{"id":2848,"date":"2015-01-25T07:03:02","date_gmt":"2015-01-25T06:03:02","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2848"},"modified":"2020-05-30T07:17:57","modified_gmt":"2020-05-30T05:17:57","slug":"sylvie-suite-africaine-n8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=2848","title":{"rendered":"Suite africaine n\u00b08 &#8211; Sylvie"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Jean est \u00e0 la r\u00e9ception des Cocotiers vers cinq heures et demie, mais il prend le temps de nous offrir un superbe petit d\u00e9jeuner. Quand nous montons dans sa voiture, il fait grand jour. C\u2019est une DS19, \u00e0 cette \u00e9poque probablement la meilleure voiture pour l\u2019Afrique, mais encore peu r\u00e9pandue dans cette chasse gard\u00e9e de Peugeot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ciel est bas et gris. Il a d\u00fb pleuvoir fort ce matin car la piste est d\u00e9tremp\u00e9e. A travers les faubourgs de Douala, nous d\u00e9passons les pick-up, les mobylettes et les v\u00e9los \u00e0 coups de Klaxon en projetant autour de nous des gerbes de boue rouge. Personne ne semble protester. Les derniers commerces, les derniers hangars et les derni\u00e8res cases disparaissent et Jean acc\u00e9l\u00e8re. Il y a peu de circulation. Nous croisons <!--more-->r\u00e9guli\u00e8rement de tr\u00e8s gros grumiers. Ils ne portent que deux ou trois billes de bois, rarement plus, mais elles sont \u00e9normes. Beaucoup de ces camions penchent sur le c\u00f4t\u00e9 sous le poids de leur charge mal centr\u00e9e. A chaque fois que nous croisons un tel engin, Jean ralentit et s\u2019en \u00e9carte le plus possible. Il m\u2019explique qu\u2019il y a beaucoup d\u2019accidents provoqu\u00e9s par ces \u00e9normes troncs d&rsquo;arbres qui tombent parfois sur la route ou sur les voitures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, dans une DS de 1969, il n\u2019y a pas d&rsquo;air conditionn\u00e9 , mais avec la vitesse et les grandes fen\u00eatres ouvertes, c&rsquo;est supportable. Nous passons Ed\u00e9a, son pont allemand et son usine d\u2019aluminium o\u00f9 je reviendrai dans trente ans pour un accident de four. La for\u00eat commence et la piste en l\u00e9g\u00e8re sur\u00e9l\u00e9vation devient de plus en plus boueuse. Une heure plus tard, nous passons sur le pont m\u00e9tallique qui avait gliss\u00e9 sur ses piles lors du freinage d&rsquo;un grumier, isolant l\u2019exploitation de Jean pendant plus d\u2019un an et le conduisant au bord de la faillite. Maintenant, le pont est \u00e0 nouveau en place et les affaires vont mieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu apr\u00e8s, nous quittons la piste principale pour nous enfoncer dans la for\u00eat sur une sorte de chemin d\u2019exploitation \u00e9troit creus\u00e9 dans la boue par les camions grumiers. Les arbres sont immenses. Jean me pr\u00e9cise que c&rsquo;est de l&rsquo;Azob\u00e9, bois lourd et imputrescible sur lequel il fonde beaucoup d&rsquo;espoirs. Quand nous avons ralenti pour quitter la piste principale, il a ferm\u00e9 sa fen\u00eatre et m&rsquo;a demand\u00e9 d\u2019en faire autant pour \u00e9viter que la voiture soit envahie de mouches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement nous arrivons dans une clairi\u00e8re. C\u2019est le campement: une jeep et quelques camions au milieu de quelques baraques. La construction la plus avenante est un petit hangar bard\u00e9 et couvert en t\u00f4les ondul\u00e9es. C&rsquo;est l&rsquo;atelier de m\u00e9canique. Nous descendons de voiture et sommes imm\u00e9diatement attaqu\u00e9s par les mouches. Au d\u00e9but, on se dit qu&rsquo;on ne pourra jamais supporter \u00e7a plus de deux minutes et puis, faute de pouvoir faire autrement, on s&rsquo;y habitue. Il faut pourtant r\u00e9fl\u00e9chir avant d\u2019ouvrir la bouche. Quelques noirs viennent dire bonjour au patron et \u00e0 son neveu, puis ils se rassemblent autour de la voiture et restent \u00e0 la regarder dans un silence admiratif. Au bout de quelques instants, un blanc sort du hangar en t\u00f4les. Il est petit, tr\u00e8s petit, et costaud. Il porte une casquette \u00e0 grande visi\u00e8re, un maillot de corps sans manches rentr\u00e9 dans un pantalon court qui lui arrive \u00e0 la hauteur des genoux. L\u2019ensemble est sale et couvert de transpiration: lui, sa casquette, son maillot de corps et son pantalon. Jean me pr\u00e9sente l&rsquo;homme: c&rsquo;est Marco, responsable de l&rsquo;exploitation, moiti\u00e9 portugais, moiti\u00e9 belge. Il vit l\u00e0 trois ou quatre mois de suite, puis il va passer une petite semaine \u00e0 Douala pour se civiliser un peu. Il revient ensuite \u00e0 l&rsquo;exploitation pour trois ou quatre mois de plus en for\u00eat. Il n&rsquo;a pas quitt\u00e9 le Cameroun depuis quatre ans. Il accumule salaire et jours de cong\u00e9s pour quand il partira, comme il est venu, sans savoir ni quand ni pourquoi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean a une br\u00e8ve conversation avec Marco. Ils parlent de l&rsquo;\u00e9tat du mat\u00e9riel, de la r\u00e9paration du gros chargeur, toujours pas faite faute de pi\u00e8ces, de l&rsquo;accident du mois dernier et de l&rsquo;\u00e9tat du bless\u00e9 en convalescence \u00e0 Kribi et du d\u00e9placement du campement qu&rsquo;il va falloir pr\u00e9voir bient\u00f4t. Jean demande gentiment \u00e0 Marco des nouvelles de Sylvie. Marco dit qu&rsquo;elle est un peu capricieuse ces temps-ci, mais qu&rsquo;elle va bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Venez la voir, nous dit-il, en nous invitant du geste \u00e0 le suivre vers une des baraques, sa maison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous entrons chez Marco. La pi\u00e8ce unique est sombre, en grand d\u00e9sordre, et envahie de mouches. Elle est meubl\u00e9e d&rsquo;une table, d&rsquo;une chaise, d&rsquo;un r\u00e9frig\u00e9rateur \u00e0 alcool, d&rsquo;une cantine m\u00e9tallique et d&rsquo;un grand lit \u00e0 baldaquin recouvert d&rsquo;une moustiquaire. Une cha\u00eene est accroch\u00e9e \u00e0 l&rsquo;un des montants du lit. Au bout de la cha\u00eene, attach\u00e9e par un beau collier de chien, il y a Sylvie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est une guenon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean est \u00e0 la r\u00e9ception des Cocotiers vers cinq heures et demie, mais il prend le temps de nous offrir un superbe petit d\u00e9jeuner. Quand nous montons dans sa voiture, il fait grand jour. C\u2019est une DS19, \u00e0 cette \u00e9poque probablement la meilleure voiture pour l\u2019Afrique, mais encore peu r\u00e9pandue dans cette chasse gard\u00e9e de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=2848\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Suite africaine n\u00b08 &#8211; Sylvie<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[12,2],"tags":[658,679,678,21],"class_list":["post-2848","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","category-textes","tag-douala","tag-ds19","tag-kribi","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2848","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2848"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2848\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2848"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2848"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2848"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}