{"id":31263,"date":"2021-08-24T07:47:30","date_gmt":"2021-08-24T05:47:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=31263"},"modified":"2021-08-25T09:00:11","modified_gmt":"2021-08-25T07:00:11","slug":"24-aout-79","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=31263","title":{"rendered":"24 ao\u00fbt 79"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>C\u2019est un morceau choisi plus long que d\u2019habitude\u2026 mais comment et o\u00f9 couper cette fantastique description de l\u2019\u00e9ruption du V\u00e9suve qui d\u00e9truisit Pomp\u00e9i il y a \u00a0exactement 1942 ans.<br \/>\nC\u2019est Pline le Jeune qui raconte. Lors des\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>\u00e9v\u00e9nements, il<\/i><\/span><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0a 18 ans.\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>L&rsquo;oncle<\/i><\/span><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0dont il\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>raconte<\/i><\/span><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0la mort dans le deuxi\u00e8me lettre, c&rsquo;est Pline l&rsquo;Ancien, philosophe et\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>naturaliste<\/i><\/span><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0<\/i><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>romain.<\/i><\/span><\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Lettre 1 de Pline le Jeune a\u0300 Tacite <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apre\u0300s que mon oncle fut parti, je continuai l\u2019e\u0301tude qui m\u2019avait empe\u0302che\u0301 de le suivre. Je pris le bain, je soupai, je me couchai et dormis peu, et d\u2019un sommeil fort interrompu. Pendant plusieurs jours, un tremblement de terre s\u2019e\u0301tait fait sentir, et nous avait d\u2019autant moins e\u0301tonne\u0301s, que les bourgades et me\u0302me les villes de la Campanie y sont fort sujettes. il redoubla pendant cette nuit avec tant de violence, qu\u2019on eu\u0302t dit que tout<!--more--> e\u0301tait non pas agite\u0301, mais renverse\u0301 !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il e\u0301tait de\u0301ja\u0300 sept heures du matin, et il ne paraissait encore qu\u2019une lumie\u0300re faible, comme une espe\u0300ce de cre\u0301puscule. Alors les ba\u0302timents furent e\u0301branle\u0301s par de si fortes secousses qu\u2019il n\u2019y eut plus de su\u0302rete\u0301 a\u0300 demeurer dans un lieu a\u0300 la ve\u0301rite\u0301 de\u0301couvert, mais fort e\u0301troit. Nous prenons le parti de quitter la ville ; le peuple e\u0301pouvante\u0301 nous suit en foule, nous presse, nous pousse et, ce qui dans sa frayeur tient lieu de prudence, chacun ne croit rien de plus su\u0302r que ce qu\u2019il voit faire aux autres. Apre\u0300s que nous fu\u0302mes sortis de la ville, nous nous arre\u0302ta\u0302mes ; et la\u0300, nouveaux prodiges, nouvelles frayeurs. Les voitures que nous avions emmene\u0301es avec nous e\u0301taient a\u0300 tout moment si agite\u0301es, quoique en pleine campagne, qu\u2019on ne pouvait, me\u0302me en les appuyant avec de grosses pierres, les arre\u0302ter en place. La mer semblait se renverser sur elle-me\u0302me, et e\u0302tre comme chasse\u0301e du rivage par l\u2019e\u0301branlement de la terre. Le rivage en effet e\u0301tait devenu plus spacieux et se trouvait rempli de diffe\u0301rents poissons demeure\u0301s a\u0300 sec sur le sable. A l\u2019oppose\u0301, une nue\u0301e noire et horrible, creve\u0301e par des feux qui s\u2019e\u0301lanc\u0327aient en serpentant, s\u2019ouvrait