{"id":3065,"date":"2015-03-21T07:49:04","date_gmt":"2015-03-21T05:49:04","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3065"},"modified":"2016-03-08T14:13:30","modified_gmt":"2016-03-08T12:13:30","slug":"bonjour-philippines-chap-4-un-soir-au-monte-carlo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=3065","title":{"rendered":"Bonjour, Philippines ! Chap.4: Un soir au Monte Carlo"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>\u00a0\u00a0\u00a0<\/em><\/span><span style=\"color: #000080;\"><strong>Pour les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents de Bonjour, Philippines ! cliquez ci-dessous<\/strong><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2656\">Chapitre 1- Un pt\u00e9rodactyle sur fond d&rsquo;azur<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2897\">Chapitre 2 &#8211; Des m\u00e9faits de l&rsquo;air conditionn\u00e9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2940\">Chapitre 3 &#8211; Mitraillette, champagne et taille-crayons<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Le r\u00e9sum\u00e9 des trois chapitres pass\u00e9s est-il vraiment n\u00e9cessaire\u00a0? C\u2019est \u00e9videmment l\u2019avenir qui vous int\u00e9resse. Le voici d\u00e9voil\u00e9\u00a0: dans ce quatri\u00e8me \u00e9pisode des aventures de Philippe au Philippines, on verra comment n\u00e9gocier une chambre au Hilton, comment devenir membre d\u2019un club tr\u00e8s ferm\u00e9 de Manille et pourquoi Ratinet n\u2019a pas de chance.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les choses vont mieux, du moins pour moi. Ces derniers jours, quand j&rsquo;ai eu fini de tailler mes crayons, j&rsquo;ai consacr\u00e9 mon temps \u00e0 lire quelques \u00e9tudes sur Mindanao et \u00e0 examiner avec Pacifico de quels moyens mat\u00e9riels et humains nous pourrions disposer pour organiser une enqu\u00eate de trafic, pour la r\u00e9aliser et la d\u00e9pouiller. Nous avons \u00e9tabli un premier planning qui devrait nous amener \u00e0 boucler cette phase au bout de deux mois, ce qui nous en laisserait deux autres et m\u00eame davantage pour exploiter l&rsquo;enqu\u00eate, effectuer les pr\u00e9visions de trafic \u00e0 cinq, dix, quinze et vingt ans, traduire tout \u00e7a en termes \u00e9conomiques, et aussi pour \u00e9ponger les in\u00e9vitables impond\u00e9rables. Cette activit\u00e9, calme et ordonn\u00e9e, a am\u00e9lior\u00e9 mon humeur et m&rsquo;a redonn\u00e9 un peu de moral, car, \u00e0 cette occasion, je me suis aper\u00e7u que je savais \u00e0 peu pr\u00e8s ce que je faisais et que j&rsquo;arriverai probablement \u00e0 mener \u00e0 bien ma part du projet.<br \/>\nCe qui a \u00e9galement beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 me remonter le moral,<!--more--> c&rsquo;est le fait d&rsquo;avoir chang\u00e9 d&rsquo;h\u00f4tel. Le Lagoon me rendant de plus en plus neurasth\u00e9nique, j&rsquo;ai consacr\u00e9 une journ\u00e9e compl\u00e8te \u00e0 la recherche d&rsquo;un autre h\u00f4tel. A coup de taxis, je me suis vite rendu compte que dans le budget imparti, il n&rsquo;y avait pas beaucoup mieux que le Lagoon, sauf \u00e0 s&rsquo;\u00e9loigner davantage du centre-ville, ce dont il n&rsquo;\u00e9tait pas question. Fatigu\u00e9 par le parcours du combattant que j&rsquo;avais accompli et d\u00e9\u00e7u par ses r\u00e9sultats, je demandai au prochain taxi de me d\u00e9poser dans mon havre habituel de luxe et de paix, le Hilton, pour prendre un verre dans son bar capitonn\u00e9 du cinqui\u00e8me \u00e9tage. En traversant le hall pour rejoindre les ascenseurs, sur une inspiration soudaine, je m&rsquo;adressai \u00e0 un d\u00e9put\u00e9-manager, comme ils disent, et, en quelques minutes et \u00e0 ma grande surprise, j&rsquo;obtins une r\u00e9duction de cinquante pour cent sur le prix de la chambre standard, ce qui m&rsquo;amenait \u00e0 peine au-dessus de celui du Lagoon. Content de moi et l\u00e9ger comme l&rsquo;air, j&#8217;emm\u00e9nageai l&rsquo;apr\u00e8s-midi m\u00eame dans ma nouvelle chambre au huiti\u00e8me \u00e9tage avec sa vue sur la piscine et sur le sud de la ville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce soir, j\u2019ai rendez-vous au Lagoon avec Ratinet et Peltier, qui veut nous emmener faire \u00ab la tourn\u00e9e des Grands Ducs \u00bb.