{"id":2897,"date":"2015-02-21T07:18:00","date_gmt":"2015-02-21T05:18:00","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2897"},"modified":"2018-02-25T11:33:54","modified_gmt":"2018-02-25T09:33:54","slug":"des-mefaits-de-lair-conditionne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=2897","title":{"rendered":"Bonjour, Philippines ! Chap.2: Des m\u00e9faits de l&rsquo;air conditionn\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2656\">Si vous avez rat\u00e9 le Chapitre 1, cliquez ICI<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Apr\u00e8s un long voyage en compagnie d\u2019Andr\u00e9 Ratinet, ing\u00e9nieur et malchanceux, Philippe est arriv\u00e9 \u00e0 Manille de mauvaise humeur, agac\u00e9 par l&rsquo;enthousiasme permanent de son chef de mission et abasourdi par l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 du monde qui lui a saut\u00e9 \u00e0 la figure d\u00e8s l&rsquo;a\u00e9roport. Nous le retrouvons en milieu de matin\u00e9e dans sa chambre du Blue Lagoon.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 une fin de soir\u00e9e plut\u00f4t agr\u00e9able, la nuit n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 bonne. Les six heures de d\u00e9calage horaire, d\u2019Ouest en Est de surcroit, y sont bien s\u00fbr pour quelque chose, mais il n&rsquo;y a pas que \u00e7a : j&rsquo;ai pass\u00e9 une bonne partie de ma nuit \u00e0 me lever pour arr\u00eater le climatiseur et obtenir le silence, et me relever pour le red\u00e9marrer dans la chaleur \u00e9touffante. Le vrai sommeil n&rsquo;est venu qu&rsquo;avec le lever du jour, et je me suis endormi, berc\u00e9 par les borborygmes de l&rsquo;appareil devenus familiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9veill\u00e9 vers dix heures, je ressens une sorte de sourde angoisse<!--more--> devant cette journ\u00e9e vide qui s&rsquo;annonce. Il est trop tard pour le petit d\u00e9jeuner, trop t\u00f4t pour le d\u00e9jeuner. Je ne connais rien de Manille, de sa g\u00e9ographie, de ses quartiers, de ses moyens de transport, de sa population. Partir \u00e0 pied le long de la baie ne me para\u00eet pas envisageable ni m\u00eame seulement prudent et,\u00a0mis \u00e0 part le Blue Lagoon, je n&rsquo;ai qu&rsquo;un autre point de rep\u00e8re dans cette ville immense et c&rsquo;est le Manila Hilton o\u00f9 nous avons din\u00e9 hier soir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un taxi m&rsquo;y am\u00e8ne en quelques minutes. Le chauffeur m&rsquo;a accueilli avec le cordial \u00ab\u00a0Hi, Joe ! \u00a0\u00bb par lequel le Philippin courant salue tout homme blanc qui, pour lui, est forc\u00e9ment am\u00e9ricain et se nomme forc\u00e9ment Joe. Le taxi est petit, sale et d\u00e9labr\u00e9. On peut voir \u00a0le macadam d\u00e9filer sous la voiture gr\u00e2ce aux trous perc\u00e9s par la corrosion dans le plancher. Il klaxonne absolument sans arr\u00eat gr\u00e2ce \u00e0 un petit dispositif tr\u00e8s ing\u00e9nieux : la commande de l&rsquo;avertisseur a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par une tige m\u00e9tallique fix\u00e9e au tableau de bord par un ressort, de telle sorte que les chaos de la route la font continuellement trembloter, ce qui d\u00e9clenche l&rsquo;avertisseur au rythme des tremblotements. La conduite, la chaleur et le Klaxon sont \u00e9galement \u00e9prouvants, et j&rsquo;arrive au Hilton d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ratinet est l\u00e0, derri\u00e8re la cr\u00e8che\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est la fin du mois de d\u00e9cembre et \u00e0 cette \u00e9poque, Manille, capitale d\u2019un pays autrefois colonie espagnole et toujours catholique, est d\u00e9cor\u00e9e d&rsquo;une multitude de cr\u00e8ches de No\u00ebl, dans les rues, les magasins, les jardins et les h\u00f4tels. Celle du Hilton a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e en plein milieu du grand hall de l&rsquo;h\u00f4tel. Elle r\u00e9alise