{"id":27065,"date":"2021-01-09T07:47:32","date_gmt":"2021-01-09T06:47:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=27065"},"modified":"2021-01-11T17:13:42","modified_gmt":"2021-01-11T16:13:42","slug":"le-mecanisme-danticythere-chapitre-13-3-valerios-doxiadis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=27065","title":{"rendered":"Le m\u00e9canisme d&rsquo;Anticyth\u00e8re &#8211; Chapitre 13-3 -Valerios Doxiadis"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014C&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui est venu de Londres qui nous l&rsquo;a appris. Il nous a convoqu\u00e9 sur place. Il nous a dit qu&rsquo;il repr\u00e9sentait le notaire de Mister Grantham et qu&rsquo;il \u00e9tait l\u00e0 pour voir les <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-27014\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Capture-decran-2020-11-21-a-10.41.18.jpeg\" alt=\"\" width=\"156\" height=\"146\" \/>vestiges et r\u00e9gler les comptes. Quand il a eu fini de visiter les ruines, il a dit que tout ce qui restait ne valait plus rien. Il nous a r\u00e9gl\u00e9 nos gages et il a pay\u00e9 le loyer au propri\u00e9taire. Le lendemain, il est rentr\u00e9 \u00e0 Londres. <\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014Et ces objets que vous avez r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s et qui ne valent rien, vous voulez me les vendre&#8230;<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u2014C&rsquo;est pour un notaire anglais qu&rsquo;ils ne valent rien, mais pour vous, \u00e7a vaut surement quelque chose. Vous devriez venir les voir. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><br \/>\n<strong>Chapitre 13-3 &#8211; Valerios Doxiadis\u00a0 <\/strong><br \/>\n<em>Samedi 19 Septembre 1903<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Valerios r\u00e9fl\u00e9chit. Les instruments scientifiques, les appareils photos doivent avoir \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9s par la chaleur et la fum\u00e9e de l&rsquo;incendie ; ils sont probablement inutilisables. Mais les livres, les notes de Timothy, si on peut les nettoyer, seront surement lisibles. On ne sait jamais, \u00e7a pourrait \u00eatre int\u00e9ressant pour sa carri\u00e8re, tout ce travail. Il est sur le point de demander au majordome obs\u00e9quieux s&rsquo;il a retrouv\u00e9 l&rsquo;astrolabe, la seule chose qui pourrait pr\u00e9senter un int\u00e9r\u00eat, mais<!--more--> il renonce dans la crainte que, si l&rsquo;instrument a \u00e9t\u00e9 effectivement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, sa question ne fasse monter son prix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Et tout ce bric-\u00e0-brac, o\u00f9 est-il, s&rsquo;il vous plait ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014J&rsquo;ai emport\u00e9 tout \u00e7a chez mes cousins, \u00e0 Vouliagmeni. On peut y aller maintenant, si vous voulez.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Avec cette pluie ! Et puis c&rsquo;est au moins \u00e0 trente kilom\u00e8tres ! Non, \u00e9coutez, demain nous serons dimanche.\u00a0Donnez-moi l&rsquo;adresse de vos cousins et je viendrai dans la matin\u00e9e. D&rsquo;accord ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Eh bien, c&rsquo;est que c&rsquo;est un peu difficile \u00e0 trouver. Soyez demain matin devant l&rsquo;\u00e9glise Agios Eleftherios de Vouliagmeni \u00e0 l&rsquo;heure de l&rsquo;office. Je vous attendrai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain, un peu avant dix heures, Valerios se trouvait sur le parvis d&rsquo;Agios Eleftherios. Il avait appuy\u00e9 son v\u00e9lo contre le mur de l&rsquo;\u00e9glise et s&rsquo;\u00e9tait assis c\u00f4t\u00e9 ombre sur la margelle qui entourait le