{"id":27640,"date":"2020-12-23T16:47:36","date_gmt":"2020-12-23T15:47:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=27640"},"modified":"2020-12-24T15:05:00","modified_gmt":"2020-12-24T14:05:00","slug":"27640","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=27640","title":{"rendered":"Rendez-vous \u00e0 cinq heures avec l&rsquo;Entre-deux selon Lorenzo"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #800080;\"><strong><em>La page de 16h47 est ouverte&#8230;*<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-23460\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TASSE-DE-THE%CC%81.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"127\" \/><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em><br \/>\nComme vous l&rsquo;avez compris, je l&rsquo;esp\u00e8re, les textes en gras sont l&rsquo;incipit et l&rsquo;excipit d&rsquo; \u00c0 la recherche du temps perdu, et ce qui est entre les deux est de Lorenzo.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>A la recherche du sommeil perdu<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Longtemps, je me suis couch\u00e9 de bonne heure,\u00a0<\/strong><br \/>\nmais, \u00e0 la grande d\u00e9solation de ma m\u00e8re, je ne m\u2019endormais jamais avant que ne s\u2019inscrive sur la montre gousset en or massif de cinquante carats de chez Gaeger-le-Coultre, offerte pour l\u2019anniversaire de mes dix ans par mon oncle Philippe, le chiffre fatidique \u00ab\u00a0minuit\u00a0\u00bb annon\u00e7ant le passage tant redout\u00e9 \u00e0 un jour suivant et diff\u00e9rent. Ma m\u00e8re, que le petit personnel avait surnomm\u00e9e affectueusement Lari\u00e9geoise, convaincue que mes difficult\u00e9s d\u2019endormissement nuisaient \u00e0 mes performances scolaires au Lyc\u00e9e Condorcet o\u00f9 j\u2019\u00e9tais entr\u00e9 en sautant une classe gr\u00e2ce \u00e0 ce que certains <!--more-->envieux appelaient avec d\u00e9dain un \u00ab\u00a0piston\u00a0\u00bb, en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019intervention bienveillante et \u00e0 peine insistante de mon oncle Philippe, celui-l\u00e0 m\u00eame qui m\u2019avait offert la montre, essayait donc d\u2019y rem\u00e9dier par tous les moyens dont elle disposait comme la lecture le soir apr\u00e8s le paisible d\u00eener familial des Fables de Monsieur de La Fontaine ou bien du suppl\u00e9ment illustr\u00e9 hebdomadaire du Journal des Coutheillas pour les petits enfants sages de dix ans et originaires de pr\u00e9f\u00e9rence des beaux quartiers, mais sans conna\u00eetre la moindre efficacit\u00e9, h\u00e9las, je m\u2019empresse de le dire pour que personne ne s\u2019\u00e9gare en de vaines et inutiles esp\u00e9rances relatives \u00e0 la cure d\u00e9finitive de cette insomnie invalidante que je tenais d\u2019ailleurs en toute vraisemblance de sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e Angela, autrement dit de ma propre tante, qui, elle aussi, souffrait depuis sa plus tendre jeunesse de cette infirmit\u00e9 qualifi\u00e9e \u00e0 juste titre par mon p\u00e8re, ce brillant et reconnu m\u00e9decin parisien sp\u00e9cialis\u00e9 en M\u00e9decine Interniste, c\u2019est-\u00e0-dire, pour les ignorants, en maladies rares et peu connues, de trouble b\u00e9nin et h\u00e9r\u00e9ditaire \u00e0 transmission autosomique dominante n\u2019\u00e9pargnant ni les membres masculins ni les membres f\u00e9minins ou f\u00e9minines\u00a0de la famille (l\u00e0, j\u2019ai un doute grammatical qui ne rel\u00e8ve pas d\u2019une inclination discutable de ma nature, et, d\u2019ailleurs, je vous rassure, Marcel et Philippe ne savent pas non plus), trouble qu\u2019il avait d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier avec un groupe de jeunes \u00e9l\u00e8ves au sex ratio franchement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, comme le d\u00e9couvrit un jour sa fid\u00e8le \u00e9pouse et comme il se refusait obstin\u00e9ment \u00e0 le reconna\u00eetre lors des conversations orageuses du repas dominical apr\u00e8s la messe \u00e0 la cath\u00e9drale Sainte C\u00e9cile situ\u00e9e \u00e0 deux pas de chez nous o\u00f9 il avait communi\u00e9 et \u00e9tait donc cens\u00e9 s\u2019\u00eatre confess\u00e9 au pr\u00e9alable de tous ses mis\u00e9rables fantasmes sentimentaux, \u00e0 l\u2019occasion de ses consultations \u00a0matinales et b\u00e9n\u00e9voles \u00e0 l\u2019H\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00e9tri\u00e8re qui lui permettaient d\u2019exercer ses fonctions d\u2019Assistant des H\u00f4pitaux de Paris, certes \u00e0 titre honoraire vu son \u00e2ge d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, mais lui conf\u00e9rant, comme le sait tout un chacun, des charges d\u2019enseignement clinique aux futures g\u00e9n\u00e9rations de sauveurs de nos concitoyens b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une prise en charge effective par la S\u00e9curit\u00e9 Sociale nouvellement cr\u00e9\u00e9e et \u00e0 jour de leurs cotisations semestrielles encore d\u2019une incroyable modicit\u00e9 au moment o\u00f9 je r\u00e9dige ces lignes. Ma m\u00e8re, cette sainte dont la m\u00e9moire m\u2019est rest\u00e9e intacte si longtemps apr\u00e8s sa