un tr\u00e8s joli compromis entre Bethl\u00e9em et un village de p\u00eacheurs de la baie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, Ratinet est l\u00e0, derri\u00e8re la cr\u00e8che, au fond du salon, effondr\u00e9 dans un fauteuil. Je n&rsquo;ai pas envie de passer le reste de la journ\u00e9e avec ce Jonas et j&rsquo;\u00e9bauche une man\u0153uvre d&rsquo;\u00e9vitement, mais il m\u2019aper\u00e7oit et bondit litt\u00e9ralement vers moi. Tr\u00e8s agit\u00e9, il vient visiblement de vivre une de ces aventures dont il est coutumier et dont il ne sort g\u00e9n\u00e9ralement pas indemne. Il raconte, je reconstitue et j&rsquo;imagine\u00a0:\u00a0Il s&rsquo;est lev\u00e9 t\u00f4t et s&rsquo;est rendu dans le quartier de Luneta afin de prendre des photographies des nombreuses cr\u00e8ches et d\u00e9corations de No\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but, tout se passe bien. C&rsquo;est le matin, il fait beau et l&rsquo;air est presque frais. Ratinet est \u00e9bloui par les vives couleurs des cr\u00e8ches, enchant\u00e9 par les somptueuses fleurs des plates-bandes, ravi par les visages souriants des enfants en uniforme d&rsquo;\u00e9colier qui visitent le parc Rizal : tout cela fera d&rsquo;excellentes photos. Il se sent l\u00e9ger, il est en paix avec Manille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu&rsquo;il marche le long de l&rsquo;une de ces avenues bien entretenues et peu fr\u00e9quent\u00e9es qui traversent le parc, une grosse voiture glisse \u00e0 sa hauteur et s&rsquo;arr\u00eate. C&rsquo;est une am\u00e9ricaine, r\u00e9cente, couleur vert d&rsquo;eau, comme souvent les voitures officielles. Comme souvent aussi, toutes ses vitres sont des miroirs \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;une \u00e9troite et sombre bande horizontale \u00e0 mi-hauteur du pare-brise, de sorte que, de l&rsquo;ext\u00e9rieur, il est impossible de savoir si la voiture transporte des passagers ou m\u00eame si elle a un conducteur. La porti\u00e8re arri\u00e8re s&rsquo;ouvre et un homme en descend. Il porte bien entendu le barong tagalog, chemise blanche plus ou moins ouvrag\u00e9e et amidonn\u00e9e qui se porte flottante par-dessus le pantalon, toujours noir. L&rsquo;homme exhibe avec dext\u00e9rit\u00e9 un badge dor\u00e9 dans un porte-carte noir qu&rsquo;il fait claquer en le refermant. Il se pr\u00e9sente comme de la police sp\u00e9ciale et demande dans un tr\u00e8s bon anglais \u00e0 voir les papiers de l&rsquo;\u00e9tranger ainsi que son autorisation pour prendre des photos sur la voie publique. Ratinet se sent d\u00e9j\u00e0 des papillons dans l&rsquo;estomac. Il tente confus\u00e9ment de s&rsquo;expliquer dans un dialecte qui n&rsquo;a d&rsquo;anglais qu&rsquo;un mot sur deux, fouille trois fois chacune des dix poches de son gilet d&rsquo;explorateur et transpire abondamment. Le policier reste froid et poli et le prie de monter dans le v\u00e9hicule o\u00f9 la temp\u00e9rature est civilis\u00e9e. Ratinet p\u00e9n\u00e8tre dans la voiture, d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re par un passager et \u00e0 l&rsquo;avant par un chauffeur. Ces deux-l\u00e0, qui portent la m\u00eame tenue que le premier, ne diront pas un mot pendant toute la sc\u00e8ne qui va suivre. Notre h\u00e9ros se retrouve donc sur le si\u00e8ge arri\u00e8re entre le flic bavard qui vient de monter \u00e0 bord et le flic muet. La voiture d\u00e9marre doucement, et l&rsquo;angoisse de Ratinet monte d&rsquo;un cran. Tandis qu&rsquo;il continue \u00e0 explorer ses poches en se contorsionnant sur la banquette et que sa transpiration se transforme imm\u00e9diatement en sueurs froides dans le souffle glac\u00e9 de l&rsquo;air conditionn\u00e9, le policier lui explique que le Pr\u00e9sident Marcos vient de cr\u00e9er une police urbaine sp\u00e9ciale, la Metrocom, charg\u00e9e de lutter contre l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 grandissante dans la ville