{"id":31026,"date":"2021-07-25T07:47:19","date_gmt":"2021-07-25T05:47:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=31026"},"modified":"2021-07-25T23:37:16","modified_gmt":"2021-07-25T21:37:16","slug":"le-cujas-83","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=31026","title":{"rendered":"Le Cujas (83)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>Chapitre 10 &#8211; Dashiell Stiller<\/strong><br \/>\n<span style=\"caret-color: #0000ff;\"><i>Dix-septi\u00e8me<\/i><\/span><i style=\"color: #0000ff;\">\u00a0partie<\/i><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?attachment_id=30470\" rel=\"attachment wp-att-30470\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-30470 alignleft\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Capture-decran-2021-05-18-a-19.33.05.jpeg\" alt=\"\" width=\"82\" height=\"82\" \/><\/a><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Raconter au jour le jour les petites aventures des entrainements en G\u00e9orgie devenait fastidieux. Quel int\u00e9r\u00eat cela pr\u00e9sentait-il pour lui\u00a0? Et quel int\u00e9r\u00eat cela pr\u00e9senterait-il pour un lecteur ? Un moment, il esp\u00e9ra que le r\u00e9cit du cantonnement en Angleterre puis celui de la Campagne de France deviendrait plus int\u00e9ressant, ne serait-ce que pour lui-m\u00eame. Mais aussit\u00f4t, une question angoissante vint le tourmenter : qu\u2019\u00e9crirait-il quand il en serait \u00e0 raconter la mont\u00e9e au Nid d\u2019Aigle ? Que dirait-il de ce qui s\u2019\u00e9tait r\u00e9ellement pass\u00e9 ? S\u2019avouerait-il responsable de la mort des deux fran\u00e7ais ou bien trouverait-il une demi-v\u00e9rit\u00e9 ambigu\u00eb\u00a0? Ou m\u00eame un fieff\u00e9 mensonge ?<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n\u2019eut pas \u00e0 r\u00e9soudre cette difficile question car il se lassa de l\u2019\u00e9criture de son journal bien avant d\u2019en arriver l\u00e0. Un soir qu\u2019il venait de relire tout ce qu\u2019il avait \u00e9crit depuis deux mois, il r\u00e9alisa subitement la vanit\u00e9 de son projet. Combien de soldats comme lui avaient entrepris d\u2019\u00e9crire leur propre journal ? Combien parmi eux pensait en faire quelque chose de passionnant pour le public\u00a0? Combien croyaient que la description par le menu de leurs aventures, de leurs peurs, de leurs amiti\u00e9s, de leur calvaire int\u00e9resserait encore les gens une fois la guerre termin\u00e9e\u00a0? Combien\u00a0?&#8230; Combien sortiraient du lot\u00a0des \u00e9crivains du dimanche\u00a0? Comment pourrait-il faire partie\u00a0de ceux-l\u00e0 ? Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions \u00e9taient \u00e9videntes, d\u00e9courageantes&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9crivit de moins en moins et se mit \u00e0 boire davantage. Il n\u2019allait plus sur<!--more--> les bords de la Tallulah. D\u2019ailleurs, il ne sortait pratiquement plus de sa chambre que pour aller acheter du bourbon et de la bi\u00e8re. Un soir, en rentrant du magasin d\u2019alcools, il trouva deux M.P. devant sa porte. Deux jours plus t\u00f4t, il avait oubli\u00e9 de prendre sa garde pour le week-end et le colonel qui commandait le camp lui avait envoy\u00e9 la police militaire. Il fut mis aux arr\u00eats de rigueur et consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9serteur.