{"id":33200,"date":"2022-01-16T07:47:57","date_gmt":"2022-01-16T06:47:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=33200"},"modified":"2022-01-16T17:02:58","modified_gmt":"2022-01-16T16:02:58","slug":"le-cujas-cest-fini-mais-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=33200","title":{"rendered":"Le Cujas, c&rsquo;est fini, mais&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-21427 alignleft\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Le-Cujas-copie-660x960.jpeg\" alt=\"\" width=\"167\" height=\"243\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Le-Cujas-copie-660x960.jpeg 660w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Le-Cujas-copie-206x300.jpeg 206w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Le-Cujas-copie-768x1117.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Le-Cujas-copie.jpeg 810w\" sizes=\"auto, (max-width: 167px) 100vw, 167px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Le Cujas, c\u2019est fini depuis plus de cinq mois. <\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>\u00c7a se terminait comme \u00e7a, vous vous souvenez\u00a0?<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab (&#8230;) Et elle \u00e9tait l\u00e0, seule, dans la premi\u00e8re salle, pr\u00e8s de l\u2019entr\u00e9e, sous le bouquet de fleurs qui chaque jour accueille les clients, pench\u00e9e sur une liasse de feuillets, studieuse, ravissante, merveilleuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Mon Dieu, qu\u2019elle est belle\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ce que Dashiell n\u2019avait pu s\u2019emp\u00eacher de murmurer en poussant la porte vitr\u00e9e et qu\u2019elle n\u2019avait pas entendu. Elle a lev\u00e9 les yeux vers lui, et elle lui a adress\u00e9 un sourire joyeux en lui disant\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tiens\u00a0! Dashiell\u00a0! Je pensais justement \u00e0 vous\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dashiell s\u2019est senti l\u00e9ger, confiant, heureux. Jamais, jamais il n\u2019avouerait&#8230;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Vous prenez un caf\u00e9 avec moi\u00a0? Je pensais \u00e0 vous parce que <!--more-->j\u2019aimerais vous faire rencontrer quelqu\u2019un. C\u2019est un vague cousin de cousins encore plus vagues, mais vous savez comment nous sommes. Pour les gens comme nous, la famille, c\u2019est ce qu\u2019il y a de plus important\u00a0! Apr\u00e8s l\u2019honneur, bien s\u00fbr\u00a0! Ce cousin de cousin de cousin est militaire, colonel je crois. Il\u00a0est nomm\u00e9 \u00e0 l\u2019ambassade de France \u00e0 Washington et il part l\u00e0-bas la semaine prochaine. Il n\u2019a jamais mis les pieds en Am\u00e9rique. J\u2019ai pens\u00e9 que vous pourriez lui parler de votre pays. Ce soir chez moi, vers neuf heures, pour une dinette tout ce qu\u2019il y a de simple&#8230; \u00c7a vous va\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a lui allait tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Parfait\u00a0! continua Isabelle. Je ne l\u2019ai jamais rencontr\u00e9, mais on m\u2019a dit que c\u2019\u00e9tait un homme tr\u00e8s bien \u00e9lev\u00e9&#8230; Colonel de Varax&#8230; Jean de Varax&#8230; Il a fait la guerre avec Leclerc, dans la 2<sup>\u00e8me<\/sup> DB&#8230; comme Antoine. Peut-\u00eatre pourra-t-il nous parler de lui&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>FIN<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><i style=\"color: #0000ff;\">Bon, il faut\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>dire<\/i><\/span><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0que la fin n\u2019a pas satisfait tout le monde et qu&rsquo;une partie des lecteurs voulaient en savoir davantage.<\/i><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>\u2014 C\u2019est vrai, \u00e7a ! m\u2019ont dit certains. On ne laisse pas tomber les gens en pleine incertitude sur le sort du petit juif de Treblinka, de l\u2019ex-voyou d\u2019Oslo, de l\u2019\u00e9crivain h\u00e9sitant ou de la coqueluche germanopratine en devenir, sans oublier la fille du Rose Bud ni la bistrote auvergnate.