\" width=\"134\" height=\"201\" \/>La chose s\u2019est pass\u00e9e vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 2003.<br \/>\nLe voyage entre Paris et Pise avait \u00e9t\u00e9 difficile.<br \/>\n\u00c7a avait commenc\u00e9 avec un violent orage qui avait inond\u00e9 une partie de l\u2019autoroute du Nord, provoquant un remarquable embouteillage. C\u2019\u00e9tait justement l\u2019heure o\u00f9 se rendent \u00e0 Roissy ceux qui ont un rendez-vous le lendemain matin \u00e0 8 heures en Italie, la m\u00eame que celle o\u00f9 les rurbains essaient de rentrer chez eux avant la fin des Chiffres et des Lettres, cette \u00e9mission dont on c\u00e9l\u00e8brera bient\u00f4t les soixante ann\u00e9es d\u2019existence et dont la folle ambiance n\u2019est pas sans rappeler celle du journal du soir de la t\u00e9l\u00e9vision sovi\u00e9tique des ann\u00e9es Brejnev.<br \/>\nJ\u2019\u00e9tais donc arriv\u00e9 tr\u00e8s en retard \u00e0 CDG, mais le m\u00eame orage ayant retard\u00e9 le d\u00e9collage de notre avion, je fus admis \u00e0 y monter. J\u2019y retrouvai mes deux clients, assureur et courtier, deux hommes que sinc\u00e8rement et sans flagornerie \u2014 franchement, quel int\u00e9r\u00eat y trouverais-je \u00e0 pr\u00e9sent ? \u2014\u00a0je qualifie encore aujourd\u2019hui de sympathiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a a continu\u00e9 avec le vol, plut\u00f4t agit\u00e9, car il n\u2019y avait pas que sur Paris qu&rsquo;en ce d\u00e9but de nuit de la mi-novembre, le temps \u00e9tait orageux. Nous f\u00fbmes soigneusement secou\u00e9s jusqu\u2019apr\u00e8s les Alpes, mais nous nous pos\u00e2mes \u00e0 Pise par un temps calme sous une vo\u00fbte glaciale et \u00e9toil\u00e9e.<br \/>\nPendant le vol, et malgr\u00e9 les trous d\u2019air, nous avions parl\u00e9 de l\u2019Italie, de la cuisine italienne et des vins italiens et, je dois dire, parfois avec \u00e9motion. J\u2019avais m\u00eame brill\u00e9 en mentionnant un vin fameux, ignor\u00e9 de mes deux compagnons, le Barolo.<br \/>\nLe Barolo est un vin du Pi\u00e9mont, un excellent vin, tr\u00e8s <!--more-->recherch\u00e9 et tr\u00e8s cher, qui a \u00e9galement d\u2019autres points que ceux-ci en commun avec le bourgogne. La discussion avait \u00e9t\u00e9 chaleureuse et je m\u2019\u00e9tais promis d\u2019offrir \u00e0 mes compagnons un d\u00eener dans le prolongement de ce qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 notre conversation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre taxi s\u2019arr\u00eata devant l\u2019h\u00f4tel que je nous avais r\u00e9serv\u00e9. Tandis que je restais seul dans la voiture, occup\u00e9 \u00e0 r\u00e9gler la course, j\u2019observai deux autocars qui d\u00e9versaient sur le trottoir leur cargaison de touristes asiatiques. \u00c0 travers les vitres de l\u2019h\u00f4tel, je pouvais voir leur cohorte envahir une salle \u00e0 manger violemment \u00e9clair\u00e9e.<br \/>\n\u00ab\u00a0Nous n\u2019allons quand m\u00eame pas d\u00eener l\u00e0\u00a0!\u00a0\u00bb, me dis-je en fran\u00e7ais. \u00ab\u00a0Est-ce que vous connaissez un bon restaurant dans ce quartier ?\u00a0\u00bb ajoutai-je, cette fois-ci en italien, \u00e0 l\u2019attention du chauffeur.<br \/>\nBien s\u00fbr, qu\u2019il connaissait un bon restaurant, le taxi ! Il me l\u2019indiqua, \u00e0 cinq minutes \u00e0 pied, et je le r\u00e9tribuai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme la chose se passait il y aura bient\u00f4t vingt ans, j\u2019ai malheureusement oubli\u00e9 le nom du restaurant. Ce devait \u00eatre quelque chose comme Les Chevaliers, ou les Cavaliers, ou les Trois Chevaliers\u2026 mais si vous allez un jour \u00e0 Pise, vous le reconnaitrez facilement.<br \/>\nEn effet, c\u2019\u00e9tait l\u2019un de ces restaurants typiquement italiens et familiaux, tant en ce qui concerne la client\u00e8le que le personnel, l\u2019un de ces restaurants chaleureux mais calmes, au plafond \u00e9lev\u00e9 et vo\u00fbt\u00e9, o\u00f9 la seule d\u00e9coration consiste en quelques bouteilles expos\u00e9es verticalement, la photographie solennelle du grand-p\u00e8re fondateur et deux ou trois tableaux na\u00effs ou myst\u00e9rieux, l\u2019un de ces restaurants o\u00f9, malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019apparat, vous sentez d\u2019instinct que la cuisine y sera bonne et l\u2019addition \u00e9lev\u00e9e. Il restait une table libre : on nous l\u2019attribua.