\u00a0 Deux mois plus tard, il passa en cour martiale. Le Japon ayant capitul\u00e9 un mois avant les faits qui lui \u00e9taient reproch\u00e9s, les \u00c9tats-Unis n\u2019\u00e9taient plus en guerre, ce qui lui valut d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019accusation principale de d\u00e9sertion. Mais la justice militaire n\u2019avait pas oubli\u00e9 l\u2019affaire du Nid d\u2019Aigle et en l\u2019absence de contexte international d\u00e9licat et d\u2019alli\u00e9s \u00e0 m\u00e9nager, elle le lui fit bien sentir\u00a0: il fut cass\u00e9 de son grade, chass\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e pour cause d\u2019indignit\u00e9 et, sans qu\u2019on puisse la lui retirer, il ne re\u00e7ut jamais sa Silver Star.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dashiell n\u2019accordait pas plus d\u2019importance \u00e0 ce d\u00e9shonneur qu\u2019il n\u2019en avait attach\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9corations. Deux mois d\u2019arr\u00eats de rigueur lui avaient permis de se d\u00e9sintoxiquer et il ne buvait plus. Ils lui avaient aussi donn\u00e9 le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa propre situation. Il sortait de l\u2019arm\u00e9e sans projet, sans argent, sans m\u00eame la possibilit\u00e9 donn\u00e9e aux soldats d\u00e9mobilis\u00e9s de reprendre des \u00e9tudes aux frais de l\u2019\u00c9tat. Il \u00e9tait fatigu\u00e9 et d\u00e9sabus\u00e9. Il avait compris qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas capable d\u2019\u00e9crire le journal de sa guerre et pas davantage celui de son tour d\u2019Europe, comme le lui avait sugg\u00e9r\u00e9 Antoine au matin de cette nuit de discussion en Alsace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Brusquement, apr\u00e8s ces ann\u00e9es de guerre, ces mois de d\u00e9s\u0153uvrement, il eut une envie de famille, une envie de New York, une envie d\u2019oubli. Il acheta un billet pour le Terminal Greyhound de Manhattan avec ses derniers dollars. Ses v\u00eatements civils avaient \u00e9t\u00e9 perdus et il n\u2019avait plus le droit de porter l\u2019uniforme. C\u2019est donc v\u00eatu d\u2019un vieux treillis militaire de travail qu\u2019il mont\u00e2t \u00e0 bord du bus pour New York City, New York. C\u2019est dans cette m\u00eame tenue qu\u2019il se pr\u00e9senta trente-six heures plus tard \u00e0 Gramercy Park.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis ce diner d\u2019aout 1942 o\u00f9 il avait annonc\u00e9 \u00e0 ses parents qu\u2019il avait sign\u00e9 pour cinq ans dans l\u2019infanterie, Dashiell n\u2019avait eu que de rares contact avec eux. Il s\u2019\u00e9tait efforc\u00e9 de leur \u00e9crire une lettre tous les deux ou trois mois. La premi\u00e8re ann\u00e9e, il n\u2019avait re\u00e7u aucune r\u00e9ponse. Un matin, il s\u2019\u00e9tait r\u00e9solu \u00e0 t\u00e9l\u00e9phoner. Il avait alors appris par le ma\u00eetre d\u2019h\u00f4tel que Monsieur et Madame se portaient bien, qu\u2019ils \u00e9taient sortis et qu\u2019il ne manquerait pas d\u2019informer Monsieur et Madame de l\u2019appel de Monsieur Dashiell. Les deux parents sortis ? Un dimanche\u00a0? \u00c0 neuf heures du matin? Dashiell n\u2019y avait pas cru une seconde mais il en avait pris son parti. Ses parents ne voulaient pas lui parler ? Eh bien, tant pis. Il ne leur t\u00e9l\u00e9phonerait plus. Il cesserait m\u00eame de leur \u00e9crire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, il leur avait envoy\u00e9 une derni\u00e8re lettre. C\u2019\u00e9tait au d\u00e9but de mai 44. Dashiell \u00e9tait en Angleterre depuis des mois \u00e0 l\u2019entrainement dans la campagne au nord de Plymouth. Tout le monde parlait d\u2019un d\u00e9barquement prochain, quelque part en France, en Bretagne, en Normandie, sur les plages du Nord&#8230; on ne savait pas o\u00f9, mais ce serait s\u00fbrement une op\u00e9ration gigantesque, risqu\u00e9e&#8230; on allait prendre pied sur le continent, on foncerait jusqu\u2019\u00e0 Berlin, on allait faire la peau aux Nazis et \u00e0 leur F\u00fchrer&#8230; mais s\u00fbrement beaucoup y resteraient, alors on \u00e9crivait \u00e0 ses parents, \u00e0 sa fianc\u00e9e, \u00e0 sa femme&#8230; on ne pouvait pas leur dire grand-chose&#8230; d\u2019abord, on ne savait rien, et le reste \u00e9tait censur\u00e9&#8230; alors on leur disait de ne pas se faire de bile, qu\u2019on allait bien, qu\u2019on les aimait et qu\u2019on allait revenir bient\u00f4t, avant No\u00ebl, c\u2019\u00e9tait s\u00fbr.