<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>D\u2019autres, plus exigeants, plus sentimentaux aussi, m\u2019ont t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 :\u00a0<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>\u2014 Et alors ? ont-ils questionn\u00e9, anxieux. Est-ce que Dashiell va rencontrer de Varax, le seul officier fran\u00e7ais parfaitement au courant des circonstances de la mort d\u2019Antoine de Colmont ? Et s\u2019il le rencontre, de Varax dira-t-il la v\u00e9rit\u00e9 devant Isabelle ? Et s\u2019il la dit, Isabelle pourra-t-elle accepter l\u2019amour de Dashiell ? Et si elle l\u2019accepte\u2026<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>\u2014 Oh ! Eh ! Hein ! Bon ! \u00c7a va, \u00e7a va ! Je vais voir ce que je peux faire, ai-je vaguement promis en raccrochant.<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><i style=\"color: #0000ff;\">Et finalement, sensible \u00e0 ces r\u00e9clamations dont certaines, il faut bien\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>dire,<\/i><\/span><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0tournaient aux r\u00e9criminations, j\u2019ai entrepris des recherches en profondeur dans la presse et voici ce que j\u2019ai trouv\u00e9, rien que pour l\u2019ann\u00e9e 1952, quatre ans apr\u00e8s cette rencontre de Dashiell et Isabelle par un beau matin d\u2019hiver aux Deux Magots\u00a0:<\/i><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le Cujas <\/strong><br \/>\n<em>\u00c9pilogue facultatif et document\u00e9<\/em><\/h4>\n<h2><strong>\u00a0<\/strong><u>France-Soir<\/u><\/h2>\n<h4>Accident boulevard Saint-Michel<\/h4>\n<p><em>Paris, 10 mai 1952<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vendredi apr\u00e8s-midi, vers 14 heures 30, un pi\u00e9ton a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 par un autobus Boulevard Saint-Michel \u00e0 la hauteur de la Place de La Sorbonne. La victime, Monsieur Marcel Merteau, \u00e2g\u00e9 de 70 ans, artisan menuisier du quartier, a \u00e9t\u00e9 transport\u00e9e \u00e0 l\u2019H\u00f4pital Cochin o\u00f9 il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 des suites de ses blessures malgr\u00e9 les efforts des m\u00e9decins. Selon les premiers r\u00e9sultats de l\u2019enqu\u00eate, l\u2019autobus 38 aurait rompu ses freins dans la descente du boulevard alors qu\u2019il se dirigeait vers la Place du Ch\u00e2telet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le troisi\u00e8me accident de ce type \u00e0 survenir sur la ligne 38 depuis le d\u00e9but de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les habitants du quartier se rendront en cort\u00e8ge au si\u00e8ge de la RATP de la rue du Louvre pour protester contre l\u2019\u00e9tat de v\u00e9tust\u00e9 des autobus. Le cort\u00e8ge partira vendredi \u00e0 16 heures de la Place de la Sorbonne o\u00f9 une gerbe sera d\u00e9pos\u00e9e en hommage \u00e0 Marcel Morteau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fran\u00e7ois Caron, sous-directeur de la RATP, tient \u00e0 rappeler par notre interm\u00e9diaire que la R\u00e9gie s\u2019est lanc\u00e9e depuis quatre ans dans un important programme de r\u00e9novation du parc d\u2019autobus en triste \u00e9tat qu\u2019elle a re\u00e7u de la STCRP apr\u00e8s quatre ann\u00e9es d\u2019occupation.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2><u>Le Figaro<\/u><\/h2>\n<p>\u00c9dition du 12 mai 1952<\/p>\n<h4>La m\u00e8re Gazagnes<br \/>\n15 place Dauphine<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute la ville en parle. Les artistes, les hommes politiques, les milieux d\u2019affaires et les gens du monde en raffolent. Quand il s\u2019agit de faire un bon repas, traditionnel et de qualit\u00e9, les connaisseurs vont chez <em><strong>La m\u00e8re Gazagnes<\/strong><\/em> pour y retrouver la bonne cuisine d\u2019avant-guerre, celle qui nous a tant manqu\u00e9 pendant les ann\u00e9es sombres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Antoinette Gazagnes, la \u00ab\u00a0m\u00e8re\u00a0\u00bb, est une forte personnalit\u00e9. Enlev\u00e9e \u00e0 17 ans par son fianc\u00e9 du couvent du Cantal o\u00f9 elle \u00e9tait enferm\u00e9e, elle est mont\u00e9e \u00e0 Paris pour se marier avec lui. Le couple a d\u2019abord tenu de modestes caf\u00e9s en divers endroits de la capitale. Devenue veuve de guerre en 1916, la courageuse jeune femme