{"id":28264,"date":"2021-03-15T07:47:02","date_gmt":"2021-03-15T06:47:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=28264"},"modified":"2021-03-15T18:12:22","modified_gmt":"2021-03-15T17:12:22","slug":"le-cujas-44","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=28264","title":{"rendered":"Le Cujas (44)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?attachment_id=24692\" rel=\"attachment wp-att-24692\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-24692\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Georges-150x150.jpeg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a>Oui, c\u2019est Sylvette qui a \u00e9t\u00e9 sa premi\u00e8re fois. C\u2019est dr\u00f4le que cela ait eu lieu le soir m\u00eame o\u00f9 il sortait vierge d\u2019une maison close, vous ne trouvez pas\u00a0? Il n\u2019avait rien voulu accepter des services professionnels que lui proposait la petite Louise, mais \u00e0 peine quelques heures plus tard, il connaissait son premier grand frisson gr\u00e2ce \u00e0 une gentille fille rencontr\u00e9e par hasard. Mais Sylvette n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 que sa premi\u00e8re fois. Elle a \u00e9t\u00e9 aussi sa premi\u00e8re liaison. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chapitre 8 \u2013 Georges Cambremer<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Septi\u00e8me partie <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, je l\u2019ai bien connue. \u00c0 vrai dire, elle n\u2019est rest\u00e9e avec Antoine que quelques mois, mais nous sommes souvent sortis ensemble. Elle voulait devenir com\u00e9dienne et elle pr\u00e9parait le Conservatoire au Cours Simon. Pour payer ses \u00e9tudes, elle \u00e9tait cousette dans une maison de couture de la rue Mogador. De temps en temps, elle obtenait des places gratuites au troisi\u00e8me balcon de la Com\u00e9die Fran\u00e7aise et elle en faisait profiter ses amies. C\u2019est comme \u00e7a que nous l\u2019avions rencontr\u00e9e ce fameux soir au Nemours\u00a0: elle sortait de voir Britannicus. Le lendemain de leur rencontre, Antoine l\u2019avait <!--more-->install\u00e9e dans un h\u00f4tel de la rue Saint-Lazare, tout pr\u00e8s de son travail et quinze jours plus tard, il la faisait emm\u00e9nager dans son appartement de la rue de Vaugirard. Parce qu\u2019il avait son appartement \u00e0 lui. Je crois que l\u2019immeuble appartenait \u00e0 sa famille. Il avait r\u00e9ussi \u00e0 persuader son p\u00e8re qu\u2019en habitant l\u00e0, il serait plus pr\u00e8s de La Sorbonne et qu\u2019il gagnerait du temps pour travailler ses cours. Je l\u2019enviais beaucoup pour \u00e7a, moi qui habitais encore chez mes parents au Trocad\u00e9ro.<br \/>\nSentimentalement, Antoine avait beaucoup investi sur Sylvette. Il \u00e9tait tr\u00e8s amoureux. Il \u00e9tait aussi tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par les deux mondes qu\u2019elle lui faisait d\u00e9couvrir, celui du th\u00e9\u00e2tre et celui des midinettes. De son c\u00f4t\u00e9, Sylvette, bien que je l\u2019aie crue tout \u00e0 fait d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, appr\u00e9ciait le monde facile dans lequel Antoine la faisait entrer. Oh, pas dans sa famille, bien s\u00fbr ! Ses parents n\u2019auraient pas admis une ouvri\u00e8re, ni m\u00eame une actrice \u00e0 leur table. D\u2019ailleurs, ils le croyaient encore innocent. Mais par Antoine, Sylvette commen\u00e7ait \u00e0 conna\u00eetre les grands restaurants, les bars chics, les cabarets \u00e0 la mode, et il faut dire qu\u2019elle