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s ce que Dashiell avais mis dans sa lettre. Il ne s\u2019excusait en rien, n\u2019exprimait aucun regret mais, sans m\u00eame qu\u2019il s\u2019en rende compte, sa lettre \u00e9tait une demande de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est bien comme cela que ses parents la re\u00e7urent. Eux qui ne mentionnaient plus leur fils dans leurs conversations depuis plus d\u2019un an, furent touch\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2me. Ils r\u00e9pondirent dans une lettre qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient mis \u00e0 deux pour \u00e9crire. Elle \u00e9tait pleine d\u2019affection inexprim\u00e9e, de pardon implicite, d\u2019espoir de retour et de tendresse mal dissimul\u00e9e. Si Dashiell l\u2019avait re\u00e7ue, malgr\u00e9 le style glac\u00e9 de son p\u00e8re \u00e0 peine \u00e9gay\u00e9 par l\u2019humour l\u00e9ger de sa m\u00e8re, il aurait compris qu\u2019\u00e0 Gramercy Park, il \u00e9tait attendu avec espoir et impatience. Mais Dashiell ne re\u00e7ut jamais cette lettre. Elle arriva au centre de tri des arm\u00e9es am\u00e9ricaines en Angleterre le surlendemain du d\u00e9barquement et se perdit dans l\u2019agitation g\u00e9n\u00e9rale de ces jours incertains. Peut-\u00eatre plus tard, dans cinq ans, dans vingt ans, parviendrait-elle \u00e0 son destinataire apr\u00e8s avoir travers\u00e9 trois fois l\u2019Europe, dormi dans un sac postal pendant deux ans dans un camp am\u00e9ricain en Allemagne occup\u00e9e, franchi l\u2019Atlantique sur un cargo bourr\u00e9 de mat\u00e9riel militaire renvoy\u00e9 au pays, s\u2019\u00eatre perdue encore dans le port de New York, et avoir poursuivi Dashiell et quelques-uns de ses\u00a0 homonymes \u00e0 travers les \u00c9tats Unis, pour le trouver finalement quelque part en Californie ou dans le New Hampshire.<br \/>\nPeut-\u00eatre, mais toujours est-il que, pour lui, lorsqu\u2019il se pr\u00e9senta devant la porte de l\u2019appartement 5A du 4 Gramercy Park West, ses parents n\u2019avaient pas r\u00e9pondu \u00e0 sa demande de paix, et il se demandait comment il serait re\u00e7u. Par fiert\u00e9, il avait pr\u00e9vu de pr\u00e9tendre qu\u2019il n\u2019\u00e9tait venu que pour prendre quelques v\u00eatements civils et les appareils photo qu\u2019il n\u2019avait pas pu emporter lors de son d\u00e9part pour l\u2019arm\u00e9e. Il ne les d\u00e9rangerait pas longtemps, d\u2019ailleurs, des amis l\u2019attendaient \u00e0 Columbia pour faire la f\u00eate. Mais les choses se pass\u00e8rent diff\u00e9remment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque Dashiell entra dans le salon, son p\u00e8re \u00e9tait debout pr\u00e8s d\u2019une fen\u00eatre, un verre \u00e0 la main, en discussion avec deux amis. Ceux-ci reconnurent Dashiell et comprirent la situation. Posant au passage leur verre sur le manteau de la chemin\u00e9e, ils quitt\u00e8rent la pi\u00e8ce en pr\u00e9textant une obligation urgente. Madame Stiller entra alors \u00e0 son tour dans le salon par la porte qui donnait sur les appartements. Elle se figea un instant puis