{"id":24432,"date":"2020-07-14T07:47:40","date_gmt":"2020-07-14T05:47:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24432"},"modified":"2020-07-18T10:17:54","modified_gmt":"2020-07-18T08:17:54","slug":"le-cujas-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24432","title":{"rendered":"Le Cujas (12)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) Je sais bien que je n&rsquo;ai que dix-huit ans et que je ne suis pas majeur, mais dis-lui bien qu&rsquo;il ne m&rsquo;envoie pas les gendarmes pour me ramener, parce qu&rsquo;avec mon ain\u00e9 Abel, mes trois s\u0153urs Louise, Marie et Josette, le P\u00e8re, toi et moi, \u00e7a fait bien trop de monde \u00e0 vivre sur la ferme. <\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Donne bien le bonjour \u00e0 Abel, Louise, Marie et Josette et aussi \u00e0 Constance et Jean et donne bien le salut respectueux au P\u00e8re.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Je t&rsquo;\u00e9crirai bient\u00f4t une nouvelle lettre. <\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Ton fils affectionn\u00e9 et qui t&rsquo;aime de m\u00eame.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Robert<\/em><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Robert.jpeg\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00a0<\/em>Chapitre 4 \u2013 Robert Picard<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Deuxi\u00e8me partie<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous savez, je la connais bien cette photo. Mon fils me l&rsquo;avait envoy\u00e9e dans cette lettre, la deuxi\u00e8me qu&rsquo;il m&rsquo;a envoy\u00e9e de Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non, je pr\u00e9f\u00e8re la garder. Vous savez, il ne me reste pas grand-chose de mon petit Robert. Mais vous pourrez la recopier tout \u00e0 l&rsquo;heure, si \u00e7a vous int\u00e9resse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;y a pas de quoi. Vous savez, \u00e7a me fait plaisir que quelqu&rsquo;un comme vous, un journaliste, s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 mon fils. Et puis, \u00e7a me donne l&rsquo;occasion de parler de lui&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, la photo est un peu sombre mais on le reconnait bien, l\u00e0, avec son beau gilet de gar\u00e7on de caf\u00e9. Le pauvre, il \u00e9tait content comme tout d&rsquo;avoir trouv\u00e9 du travail aussi vite. En plus, \u00e7a l&rsquo;int\u00e9ressait ; voir du monde, parler avec les clients, discuter avec les autres gar\u00e7ons, et puis surtout <!--more-->d\u00e9couvrir la Capitale. Il est revenu \u00e0 la ferme, une fois, pour la mort du P\u00e8re. Apr\u00e8s l&rsquo;enterrement, j&rsquo;avais invit\u00e9 tous les voisins et la famille pour diner. Robert ne parlait jamais beaucoup, mais \u00e0 un moment, il avait bu, je sais pas, il s&rsquo;est mis \u00e0 nous raconter toutes les choses bizarres que font les Parisiens, tous les monuments qu&rsquo;il avait visit\u00e9s, les manies de la patronne, les m\u00e9chancet\u00e9s que les autres gar\u00e7ons lui faisaient, comment il leur rendait&#8230; Il s&rsquo;arr\u00eatait plus de parler, et nous on riait de plus en plus. