{"id":25329,"date":"2020-09-03T16:47:17","date_gmt":"2020-09-03T14:47:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=25329"},"modified":"2020-09-04T08:28:23","modified_gmt":"2020-09-04T06:28:23","slug":"rendez-vous-a-cinq-heures-65","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=25329","title":{"rendered":"RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (66)"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (66)<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-23460\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TASSE-DE-THE%CC%81.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"127\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">3\/09\/2020<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>Jeu de l\u2019excipit<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Voici le cinqui\u00e8me texte participant au jeu.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">On rappelle qu\u2019ils s\u2019agissait d\u2019\u00e9crire un texte original se terminant obligatoirement par les lignes suivantes :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Par la fen\u00eatre du salon, Sassi Manoon regarda les feux du yacht disparaitre dans la nuit. Un des policiers vint lui tenir compagnie.<\/em><\/strong><strong><em><br \/>\n\u2014 Voyez-vous, miss Manoon, dit-il au bout d\u2019un instant, ce sont des jeunes gens comme ceux-l\u00e0 qui me donnent confiance en l\u2019avenir.<br \/>\n\u2014 Pour moi aussi, dit Sassi Manoon, c\u2019est la m\u00eame chose.<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>SASSI MANOON 5<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De bonne heure ce matin-l\u00e0 apr\u00e8s avoir vid\u00e9 la cave du foyer, plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves \u00e9voqu\u00e8rent avec \u00e9motion le destin tragique de la belle Constance Bonacieux. L\u2019un des plus brillants d\u2019entre nous et l\u2019une de nos plus belles plumes, Philippe Coutais, dont les initiales \u00e9taient aussi celles de notre prestigieuse \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs v\u00e9n\u00e9rant depuis deux si\u00e8cles la m\u00e9moire de son illustre fondateur, Napol\u00e9on Bonaparte, souhaita r\u00e9diger une biographie en hommage \u00e0 cette h\u00e9ro\u00efne oubli\u00e9e de l\u2019Histoire de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu contrariants de nature mais doutant du bien-fond\u00e9 de cette r\u00e9habilitation tardive, mes camarades et moi-m\u00eame renon\u00e7\u00e2mes \u00e0 en dissuader <!--more-->Philippe Coutais dont les col\u00e8res proverbiales avaient, dans le pass\u00e9, \u00e9loign\u00e9 de notre assembl\u00e9e quelques po\u00e8tes \u00a0mineurs comme Guillaume Apollinaire et Louis Aragon. Ce r\u00e9cit est donc du \u00e0 l\u2019initiative et \u00e0 l\u2019insistance de Philippe Coutais qui eut l\u2019extr\u00eame gentillesse de le corriger et de le modifier quand il ne le jugea pas assez fluide. Sa participation, son implication et son intransigeance firent que seul son nom apparut comme signataire lors de sa publication chez Gallimard en 1923.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Les Trois Mercenaires<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>de et avec Philippe Coutais dans le r\u00f4le principal<\/em><\/p>\n<p><em>Paris, un soir de d\u00e9cembre 1649 &#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une ombre envelopp\u00e9e d\u2019un grand manteau de couleur fonc\u00e9e sortit du Louvre par la Porte du Carrousel et se dirigea vers le passage Richelieu qui ne s\u2019appelait pas encore ainsi. Un homme, v\u00eatu lui aussi d\u2019une cape sombre et couvert d\u2019un feutre aux larges bords comme en portaient \u00e0 cette \u00e9poque les personnages de haute lign\u00e9e, l\u2019attendait derri\u00e8re un