a pu reprendre un grand caf\u00e9 du Boulevard Saint Michel, le Cujas, en faisant appel \u00e0 la fameuse tontine des Auvergnats de Paris. En pleine Occupation, elle recevait souvent chez elle, au-dessus du caf\u00e9, quelques amis qu\u2019elle r\u00e9galait d\u2019une succulente viande d\u2019Aubrac accompagn\u00e9e d\u2019un aligot vite devenu c\u00e9l\u00e8bre. On dit que ces d\u00eeners ont souvent \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion pour les responsables parisiens de la R\u00e9sistance de se r\u00e9unir secr\u00e8tement en lieu s\u00fbr, mais Madame Gazagnes demeure muette sur ces \u00e9v\u00e9nements ; l\u2019habitude du myst\u00e8re sans doute\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le lendemain de la Lib\u00e9ration, les amis d\u2019Antoinette l\u2019ont litt\u00e9ralement suppli\u00e9e de sortir de sa clandestinit\u00e9 gastronomique en ouvrant enfin un vrai restaurant o\u00f9 elle pourrait exercer pleinement ses talents et r\u00e9galer tous les parisiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et \u00e0 la soixantaine \u00e0 peine sonn\u00e9e, elle l\u2019a fait. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, elle a repris l\u2019ancienne \u00ab\u00a0<em>Maison Paul<\/em>\u00ab\u00a0, dont on sait que le propri\u00e9taire a d\u00fb s\u2019exiler \u00e0 Buenos-Aires. En quelques mois, elle a su y cr\u00e9er un endroit chaleureux, confortable et discret o\u00f9 se retrouve le Tout Paris pour d\u00e9guster les sp\u00e9cialit\u00e9s auvergnates de La m\u00e8re Gazagnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On a vu Ren\u00e9 Clair y diner r\u00e9cemment avec G\u00e9rard Philipe et Simone Signoret avec Serge Reggiani. Jouvet et Montherlant y viennent en voisin. Mattias Engen, fondateur du Groupe de Presse Engen, y tient table ouverte. Mercredi dernier, il y d\u00e9jeunait avec Pierre Lazareff, Directeur G\u00e9n\u00e9ral de France-Soir, Fran\u00e7ois Mitterrand, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UDSR et son Tr\u00e9sorier, Georges Cambremer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(<em>Il est prudent de r\u00e9server \u00e0 DANton 34 34<\/em>)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Ouest-France<\/u><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00c9dition du 13 mai 1952<\/em><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Pages de Vannes \u2013 Lorient<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes les femmes \u00e9l\u00e9gantes de notre bonne ville de Vannes seront heureuses d\u2019apprendre que mardi prochain ouvrira au num\u00e9ro 11 de la Rue Saint-Vincent un nouveau magasin de mode \u00e0 l\u2019enseigne \u00e9vocatrice de <em>Au vrai chic de Paris<\/em>. Mademoiselle Armelle Podeur, la propri\u00e9taire du <em>Vrai Chic<\/em>, est bretonne de pure souche. N\u00e9e \u00e0 Loud\u00e9ac de parents bretons tous les deux, elle est mont\u00e9e tr\u00e8s jeune \u00e0 Paris pour y apprendre les techniques et les secrets de la mode f\u00e9minine. Elle y a exerc\u00e9 les m\u00e9tiers de modiste et de couturi\u00e8re dans les maisons parisiennes les plus renomm\u00e9es avant de cr\u00e9er sa propre marque,\u00a0<em>Simone Renoir<\/em>. Aujourd\u2019hui, Armelle Podeur revient au pays breton pour nous faire profiter de ses talents confirm\u00e9s de cr\u00e9atrice de mode.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est autour d\u2019une tasse de th\u00e9 qu\u2019elle recevra la bonne soci\u00e9t\u00e9 vannetaise tous les jours, sauf le dimanche, de 10 heures \u00e0 midi et de 15 heures \u00e0 17h30 pour lui pr\u00e9senter ses robes, ses chapeaux et ses accessoires.