y prenait go\u00fbt. Pourtant, un jour, j\u2019ai re\u00e7u d\u2019elle un coup de t\u00e9l\u00e9phone. Elle appelait d\u2019un caf\u00e9 pr\u00e8s de la Gare de Lyon et me demandait de venir la retrouver d\u2019urgence. Quand j\u2019arrivai l\u00e0-bas, elle paraissait nerveuse. Elle avait deux valises \u00e0 ses pieds et elle finissait un verre de cognac. Elle m\u2019annon\u00e7a qu\u2019elle quittait Antoine. Dans une heure, elle prendrait un train pour le midi avec un homme qu\u2019elle avait rencontr\u00e9 une semaine plus t\u00f4t. Il \u00e9tait \u00e9crivain et vivait \u00e0 Arles. Il \u00e9tait merveilleux, passionnant, elle ne pouvait plus se passer de lui. \u00ab\u00a0Tu comprends, Georges, j\u2019aime beaucoup Antoine, c\u2019est un gar\u00e7on \u00e9patant, droit, intelligent, cultiv\u00e9&#8230; gentil pour tout dire. Mais avec lui, maintenant, je m\u2019ennuie. J\u2019ai besoin d\u2019autre chose, de quelque chose de moins facile, de plus intense. Alors, je pars vivre avec Olivier&#8230; \u00bb Elle n\u2019avait pas le courage d\u2019annoncer la rupture \u00e0 Antoine et elle me chargeait de le faire \u00e0 sa place, moi, son meilleur ami. Je lui ai dit : \u00ab\u00a0Et ta carri\u00e8re\u00a0? Tu crois que tu vas percer comme actrice \u00e0 Arles ? C\u2019est tr\u00e8s joli, Arles, mais c\u2019est un trou, tu sais\u00a0!\u00a0\u00bb Mais sa carri\u00e8re ne comptait plus&#8230; de toute fa\u00e7on, elle n\u2019arriverait jamais \u00e0 rien, il y avait trop de monde sur les rangs, trop de jolies filles plus dou\u00e9es qu\u2019elles&#8230; Elle a pris ses deux valises et m\u2019a plant\u00e9 l\u00e0 avec un baiser sur le front en le disant : \u00ab\u00a0Surtout, sois gentil avec Antoine&#8230;\u00a0\u00bb<br \/>\nElle quittait Antoine sans m\u00eame le lui dire et elle me demandait d\u2019\u00eatre gentil avec lui ! Les femmes sont incroyables&#8230;<br \/>\nVous savez, il va vraiment falloir que je vous laisse. Je suis d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s en retard. En deux mots, sachez que quand je lui ai annonc\u00e9 le d\u00e9part de Sylvette, Antoine n\u2019a pas bronch\u00e9, pas devant moi en tout cas. Mais je ne l\u2019ai pas revu de toute une semaine. La semaine suivante, je suis all\u00e9 chez lui. Je l\u2019ai trouv\u00e9 chang\u00e9, amer, plus fort, plus s\u00fbr de lui. Il avait d\u00e9cid\u00e9 de ne plus jamais aimer, mais il ne \u00e0 renon\u00e7ait pas aux femmes pour autant. Dor\u00e9navant, il choisirait des femmes qu\u2019il entretiendrait, comme disait son p\u00e8re, et auxquelles il ne pourrait pas s\u2019attacher. Et pour en \u00eatre certain, le moyen qu\u2019il avait trouv\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u2019en changer r\u00e9guli\u00e8rement, syst\u00e9matiquement. C\u2019\u00e9tait bien dans sa mani\u00e8re, ce genre de d\u00e9cision exalt\u00e9e, d\u00e9finitive, enfantine. Bien s\u00fbr, je n\u2019y avais pas cru, mais il s\u2019y est tenu, notamment avec Simone, la fille qui est sur la photo, et avec d\u2019autres aussi&#8230; Et puis un jour, il a retrouv\u00e9 Isabelle qui revenait du Liban. Ils se sont mari\u00e9s. J\u2019\u00e9tais le t\u00e9moin d\u2019Antoine. J\u2019\u00e9tais content pour lui qu\u2019il change de vie, mais je perdais un compagnon de d\u00e9bauche. Non&#8230;, d\u00e9bauche n\u2019est pas le mot qui convient. C\u2019est bien trop fort et \u00e7a ne correspond pas \u00e0 ce qu\u2019Antoine et moi faisions ensemble. Disons que c\u2019est mon camarade de jeu que je perdais \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Isabelle est une femme \u00e9patante. Vous l\u2019avez rencontr\u00e9e, je crois\u00a0? Alors, vous avez pu en juger. Elle a beaucoup chang\u00e9 depuis la mort d\u2019Antoine et nous ne nous voyons plus beaucoup, mais je garde une grande affection pour elle&#8230;.