{"id":26418,"date":"2020-11-24T07:47:13","date_gmt":"2020-11-24T06:47:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=26418"},"modified":"2020-11-24T17:10:39","modified_gmt":"2020-11-24T16:10:39","slug":"un-cafe-non-merci","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=26418","title":{"rendered":"Un caf\u00e9 ? Non, merci !"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Moi, j\u2019aime pas les caf\u00e9s\u00a0; je ne m\u2019y suis jamais senti bien et je n\u2019y ai jamais per\u00e7u la moindre chaleur humaine. Les inconditionnels ont beau me dire qu\u2019ils vont au caf\u00e9 pour se retrouver face \u00e0 eux-m\u00eames, moi, j\u2019ai plut\u00f4t l\u2019impression qu\u2019ils y vont pour \u00e9chapper \u00e0 eux-m\u00eames. Dans leurs paradis publics pour r\u00eaveurs solitaires r\u00e8gne une connivence d\u2019habitu\u00e9s dont je ne comprends pas la langue. Leur indiff\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des clients de passage accentue mon sentiment d\u2019exclusion. Mais n\u2019exag\u00e9rons rien, tout n\u2019est pas si d\u00e9sagr\u00e9able dans un caf\u00e9\u00a0! Parfois, apr\u00e8s de multiples tentatives infructueuses pour accrocher son retard fix\u00e9 sur un horizon imaginaire, il arrive, mais pas \u00e0 tous les coups, que le gar\u00e7on s\u2019aper\u00e7oive enfin de votre pr\u00e9sence et condescende \u00e0 venir prendre votre commande tout en vous faisant bien comprendre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une faveur. Si vous \u00e9tiez ce jour-l\u00e0 en charmante compagnie, votre honneur est sauf.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, d\u00e9cid\u00e9ment, je n\u2019aime pas les caf\u00e9s, mais alors pas du tout\u00a0! Leurs si\u00e8ges sont inconfortables et, \u00e0 mon malaise psychologique, s\u2019ajoute un malaise physique qui <!--more-->me donne des fourmis dans les jambes et envie de m\u2019enfuir. Malgr\u00e9 mon aversion, l\u2019honn\u00eatet\u00e9 m\u2019oblige \u00e0 reconna\u00eetre que je m\u2019y pr\u00e9cipite n\u00e9anmoins dans deux circonstances\u00a0: la premi\u00e8re quand j\u2019ai tr\u00e8s soif, et alors je prends un demi pression au comptoir, et la seconde quand j\u2019ai envie de faire pipi, et alors je prends aussi un demi pression au comptoir. Mon \u00e9pouse a exig\u00e9 la suppression de ce paragraphe qui, selon elle, manque de po\u00e9sie, ce que j\u2019ai refus\u00e9 de faire au pr\u00e9texte que l\u2019\u00e9criture, c\u2019est la vie, la vraie. D\u2019ailleurs, en tant que m\u00e9decin, je suis fort surpris que Swann n\u2019aille jamais faire pipi pendant les 10\u00a0000 pages de la Recherche. Cette contrainte physiologique qui s\u2019est accentu\u00e9e avec le temps n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 inutile\u00a0; elle m\u2019a permis de d\u00e9couvrir un th\u00e8me de photographies int\u00e9ressant quoiqu\u2019un <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-26422\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/a-Moguer-Rabida-395-ter-MMM-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"230\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/a-Moguer-Rabida-395-ter-MMM-230x300.jpg 230w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/a-Moguer-Rabida-395-ter-MMM-737x960.jpg 737w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/a-Moguer-Rabida-395-ter-MMM-768x1000.jpg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/a-Moguer-Rabida-395-ter-MMM.jpg 907w\" sizes=\"auto, (max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/>peu trivial lui aussi (par chance, mon \u00e9pouse avait interrompu la lecture de ce manuscrit avant d\u2019en arriver \u00e0 ce passage d\u2019une rare crudit\u00e9) : la d\u00e9coration de leurs toilettes est parfois tr\u00e8s r\u00e9ussie, je l\u2019affirme, comme \u00ab\u00a0<em>Aux Vieux Gar\u00e7ons\u00a0\u00bb<\/em>, boulevard Saint Germain, et \u00e0 Moguer en Andalousie o\u00f9 j\u2019avais entre les mains pour le prouver un appareil tr\u00e8s pratique qui permet aussi de prendre des photos. Si, mesdames, c\u2019est vrai.