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Le Proven\u00e7al<\/u><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00c9dition du 14 mai 1952<\/em><\/p>\n<h4>Le retour des h\u00e9ros du Tonkin<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toulon, 13 mai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis plus de six ans que l\u2019Arm\u00e9e Fran\u00e7aise a repris pied en Indochine, elle n\u2019a eu de cesse de retrouver les corps des soldats fran\u00e7ais disparus lors de la traitreuse attaque de Lan Son par les Japonais en septembre 1940. C\u2019est pourquoi le ministre des Anciens Combattants, repr\u00e9sent\u00e9 par Monsieur Philippe Cottard, chef de cabinet du Ministre, s\u2019est rendu mardi matin \u00e0 l\u2019Arsenal de Toulon pour accueillir le Duguay-Trouin de retour du Tonkin avec \u00e0 son bord les corps de vingt-quatre officiers, sous-officiers et hommes de troupe, morts en d\u00e9fendant l\u2019Indochine contre l\u2019envahisseur nippon. Les honneurs leur ont \u00e9t\u00e9 rendus apr\u00e8s que la L\u00e9gion d\u2019Honneur leur ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9e \u00e0 titre posthume. \u00c0 l\u2019issue de cette \u00e9mouvante c\u00e9r\u00e9monie, Monsieur Cottard a d\u00e9voil\u00e9 une plaque comm\u00e9morative et lu \u00e0 haute voix les noms de ces vingt-quatre h\u00e9ros\u00a0ignor\u00e9s d\u2019une bataille m\u00e9connue :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lieutenant Philippe Carvet, Lieutenant Michel Andr\u00e9mont, Sergent Albert Dutel, Sergent Richard Muller, Caporal Robert Picard, Caporal&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Le Parisien Lib\u00e9r\u00e9<\/u><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00c9dition du 15 mai 1952<\/em><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Un d\u00e9tenu fait une chute mortelle \u00e0 la prison de la Sant\u00e9.<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hier matin, un d\u00e9tenu de la Maison d\u2019arr\u00eat de la Sant\u00e9 a fait une chute mortelle du haut de la galerie du troisi\u00e8me niveau du Bloc A. La victime, Achir Soltani, 34 ans, condamn\u00e9 \u00e0 quinze ann\u00e9es fermes en premi\u00e8re instance pour le meurtre de Marcel Mollens, dit Momo. Soltani, plus connu dans le monde de la p\u00e8gre sous le sobriquet de Casquette, \u00e9tait d\u00e9tenu \u00e0 la Sant\u00e9 en attente de l\u2019ouverture de son proc\u00e8s en appel. C\u2019est dans la bousculade habituelle qui suit l\u2019ouverture des cellules pour la promenade quotidienne qu\u2019il a bascul\u00e9 par-dessus le garde-corps de la galerie. Une enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 la Police Judiciaire pour d\u00e9terminer si la mort de Soltani est due \u00e0 un accident, \u00e0 un suicide ou \u00e0 la vengeance d\u2019un cod\u00e9tenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Monsieur Roger Ratinet, Directeur de l\u2019\u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire, a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il d\u00e9plorait cet accident et qu\u2019il regrettait que les coupes budg\u00e9taires dont son administration a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es n\u2019aient pas permis d\u2019installer les filets de s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019il r\u00e9clame depuis la mort de trois d\u00e9tenus dans les m\u00eames conditions au cours de la seule ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Combat<\/u><\/h2>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Prix des Deux Magots<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Vendredi 16 mai 1952<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Prix litt\u00e9raire des Deux Magots 1952 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 hier soir \u00e0 Mademoiselle Isabelle Bompar pour son roman <em>Les \u00c9t\u00e9s de Vauvenargues<\/em>, \u00e9dit\u00e9 chez Kamrat \u00c9diteur. Interrog\u00e9e \u00e0 la sortie du c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tablissement germanopratin, la laur\u00e9ate a accept\u00e9 de prononcer quelques mots devant la presse. Elle a tout d\u2019abord remerci\u00e9 Simone de Beauvoir et Boris Vian pour les pr\u00e9cieux conseils qu\u2019ils lui ont prodigu\u00e9s pendant l\u2019\u00e9criture de son roman. Elle a ensuite rappel\u00e9 qu\u2019elle avait d\u00e9di\u00e9 son livre \u00e0 son mari Antoine, lieutenant dans la 2\u00e8me D.B., tu\u00e9 \u00e0 Berchtesgaden alors qu\u2019il venait de prendre le Nid d\u2019Aigle, le c\u00e9l\u00e8bre refuge d\u2019Hitler.