<br \/>\nComme nous n&rsquo;avons pas droit \u00e0 la limousine de fonction apr\u00e8s huit heures du soir, c&rsquo;est avec un taxi de premi\u00e8re classe, car il existe plusieurs cat\u00e9gories de taxis, que Peltier vient nous chercher.<br \/>\nNous reprenons le Roxas Boulevard vers le centre. En quelques minutes, nous passons devant plusieurs \u00e9tablissements dont les noms s&rsquo;\u00e9talent sur de grandes enseignes lumineuses qui clignotent en gros caract\u00e8res \u00ab\u00a0Le Deauville\u00a0\u00bb,\u00a0\u00bbVegas Inn\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Casablanca\u00a0\u00bb et en caract\u00e8res plus petits leur qualit\u00e9 de restaurant. Tous ces b\u00e2timents se ressemblent : ils sont de construction moderne, sans \u00e9tage, sans fen\u00eatre, et de couleur uniforme, noire, blanche ou grise. Notre taxi prend la contre all\u00e9e du boulevard et s&rsquo;arr\u00eate devant le quatri\u00e8me qui porte le nom de \u00ab\u00a0The Monte Carlo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Devant l&rsquo;entr\u00e9e, deux vigiles arm\u00e9s et un grand costaud en costume gris fonc\u00e9 nous accueillent et nous ouvrent la premi\u00e8re porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle une petite pancarte avertit: \u00ab\u00a0<em>Unaccompanied ladies and deadly weapons prohibited<\/em>\u00ab\u00a0. Nous p\u00e9n\u00e9trons dans une sorte de sas. Nous avons droit \u00e0 une fouille \u00e0 corps symbolique et \u00e0 l&rsquo;ouverture d&rsquo;une deuxi\u00e8me porte vers un nouveau sas. Cette fois, pas de fouille \u00e0 corps mais ouverture de la troisi\u00e8me porte qui donne enfin sur l&rsquo;int\u00e9rieur du restaurant. C&rsquo;est une seule grand salle tr\u00e8s \u00e9clair\u00e9e. Au premier plan, il y a une dizaine de tables rondes habill\u00e9es de nappes blanches tombant jusqu&rsquo;au sol. Quelques unes sont dress\u00e9es et un petit nombre de clients y sont install\u00e9s en train de diner ou de boire des verres. Sur la droite, un bar, une toute petite piste de danse et quatre musiciens philippins qui imiteront parfaitement les Beatles pendant toute la soir\u00e9e. Au bar, quelques hommes et deux ou trois jeunes femmes \u00ab\u00a0non accompagn\u00e9es\u00a0\u00bb mais apparemment \u00ab\u00a0autoris\u00e9es\u00a0\u00bb par la direction. Au fond, en contrebas de deux marches, la partie essentielle de l&rsquo;\u00e9tablissement, celle qui justifie l&rsquo;intitul\u00e9 de l&rsquo;enseigne lumineuse, la pr\u00e9sence des gardes arm\u00e9s et l&rsquo;existence des chicanes \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e : c&rsquo;est la partie Jeux. Car il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un casino. Ici, pas de machines \u00e0 sous, on comprendra bient\u00f4t pourquoi, mais seulement des tables de jeu: roulette, black-jack, craps et baccara. Casino clandestin, car le jeu est interdit aux Philippines depuis quelques ann\u00e9es, mais casino quand m\u00eame. Clandestin certes, mais qui porte fi\u00e8rement un nom qui ne laisse gu\u00e8re de doute sur son activit\u00e9. Clandestin bien s\u00fbr, mais admis par la police qui doit y trouver son compte. Admis par la police, \u00e9videmment, mais qui fait l&rsquo;objet une ou deux fois par mois d&rsquo;une descente de police, la dite descente justifiant la disposition des lieux, c&rsquo;est \u00e0 dire principalement le sas retardateur qui donne un peu de temps pour transformer les tables illicites en tables de dineurs innocents. L&rsquo;op\u00e9ration est simple : il suffit de recouvrir chaque table de jeu d&rsquo;une grande planche adapt\u00e9e et de recouvrir la planche d&rsquo;une nappe blanche. Pour am\u00e9liorer le camouflage, on pourra ajouter quelques couverts et un bouquets de fleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous asseyons b\u00eatement autour d&rsquo;une table bien trop grande pour nous trois, mais assez pour couvrir je ne sais quel jeu de hasard non encore ouvert. Nous commandons des ap\u00e9ritifs et un diner qui nous sont servis rapidement. A peine mon whisky-soda termin\u00e9, il est remplac\u00e9 par un nouveau sans que j&rsquo;aie rien command\u00e9. Le diner n&rsquo;est pas mauvais du tout, et la musique est excellente, les