pilier de la coursive. Bien que l\u2019heure f\u00fbt propice aux larcins les plus crapuleux, celui-ci ne tremblait pas. Il faut dire qu\u2019il \u00e9tait grand, moustachu et fort arm\u00e9 comme on ne pouvait pas le deviner. La premi\u00e8re ombre le rejoignit et pronon\u00e7a le mot de passe \u00ab\u00a0 Incipit et Excipit\u00a0\u00bb auquel l\u2019autre apporta la r\u00e9ponse attendue \u00ab\u00a0et Particip\u00a0\u00bb. Ensemble, ils quitt\u00e8rent le passage Richelieu et gagn\u00e8rent une porte d\u00e9rob\u00e9e situ\u00e9e sous la statue de Charlemagne. Une fois \u00e0 l\u2019abri des regards, ils enlev\u00e8rent leurs masques et se salu\u00e8rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Je suis Sassi Manoon, ling\u00e8re de la Reine, pour vous servir, Monseigneur\u00a0\u00bb. Sassi Manoon \u00e9tait mot \u00e0 mot la traduction en anglais\u00a0de Constance Bonacieux, le nom de la jeune femme. (<em>Nous f\u00fbmes plusieurs \u00e0 trouver que c\u2019\u00e9tait un peu tir\u00e9 par les cheveux mais Philippe ne voulut rien entendre, mena\u00e7a de d\u00e9missionner et de nous faire un proc\u00e8s. Ce passage fut donc conserv\u00e9 int\u00e9gralement dans la version d\u00e9finitive, \u00e0 notre grand regret<\/em>). L\u2019autre personnage bredouilla dans un fran\u00e7ais approximatif\u00a0: \u00ab\u00a0et moi, a\u00efe-a\u00efe \u00e2me Lord Buckingham\u00a0\u00bb. La mission de la belle mais inconstante Constance \u00e9tait de le conduire dans les appartements de la Reine Anne d\u2019Autriche dont il \u00e9tait tomb\u00e9 \u00e9perdument amoureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le chapitre suivant qui se passait dans la chambre et le lit de la Reine a \u00e9t\u00e9 censur\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le pr\u00e9cis\u00e8rent tous les quotidiens de l\u2019\u00e9poque, il en repartit avec un cadeau d\u2019Anne d\u2019Autriche, les magnifiques Fayrets de Laine que lui avait offerts son \u00e9poux. Cela peut sembler fort imprudent mais c\u2019est authentique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on apprit la d\u00e9cision du Roi de donner un bal o\u00f9 il avait demand\u00e9 \u00e0 la Reine de porter la magnifique parure, Constance Bonacieux fit part du d\u00e9sarroi de cette derni\u00e8re \u00e0 son amant du moment, un certain d\u2019Artagnan. La jeune femme \u00e9tait la fille unique d\u2019un couple originaire du bas de l\u2019Aisne\u00a0; son p\u00e8re, Joseph, \u00e9tait charpentier, et sa m\u00e8re, Marie, \u00e9tait une femme douce et irr\u00e9prochable. Peu apr\u00e8s sa naissance, ses parents, faute de trouver du travail dans cette province sinistr\u00e9e par la famine et la consanguinit\u00e9, mont\u00e8rent \u00e0 Paris o\u00f9 ils v\u00e9curent dans la mis\u00e8re. En 1630, une terrible \u00e9pid\u00e9mie de typhus emporta Joseph et Marie qui n\u2019\u00e9taient pas \u00e0 jour de leurs vaccinations. La petite Constance fut recueillie par chance et par le fr\u00e8re de sa m\u00e8re dont l\u2019\u00e9pouse \u00e9tait ling\u00e8re \u00e0 la Chambre de la Reine, charge prestigieuse comme son nom ne l\u2019indique pas, qu\u2019elle r\u00e9ussit \u00e0 transmettre \u00e0 sa ni\u00e8ce. Ce statut confortable lui conf\u00e9ra une certaine stabilit\u00e9 malgr\u00e9 ses rondeurs avenantes. H\u00e9las, la belle Constance \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9matur\u00e9ment vieillie et, bien qu\u2019\u00e0 peine \u00e2g\u00e9e de vingt cinq ans, elle en paraissait au moins trente. Il faut reconna\u00eetre qu\u2019elle n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e par les difficult\u00e9s de la vie ni ses plaisirs, ne d\u00e9daignant pas \u00e0 l\u2019occasion vendre ses charmes au plus offrant contre esp\u00e8ces tr\u00e9buchantes. Constance n\u2019\u00e9tait pas