et laissait e\u0301chapper de longues fuse\u0301es semblables a\u0300 des e\u0301clairs, mais qui e\u0301taient beaucoup plus grandes&#8230; La cendre commenc\u0327ait a\u0300 tomber sur nous quoique en petite quantite\u0301. Je tourne la te\u0302te, et j\u2019aperc\u0327ois derrie\u0300re nous une e\u0301paisse fume\u0301e qui nous suivait, en se re\u0301pandant sur la terre comme un torrent. Pendant que nous y voyons encore, quittons le grand chemin, dis-je a\u0300 ma me\u0300re, de peur qu\u2019en le suivant la foule de ceux qui marchent sur nos pas ne nous e\u0301touffe dans les te\u0301ne\u0300bres. A peine e\u0301tions-nous e\u0301carte\u0301s qu\u2019elles augmente\u0300rent de telle sorte qu\u2019on eu\u0302t cru e\u0302tre, non pas dans une de ces nuits noires et sans lune, mais dans une chambre ou\u0300 toutes les lumie\u0300res auraient e\u0301te\u0301 e\u0301teintes&#8230; Il parut une lueur qui nous annonc\u0327ait non le retour du jour, mais l\u2019approche du feu qui nous menac\u0327ait ; il s\u2019arre\u0302ta pourtant loin de nous. L\u2019obscurite\u0301 revient, et la pluie de cendres recommence et plus forte et plus e\u0301paisse. Nous e\u0301tions re\u0301duits a\u0300 nous lever de temps eu temps pour secouer nos habits, et sans cela elle nous eu\u0302t accable\u0301s et engloutis&#8230; Enfin, cette e\u0301paisse et noire vapeur se dissipa peu a\u0300 peu et se perdit tout a\u0300 fait comme une fume\u0301e ou comme un nuage. Biento\u0302t apre\u0300s parut le jour, et le soleil me\u0302me, jauna\u0302tre pourtant, et tel qu\u2019il a coutume de luire dans une e\u0301clipse. Tout se montrait change\u0301 a\u0300 nos yeux encore trouble\u0301s ; et nous ne trouvions rien qui ne fu\u0302t cache\u0301 sous des monceaux de cendre, comme sous la neige.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Lettre 2 de Pline le Jeune a\u0300 Tacite <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(&#8230;)\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><em>(Mon oncle)<\/em><\/span> se trouvait a\u0300 Mise\u0300ne et commandait la flotte en personne. Le 9 avant les calendes de septembre, aux environs de la septie\u0300me heure, ma me\u0300re lui apprend qu\u2019on voit un nuage extraordinaire par sa grandeur et son aspect. Il venait de prendre son bain de soleil, puis d\u2019eau froide, il avait fait un repas le\u0301ger e\u0301tendu sur son lit et y travaillait. Il demande ses chaussures, monte a\u0300 l\u2019endroit d\u2019ou\u0300 on pouvait le mieux contempler le phe\u0301nome\u0300ne en question : une nue\u0301e se formait (on ne pouvait bien voir de loin de quelle montagne elle sortait, on sut ensuite que c\u2019e\u0301tait du Ve\u0301suve), ayant l\u2019aspect et la forme d\u2019un arbre et faisant penser surtout a\u0300 un pin. Car apre\u0300s s\u2019e\u0302tre dresse\u0301e a\u0300 la manie\u0300re d\u2019un tronc fort allonge\u0301, elle de\u0301ployait comme des rameaux, ayant e\u0301te\u0301 d\u2019abord, je suppose, porte\u0301e en haut par la colonne d\u2019air au moment ou\u0300 elle avait pris naissance, puis cette colonne e\u0301tant retombe\u0301e, abandonne\u0301e a\u0300 elle-me\u0302me ou ce\u0301dant a\u0300 son propre poids, elle s\u2019e\u0301vanouissait en s\u2019e\u0301largissant ; par endroit elle e\u0301tait d\u2019un blanc brillant, ailleurs poussie\u0301reuse et tachete\u0301e, par l\u2019effet de la terre et de la cendre qu\u2019elle avait emporte\u0301es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon oncle trouva tout cela curieux et bon a\u0300 connai\u0302tre de plus pre\u0300s, en savant