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-26424\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Aux-vieux-gar\u00e7ons-215x300.jpg\" alt=\"\" width=\"215\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Mon premier caf\u00e9, en 1967, avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0Ecritoire\u00a0\u00bb, place de la Sorbonne, et il existe toujours. Il faisait encore nuit ce matin d&rsquo;hiver o\u00f9 j&rsquo;y entrai avec mon ami Jack arriv\u00e9 de Cachan par la ligne de Sceaux. Nous avions un peu de temps avant le premier cours au lyc\u00e9e. Ignorant tout des consommations possibles, je pris comme lui un caf\u00e9 qui ne me rappela en rien le caf\u00e9 au lait de mon petit d\u00e9jeuner. Je fus \u00e9c\u0153ur\u00e9 par son amertume \u00e0 peine att\u00e9nu\u00e9e par le \u00a0ridicule morceau de sucre emball\u00e9 qui l\u2019accompagnait. J\u2019eus un mal de chien \u00e0 le boire jusqu\u2019\u00e0 la lie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Debout au comptoir, je d\u00e9couvrais pour la premi\u00e8re fois de ma vie les autres clients\u00a0: tous, ils avaient l\u2019air triste. Ce spectacle d\u00e9solant est rest\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 mon premier caf\u00e9. J\u2019avais en plus la culpabilit\u00e9 de faire une chose interdite ou plut\u00f4t de faire une chose \u00ab\u00a0pas de mon \u00e2ge\u00a0\u00bb comme si j\u2019\u00e9tais entr\u00e9 par effraction dans le monde des adultes \u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon camarade, lui, semblait tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise et, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, il ne s\u2019agissait pas de son premier caf\u00e9. Il ressemblait \u00e0 Michel Polac \u00e0 cause de sa calvitie pr\u00e9coce et de ses cheveux roux fris\u00e9s sur l\u2019arri\u00e8re du cr\u00e2ne. A mes yeux de l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait d\u2019une grande laideur mais cela ne l\u2019emp\u00eachait pas de mieux jouer au foot que moi. Je v\u00e9n\u00e9rais ce gar\u00e7on qui \u00e9tait, contrairement \u00e0 moi, bien vivant dans la vraie vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme je le constaterai cinquante ans plus tard, les caf\u00e9s s\u00e9duisent plus souvent les litt\u00e9raires que les scientifiques, quoi que\u00a0je connaisse un ing\u00e9nieur des Ponts qui erre toute la journ\u00e9e d\u2019un caf\u00e9 \u00e0 l\u2019autre \u00e0 la recherche, non pas du temps perdu, mais de l\u2019inspiration. Mon ami Jack \u00e9tait un brillant litt\u00e9raire nul en maths qui r\u00e9ussit n\u00e9anmoins \u00e0 obtenir le bac scientifique. Il fit ensuite l\u2019ENA et \u00e9pousa une jeune fille d\u2019une rare vulgarit\u00e9 ce qui n\u2019avait, a priori, aucun rapport. Il me fit la gentillesse de venir bien plus tard au vernissage d\u2019une exposition\u00a0: c\u2019\u00e9tait devenu un pr\u00e9fet bedonnant et faussement bonhomme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis il y eut le \u00ab\u00a0Cluny\u00a0\u00bb, aujourd\u2019hui disparu, \u00e0 l\u2019angle du Boulevard Saint Michel et du Boulevard Saint Germain. Certains midis, on s\u2019y retrouvait pour d\u00e9jeuner avec Jean-Pierre et Claudie au premier \u00e9tage d\u00e9sert. Quels \u00e9taient les autres convives\u00a0? Etais-je encore lyc\u00e9en ou d\u00e9j\u00e0 en Facult\u00e9 de