tronc d&rsquo;un cypr\u00e8s. La petite place \u00e9tait d\u00e9serte. La porte de l&rsquo;\u00e9glise \u00e9tait rest\u00e9e ouverte et il pouvait entendre un chant liturgique provenant de l&rsquo;obscurit\u00e9. Il avait parcouru plus de trente kilom\u00e8tres dont une bonne partie par le chemin cahoteux qui longe la c\u00f4te depuis Kallithea. Il \u00e9tait en nage et passablement de mauvaise humeur. Pour \u00e9viter la grosse chaleur, il \u00e9tait parti avant l&rsquo;aube, mais deux crevaisons successives l&rsquo;avaient oblig\u00e9 \u00e0 s&rsquo;arr\u00eater en plein soleil pour r\u00e9parer. Et ce soi-disant majordome qui n&rsquo;\u00e9tait m\u00eame pas l\u00e0 ! Valerios fulminait int\u00e9rieurement. Quelle id\u00e9e de faire confiance \u00e0 ce type ! Il trouvait maintenant qu&rsquo;il y avait quelque chose de louche dans son obs\u00e9quiosit\u00e9. Trop poli pour \u00eatre honn\u00eate, Aggelos. A y bien r\u00e9fl\u00e9chir, son histoire ne tenait pas debout : la maison de Grantham compl\u00e8tement d\u00e9truite ? Mais ses instruments, ses meubles, ses habits ? R\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par Agrafiotis ? Avant ou apr\u00e8s le passage du notaire ? Bizarre, tout cela \u00e9tait bizarre. Mais justement, se disait-il aussi, c&rsquo;est parce que c&rsquo;\u00e9tait bizarre que \u00e7a pouvait \u00eatre int\u00e9ressant, ou m\u00eame seulement amusant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une ombre se planta devant lui. C&rsquo;\u00e9tait Agrafiotis qui venait de sortir de l&rsquo;\u00e9glise avec le reste des fid\u00e8les.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Ah, Monsieur le Professeur ! Je vous ai fait attendre ? J&rsquo;en suis d\u00e9sol\u00e9, mais ne vous voyant pas venir, je suis entr\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise pour y \u00eatre au frais. Quel beau temps, tout de m\u00eame, pour la saison ! Un peu chaud peut-\u00eatre, vous ne trouvez pas ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00c9coutez, Agrafiotis ! Je me suis lev\u00e9 \u00e0 quatre heures du matin, j&rsquo;ai fait trente kilom\u00e8tres dans la poussi\u00e8re, j&rsquo;ai crev\u00e9 deux fois et je suis sale et fatigu\u00e9. Alors, s&rsquo;il vous plait, pas de salamalecs ! Allons-y et qu&rsquo;on en finisse !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Comme vous voudrez, Monsieur Doxiadis, comme vous voudrez. Suivez-moi, s&rsquo;il vous pla\u00eet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Agrafiotis s&rsquo;engagea sur un chemin qui commen\u00e7ait derri\u00e8re l&rsquo;\u00e9glise et montait \u00e0 travers les oliviers. Valerios le suivit en silence, poussant sa bicyclette. Ils grimp\u00e8rent longtemps en pleine chaleur entre deux murs de pierres s\u00e8ches. Ils finirent par atteindre la limite des oliviers, o\u00f9 les deux murs s&rsquo;arr\u00eataient. Le terrain devant eux \u00e9tait rocailleux, \u00e9clatant de soleil. Pas un toit, pas un arbre jusqu&rsquo;au d\u00f4me du sommet de la colline que Valerios apercevait \u00e0 travers l&rsquo;air vibrant de chaleur et les larmes de sueur qui coulaient de son front. \u00c9puis\u00e9, ruisselant, furieux, Valerios jeta sa bicyclette au sol et haleta :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Cette plaisanterie&#8230; a assez dur\u00e9&#8230; vous me dites maintenant o\u00f9 nous allons &#8230; et quand nous y arriverons&#8230; ou bien&#8230; ou bien&#8230; je monte sur ma bicyclette&#8230; et je redescends d&rsquo;un coup jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9glise et je rentre chez moi !