\u00a0 Elle a tenu \u00e0 souligner combien la date de sa mort, trois jours avant la capitulation de l\u2019Allemagne nazie, et l\u2019ironie de ses circonstances, qu\u2019elle a rapport\u00e9es fid\u00e8lement dans <em>Les \u00c9t\u00e9s\u00a0de Vauvenargues<\/em>, constituaient une preuve \u00e9clatante et cruelle de la stupidit\u00e9 de la guerre. Tr\u00e8s \u00e9mue, elle s\u2019est ensuite engouffr\u00e9e dans un taxi, soutenue tendrement par le jeune auteur de <em>L\u2019\u00c9cume des Jours<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Nice-Matin <\/u><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Inauguration de la Fondation ArBoKa par le Ministre des Anciens Combattants<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mougins, 27 mai 1952 &#8211; Le Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, Monsieur Emmanuel Temple, accompagn\u00e9 de Monsieur Vidal Modiano, Pr\u00e9sident du CRIF, a proc\u00e9d\u00e9 hier lundi \u00e0 Mougins \u00e0 l\u2019inauguration de la Fondation ArBoKa. Dans un sobre discours, le pr\u00e9sident de la fondation, Monsieur Samuel Goldenberg, a rappel\u00e9 qu\u2019il avait cr\u00e9\u00e9 cette fondation pour venir en aide aux sans famille rescap\u00e9s des camps de la mort et qu\u2019il avait con\u00e7u le nom de sa fondation, ArBoKa, en hommage \u00e0 trois de ses camarades du camp d\u2019extermination de Treblinka. Il s\u2019agit de Maurice Arkine, Claude Bochurberg et Simon Kaminski, victimes de la barbarie nazie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait que Monsieur Samuel Goldenberg est lui-m\u00eame l\u2019un des tr\u00e8s rares rescap\u00e9s de Treblinka d\u2019o\u00f9 il a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019\u00e9vader \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9volte dont il fut l\u2019un des organisateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La publication de <em>Sammy<\/em>, journal intime tenu entre son incarc\u00e9ration \u00e0 Drancy en juillet 42 et son retour mis\u00e9rable \u00e0 Paris en octobre 48, a imm\u00e9diatement connu un succ\u00e8s mondial. Traduit en plusieurs langues et objet de n\u00e9gociations avec la Twentieth Century Fox pour la cession des droits cin\u00e9matographiques, le petit opuscule a rapport\u00e9 \u00e0 son auteur des sommes consid\u00e9rables qu\u2019il a souhait\u00e9 consacrer \u00e0 une \u0153uvre de bienfaisance. C\u2019est dans la villa de Cannes de Mattias Engen, son \u00e9diteur et ami, o\u00f9 il r\u00e9sidait depuis quelques mois afin de recouvrer une sant\u00e9 tr\u00e8s \u00e9branl\u00e9e, que Samuel Goldenberg a con\u00e7u, organis\u00e9 et dirig\u00e9 le projet de la Fondation ArBoKa. Sur la photo qui illustre cet article, on verra Monsieur Goldenberg pronon\u00e7ant son discours, entour\u00e9 de Messieurs Temple et Modiano et de Monsieur Mattias Engen, l\u2019heureux \u00e9diteur de <em>Sammy<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Combat<\/u><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>28 mai 1952<\/em><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Politique et Litt\u00e9rature<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">La publication d\u2019un roman-feuilleton dans un magazine populaire \u00e0 fort tirage peut avoir des cons\u00e9quences inattendues. C\u2019est du moins ce que donnerait \u00e0 penser la parution en \u00e9pisodes dans l\u2019hebdomadaire <em>Ici-Paris<\/em> du roman d\u2019un auteur am\u00e9ricain, Dashiell Stiller, jusqu\u2019alors inconnu en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Con\u00e7u comme une \u00e9tude de m\u0153urs autour d\u2019une photographie de groupe prise par l\u2019auteur \u00e0 Paris quelques ann\u00e9es avant la guerre et pr\u00e9sent\u00e9 sous la forme originale d\u2019une succession d\u2019interviews, <em>Le Cujas<\/em> nous raconte les itin\u00e9raires des personnages photographi\u00e9s, modestes ou ambitieux, banals ou originaux, heureux ou malheureux \u00e0 travers notre \u00e9poque, depuis l\u2019entre-deux-guerres jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de la IV\u00e8me R\u00e9publique, en passant par la guerre, l\u2019Occupation, la collaboration, la R\u00e9sistance et la Victoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut dire tout d\u2019abord que les premiers \u00e9pisodes de ce <em>Cujas<\/em>, publi\u00e9s dans <em>Ici-Paris<\/em> \u00e0 partir de Janvier dernier, n\u2019avaient gu\u00e8re attir\u00e9 ni la faveur du public ni l\u2019attention du monde politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Cujas<\/em> nous