M\u00e9decine\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Dreux, nous fr\u00e9quentions l\u2019 \u00ab\u00a0Auberge Normande\u00a0\u00bb sur la Place de l\u2019Eglise pr\u00e8s du Beffroi. Une fois tous les copains arriv\u00e9s \u00e0 la messe du dimanche matin, on allait y prendre l\u2019ap\u00e9ritif. C\u2019\u00e9tait notre quartier g\u00e9n\u00e9ral qui n\u2019avait rien de charmant en dehors de la jolie Dominique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, je fus \u00e0 l\u2019origine d\u2019un projet insens\u00e9 pour l\u2019\u00e9poque ou plut\u00f4t pour ma sobri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9poque\u00a0: t\u00f4t le matin, nous \u00e9tions all\u00e9s,\u00a0 Daniel et moi, prendre un p\u2019tit blanc sur le zinc d\u2019un caf\u00e9 devant Jussieu. Par manque d\u2019exp\u00e9rience, on s\u2019\u00e9tait ensuite endormis sur les bancs de la Fac. Chaque fois que je passe par l\u00e0, je repense \u00e0 cette aventure saugrenue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y eut ensuite un caf\u00e9 sans \u00e2me, \u00ab\u00a0La Fontaine\u00a0\u00bb, en haut de la rue Cuvier, o\u00f9, pendant le CPEM, nous d\u00e9jeunions souvent. Le menu consistait invariablement en saucisses frites. Je me souviens d\u2019Yves qui \u00e9tait alors mon compagnon de bonne et de mauvaise fortune. Le dimanche soir, dans sa Dyane blanche, une caricature ann\u00e9e 70 de la 2 CV, nous allions jouer au tennis \u00e0 la Varenne Saint Hilaire. Bien plus tard, je d\u00e9couvris que mes amis R. connaissaient bien la patronne des lieux, Monique, la femme de mon professeur de tennis, dont mon p\u00e8re, dans un moment d\u2019\u00e9garement, aurait caress\u00e9 les seins. Contre l\u2019avis de mon \u00e9pouse, j\u2019ai aussi conserv\u00e9 ce passage peu glorieux pour mon g\u00e9niteur car je doute de sa r\u00e9alit\u00e9. Il confirme, si besoin \u00e9tait, qu\u2019il faut bien choisir ses relations, surtout quand on est psychanalyste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant mes \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Cochin, nous allions dans un bistrot qui faisait l\u2019angle de la rue du Faubourg Saint-Jacques avec la petite rue Cassini o\u00f9 avait habit\u00e9 Alain-Fournier. C\u2019\u00e9tait encore un caf\u00e9 glacial o\u00f9 l\u2019on mangeait aussi des saucisses frites. J\u2019y suis retourn\u00e9 r\u00e9cemment avec mon cousin. Il n\u2019a pas chang\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour les raisons dont j\u2019ai parl\u00e9 plus haut, j\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9 assid\u00fbment, au moins trois fois en dix ans, le caf\u00e9 de la Mairie d\u2019o\u00f9 l\u2019on a une belle vue sur la place Saint-Sulpice qui me rappelle les places des villes italiennes. Mais ici, h\u00e9las, le tableau r\u00e9unissant des voitures, des b\u00e2timents h\u00e9t\u00e9roclites, la disgracieuse Eglise Saint-Sulpice, la Mairie et le Commissariat, n\u2019a rien de s\u00e9duisant. L\u2019espace, lui, \u00e9voque celui, grandiose, des piazzas italiennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u2019\u00e9tant pas obtus (bien que cette affirmation ait \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e par mon \u00e9pouse) et voulant faire comme un ami qui observe les consommateurs et trouve ainsi les personnages de ses nouvelles et de ses romans, je me suis forc\u00e9 \u00e0 retourner au caf\u00e9 o\u00f9 j\u2019ai fait cette \u00e9tonnante constatation\u00a0: les consommateurs sont les m\u00eames qu\u2019il y a cinquante ans\u00a0! On retrouve la lassitude du gar\u00e7on en tablier blanc que vient remplacer un coll\u00e8gue similaire mais un peu plus gros, la jeune femme brune en robe noire dont les yeux