de Manille. Entre temps, Ratinet a retrouv\u00e9 son portefeuille qu&rsquo;il remet au policier en lui avouant en vrac qu&rsquo;il est fran\u00e7ais, ce qui ne produit pas l&rsquo;effet escompt\u00e9, qu&rsquo;il vient travailler pour am\u00e9liorer les routes du pays, qu&rsquo;il est photographe amateur et voulait profiter du spectacle du jardin \u00e0 No\u00ebl, qu&rsquo;il ne savait pas que&#8230;La voiture continue de rouler tout doucement dans les avenues d\u00e9sertes du parc. Le flic n\u00b01 a ouvert et examin\u00e9 le portefeuille confi\u00e9, l&rsquo;a pass\u00e9 au flic n\u00b02 qui l&rsquo;a examin\u00e9 \u00e0 son tour puis l&rsquo;a rendu au flic n\u00b01 qui a expliqu\u00e9 qu&rsquo;au bout du parc il y a le fort Santiago, dont une partie est une zone militaire qu&rsquo;il est interdit de photographier, mais que \u00e7a ira pour cette fois&#8230;En lui rendant son portefeuille, il regrette le d\u00e9sagr\u00e9ment qu&rsquo;a pu lui causer ce contr\u00f4le de routine et en profite pour donner quelques conseils de prudence au nouvel arrivant. En effet, de fa\u00e7on tout a fait regrettable et malgr\u00e9 les efforts de Metrocom, la ville est encore dangereuse pour le non initi\u00e9, avec ses pickpockets, ses faux chauffeurs de taxi, ses prostitu\u00e9es, ses casinos clandestins, ses bandits et ses escrocs en tout genre. Il propose maintenant de le d\u00e9poser l\u00e0 o\u00f9 cela conviendra \u00e0 Ratinet, qui nomme le Hilton, seul endroit qui vienne \u00e0 son esprit en ce moment perturb\u00e9. Ratinet est maintenant rassur\u00e9 et, dans le confort de la belle am\u00e9ricaine, il parle de No\u00ebl avec l&rsquo;aimable policier. On se quitte les meilleurs amis du monde devant l&rsquo;entr\u00e9e de service du grand h\u00f4tel. Le visage souriant du policier disparait derri\u00e8re la vitre qui remonte doucement et Ratinet peut s&rsquo;observer dans le miroir, \u00e0 peine d\u00e9form\u00e9 par le l\u00e9ger bombement de la fen\u00eatre et par l&rsquo;\u00e9motion de l&rsquo;aventure. La voiture officielle s&rsquo;\u00e9loigne, Ratinet contourne le bloc pour p\u00e9n\u00e9trer dans l&rsquo;h\u00f4tel. Il prend quelques photos de la cr\u00e8che du hall, puis s&rsquo;assied afin de remettre un peu d&rsquo;ordre dans ses poches, d\u00e9sorganis\u00e9es par les fouilles fi\u00e9vreuses de tout \u00e0 l&rsquo;heure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;est \u00e0 cet instant qu&rsquo;il constate que, s&rsquo;il a toujours son passeport, sa carte de r\u00e9duction de la SNCF, sa carte bancaire du Cr\u00e9dit Agricole et la photo de sa maison de Montalivet-les-Bains, tout l&rsquo;argent que contenait son portefeuille, en fait tout l&rsquo;argent qu&rsquo;il avait apport\u00e9 de France, tout cet argent a disparu. Il fouille \u00e0 nouveau toutes ses poches, esp\u00e9rant vaguement avoir rang\u00e9 les billets dans l&rsquo;une d&rsquo;entre elles pendant l&rsquo;agitation de la sc\u00e8ne de la voiture. Mais non, rien. A part quelques pi\u00e8ces de monnaie am\u00e9ricaines et fran\u00e7aises, il n&rsquo;a plus un sou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est \u00e0 cet instant douloureux que je l\u2019ai retrouv\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La seule chose \u00e0 faire, c&rsquo;est du moins ce que je lui conseille, est de demander \u00e0 la r\u00e9ception o\u00f9 se trouve le poste de police. Mais la r\u00e9ception nous conseille d&rsquo;aller voir d&rsquo;abord le d\u00e9tective de l&rsquo;h\u00f4tel, \u00e0 qui j&rsquo;explique ce qui vient de se passer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un homme tr\u00e8s gros et tr\u00e8s soign\u00e9. Il porte un costume noir et un noeud papillon bordeaux sur une chemise blanche. Son bureau, \u00e0 toute proximit\u00e9 des cuisines, est minuscule, sans fen\u00eatre et d\u00e9cor\u00e9 de petits papiers annot\u00e9s et coll\u00e9s au ruban adh\u00e9sif sur tout ce qui permet