&#8230; ou bien &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Mais, nous sommes presque arriv\u00e9s, Monsieur le Professeur ! La maison de mes cousins est juste derri\u00e8re le sommet, l\u00e0. Dans cinq minutes vous pourrez voir son toit et nous y serons dans dix minutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">-Faites attention, Aggelos. Si vous m&rsquo;avez racont\u00e9 des histoires, je suis capable de vous battre, vous savez ? J&rsquo;ai fait de la boxe fran\u00e7aise quand j&rsquo;\u00e9tais au Louvre \u00e0 Paris. Faites tr\u00e8s attention.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aggelos ne savait pas ce que c&rsquo;\u00e9tait que la boxe fran\u00e7aise, mais il ne fut pas impressionn\u00e9 par ces menaces. La carrure du Professeur n&rsquo;avait rien de vraiment dangereux et par contre, lui, il avait connu dans sa jeunesse pas mal de bagarres du c\u00f4t\u00e9 du port du Pir\u00e9e. Il en avait gard\u00e9 une certaine adresse au couteau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu&rsquo;il en soit, ce qu&rsquo;Aggelos ignorait aussi, c&rsquo;est que Valerios se vantait un peu. Il n&rsquo;avait fait qu&rsquo;assister \u00e0 quelques combats de d\u00e9monstration dans un gymnase du quartier de la Bastille. Mais il n&rsquo;eut pas \u00e0 prouver ses dires : Agrafiotis lui jura aussit\u00f4t que jamais il ne lui viendrait \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de vouloir tromper un homme aussi \u00e9minent que le professeur et que de toute fa\u00e7on, ils \u00e9taient presque arriv\u00e9s. Si le professeur voulait se reposer un peu \u00e0 l&rsquo;ombre de cet olivier&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ne pas montrer davantage sa faiblesse, Valerios refusa le r\u00e9pit propos\u00e9 et ils repartirent vers le sommet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aggelos avait dit vrai : par-dessus la cr\u00eate, ils aper\u00e7urent bient\u00f4t le haut d&rsquo;un cypr\u00e8s courb\u00e9 par le vent, puis le sommet d&rsquo;un toit de tuile, puis un olivier maigrichon et d&rsquo;autres toits de tuiles et de t\u00f4les. Parvenus au sommet, le vent les saisit aussit\u00f4t. Valerios s&rsquo;arr\u00eata un instant, face \u00e0 la pente. Les pans de sa veste flottaient derri\u00e8re lui et son pantalon frissonnait sur ses jambes. Une d\u00e9licieuse fraicheur lui ass\u00e9cha d&rsquo;abord le visage puis la poitrine et les \u00e9paules. Devant lui se dressait face \u00e0 la mer ce qui devait \u00eatre la ferme des cousins Agrafiotis. La vue \u00e9tait immense. La mer \u00e9tait bleu fonc\u00e9, profond. De grosses vagues avan\u00e7aient lentement vers la c\u00f4te o\u00f9 elles se brisaient silencieusement sur des rochers blancs. Dans la puret\u00e9 de l&rsquo;air balay\u00e9 par la brise, au-del\u00e0 de la toute petite ile de Fleves, se dessinait nettement la c\u00f4te lointaine du P\u00e9loponn\u00e8se. De la hauteur o\u00f9 ils \u00e9taient, ils n&rsquo;entendaient que le vent, avec de temps en temps, le bruit sourd et puissant d&rsquo;une vague s&rsquo;engouffrant dans une grotte invisible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014C&rsquo;est la ferme de mes cousins, annon\u00e7a Agrafiotis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Affectant de ne pas pr\u00eater attention \u00e0 son guide, Valerios demeura encore quelques instants dans la contemplation de ce morceau de mer \u00c9g\u00e9e, puis, sans regarder Agrafiotis, il ordonna : \u00ab\u00a0Allons-y !\u00a0\u00bb et ils commenc\u00e8rent \u00e0 descendre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>A SUIVRE <\/em><\/strong><\/span><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2014C&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui est venu de Londres qui nous l&rsquo;a appris. Il nous a convoqu\u00e9 sur place. 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