est pr\u00e9sent\u00e9 comme un roman mais, l\u2019auteur ne s\u2019en cache pas, tout ce qu\u2019il \u00e9crit n\u2019est pratiquement que la fid\u00e8le relation de faits r\u00e9els qui lui ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s par leurs t\u00e9moins directs. Tout cela ne serait qu\u2019anecdotique si l\u2019un des personnages figurant sur la photographie n\u2019\u00e9tait un homme public de premier plan, d\u00e9cor\u00e9 par De Gaulle de la M\u00e9daille de la R\u00e9sistance avec rosette, ancien Directeur des Investissements \u00e0 EDF, ancien Ministre des Anciens Combattants sous Henri Queuille et actuellement Tr\u00e9sorier de l\u2019Union D\u00e9mocratique et Socialiste de la R\u00e9sistance sous la pr\u00e9sidence de Ren\u00e9 Pleven.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout cela serait bel et bon et sans grandes cons\u00e9quences si les derniers \u00e9pisodes parus de ce fichu <em>Cujas<\/em> ne nous r\u00e9v\u00e9lait une face cach\u00e9e de ce brillant personnage, en fait vichyssois z\u00e9l\u00e9, collaborateur occasionnel et pr\u00e9varicateur efficace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les milieux bien inform\u00e9s ne se cachent plus pour le dire : Monsieur le Tr\u00e9sorier est dans la tourmente. On murmure que la Commission d\u2019enqu\u00eate parlementaire sur la collaboration a ouvert un dossier \u00e0 son nom tandis que la Police Judiciaire s\u2019int\u00e9resserait \u00e0 ses activit\u00e9s pass\u00e9es.\u00a0 D\u2019ailleurs, son mentor et ami, Fran\u00e7ois Mitterrand, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UDSR, a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 sa radiation du parti.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, Monsieur Cambremer a bien du souci \u00e0 se faire&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le Temps<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>29 mai 1952<\/em><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">De nouveaux locaux pour Le Temps<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est hier mercredi que les nouveaux locaux de notre journal ont \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9s en pr\u00e9sence de Charles Brune, Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et de Monsieur Fran\u00e7ois Mitterrand, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UDSR.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces nouveaux locaux, situ\u00e9s au num\u00e9ro 5 de la Rue des Italiens, regroupent \u00e0 pr\u00e9sent la totalit\u00e9 des services du journal ainsi que la salle des rotatives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est Monsieur Mattias Engen, Pr\u00e9sident du Groupe de Presse Engen, qui a coup\u00e9 le ruban traditionnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nul doute qu\u2019avec ses mat\u00e9riels ultra-modernes et ses nouveaux bureaux spacieux et fonctionnels, le journal Le Temps retrouvera bient\u00f4t sa place parmi les grands quotidiens nationaux, c\u2019est-\u00e0-dire la premi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><u>Journal intime de D. Stiller<\/u><\/h2>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Furman Street, Brooklyn<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Ann\u00e9e 1952<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">5 juillet<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas encore 9 heures et il fait une chaleur d\u2019enfer. Il parait qu\u2019\u00e0 Brooklyn, en \u00e9t\u00e9, il fait toujours deux ou trois degr\u00e9s de plus qu\u2019\u00e0 Manhattan. Et deux ou trois degr\u00e9s de moins en hiver. Personne ne sait pourquoi. Pr\u00e9sence de Central Park, prix des appartements ? On ne sait pas, mais c\u2019est s\u00fbr qu\u2019il fait chaud \u00e0 Brooklyn. Acheter un climatiseur. C\u2019est \u00e7a, il faut que j\u2019ach\u00e8te un truc comme \u00e7a. Serai probablement le premier \u00e0 en avoir un dans Furman Street.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Suis pas dupe ! Je sais bien que si j\u2019\u00e9cris ces petites banalit\u00e9s, c\u2019est pour retarder le moment o\u00f9 il va falloir se remettre \u00e0 un vrai travail d\u2019\u00e9criture. Rien \u00e9crit de s\u00e9rieux depuis six mois. Rien depuis le dernier mot de la derni\u00e8re ligne du dernier chapitre de<em>\u00a0E comme Easy<\/em>\u00a0\u00bb. Rien\u2026 rien de rien\u2026 rien de rien de rien de rien\u00a0!