<br \/>\nBon, eh bien voil\u00e0, mon cher Stiller, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ravi de faire votre connaissance. Il faut que je vous quitte maintenant : il y a un conseiller du ministre qui m\u2019attend depuis d\u00e9j\u00e0 une vingtaine de minutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9coutez&#8230; ce qui s\u2019est pass\u00e9 apr\u00e8s leur mariage, Isabelle vous l\u2019a racont\u00e9, n\u2019est-ce pas ? Je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous parler de moi\u00a0? Mais pourquoi faire\u00a0? Je croyais que c\u2019\u00e9tait Antoine qui vous int\u00e9ressait. De toute fa\u00e7on, vous en savez d\u00e9j\u00e0 beaucoup, ne serait-ce que sur ma jeunesse&#8230; Non, je ne vois pas l\u2019int\u00e9r\u00eat. Vraiment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui voulez-vous que \u00e7a int\u00e9resse ? J\u2019ai \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 comme tout le monde. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 fait prisonnier et j\u2019ai eu la chance de pouvoir m\u2019\u00e9vader tr\u00e8s vite. J\u2019ai fait un peu de R\u00e9sistance et apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, je suis entr\u00e9 dans un cabinet minist\u00e9riel. La suite va de soi. \u00c0 vrai dire, je n\u2019ai rien fait de bien glorieux. J\u2019ai surtout eu beaucoup de chance, vous savez.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si vous y tenez vraiment&#8230; c\u2019est cela&#8230; \u00e9ventuellement, oui. Prenez donc contact avec Viviane, elle vous indiquera mes disponibilit\u00e9s. Elles ne sont pas tr\u00e8s nombreuses, je le crains. Ah\u00a0! mais j\u2019y pense ! Vous rentrez en Am\u00e9rique la semaine prochaine, je crois\u00a0? Alors, \u00e7a ne va pas \u00eatre possible, parce que moi, je pars apr\u00e8s-demain en voyage officiel en Indochine pour trois semaines et d\u2019ici l\u00e0, je n\u2019ai vraiment pas une minute \u00e0 moi. Je suis sinc\u00e8rement d\u00e9sol\u00e9, \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 avec grand plaisir, mais vous voyez&#8230; enfin&#8230; Il ne me reste plus qu\u2019\u00e0 vous souhaiter une excellente fin de s\u00e9jour \u00e0 Paris. Je vous raccompagne. Au revoir, Monsieur Stiller.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">*<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>A SUIVRE\u00a0<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Bient\u00f4t publi\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Aujourd\u2019hui, 16:47 Rendez-vous \u00e0 cinq heures : la guerre des mots<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Demain, 07:47 Stations de M\u00e9tro \u2013 1, 2, 3<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff6600;\"><strong>17 Mar, 07:47 Retour sur la Piazza Farnese<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff6600;\"><strong>17 Mar, 16:47 Rendez-vous \u00e0 cinq heures : la dr\u00f4le de guerre des mondes<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff6600;\"><strong>18 Mar, 07:47 Le Cujas (45)<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oui, c\u2019est Sylvette qui a \u00e9t\u00e9 sa premi\u00e8re fois. 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