disparition dans des circonstances mal \u00e9lucid\u00e9es o\u00f9 intervint sa lassitude \u00e0 supporter la vie bruyante et harassante de la capitale, seule \u00e0 la t\u00eate de notre maisonn\u00e9e de trois personnes depuis la mort de mon p\u00e8re due \u00e0 un arr\u00eat cardiaque aussi inattendu que d\u00e9finitif, m\u2019emp\u00eache aujourd\u2019hui de m\u2019endormir par un curieux paradoxe ou bien, comme ont coutume de le dire les paysans frustres des fermes autour de la maison de Tante L\u00e9onie \u00e0 Combray, ce charmant village de mon enfance perdu au milieu des champs dor\u00e9s de bl\u00e9 en pleine Beauce et si accessible d\u00e9sormais en train depuis la gare d\u2019Austerlitz, par <em>un cruel retour de b\u00e2ton<\/em>, ma m\u00e8re, donc, \u00e0 cette \u00e9poque encore vivace et t\u00e9m\u00e9raire, s\u2019enhardit un jour, en d\u00e9sespoir de cause et alors que cela lui avait \u00e9t\u00e9 interdit de fa\u00e7on formelle et m\u00eame avec une certaine agressivit\u00e9 par mon g\u00e9niteur pourtant lou\u00e9 dans tous les salons mondains de la capitale pour sa gentillesse proverbiale, \u00e0 tenter d\u2019ouvrir les portes d\u2019habitude herm\u00e9tiquement closes du cabinet du docteur Proust, son mari, pendant une absence justifi\u00e9e de ce dernier, mais qui, par une chance inesp\u00e9r\u00e9e, ne l\u2019\u00e9taient pas ce jour-l\u00e0 ce qui lui permit de s\u2019y introduire et de fouiller telle une furie hyst\u00e9rique dans tous les tiroirs et toutes les \u00e9tag\u00e8res de ses placards emplis jusqu\u2019\u00e0 la gueule d\u2019\u00e9chantillons de m\u00e9dicaments que de jeunes et souvent jolies d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es des laboratoires pharmaceutiques c\u00e9l\u00e8bres lui fournissaient gracieusement et parmi lesquels, \u00f4 divine surprise, elle tomba sur un produit au nom de fleur avec des x et des z qualifi\u00e9 dans la notice d\u2019accompagnement de somnif\u00e8re doux dont la prescription, loin d\u2019\u00eatre r\u00e9serv\u00e9e aux vieillards cacochymes, pouvait aussi \u00eatre propos\u00e9e aux enfants en bas \u00e2ge insomniaques comme c\u2019\u00e9tait justement mon cas. D\u00e9j\u00e0 parvenue \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du cabinet de mon p\u00e8re, et apr\u00e8s en avoir soigneusement referm\u00e9 les lourdes portes de ch\u00eane que mon p\u00e8re tenait d\u2019habitude verrouill\u00e9es, elle se dit en son for int\u00e9rieur\u00a0:<em>\u00a0<\/em><br \/>\n<strong>mais c\u2019est quelquefois au moment o\u00f9 tout nous semble perdu que l\u2019avertissement arrive qui peut nous sauver\u00a0: on a frapp\u00e9 \u00e0 toutes les portes qui ne donnent sur rien, et la seule par o\u00f9 on peut entrer et qu\u2019on aurait cherch\u00e9e en vain pendant cent ans, on y heurte sans le savoir et elle s\u2019ouvre.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993366;\"><em>*(&#8230;) RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES pourrait \u00eatre l\u2019occasion pour vous de reprendre cette expression, \u00e0 propos de tout, de rien, d\u2019un \u00e9v\u00e8nement, d\u2019un film, d\u2019un animal (plus de veaux svp), du temps qu\u2019il fait. Un texte de fiction, un souvenir, un po\u00e8me, un coup de col\u00e8re ou d\u2019enthousiasme sur la vie qui va, un peu tout ce que je fais en tant que r\u00e9dacteur quasi unique du JdC. L\u2019avantage du RENDEZ-VOUS par rapport au commentaire d\u2019article est que vous serez lib\u00e9r\u00e9s de l\u2019obligation de rester \u00e0 peu pr\u00e8s dans le cadre du sujet de l\u2019article.<br \/>\n\u00c7a pourrait marcher comme \u00e7a : vous \u00e9crivez votre machin en Word, vous lui donnez un titre et si vous le souhaitez, vous y joignez une photo vous m\u2019envoyez le tout par email en me pr\u00e9cisant quelle signature vous souhaitez voir appara\u00eetre sous le texte, votre pseudonyme ou votre vrai nom. (&#8230;)<br \/>\n(JdC du 13\/05\/2020 \u2014 Extrait))<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La page de 16h47 est ouverte&#8230;* Comme vous l&rsquo;avez compris, je l&rsquo;esp\u00e8re, les textes en gras sont l&rsquo;incipit et l&rsquo;excipit d&rsquo; \u00c0 la recherche du temps perdu, et ce qui est entre les deux est de Lorenzo. &nbsp; A la recherche du sommeil perdu Longtemps, je me suis couch\u00e9 de bonne heure,\u00a0 mais, \u00e0 la &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=27640\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Rendez-vous \u00e0 cinq heures avec l&rsquo;Entre-deux selon Lorenzo<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[2,15],"tags":[1372,111],"class_list":["post-27640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-textes","category-themes","tag-lorenzo","tag-proust"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/27640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=27640"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/27640\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=27640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=27640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=27640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}