\u00a0!\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Procrastiner, j\u2019ai v\u00e9rifi\u00e9 dans le Webster, \u00e7a s\u2019appelle procrastiner :\u00a0 remettre \u00e0 demain, faire un truc futile pour ne pas faire un truc important. Parait que pour beaucoup d\u2019\u00e9crivains, c\u2019est comme \u00e7a : apr\u00e8s un succ\u00e8s, peuvent plus \u00e9crire. Peur de d\u00e9cevoir, de faire moins bien que la derni\u00e8re fois\u2026 En tout cas, la panne de stylo, l\u2019angoisse de la page blanche, je l\u2019ai. Alors, je procrastine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant l\u2019id\u00e9e, je l\u2019ai : \u00e9crire un livre sur Furman Street ; l\u2019histoire sera racont\u00e9e par Furman Street, un \u00eatre conceptuel, une rue vivante, une chauss\u00e9e qui parle\u2026 original, non ? Furman Street racontera sa vie, ses d\u00e9buts comme sentier puis comme chemin de halage. Elle racontera les premi\u00e8res baraques et puis les pav\u00e9s, et puis les immeubles, les voitures, le goudron. Il y aura des accidents, des incendies, des inondations et m\u00eame un tremblement de terre ; des morts et des naissances ; oui\u2026 parce qu\u2019il y aura des humains aussi. Seront trait\u00e9s sous un point de vue d\u2019entomologiste, comme des fourmis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019id\u00e9e, je l\u2019ai, ce qui manque c\u2019est l\u2019entame, la premi\u00e8re phrase, l\u2019incipit comme dit le Webster. Alors, je procrastine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Assez procrastin\u00e9. Au boulot !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Furman Street<\/em> par Dashiell Stiller. Chapitre 1er\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">7 juillet<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quatri\u00e8me jour de canicule. Faut que j\u2019ach\u00e8te un climatiseur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait de Chapitre 1er, hier matin, j\u2019ai tout plant\u00e9 l\u00e0. Suis parti me baigner \u00e0 Coney Island. M\u2019a fait penser au gars qui conduisait ma Jeep \u00e0 Berchtesgaden. S\u2019appelait K\u00f6nigsberg, mais tout le monde l\u2019appelait Coney. Coney m\u2019a fait penser \u00e0 Yani et Yani \u00e0 la Compagnie E, l\u2019Easy Company. Me suis mis \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, mais cette fois, pas aux lacets du Kehlstein, mais \u00e0 <em>E comme easy<\/em>. C\u2019est vrai qu\u2019il a eu du succ\u00e8s, mon bouquin. Il en a encore. Commence \u00e0 \u00eatre publi\u00e9 un peu partout. \u00c7a rapporte bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Un roman de guerre impitoyable\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un style simple et percutant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0une vision \u00e0 la fois cynique et humaniste\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0un livre qui marquera\u00a0\u00bb. Ils en ont dit tellement, les critiques, que j\u2019ai fini par y croire. \u00c7a y est, je suis un \u00e9crivain. Mon premier roman, <em>Le Cujas<\/em>, avait fait un bide, s\u00e9rieux m\u00eame. Mais c\u2019est normal de rater son premier bouquin. C\u2019est m\u00eame une \u00e9preuve n\u00e9cessaire pour un \u00e9crivain, a dit mon \u00e9diteur\u00a0: \u00ab\u00a0Faut en passer par l\u00e0\u00a0!\u00a0\u00bb Et puis, un roman centr\u00e9 sur des Fran\u00e7ais, leurs petites histoires, leurs petites aventures, leurs petites l\u00e2chet\u00e9s, qui cela pouvait-il int\u00e9resser ? D\u2019accord, il y avait le narrateur, l\u2019am\u00e9ricain, mais bien trop effac\u00e9 comme personnage. Donc, <em>Le Cujas<\/em> : un bide ! Et puis aussi, je n\u2019avais pas eu l\u2019accord de ce salopard d\u2019Engen pour incorporer le journal de Sammy dans mon texte. Il m\u2019avait \u00e9crit en substance par avocat interpos\u00e9 : \u00ab\u00a0si vous gardez le journal de Sammy dans votre bouquin, je vous fous un proc\u00e8s pour plagiat au Tribunal de New-York\u2026 des millions de dollars\u2026\u00a0\u00bb Alors