{"id":24714,"date":"2020-08-17T07:47:56","date_gmt":"2020-08-17T05:47:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24714"},"modified":"2020-08-18T10:55:44","modified_gmt":"2020-08-18T08:55:44","slug":"le-cujas-27","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24714","title":{"rendered":"Le Cujas (26)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-24690\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Antoine.jpeg\" alt=\"\" width=\"263\" height=\"289\" \/> <span style=\"color: #0000ff;\"><em>En r\u00e9ponse, Antoine se met \u00e0 plaisanter sur les boy-scouts de Combat, et sur l\u2019utilit\u00e9 de leurs actions en zone libre, \u00e0 peu pr\u00e8s aussi efficaces que trois piqures de gu\u00eape sur un ours. Quand mon beau-p\u00e8re parle du devoir d\u2019un Fran\u00e7ais et de l\u2019honneur d\u2019un Colmont, Antoine \u00e9clate de rire. Le Comte est furieux, il s\u2019approche de son fils comme pour le gifler, mais il lui tourne brusquement le dos et sort de la salle \u00e0 manger en claquant le porte. Ma belle-m\u00e8re se pr\u00e9cipite \u00e0 sa suite et je reste seule face \u00e0 Antoine.<\/em><\/span><\/p>\n<p><strong>Chapitre 6 \u2014 Antoine de Colmont<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>Neuvi\u00e8me partie<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce moment, je crois que j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 pour Antoine un sentiment, peut-\u00eatre pas de m\u00e9pris, mais plut\u00f4t de honte. Bien s\u00fbr, je me disais qu\u2019il \u00e9tait malade, affaibli, d\u00e9moralis\u00e9 par sa longue captivit\u00e9, qu\u2019il avait fait largement sa part en s\u2019\u00e9vadant, qu\u2019il avait surmont\u00e9 bien d\u2019autres dangers que ceux que Combat pourrait lui faire courir. Mais je pensais aussi \u00e0 ces jeunes hommes, mon cousin Jean, le fils Bonardi, tous ces gamins de Marseille, de Brignoles ou d\u2019Aubagne qui traversaient la montagne, la nuit, charg\u00e9s de vingt-cinq kilos de fusils ou d\u2019explosifs. Je me disais que ce qu\u2019avait fait Antoine, ce n\u2019\u00e9tait pas suffisant pour qu\u2019il puisse se retirer sous sa tente. Cette d\u00e9pression, c\u2019\u00e9tait somme toute <!--more-->bien confortable&#8230;<br \/>\nIl a d\u00fb deviner mon sentiment car il est sorti sans un mot par la porte-fen\u00eatre. On ne l\u2019a plus revu de toute une semaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, mais son p\u00e8re ne lui parlait plus.<br \/>\nEn novembre, les Allemands ont envahi la zone libre et Combat et d\u2019autres organisations ont entrepris de cr\u00e9er des maquis. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 commettre des attentats et des sabotages. Les Allemands se sont lanc\u00e9s dans une chasse aux maquisards. Au printemps, Auguste Bonardi s\u2019est fait prendre avec des explosifs dans les sacoches de sa bicyclette. Il a \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 la semaine suivante dans la prison d\u2019Aubagne. La r\u00e9pression devenait de plus en plus forte, mais la R\u00e9sistance prenait de plus en plus d\u2019ampleur. Un soir d\u2019\u00e9t\u00e9 43, Jean de Prosny est mont\u00e9 d\u2019Aix pour nous annoncer qu\u2019il quittait Combat pour s\u2019engager dans les FFI. Il allait prendre le maquis dans le massif des Maures. Mario partait avec lui. Le Comte de Colmont h\u00e9sitait \u00e0 le suivre, mais il ne voulait pas nous laisser seules, la Comtesse et moi, avec son fils. Depuis des semaines, Antoine ne descendait plus de sa cabane que pour manger un peu dans la cuisine ou pour pr\u00e9lever un livre dans la biblioth\u00e8que. Cela faisait trois ans que nous n\u2019avions plus fait l\u2019amour.<br \/>\nAu d\u00e9but du printemps 44, l\u2019atmosph\u00e8re s\u2019est tendue encore davantage. Les Allemands \u00e9taient \u00e0 cran. Tout allait mal pour eux, partout, en Afrique du Nord, sur le front de l\u2019Est, en Italie. On s\u2019attendait \u00e0 un d\u00e9barquement am\u00e9ricain d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre sur les plages du Nord et tout le monde pensait qu\u2019un d\u00e9barquement alli\u00e9 en Provence suivrait imm\u00e9diatement. Le 5 juin peu avant minuit, mon beau-p\u00e8re a re\u00e7u un message du chef r\u00e9gional du r\u00e9seau Combat : un d\u00e9barquement massif devait avoir lieu quelques heures plus tard sur les plages normandes. Sauf contrordre le 6 juin \u00e0 huit heures du matin au plus tard, les maquis de Provence devaient se pr\u00e9parer \u00e0 mettre en \u0153uvre les op\u00e9rations pr\u00e9vues \u00e0 partir de midi. Il s\u2019agissait d\u2019accueillir et d\u2019accompagner le d\u00e9barquement qui devait avoir lieu entre le 8 et le 11 juin sur les plages de la c\u00f4te des Maures. Le 6 juin \u00e0 midi, tous les groupes se sont mis \u00e0 attaquer les Allemands partout o\u00f9 ils le pouvaient. C\u2019\u00e9tait souvent de la folie, mais ils \u00e9taient convaincus qu\u2019ils seraient bient\u00f4t relev\u00e9s par les arm\u00e9es alli\u00e9es qui devaient arriver en masse. Mais le d\u00e9barquement de Provence avait \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 et le contrordre n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 re\u00e7u. Les Allemands reprirent rapidement le dessus et les pertes parmi les R\u00e9sistants furent \u00e9normes. Jean de Prosny fut tu\u00e9, Pascal Bonardi aussi et beaucoup d\u2019autres avec eux. Le 11 juin au soir, nous \u00e9tions r\u00e9unis au ch\u00e2teau et nous ressassions les \u00e9v\u00e8nements. Pendant le soul\u00e8vement, beaucoup de gens que nous connaissions avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s ou faits prisonniers, le d\u00e9barquement en Provence n\u2019avait pas eu lieu et, selon les nouvelles que nous recevions, le d\u00e9barquement de Normandie risquait d\u2019\u00eatre un \u00e9chec. Nous \u00e9tions tous tr\u00e8s abattus. Antoine, comme toujours, semblait s\u2019ennuyer dans un coin de la salle \u00e0 manger. D\u2019un coup, sans que personne se soit aper\u00e7u qu\u2019il avait boug\u00e9, il \u00e9tait debout devant la table et il parlait : \u00ab Pourquoi se sont-ils battus ?&#8230; Jean&#8230; Pascal&#8230; tous les autres&#8230; tous les morts&#8230; pourquoi ?&#8230; il faut faire quelque chose&#8230; il faut que je fasse quelque chose. \u00bb Pour nous, c\u2019\u00e9tait comme si un amn\u00e9sique retrouvait la m\u00e9moire. Je l\u2019ai pris dans mes bras et je me suis mise \u00e0 pleurer disant : \u00ab Antoine&#8230; enfin&#8230; \u00bb Cette nuit-l\u00e0, nous l\u2019avons pass\u00e9e ensemble. Apr\u00e8s quelques caresses, il a renonc\u00e9 \u00e0 me faire l\u2019amour. Je n\u2019ai rien dit ni rien tent\u00e9. J\u2019\u00e9tais heureuse de le voir revenu parmi nous apr\u00e8s cette si longue absence, je ne voulais pas le brusquer et je me disais que, maintenant, nous avions le temps. Je ne pouvais pas me tromper davantage.<br \/>\nLe lendemain, nous nous sommes promen\u00e9s longuement dans le parc, le long de la rivi\u00e8re, sous les pins, pr\u00e8s de la cabane. Il regardait tout comme s\u2019il le red\u00e9couvrait. Chaque endroit par lequel nous passions me rappelait des souvenirs d\u2019enfance. Je lui racontais ce que nous faisions l\u00e0 autrefois, \u00e0 quoi nous avions jou\u00e9 ici. Il m\u2019\u00e9coutait en souriant, sans rien dire. En fin d\u2019apr\u00e8s-midi, il est all\u00e9 voir son p\u00e8re et ils sont rest\u00e9s enferm\u00e9s tous les deux dans la biblioth\u00e8que pendant des heures. Je suis all\u00e9e me coucher sans lui et, \u00e0 l\u2019aurore, je me suis aper\u00e7ue qu\u2019il ne m\u2019avait pas rejointe de la nuit. Et devant la porte de ma chambre, j\u2019ai trouv\u00e9 cette lettre. Je vous l\u2019ai apport\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ch\u00e8re Isabelle,<br \/>\nJe vais partir. J\u2019esp\u00e8re que tu me pardonneras les mois \u00e9pouvantables que tu viens de passer par ma faute. Ne m\u2019en veux pas, s\u2019il te plait, tu as bien compris que je n\u2019\u00e9tais plus moi-m\u00eame. Jean et Pascal sont morts. Ils avaient notre \u00e2ge, nous avions jou\u00e9 ensemble et je les aimais bien. Je ne suis pas certain de comprendre pourquoi ils ont accept\u00e9 de mourir, mais peu importe car la vie va continuer sans eux. Et c\u2019est cela qui est insupportable, comme si, tout compte fait, leur mort n\u2019avait pas d\u2019importance. Mais c\u2019est elle qui m\u2019a fait r\u00e9aliser que c\u2019est la vie qui n\u2019a pas d\u2019importance, pas de sens. Maintenant, rien n\u2019a plus d\u2019importance et j\u2019ai compris que la seule chose qui justifie une existence, c\u2019est l\u2019action.<br \/>\nJe t\u2019ai aim\u00e9e, Isabelle, et je suis s\u00fbr que je t\u2019aime encore, mais plus de la m\u00eame fa\u00e7on. Sans que je le veuille, notre derni\u00e8re nuit en a \u00e9t\u00e9 la confirmation. Aujourd\u2019hui je suis diff\u00e9rent, comme ext\u00e9rieur \u00e0 celui qui t\u2019aimait. Celui-l\u00e0, je le regarde comme je regarderais un enfant, avec affection, avec sympathie, mais cet enfant, ce n\u2019est plus moi.<br \/>\nJe pars, Isabelle, et je n\u2019ai pas os\u00e9 t\u2019affronter ce matin pour te le dire. Pardonne-moi aussi cette l\u00e2chet\u00e9.<br \/>\nQuand tu liras cette lettre, je serai d\u00e9j\u00e0 loin, quelque part dans le maquis, pour agir enfin, pour donner un sens \u00e0 tout cela. Hier, je me suis r\u00e9concili\u00e9 avec P\u00e8re et il m\u2019a appris tout ce que je devais savoir pour rejoindre les FFI de Draguignan. Je vais enfin agir, combattre. Le d\u00e9barquement en Normandie va peut-\u00eatre \u00e9chouer et s\u2019il \u00e9choue, le d\u00e9barquement en Provence qui aura lieu bient\u00f4t \u00e9chouera aussi. Mais pour moi, peu importe qu\u2019ils \u00e9chouent ou qu\u2019ils r\u00e9ussissent, car il est probable que je ne reviendrai pas de cette aventure. Je veux seulement agir, quoi qu\u2019il m\u2019en coute.<br \/>\nJe suis parti, Isabelle. Comprends- moi et pardonne-moi.<br \/>\nSi cela pouvait ne d\u00e9pendre que de moi, je te lib\u00e9rerais de tes engagements \u00e0 mon \u00e9gard et, je le jure, ce serait un r\u00e9el et grand soulagement pour moi que de savoir que tu vas changer ta vie, que tu aimeras d\u2019autres hommes, que tu agiras comme bon te semblera, et qu\u2019enfin tu vivras.<br \/>\nAdieu.<br \/>\nAntoine<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, je ne l\u2019ai jamais revu. J\u2019ai pleur\u00e9 une semaine, j\u2019ai souffert un mois et puis je me suis jet\u00e9e moi aussi dans l\u2019action, \u00e0 mon niveau bien s\u00fbr. Le d\u00e9barquement en Provence a fini par arriver. Il a eu lieu le matin du 15 ao\u00fbt. Des parachutages d\u2019armes et de soldats am\u00e9ricains avaient eu lieu dans le maquis la nuit deux ou trois jours avant, et les FFI \u00e9taient descendus dans la plaine pour commencer les op\u00e9rations de sabotage et de d\u00e9moralisation des Allemands. On m\u2019avait donn\u00e9 une radio et je parcourais le massif des Maures \u00e0 bicyclette pour signaler les mouvements allemands. La nuit du 14 au 15 fut une nuit magnifique. Je l\u2019ai commenc\u00e9e avec quelques FFI dans le village de La Garde-Freinet, au-dessus de Saint Tropez. Vers minuit, on nous a d\u00e9plac\u00e9 vers le petit village de Ramatuelle.