qu\u2019il e\u0301tait. Il fait mettre en e\u0301tat un bateau liburnien ; il m\u2019offre, si cela me plai\u0302t de venir avec lui ; je lui re\u0301pondis que je pre\u0301fe\u0301rais rester a\u0300 mon travail et pre\u0301cise\u0301ment c\u2019e\u0301tait lui qui m\u2019en avait donne\u0301 la matie\u0300re. Il sortait de chez lui ; on lui remet un billet de Rectina, femme de Cascus, effraye\u0301e du danger qui la menac\u0327ait (sa villa e\u0301tait en bas et elle ne pouvait plus fuir qu\u2019en bateau) ; elle suppliait qu\u2019on l\u2019arracha\u0302t a\u0300 une situation si terrible. Mon oncle change son plan et ce qu\u2019il avait entrepris par amour de la science, il l\u2019ache\u0300ve par he\u0301roi\u0308sme. Il fait sortir des quadrire\u0300mes et s\u2019embarque lui-me\u0302me, avec l\u2019intention de secourir, outre Rectina, beaucoup d\u2019autres personnes (les agre\u0301ments du rivage y avaient attire\u0301 bien des visiteurs). Il gagne en toute ha\u0302te la re\u0301gion que d\u2019autres fuient et vogue en droite ligne, le cap droit sur le point pe\u0301rilleux, si libre de crainte que toutes les phases du terrible fle\u0301au, tous ses aspects, a\u0300 mesure qu\u2019il les percevait du regard, e\u0301taient note\u0301s sous sa dicte\u0301e ou par lui- me\u0302me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De\u0301ja\u0300 les bateaux recevaient de la cendre, a\u0300 mesure qu\u2019ils approchaient plus chaude et plus e\u0301paisse, de\u0301ja\u0300 aussi de la pierre ponce et des cailloux noircis, bru\u0302le\u0301s, effrite\u0301s par le feu, de\u0301ja\u0300 il y avait un bas- fond et des rochers e\u0301croule\u0301s interdisaient le rivage. Il he\u0301sita un moment : reviendrait-il en arrie\u0300re ? Puis, a\u0300 son pilote qui le lui conseillait : \u00abLa fortune, dit-il, seconde le courage ; mets la barre sur l\u2019habitation de Pomponianus. \u00bb Ce dernier e\u0301tait a\u0300 Stabies, de l\u2019autre co\u0302te\u0301 du golfe (Car le rivage revient sur lui-me\u0302me de fac\u0327on a\u0300 former une courbe insensible que remplit la mer). En cet endroit, alors que le pe\u0301ril n\u2019e\u0301tait pas encore la\u0300, mais avait e\u0301te\u0301 vu et en se de\u0301veloppant s\u2019e\u0301tait approche\u0301, Pomponianus avait fait charger ses paquets sur des bateaux, de\u0301cide\u0301 a\u0300 fuir si le vent contraire tombait. Ce vent a\u0300 ce moment e\u0301tait tout a\u0300 fait favorable a\u0300 mon oncle qui arrive, embrasse son ami tremblant, le console, l\u2019encourage et voulant calmer ses craintes par le spectacle de sa tranquillite\u0301 a\u0300 lui, se fait descendre dans le bain ; en en sortant il se met a\u0300 table et soupe avec gai\u0302te\u0301, ou, ce qui n\u2019est pas moins beau, en feignant la gai\u0302te\u0301.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant ce temps, le sommet du mont Ve\u0301suve brillait sur plusieurs points de larges flammes et de grandes colonnes de feu dont la rougeur et l\u2019e\u0301clat e\u0301taient avive\u0301s par l\u2019obscurite\u0301 de la nuit. Mon oncle re\u0301pe\u0301tait que des foyers laisse\u0301s allume\u0301s par les paysans dans leur fuite ha\u0302tive et des villas abandonne\u0301es bru\u0302laient dans la solitude, voulant par la\u0300 calmer les craintes. Alors il se livra au repos et dormit d\u2019un sommeil qui ne peut e\u0302tre mis en doute, car sa respiration, rendue par sa corpulence grave et sonore, e\u0301tait entendue par ceux qui allaient et venaient devant sa porte. Mais la cour par laquelle on acce\u0301dait a\u0300 son