forc\u00e9ment, j\u2019ai pas pu garder. Et forc\u00e9ment mon bouquin a perdu de son int\u00e9r\u00eat. Le bide. Heureusement, il y a eu <em>E comme easy<\/em>. Bon, c\u2019est pas tout\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Furman Street<\/em>\u00a0par Dashiell Stiller. Chapitre 1er\u2026\u00a0Bon sang ! Comment \u00e7a vient au monde, un sentier ? Est-ce que \u00e7a sent les gens qui lui marchent dessus ? Il faut vraiment que j\u2019ach\u00e8te un climatiseur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">13 juillet<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce soir, c\u2019est promis, j\u2019ach\u00e8te un climatiseur. Lewinski est plut\u00f4t bricoleur. Me l\u2019installera tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce matin, surprise ! Engen m\u2019a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9. Aimable et tout. Tr\u00e8s content de la traduction du <em>Cujas<\/em> en fran\u00e7ais, encore plus de sa publication en feuilleton. Parait que \u00e7a passionne les foules, l\u00e0-bas. Surtout maintenant qu\u2019ils en sont arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019histoire de Cambremer. \u00c7a fait un sacr\u00e9 chambard, il m\u2019a dit. Je devrais toucher pas mal d\u2019argent avec les droits pour la France. Tant mieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tant mieux, parce que j\u2019ai abandonn\u00e9 <em>Furman Street<\/em>\u2026 pas pu imaginer comment un sentier peut parler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trouverai bien autre chose. En attendant, j\u2019ai largement de quoi vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">18 juillet<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour me changer les id\u00e9es, hier, me suis promen\u00e9 \u00e0 Manhattan. Rencontr\u00e9 Patricia Rockwell sur la 5<sup>\u00e8me<\/sup> devant le Met. On est all\u00e9 prendre un verre. Elle ne s\u2019appelle plus comme \u00e7a. Mari\u00e9e. Un avocat. Plut\u00f4t riche. Deux enfants. Elle est \u00e9l\u00e9gante, splendide. Parfaite New Yorkaise mais pas l\u2019air vraiment heureuse. On s\u2019est rappel\u00e9 les dunes de Glen Cove. On a promis qu\u2019on se reverrait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a m\u2019a fait penser \u00e0 Isabelle. J\u2019ai lu quelque part qu\u2019elle a \u00e9crit un bouquin, elle aussi. Et qu\u2019il a eu du succ\u00e8s. Faudra dire \u00e0 mon \u00e9diteur d\u2019acheter les droits pour l\u2019\u00e9dition am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Isabelle. Je vais lui \u00e9crire une lettre pour expliquer le <em>Cujas<\/em>, enfin tout \u00e7a. Peut-\u00eatre qu\u2019elle comprendra, qu\u2019elle me pardonnera.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, pas lui \u00e9crire. Je vais aller la voir. Vais demander \u00e0 mon \u00e9diteur de me charger de n\u00e9gocier les droits de son bouquin pour les USA. Je vais aller \u00e0 Paris et je lui parlerai. Peut-\u00eatre que cette fois, elle ne me fichera pas dehors, peut-\u00eatre qu\u2019elle m\u2019\u00e9coutera\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Fin de l&rsquo;\u00e9pilogue\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Cujas, c\u2019est fini depuis plus de cinq mois. \u00c7a se terminait comme \u00e7a, vous vous souvenez\u00a0? \u00ab (&#8230;) Et elle \u00e9tait l\u00e0, seule, dans la premi\u00e8re salle, pr\u00e8s de l\u2019entr\u00e9e, sous le bouquet de fleurs qui chaque jour accueille les clients, pench\u00e9e sur une liasse de feuillets, studieuse, ravissante, merveilleuse. \u2014 Mon Dieu, qu\u2019elle &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=33200\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le Cujas, c&rsquo;est fini, mais&#8230;<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13],"tags":[21],"class_list":["post-33200","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33200","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=33200"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/33200\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=33200"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=33200"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=33200"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}