s\u2019avan\u00e7a \u00e0 pas lents vers son fils. Lui demeurait immobile dans l\u2019embrasure de la porte, tendu comme dans l\u2019attente d\u2019une gifle. Quand elle ne fut plus qu\u2019\u00e0 un pas de lui, sans prononcer une parole, sa m\u00e8re s\u2019arr\u00eata et lui ouvrit les bras. Ce fut la premi\u00e8re fois que Dashiell vit son p\u00e8re perdre sa contenance, secou\u00e9 par une sorte de hoquet d\u2019\u00e9motion. Dashiell s\u2019avan\u00e7a et enla\u00e7a sa m\u00e8re tandis que son p\u00e8re observait la sc\u00e8ne, trop boulevers\u00e9 pour se joindre \u00e0 eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dashiell resta \u00e0 Gramercy jusqu\u2019\u00e0 No\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux mois, le temps pour lui d\u2019avoir de longues conversations avec ses parents. Un soir qu\u2019ils \u00e9taient tous les trois r\u00e9unis au salon, son p\u00e8re lui dit combien il avait \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 par son engagement dans l\u2019arm\u00e9e et surtout par la raison qu\u2019il en avait donn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Partir parce qu\u2019on s\u2019ennuie, ce n\u2019est pas une explication valable, \u00e7a\u00a0! avait-il explos\u00e9 ce fameux soir devant sa femme. C\u2019est un caprice d\u2019enfant. L\u2019arm\u00e9e le fera grandir et il reviendra \u00e0 la raison, tu verras\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour une fois, Mary Stiller s\u2019\u00e9tait oppos\u00e9e \u00e0 son mari\u00a0: \u00ab\u00a0Mais David, tu ne comprends donc pas\u00a0? Tu ne connais pas ton fils\u00a0? Tu ne sais pas que Dashiell n\u2019exprime jamais de sentiment fort et qu\u2019il est incapable de s\u2019opposer, surtout \u00e0 toi. Tu ne vois pas que quand il dit qu\u2019il s\u2019ennuie, c\u2019est sa fa\u00e7on de dire qu\u2019il est malheureux. Il n\u2019est pas fait comme toi, David\u00a0! Tu aurais d\u00fb comprendre qu\u2019il n\u2019aime pas la vie que nous lui faisons mener et qu\u2019il n\u2019a pas envie de cet avenir tout trac\u00e9. Mais, maintenant, il est trop tard. Il s\u2019en va.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si cette plaidoirie avait \u00e9branl\u00e9 David Stiller, elle ne l\u2019avait pas convaincu et il avait laiss\u00e9 partir son fils sans m\u00eame lui dire adieu. Pendant des mois, il avait refus\u00e9 de r\u00e9pondre aux rares lettres de Dashiell et il avait interdit \u00e0 sa femme de le faire. Ceci ne l\u2019emp\u00eachait pas de prendre souvent des nouvelles des affectations de son fils par un ami bien plac\u00e9 \u00e0 Washington. Tout d\u2019abord rassur\u00e9 de le savoir encore en G\u00e9orgie, il s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 petit \u00e0 petit envahir par l\u2019inqui\u00e9tude lorsqu\u2019\u00e9taient arriv\u00e9s dans la presse les r\u00e9cits des massacres de Guadalcanal et des premi\u00e8res dures batailles contre les Allemands en Afrique du Nord. Cette inqui\u00e9tude se transforma en angoisse lorsqu\u2019il apprit que le r\u00e9giment de Dashiell \u00e9tait envoy\u00e9 en Angleterre d\u2019o\u00f9 devait sans doute partir la bataille finale contre le III\u00e8me Reich. Les nuits d\u2019insomnie devinrent pour lui de plus en plus fr\u00e9quentes. Il les passait \u00e0 retourner dans sa t\u00eate tout ce qu\u2019il avait manqu\u00e9 avec Dashiell. Finalement, tout ce qu\u2019il avait voulu, c\u2019\u00e9tait se faire craindre et admirer par son fils, \u00eatre pris comme mod\u00e8le, comme lui-m\u00eame l\u2019avait fait de son propre p\u00e8re. Il avait refus\u00e9 de voir que Dashiell \u00e9tait diff\u00e9rent, qu\u2019il \u00e9tait ind\u00e9cis et sensible. Il n\u2019avait pas su \u00e9tablir de lien de confiance, il n\u2019avait pas su le comprendre. Maintenant qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient s\u00e9par\u00e9s f\u00e2ch\u00e9s, que Dashiell allait risquer sa vie tous les jours et que peut-\u00eatre il ne le reverrait jamais, il regrettait toutes les occasions perdues, les jeux refus\u00e9s, les questions laiss\u00e9es en suspens, les rires non partag\u00e9s, les \u00e9lans de tendresse brid\u00e9s&#8230; Il se disait que si c\u2019\u00e9tait \u00e0 refaire&#8230; Il se jurait que si Dashiell&#8230; non\u00a0!&#8230; que quand Dashiell reviendrait, il serait un autre p\u00e8re&#8230; Mon Dieu\u00a0! Qu\u2019il revienne, qu\u2019il revienne, qu\u2019il revienne&#8230; et, presque honteux, il priait un Dieu que jusqu\u2019alors il n\u2019avait que si peu fr\u00e9quent\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Et maintenant que tu es l\u00e0, je tiendrai ma promesse, Dash, tu verras.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dashiell n\u2019avait jamais consid\u00e9r\u00e9 son p\u00e8re comme un tyran. Il ne lui avait jamais reproch\u00e9 d\u2019avoir tent\u00e9 de lui imposer une vie dont il ne voulait pas. Son p\u00e8re \u00e9tait comme \u00e7a, voil\u00e0 tout. Il n\u2019y avait rien \u00e0 faire, il n\u2019y avait pas \u00e0 se r\u00e9volter ni m\u00eame \u00e0 protester, il fallait juste fuir. C\u2019est ce qu\u2019il avait fait. Mais \u00e0 pr\u00e9sent, c\u2019\u00e9tait \u00e0 Dashiell de se reprocher son manque de volont\u00e9, ses h\u00e9sitations, ses vell\u00e9it\u00e9s, pour ainsi dire ses caprices&#8230; La confession que son p\u00e8re, ce bloc de certitudes, venait de lui faire l\u2019avait \u00e9mu et surpris. Elle le poussait \u00e0 se confier \u00e0 son tour. Alors, il raconta sa rencontre avec Antoine&#8230; jusqu\u2019au bout. \u00c0 la fin du r\u00e9cit, son p\u00e8re demanda doucement\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tu crois que c\u2019est toi, Dash\u00a0? Tu crois vraiment que c\u2019est toi\u00a0qui les as tu\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>A SUIVRE<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Bient\u00f4t publi\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>26 Juil, 07:47 La grande bellezza \u2013 Critique ais\u00e9e n\u00b0217<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>27 Juil, 07:47 Stations de m\u00e9tro 13-14-15<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>28 Juil, 07:47 Le Cujas (84)<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 10 &#8211; Dashiell Stiller Dix-septi\u00e8me\u00a0partie Raconter au jour le jour les petites aventures des entrainements en G\u00e9orgie devenait fastidieux. Quel int\u00e9r\u00eat cela pr\u00e9sentait-il pour lui\u00a0? Et quel int\u00e9r\u00eat cela pr\u00e9senterait-il pour un lecteur ? Un moment, il esp\u00e9ra que le r\u00e9cit du cantonnement en Angleterre puis celui de la Campagne de France deviendrait plus &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=31026\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le Cujas (83)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,2],"tags":[21],"class_list":["post-31026","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/31026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=31026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/31026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=31026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=31026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=31026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}