{"id":2656,"date":"2015-02-15T06:44:35","date_gmt":"2015-02-15T04:44:35","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2656"},"modified":"2016-03-08T13:12:09","modified_gmt":"2016-03-08T11:12:09","slug":"un-pterodactyle-sur-fond-dazur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=2656","title":{"rendered":"Bonjour, Philippines ! Chap.1: Un pt\u00e9rodactyle sur fond d&rsquo;azur"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/pt\u00e9rodactyle.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-2659\" src=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/pt\u00e9rodactyle-150x150.png\" alt=\"pt\u00e9rodactyle\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a>La sc\u00e8ne se passe au Bureau Central d&rsquo;Etudes pour les \u00c9quipements d&rsquo;Outre-Mer, 15 Square Max Hymans \u00e0 Paris. Philippe est seul dans la salle de r\u00e9union du quatri\u00e8me \u00e9tage, d\u00e9partement des \u00e9tudes \u00e9conomiques. Sur le grand planisph\u00e8re offert par UTA qui est affich\u00e9 au mur, \u00e7a ressemble \u00e0 un gigantesque pt\u00e9rodactyle volant lourdement sur fond d&rsquo;azur. C&rsquo;est Mindanao.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mindanao. J&rsquo;ai mis du temps \u00e0 trouver cette ile sur la carte, car au moment o\u00f9 j&rsquo;ai appris qu&rsquo;on voulait m&rsquo;envoyer aux Philippines pour cinq ou six mois, je ne savais m\u00eame pas dans quel oc\u00e9an se trouvait cet archipel. Maintenant, je sais : c&rsquo;est loin. Cette multitude d&rsquo;\u00eeles avec leurs formes \u00e9tranges et entrem\u00eal\u00e9es ne m&rsquo;inspire pas une grande confiance. De plus,<!--more-->les circonstances ne sont pas tr\u00e8s favorables : C\u00e9cile vient d&rsquo;avoir six ans et Thomas six mois et il n&rsquo;est pas question de les emmener dans un pays si \u00e9loign\u00e9 et si diff\u00e9rent de <a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/pt\u00e9rodactyle.png\"><br \/>\n<\/a>tout ce que nous connaissons. Cela signifie donc une longue s\u00e9paration. Vaguement inquiet, je me dis cependant que, revenant d&rsquo;une mission presque paradisiaque au Liban, il serait malvenu, si je veux progresser un peu dans cette soci\u00e9t\u00e9, de refuser celle-l\u00e0. Je me dis aussi qu&rsquo;il est peut-\u00eatre temps de vivre des exp\u00e9riences un peu plus aventureuses <a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2014\/12\/pt\u00e9rodactyle.png\"><br \/>\n<\/a>qu&rsquo;\u00e9tudier l&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique du boulevard p\u00e9riph\u00e9rique de Beyrouth. Je vais donc accepter la mission. Et c&rsquo;est pourquoi en ce d\u00e9but d\u00e9cembre, je suis devant cette grande carte du monde en train d&rsquo;\u00e9valuer la distance entre Paris et ce gros oiseau de mauvais augure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>L&rsquo;image du pt\u00e9rodactyle dispara\u00eet en fondu enchain\u00e9 sur celle d&rsquo;un Boeing volant au-dessus de l&rsquo;oc\u00e9an. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques jours plus tard, je me retrouve dans le 707 qui doit effectuer le parcours Bruxelles-Karachi-Bangkok. En effet, pour me remplir d&rsquo;aise encore davantage, le B.C.E.O.M. a d\u00e9cid\u00e9 que le voyage se ferait en avion charter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai un compagnon de voyage. J&rsquo;ai oubli\u00e9 son nom, mais je me souviens parfaitement que c&rsquo;\u00e9tait un imb\u00e9cile. Il n&rsquo;est pas encore sexag\u00e9naire, de taille moyenne, les cheveux gris clairsem\u00e9s et l&rsquo;air perp\u00e9tuellement grognon. Il porte un de ces gilets de toile beige clair, d\u00e9pourvus de manches mais munis de plusieurs mousquetons et d&rsquo;innombrables poches de formes et de tailles diverses qui permettent d&rsquo;accrocher ou de ranger tout un tas d&rsquo;objets indispensables lors d&rsquo;un voyage de pr\u00e8s de vingt-quatre heures en avion: pellicules photographiques, objectifs de rechange, carte d&rsquo;\u00e9tat-major, boussole, couteau multi-usages, crayons, bloc-notes, stylos de plusieurs couleurs, poncho en mati\u00e8re plastique, hamac de campagne&#8230; Il sera l&rsquo;ing\u00e9nieur routier de la mission. . Appelons le Andr\u00e9 Ratinet. C&rsquo;est un nom qu&rsquo;il aurait pu porter.