appartement e\u0301tait de\u0301ja\u0300 remplie de cendres me\u0302le\u0301es de pierres ponces qui en avaient e\u0301leve\u0301 le niveau au point qu\u2019en restant plus longtemps dans sa chambre il n\u2019en aurait pu sortir6. On le re\u0301veille, il vient rejoindre Pomponianus et les autres qui avaient passe\u0301 toute la nuit debout. On tient conseil : restera-t-on dans un lieu couvert ou s\u2019en ira-t-on dehors ? Des tremblements de terre fre\u0301quents et amples agitaient les maisons qui semblaient arrache\u0301es a\u0300 leurs fondements et oscillaient dans un sens, puis dans l\u2019autre. A l\u2019air libre en retour tombaient des fragments de pierre ponce, le\u0301gers et poreux, il est vrai, mais qu\u2019on redoutait. C\u2019est a\u0300 quoi on se re\u0301signa apre\u0300s comparaison des dangers. Chez mon oncle triompha le meilleur des deux points de vue ; chez les autres, la plus grande des deux peurs. Ils mettent des oreillers sur leur te\u0302te et les attachent avec des linges : ce fut leur protection contre ce qui tombait du ciel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De\u0301ja\u0300 le jour e\u0301tait leve\u0301 partout, mais autour d\u2019eux une nuit plus e\u0301paisse que toute autre nuit et qu\u2019atte\u0301nuaient pourtant une foule de feux et des lumie\u0300res de toute sorte. On re\u0301solut d\u2019aller sur le rivage et de voir de pre\u0300s s\u2019il e\u0301tait maintenant possible de prendre la mer ; mais elle e\u0301tait encore grosse et redoutable. La\u0300, on e\u0301tendit un linge sur lequel mon oncle se coucha ; il demanda a\u0300 plusieurs reprises de l\u2019eau frai\u0302che et en but ; ensuite les flammes et l\u2019odeur de soufre qui les annonc\u0327ait font fuir ses compagnons et le re\u0301veillent ; il s\u2019appuie sur deux esclaves pour se lever et retombe imme\u0301diatement. Je suppose que l\u2019air e\u0301paissi par la cendre avait obstrue\u0301 sa respiration et ferme\u0301 son larynx qu\u2019il avait naturellement de\u0301licat, e\u0301troit et souvent oppresse\u0301. Quand le jour revint (c\u2019e\u0301tait le troisie\u0300me depuis celui qu\u2019il avait vu pour la dernie\u0300re fois), son corps fut trouve\u0301 intact, en parfait e\u0301tat et couvert des ve\u0302tements qu\u2019il avait mis a\u0300 son de\u0301part ; son aspect e\u0301tait celui d\u2019un homme endormi pluto\u0302t que d\u2019un mort. (&#8230;)<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Bient\u00f4t publi\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Aujourd\u2019hui, 16:47 Derni\u00e8re heure : Je ne suis pas un robot<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>25 Ao\u00fbt, 07:47 Photos souvenirs \u2013 5<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>26 Ao\u00fbt, 07:47 Sacr\u00e9e soir\u00e9e ! (4)<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>27 Ao\u00fbt, 07:47 Reconstruction du Temple du Soleil<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>28 Ao\u00fbt, 07:47 Chronique des retours amoindris<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un morceau choisi plus long que d\u2019habitude\u2026 mais comment et o\u00f9 couper cette fantastique description de l\u2019\u00e9ruption du V\u00e9suve qui d\u00e9truisit Pomp\u00e9i il y a \u00a0exactement 1942 ans. C\u2019est Pline le Jeune qui raconte. Lors des\u00a0\u00e9v\u00e9nements, il\u00a0a 18 ans.\u00a0L&rsquo;oncle\u00a0dont il\u00a0raconte\u00a0la mort dans le deuxi\u00e8me lettre, c&rsquo;est Pline l&rsquo;Ancien, philosophe et\u00a0naturaliste\u00a0romain. 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