maquill\u00e9s \u00e0 l\u2019exc\u00e8s ont pleur\u00e9, la vieille dame originale avec ses paquets bariol\u00e9s, les \u00e9tudiants excit\u00e9s aux rires stridents, le jeune cadre cravat\u00e9 qui parle tout seul avec des \u00e9couteurs dans les oreilles (je crois qu\u2019avant, il \u00a0parlait aussi tout seul, mais en silence) et la besogneuse recopiant les cours qu\u2019elle a du s\u00e9cher en attendant son amoureux. J\u2019oubliais les deux jeunes filles en terrasse, ni belles ni laides, qui papotent devant leur tasse de th\u00e9 et dont je n\u2019ai jamais r\u00e9ussi \u00e0 entendre l\u2019interminable conversation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reflet de la modernit\u00e9 et seule nouveaut\u00e9, la pr\u00e9sence d\u2019un monsieur d\u2019un certain \u00e2ge (et il ne s\u2019agit jamais d\u2019une femme) qui passe des heures assis devant son ordinateur portable. Est-il en train de travailler\u00a0? Non, c\u2019est impossible, il a largement d\u00e9pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge. Alors que peut-il bien faire\u00a0? Il \u00e9crit, tout simplement. Il \u00e9crit son journal ou un roman, ici, tous les jours, dans le m\u00eame caf\u00e9. Il pourrait \u00e9crire chez lui, au lit ou dans un fauteuil confortable, mais non, il se rend au caf\u00e9 tous les matins et s\u2019assied \u00e0 la m\u00eame table avec vue sur les grilles du Jardin du Luxembourg. Il y consomme un express sans sucre et aussi la vie de ses voisins, \u00e0 condition qu\u2019ils parlent assez fort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Heureusement, comme dans les belles fables, tout est bien qui finit bien. Par un curieux paradoxe, c\u2019est dans un caf\u00e9 que je rencontrai Anne, ma future femme. Lionel et Titi avaient organis\u00e9 \u00e0 la Caravelle notre rencontre qu\u2019ils savaient \u00e0 l\u2019avance d\u00e9cisive. Ce caf\u00e9, \u00a0avec ses pirates peints sur les murs, avait eu plusieurs fonctions au fil du temps\u00a0: Il accueillit d\u2019abord le cin\u00e9ma de mon enfance avec le documentaire, les r\u00e9clames Balzac 0001, les esquimaux et le grand film, puis s\u2019y d\u00e9roul\u00e8rent les f\u00eates costum\u00e9es du Club des Mouettes o\u00f9 Marcelline dansait, et c\u2019est l\u00e0 que, plus tard, nous pr\u00eemes conscience de la maladie de Marie-France. La Caravelle devint ensuite le caf\u00e9 de mon adolescence puis le lieu mythique o\u00f9 je rencontrai Anne en juillet 1974. Que doit notre rencontre et ses cons\u00e9quences \u00e0 l\u2019aveuglant soleil couchant qui p\u00e9n\u00e9trait horizontalement par les portes grandes ouvertes et qui emp\u00eachait de voir le visage des arrivants\u00a0\u00e0 contre-jour ? Anne avait \u00e0 peine aper\u00e7u ce grand gars \u00e0 l\u2019allure gauche qui allait envahir sa vie et lui faire, dit-elle, les plus beaux enfants du monde\u00a0? Personne n\u2019est en mesure de r\u00e9pondre \u00e0 cette question, mais moi, ce jour-l\u00e0, je suis mont\u00e9 sans le savoir dans la Caravelle de ma vie.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Note de l&rsquo;\u00e9diteur : le carr\u00e9 blanc au-dessus n&rsquo;est pas le fait de la censure (quoique, une photo de toilettes publiques&#8230;) mais celui la technique obscure et profonde.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moi, j\u2019aime pas les caf\u00e9s\u00a0; je ne m\u2019y suis jamais senti bien et je n\u2019y ai jamais per\u00e7u la moindre chaleur humaine. Les inconditionnels ont beau me dire qu\u2019ils vont au caf\u00e9 pour se retrouver face \u00e0 eux-m\u00eames, moi, j\u2019ai plut\u00f4t l\u2019impression qu\u2019ils y vont pour \u00e9chapper \u00e0 eux-m\u00eames. 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