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019\u00e9tait pas loin de dix heures du soir et Pise n\u2019est pas une grande ville. En France comme dans beaucoup d\u2019autres pays transalpins, vouloir commencer \u00e0 d\u00eener bourgeoisement \u00e0 cette heure nous eut valu de l\u2019aubergiste et selon sa transalpinit\u00e9 une mine d\u00e9sol\u00e9e ou renfrogn\u00e9e. Mais nous \u00e9tions en Italie, et en Italie, m\u00eame en fin d\u2019automne, les gens ont leurs habitudes. Aller diner tard au restaurant en fait partie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La table \u00e9tait dress\u00e9e simplement : assiettes blanches, lourds couverts sans extravagance, verres ballons classiques et nappe en papier recouvrant une autre nappe, \u00a0damass\u00e9e et amidonn\u00e9e, celle-l\u00e0. Le menu, \u00e9crit \u00e0 la main, ron\u00e9otyp\u00e9 sur une feuille jaune, ne comportait que peu de plats. C\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral un gage de qualit\u00e9. Ce que nous chois\u00eemes, je l\u2019ai oubli\u00e9 depuis longtemps. Mais ce que je n\u2019ai pas oubli\u00e9, c\u2019est que dans la volumineuse carte des vins qu\u2019on me remit, je trouvai en derni\u00e8re page un Barolo dont je pr\u00e9f\u00e8re avoir oubli\u00e9 aussi le prix. Mais, \u00ab\u00a0<em>Ouatte\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> comme disait le Boubouroche de Courteline, c\u2019\u00e9tait un beau sinistre (dans le jargon de cette \u00e9poque de ma vie, beau voulait dire gros). Et, comme disait la M\u00f4me Crevette dans la Dame de chez Maxim de Feydeau, \u00ab\u00a0<em>et vas-y donc, c\u2019est pas ton p\u00e8re\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand je dis au gar\u00e7on qui prenait notre commande que je voulais<em> \u00ab\u00a0una bottiglia de Barolo, per piecere\u00a0<\/em>\u00bb, il se redressa et lan\u00e7a \u00e0 la cantonade quelque chose comme \u00ab\u00a0<em>Eh, Fabiola\u00a0! I signori&#8230; blablabla&#8230;di Barolo\u00a0!\u00a0<\/em>\u00bb Si les mots n\u2019\u00e9taient pas tous compr\u00e9hensibles, le sens g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tait \u00e9vident. Aussit\u00f4t, une jeune femme portant tablier noir sur chemisier blanc \u00e9pingl\u00e9 du signe distinctif des sommeliers apparut. Dans sa main, elle tenait quatre verres de fin crystal, de bonne contenance et tr\u00e8s hauts sur leur pied. Avec dext\u00e9rit\u00e9, Fabiola rempla\u00e7a les trois banals godets par trois des nobles ciboires et posa le quatri\u00e8me au milieu de notre table. Elle disparut quelques instants pour revenir, portant, inclin\u00e9e, une bouteille noire de type \u00ab\u00a0bordelaise\u00a0\u00bb dont elle nous fit admirer l\u2019\u00e9l\u00e9gante \u00e9tiquette sobrement imprim\u00e9e en gris sur fond blanc. Puis elle sortit de son ample poche ventrale un instrument qu\u2019en France on appelle <em>sommelier<\/em> et en Italie aussi. Avec des gestes rapides mais pr\u00e9cis, elle d\u00e9coupa la jupe, l\u2019\u00f4ta du goulot et enfon\u00e7a le sommelier dans le bouchon. Quand elle l\u2019eut extrait sans un bruit, elle porta le bouchon pr\u00e8s de son nez. Nous \u00e9tions silencieux, attentifs, recueillis. Nous nous attendions \u00e0 devoir d\u00e9signer celui de nous trois qui devrait proc\u00e9der avec componction \u00e0 la premi\u00e8re d\u00e9gustation du Barolo et, apr\u00e8s les simagr\u00e9es d\u2019usage, autoriser la sommeli\u00e8re \u00e0 nous servir. Mais la jeune femme saisit de sa main gauche le verre qu\u2019elle avait plac\u00e9 au milieu de la table et, de sa main droite, elle renversa la bouteille \u00e0 la verticale au-dessus du verre, faisant glouglouter vivement le vin dans le goulot.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>A suivre<br \/>\n<\/strong>(domani mattina)<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><b>\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme vous n&rsquo;allez pas tarder \u00e0 le constater, ce r\u00e9cit ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat. Mais, bon&#8230; 1\/2 La chose s\u2019est pass\u00e9e vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 2003. Le voyage entre Paris et Pise avait \u00e9t\u00e9 difficile. \u00c7a avait commenc\u00e9 avec un violent orage qui avait inond\u00e9 une partie de l\u2019autoroute du Nord, provoquant un remarquable &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=35264\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">La cena di Pisa  (1\/2)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12],"tags":[1905,21,1904],"class_list":["post-35264","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","tag-barolo","tag-philippe","tag-pise"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/35264","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=35264"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/35264\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=35264"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=35264"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=35264"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}