Beatles, \u00e0 s&rsquo;y tromper. G\u00e9rard nous propose maintenant de jouer un peu. Ratinet refuse, bien entendu, mais il faut dire qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 perdu pas mal, et, qui plus est, sans jouer. Je me risque au Black-Jack et je m&rsquo;en sors honorablement au bout d&rsquo;une petite demie heure, c&rsquo;est \u00e0 dire en n&rsquo;ayant que peu perdu. Peltier, lui, a gagn\u00e9, pas une grosse somme, mais quand m\u00eame assez pour payer quelques verres. Il veut alors m&rsquo;entra\u00eener au bar pour arroser \u00e7a et faire connaissance avec quelques unes des dames autoris\u00e9es. J&rsquo;essaie de lui expliquer gentiment et une fois pour toutes que je ne suis et ne serai pas tent\u00e9 par ce genre d&rsquo;aventure. Je vois bien qu&rsquo;il ne me croit pas, mais pour cette fois, d\u00e9\u00e7u, il n&rsquo;insiste pas. Lorsque G\u00e9rard demande l&rsquo;addition, on lui fait comprendre que, pour ce soir c&rsquo;est aux frais de la maison, mais qu&rsquo;on esp\u00e8re bien nous revoir prochainement. Belle fa\u00e7on de vous rendre membre du club, sans droit d&rsquo;inscription ni formalit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au moment de partir, Ratinet reste introuvable, et je r\u00e9alise que je ne l&rsquo;ai pas vu depuis que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 jouer. Au bout de quelques instants, nous le retrouvons assis sur un haut tabouret de bar dans la partie du comptoir la plus \u00e9loign\u00e9e. Ratinet nous tourne le dos de trois quart. Il est totalement absorb\u00e9 dans la conversation qu&rsquo;il tient avec une fille qui nous fait face, assise sur le tabouret voisin.<br \/>\nAsiatique, peut-\u00eatre chinoise, la jeune femme porte une robe en satin rose, des chaussures noires \u00e0 talons hauts. Elle a plac\u00e9 une petite fleur dans ses courts cheveux noirs. Elle est tr\u00e8s jeune et ravissante. Il n&rsquo;y a rien de vulgaire ni de provoquant chez cette <em>unaccompanied lady<\/em>. Apr\u00e8s un instant d&rsquo;h\u00e9sitation, nous nous approchons et Ratinet nous pr\u00e9sente dans son anglais touchant:<br \/>\n-G\u00e9rard, maille bosse, inde Philippe, ouane collaigue.<br \/>\npuis en fran\u00e7ais\u00a0:<br \/>\n-Tavia travaille ici comme serveuse. C&rsquo;est son jour de cong\u00e9, mais elle est venue chercher une amie.<br \/>\nChevaleresques et blas\u00e9s, nous faisons semblant d&rsquo;y croire.<br \/>\n-On s&rsquo;en va, Andr\u00e9. Tu viens?<br \/>\nPar signes, il nous nous fait comprendre qu&rsquo;il rentrera un peu plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">G\u00e9rard et moi sortons du casino. Nous faisons les cent pas en attendant qu\u2019arrive un taxi. Nous sommes partag\u00e9s entre\u00a0\u00a0rigolade et inqui\u00e9tude. Rigolade parce qu&rsquo;Andr\u00e9 ne nous avait vraiment pas donn\u00e9 l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre un adepte de ce genre d&rsquo;aventure. Inqui\u00e9tude, car, venant de se faire plumer une premi\u00e8re fois, notre pigeon malchanceux risquait bien de perdre le reste de son plumage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On n\u2019en avait pas fini avec Ratinet\u2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>(\u00e0 suivre)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333399;\"><strong>\u00ab\u00a0Bonjour, Philippines ! Chapitre 5 -La fi\u00e8vre monte \u00e0 Mindanao\u00a0\u00bb. <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=3185\">Pour le lire, cliquez ici m\u00eame<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0Pour les chapitres pr\u00e9c\u00e9dents de Bonjour, Philippines ! cliquez ci-dessous Chapitre 1- Un pt\u00e9rodactyle sur fond d&rsquo;azur Chapitre 2 &#8211; Des m\u00e9faits de l&rsquo;air conditionn\u00e9 Chapitre 3 &#8211; Mitraillette, champagne et taille-crayons Le r\u00e9sum\u00e9 des trois chapitres pass\u00e9s est-il vraiment n\u00e9cessaire\u00a0? C\u2019est \u00e9videmment l\u2019avenir qui vous int\u00e9resse. Le voici d\u00e9voil\u00e9\u00a0: dans ce quatri\u00e8me \u00e9pisode des &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=3065\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Bonjour, Philippines ! 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