<br \/>\nAu lever du jour, tout \u00e9tait calme ; les allemands semblaient avoir quitt\u00e9 la r\u00e9gion. L\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tait absolue. Vers cinq heures, une faible clart\u00e9 est apparue devant nous. Elle a dessin\u00e9 \u00e0 droite et \u00e0 gauche les collines de Ramatuelle et devant, l\u2019anse de Pampelone qui se d\u00e9coupait en plus sombre sur la mer gris fonc\u00e9. Puis le ciel est devenu presque blanc, et sur la mer qui tournait au vert, nous avons vu les silhouettes de centaines de bateaux, des navires de guerre h\u00e9riss\u00e9s de canons, des p\u00e9niches de d\u00e9barquement qui tournaient autour et, en arri\u00e8re, d\u2019innombrables transports de troupe. La baie en \u00e9tait couverte. J\u2019aurais jur\u00e9 qu\u2019ils \u00e9taient des milliers. Ils avan\u00e7aient si lentement vers la c\u00f4te qu\u2019ils paraissaient immobiles. D\u2019un seul coup, l\u2019enfer s\u2019est d\u00e9chain\u00e9. Les canons des navires tiraient en continu. On apercevait des fum\u00e9es d\u2019incendie qui montaient derri\u00e8re nous, du c\u00f4t\u00e9 de Cogolin&#8230; l\u2019usine de torpilles et la garnison allemande, sans doute. Comme aucune r\u00e9plique ne venait de la terre, au bout de quelques minutes les canons se sont tus. Alors, des centaines d\u2019avions sont pass\u00e9s au-dessus de notre t\u00eate, fon\u00e7ant vers l\u2019int\u00e9rieur des terres, \u00e0 la recherche des Allemands. Enfin les p\u00e9niches se sont lanc\u00e9es vers la plage, les panneaux se sont ouverts et des milliers d\u2019hommes se sont mis \u00e0 pi\u00e9tiner dans l\u2019eau pour courir jusqu\u2019\u00e0 l\u2019abri des pins. \u00a0Nos ordres \u00e9taient de rester sur la hauteur pour signaler les mouvements allemands, mais devant l\u2019all\u00e9gresse que ce d\u00e9ferlement de soldats, de jeeps, de camions et de chars soulevait en nous, notre petit groupe n\u2019a pas su r\u00e9sister. Nous avons d\u00e9val\u00e9 la pente en courant, en tr\u00e9buchant, en criant pour rejoindre les am\u00e9ricains qui commen\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 s\u2019installer. Ils ont d\u2019ailleurs bien failli nous tirer dessus. Nous nous sommes embrass\u00e9s, nous avons pleur\u00e9, nous avons cri\u00e9, nous avons dans\u00e9 et chant\u00e9 avec eux. J\u2019en avais oubli\u00e9 Antoine. Pourtant, lui aussi, il devait se trouver quelque part, sur cette plage ou sur une autre, du c\u00f4t\u00e9 de Fr\u00e9jus ou de Cavalaire. Mais, \u00e0 cet instant, je ne pensais d\u00e9j\u00e0 plus \u00e0 lui.<\/p>\n<p><em><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>A SUIVRE<\/strong><\/span><\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-22721\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Cujas-copie-660x960.jpeg\" alt=\"\" width=\"604\" height=\"879\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Cujas-copie-660x960.jpeg 660w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Cujas-copie-206x300.jpeg 206w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Cujas-copie-768x1117.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Cujas-copie.jpeg 810w\" sizes=\"auto, (max-width: 604px) 100vw, 604px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En r\u00e9ponse, Antoine se met \u00e0 plaisanter sur les boy-scouts de Combat, et sur l\u2019utilit\u00e9 de leurs actions en zone libre, \u00e0 peu pr\u00e8s aussi efficaces que trois piqures de gu\u00eape sur un ours. 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