que la ling\u00e8re d\u2019Anne d\u2019Autriche, elle \u00e9tait aussi la confidente de cette malheureuse Reine d\u00e9laiss\u00e9 par son mari et pleurant chaque jour son Espagne natale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 le r\u00e9cit de sa ma\u00eetresse, d\u2019Artagnan se pr\u00e9cipita chez ses camarades de beuverie, Atoast, Porto\u2019s et Aranis, leurs surnoms l\u00e9gendaires, et, d\u00e8s le lendemain aux aurores, ces quatre fines lames \u00e9taient en route pour Londres afin de r\u00e9cup\u00e9rer les fameux Fayrets. Plus souvent install\u00e9s \u00e0 la terrasse des caf\u00e9s que dans leurs bureaux du Quai des Orf\u00e8vres, ils appartenaient \u00e0 la Compagnie des Mercenaires du Roi de monsieur de Tr\u00e8s-Vil. La rigueur historique et un minimum d\u2019honn\u00eatet\u00e9 obligent \u00e0 dire que ces quatre ivrognes \u00e9taient des brutes analphab\u00e8tes arm\u00e9es jusqu\u2019aux dents, susceptibles comme de vieilles filles, pr\u00e9tentieux, irascibles et menteurs, qui d\u00e9gainaient pour un oui pour un non et qui trucidaient tous ceux qui n\u2019\u00e9taient pas de leur avis d\u2019un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans le dos entre les deux omoplates avant m\u00eame que leurs adversaires n\u2019aient eu le temps de se retourner pour se mettre en garde. On aurait pu les suivre \u00e0 la trace tant leur route \u00e9tait jonch\u00e9e de cadavres. Il en fut de m\u00eame en Angleterre o\u00f9, apr\u00e8s avoir d\u00e9capit\u00e9 une malheureuse jeune femme innocente, Milady de Winter, coupable \u00e0 leurs yeux d\u2019avoir faut\u00e9 avec Atoast \u00e0 l\u2019insu de sa propre volont\u00e9 (Atoast n\u2019avait pas bu que du petit lait non plus ce jour-l\u00e0, soit dit en passant), ils r\u00e9cup\u00e9r\u00e8rent les fameux Fayrets de Laine et les rapport\u00e8rent \u00e0 Constance Bonacieux qui les transmit \u00e0 la Reine en \u00e9change d\u2019une somme dont nous n\u2019osons pas donner le montant astronomique. C\u2019est \u00e0 la taverne Le Cujas, o\u00f9 ils arrosaient la r\u00e9ussite de leur p\u00e9rilleuse mission, que les Quatre Mercenaires prononc\u00e8rent ce qui devait rester leur c\u00e9l\u00e8bre devise\u00a0: \u00ab\u00a0Tout est bien et bien pour tous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la fen\u00eatre de la chambre royale, la jolie madame Bonacieux put apercevoir ses h\u00e9ros quitter en douce la capitale sur une barque de fortune. Un des gardes de la Reine s\u2019approcha d\u2019elle pour l\u2019assurer de la fid\u00e9lit\u00e9 in\u00e9branlable de sa compagnie (<em>il y eut une discussion sur le choix de l\u2019adjectif in\u00e9branlable qui ne semblait pas judicieux \u00e0 la majorit\u00e9 d\u2019entre nous mais l\u00e0 encore Philippe Coutais ne nous laissa pas le choix\u00a0: c\u2019\u00e9tait ce mot-l\u00e0 ou son d\u00e9part assorti de repr\u00e9sailles<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0 Par la fen\u00eatre du salon, Constance Bonacieux regarda les feux de la barque dispara\u00eetre dans la nuit. Un des gardes vint lui tenir compagnie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Voyez-vous, madame Bonacieux, dit-il au bout d\u2019un instant, ce sont des jeunes gens comme ceux-l\u00e0 qui me donnent confiance en l\u2019avenir.<br \/>\n\u2014 Pour moi aussi, dit Constance Bonacieux, c\u2019est la m\u00eame chose.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (66) 3\/09\/2020 Jeu de l\u2019excipit Voici le cinqui\u00e8me texte participant au jeu.\u00a0 On rappelle qu\u2019ils s\u2019agissait d\u2019\u00e9crire un texte original se terminant obligatoirement par les lignes suivantes : Par la fen\u00eatre du salon, Sassi Manoon regarda les feux du yacht disparaitre dans la nuit. 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