<br \/>\nDonc, Ratinet \u00e9tait un imb\u00e9cile, et je pense que, sauf accident, il doit l&rsquo;\u00eatre encore. Il n&rsquo;\u00e9tait pas du genre imb\u00e9cile heureux mais plut\u00f4t du genre imb\u00e9cile r\u00e2leur, craintif et casanier. En fait, Ratinet n&rsquo;avait jamais envie d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 il \u00e9tait et consid\u00e9rait qu&rsquo;il \u00e9tait profond\u00e9ment injuste qu&rsquo;il y soit. Mais le pire, c&rsquo;est qu&rsquo;en plus de b\u00e9n\u00e9ficier de cette personnalit\u00e9 \u00e0 tendance l\u00e9g\u00e8rement parano\u00efaque et lourdement d\u00e9pourvue d&rsquo;humour, Ratinet avait r\u00e9ellement la poisse. Cet individu attirait la foudre. Fatalement, il se vit attribuer le si\u00e8ge cass\u00e9 dans l&rsquo;avion, sa valise se perdit \u00e0 l&rsquo;escale et c&rsquo;est sur lui que l&rsquo;h\u00f4tesse renversa le caf\u00e9. Il consid\u00e9ra chacun de ces \u00e9v\u00e9nements comme une d\u00e9monstration suppl\u00e9mentaire de l&rsquo;injustice dont le monde faisait preuve \u00e0 son encontre et comme une justification de plus pour continuer \u00e0 faire la gueule. Et encore, il \u00e9tait loin d&rsquo;avoir tout vu.<br \/>\nQuand on rencontre quelqu&rsquo;un comme \u00e7a, au d\u00e9but, on n&rsquo;y croit pas. Puis la r\u00e9alit\u00e9 de sa mal\u00e9diction s&rsquo;impose et on finit par la lui reprocher, ce qui le rend encore plus bougon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apres un grand nombre d&rsquo;heures de vol inconfortables, nous arrivons \u00e0 Bangkok o\u00f9 nous dormons dans un m\u00e9chant h\u00f4tel proche de l&rsquo;a\u00e9roport. Je partage une chambre avec Ratinet mais rien de f\u00e2cheux ne se produit. Nous quittons la ville le lendemain en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi dans un avion de Philippine Airlines. Nous ne verrons pas Bangkok cette fois-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;atmosph\u00e8re qui r\u00e8gne dans ce bel avion tout neuf de la compagnie philippine nous change de l&rsquo;ambiance charter du d\u00e9but de notre voyage. Les h\u00f4tesses sont jolies et portent un tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gant tailleur uniforme qu&rsquo;elles troquent pour une superbe robe imprim\u00e9e pendant le vol. Nourriture et boissons sont servies avec amabilit\u00e9 et en abondance, m\u00eame dans notre classe touriste. Nous avons quand m\u00eame \u00e9t\u00e9 un peu surpris par les annonces faites tout \u00e0 l&rsquo;heure en salle d&#8217;embarquement puis dans l&rsquo;avion qui roulait au sol pour nous demander de bien vouloir remettre nos armes au personnel de bord. Notre surprise s&rsquo;agr\u00e9mente d&rsquo;une certaine inqui\u00e9tude lorsque, une fois l&rsquo;avion en l&rsquo;air, l&rsquo;annonce habituelle permettant de d\u00e9tacher les ceintures de s\u00e9curit\u00e9 est suivie par cette ultime recommandation: \u00ab\u00a0que les passagers qui ont conserv\u00e9 leur arme veuillent bien la d\u00e9charger.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;avion se pose \u00e0 Manille un peu apr\u00e8s 5 heures du soir. Le temps que nous descendions de l&rsquo;appareil et que nous passions les formalit\u00e9s de police et de douane, la nuit noire est tomb\u00e9e. Il est \u00e0 peine plus de 6 heures, et il fait chaud et humide. L&rsquo;a\u00e9rogare est ouverte \u00e0 tous les vents, de gros ventilateurs tournent aux plafonds, mais il fait tr\u00e8s chaud et tr\u00e8s humide. Je constate que ce clich\u00e9 qui consiste \u00e0 d\u00e9crire le monde asiatique comme grouillant de petits hommes jaunes est en fait plein de v\u00e9rit\u00e9. Le monde asiatique qui me saute \u00e0 la figure est effectivement grouillant de petits hommes, ici plus bronz\u00e9s que jaunes, qui portent pantalon noir et chemise blanche \u00e0 manches longues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Gros plan sur une paire de Ray-ban, puis travelling arri\u00e8re pour finir sur le personnage en plan am\u00e9ricain. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">G\u00e9rard Peltier, lui, porte une chemise en madras sombre \u00e0 manches courtes, un pantalon de toile beige, de grosses chaussures de ville noires et des lunettes de soleil de pilote am\u00e9ricain. Il porte aussi une pancarte au nom de notre soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est notre chef de mission. Il est arriv\u00e9 il y a un peu plus d&rsquo;une semaine et, comme il se doit, il est venu nous accueillir \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport.<br \/>\nPeltier est plut\u00f4t petit et r\u00e2bl\u00e9. Il a les cheveux noirs et boucl\u00e9s et, depuis un an ou deux, il porte la quarantaine all\u00e8grement. All\u00e8grement est bien le mot qui convient, car, pendant les six mois qu&rsquo;elle durera, G\u00e9rard portera cette mission all\u00e8grement. Ce soir, il est ravi d&rsquo;avoir d\u00e9croch\u00e9 cette affectation, ravi des possibilit\u00e9s offertes par le pays, ravi de rencontrer deux des bonshommes qu&rsquo;il devra diriger. G\u00e9rard est gai, au sens que ce mot avait encore sans ambigu\u00eft\u00e9 en 1971, et il le sera tout le temps, de mani\u00e8re spontan\u00e9e ou forc\u00e9e selon les circonstances, mais tout le temps. Son optimisme r\u00e9solu nous sera parfois tr\u00e8s utile, mais ce soir, sa gait\u00e9 me porte sur les nerfs : je suis d\u00e9boussol\u00e9 par le d\u00e9calage horaire et culturel, pas du tout enthousiaste sur la mission et, pour tout dire, de mauvaise humeur. Je laisse donc passer le d\u00e9luge verbal enjou\u00e9 de Peltier en faisant la gueule avec Ratinet et je me laisse conduire vers la voiture avec chauffeur qui nous attend.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Ext\u00e9rieur nuit. Un large boulevard de bord de mer. Sur la gauche, on peut voir les lumi\u00e8res des bateaux en attente dans la baie de Manille. Les enseignes lumineuses multicolores des grands h\u00f4tels et les lampes temp\u00eates des petits commerces ambulants se succ\u00e8dent en reflet sur la carrosserie de la Chevrolet Impala.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grosse voiture noire emprunte le Roxas boulevard vers Manille sur quelques kilom\u00e8tres, puis elle prend la contre-all\u00e9e qui doit mener \u00e0 l\u2019h\u00f4tel que Peltier nous a choisi. J\u2019ai un moment d\u2019espoir quand nous ralentissons \u00e0 l\u2019approche du Hyatt Regency Hotel, mais la voiture continue sur quelques centaines de m\u00e8tres et s\u2019arr\u00eate sous la marquise du Blue Lagoon Hotel. C\u2019est un h\u00f4tel assez grand mais pas ce qu&rsquo;on peut appeler un grand h\u00f4tel. Le hall est bleu\u00a0: carrelages bleu roi au sol, carrelages bleu ciel aux murs, peinture bleu marine au plafond, \u00e9clairage aux n\u00e9ons bleu \u00e9lectrique sous lequel tout le monde a mauvaise mine. Deux vigiles arm\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;uniforme forc\u00e9ment bleu, surveillent la foule qui va et vient sans arr\u00eat entre l&rsquo;entr\u00e9e, le comptoir d&rsquo;enregistrement et les ascenseurs. Peltier a bien fait les choses, car nos chambres sont d\u00e9j\u00e0 attribu\u00e9es, les tarifs n\u00e9goci\u00e9s et les papiers remplis. Il nous donne rendez-vous dans le lobby dans deux heures pour aller diner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma chambre donne sur l\u2019arri\u00e8re. Toutes lumi\u00e8res allum\u00e9es, elle demeure sombre et lugubre, avec ses gros meubles en bois tropical. Un climatiseur traverse la cloison sous la fen\u00eatre et souffle bruyamment un air glac\u00e9 et humide avec des p\u00e9riodes d&rsquo;\u00e9tranges grincements et borborygmes. J&rsquo;allume la t\u00e9l\u00e9vision. Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations psych\u00e9d\u00e9liques, l&rsquo;image se pr\u00e9cise autour d&rsquo;un western philippin en noir et blanc dont le sc\u00e9nario et la mise en sc\u00e8ne sont directement inspir\u00e9s des films muets de Tom Mix. Le tiroir de la table de nuit contient une Bible, et celui du bureau une corde \u00e0 n\u0153uds \u00e0 laquelle est attach\u00e9e une \u00e9tiquette: \u00ab\u00a0<em>A n&rsquo;utiliser qu&rsquo;en cas d&rsquo;incendie<\/em>\u00ab\u00a0. Je suis content que ma chambre ne soit qu&rsquo;au troisi\u00e8me \u00e9tage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir pris une douche et d\u00e9ball\u00e9 mes affaires, je suis encore en avance pour rencontrer Peltier au lobby, mais je ne me vois pas passer une heure encore \u00e0 attendre dans cette chambre sinistre devant le nouveau western Pilipino qui vient de commencer. Je descends donc au rez-de-chauss\u00e9e dans l&rsquo;espoir de trouver un endroit confortable. Devant la foule bruyante qui se presse dans le bar, je renonce \u00e0 mon demi pression et, apr\u00e8s avoir tourn\u00e9 trois fois dans la minuscule boutique pour touristes de l&rsquo;h\u00f4tel, je choisis de m&rsquo;asseoir sur une banquette le long d&rsquo;un mur de fa\u00efence bleue. L&rsquo;homme qui est assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, bien que visiblement philippin, ne porte pas l&rsquo;uniforme d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit mais un pantalon et une chemise en jean et, chose exceptionnelle, un chapeau de paille. Il doit avoir une soixantaine d&rsquo;ann\u00e9es. Je ne sais plus comment il a engag\u00e9 la conversation, mais c&rsquo;est fait, et je me retrouve \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ses questions : d&rsquo;o\u00f9 je viens, pour quoi faire, pour combien de temps&#8230;Il ne tarde pas \u00e0 me parler de sa fille, trente-cinq ans, parlant anglais et espagnol, sachant taper \u00e0 la machine, belle&#8230;Puisque nous aurons besoin de secr\u00e9taires, je pourrais la rencontrer d\u00e8s ce soir, ici m\u00eame. Comme il insiste beaucoup, je finis par lui dire que l&rsquo;administration pour laquelle nous allons travailler nous a d\u00e9j\u00e0 pourvus en dactylos. Il insiste encore en ajoutant que sa fille sait tout faire, vraiment tout faire&#8230;Les arriv\u00e9es simultan\u00e9es de mes deux coll\u00e8gues me sortent de cette situation. Dans la voiture qui nous emm\u00e8ne diner, Peltier me f\u00e9licite d&rsquo;avoir d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 le principal souteneur admis \u00e0 exercer dans l&rsquo;h\u00f4tel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que le serveur se soit tromp\u00e9 dans la prise de la commande de Ratinet, nous passons un agr\u00e9able diner sur la terrasse du Hilton au bord de la piscine. Je commence \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer et \u00e0 trouver G\u00e9rard Peltier sympathique, mais je refuse de l&rsquo;accompagner en bo\u00eete. Il n&rsquo;a pas jug\u00e9 utile de demander \u00e0 Ratinet.<br \/>\nIl nous donne quartier libre pour demain en nous indiquant quelques lieux \u00e0 visiter: le parc Luneta, le vieux fort espagnol Santiago&#8230;.une voiture viendra nous chercher apr\u00e8s demain matin \u00e0 7 heures 30 pour nous emmener d\u00e9couvrir nos bureaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour au Blue Lagoon. Toujours la foule au teint bleu-blafard. R\u00e9ception, cl\u00e9, ascenseur, chambre. Dormir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dormir. Qui sait, r\u00eaver peut-\u00eatre\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Fondu au noir sur le climatiseur Airwell qui tressaute et grince.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong><a href=\"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=2897\">Chapitre 2 &#8211; Des m\u00e9faits de l&rsquo;air conditionn\u00e9<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sc\u00e8ne se passe au Bureau Central d&rsquo;Etudes pour les \u00c9quipements d&rsquo;Outre-Mer, 15 Square Max Hymans \u00e0 Paris. Philippe est seul dans la salle de r\u00e9union du quatri\u00e8me \u00e9tage, d\u00e9partement des \u00e9tudes \u00e9conomiques. 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