d&rsquo;y coller quelque chose. Bien entendu, il y r\u00e8gne une temp\u00e9rature quasi australe. Il s&rsquo;exprime avec une recherche qui va jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;affectation. Tr\u00e8s aimablement, mais avec une pointe de lassitude, il nous confirme que le Pr\u00e9sident Marcos a effectivement cr\u00e9\u00e9 une nouvelle police, la Philippine Constabulary Metropolitan Command, d\u00e9nomm\u00e9e Metrocom, que cette force dispose de voitures neuves et puissantes, qu&rsquo;elles sont de couleur blanche ray\u00e9e horizontalement de deux bandes bleues, qu&rsquo;elles portent peint sur chaque flanc un gros \u00e9cusson au nom de Metrocom-Manila et que les policiers \u00e0 bord sont en uniforme bleu marine de type militaire. Il est donc conduit \u00e0 conclure que Mr Wateeney a \u00e9t\u00e9 victime de l&rsquo;une de ces escroqueries contre lesquelles le pr\u00e9sum\u00e9 faux policier le mettait justement en garde. Il se r\u00e9jouit, m\u00eame si la victime n&rsquo;est pas cliente de l&rsquo;h\u00f4tel Hilton, que les choses se soient si bien termin\u00e9es, il veut dire, sans effusion de sang ou autre violence regrettable. Puisqu&rsquo;aucun papier d&rsquo;identit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9rob\u00e9, il n&rsquo;engage pas ses visiteurs \u00e0 se rendre au poste de police pour y effectuer une d\u00e9claration ou y d\u00e9poser une plainte, tout ceci ne pouvant r\u00e9sulter qu&rsquo;en une perte consid\u00e9rable de temps. Il est pr\u00eat n\u00e9anmoins \u00e0 leur en indiquer le chemin. Cependant, et pour tenir compte de l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 toujours envisageable o\u00f9 l&rsquo;honorable \u00e9tranger aurait eu affaire \u00e0 de vrais policiers en civil, il lui d\u00e9conseille encore plus fortement d&rsquo;entreprendre de telles d\u00e9marches. \u00ab\u00a0Au revoir, gentlemen, et bienvenue aux Philippines.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ratinet et moi sortons du bureau du d\u00e9tective. Lui est assomm\u00e9 par la prise de conscience de la perte d\u00e9finitive de son argent, et moi, forc\u00e9ment moins concern\u00e9, suis \u00e9pat\u00e9 par la qualit\u00e9 de la froide rh\u00e9torique du priv\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de mes ann\u00e9es-voyages, j\u2019ai appris, enti\u00e8rement par exp\u00e9rience personnelle, que dans un pays \u00e9tranger, quel qu\u2019il soit, il y a un moment o\u00f9 il faut accepter de payer le p\u00e9age. J\u2019entends par l\u00e0 qu\u2019il faut payer au moins une fois sa dime aux filous, aux escrocs, aux serveurs ind\u00e9licats ou aux flics corrompus. Il faut payer le p\u00e9age, payer pour apprendre et vivre ensuite en paix avec le pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce prix-l\u00e0, je pouvais consid\u00e9rer que Ratinet avait pay\u00e9 pour nous deux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du coup, je l\u2019ai invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9jeuner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>(\u00e0 suivre)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993366;\"><strong><span style=\"color: #000080;\">\u00a0Pour le Chapitre 3 de \u00ab\u00a0<em>Bonjour, Philippines ! &#8211; <\/em><em>Mitraillette, Champagne et Taille-crayons<\/em>\u00ab\u00a0<\/span> <a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2940\">CLIQUEZ ICI<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si vous avez rat\u00e9 le Chapitre 1, cliquez ICI Apr\u00e8s un long voyage en compagnie d\u2019Andr\u00e9 Ratinet, ing\u00e9nieur et malchanceux, Philippe est arriv\u00e9 \u00e0 Manille de mauvaise humeur, agac\u00e9 par l&rsquo;enthousiasme permanent de son chef de mission et abasourdi par l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 du monde qui lui a saut\u00e9 \u00e0 la figure d\u00e8s l&rsquo;a\u00e9roport. 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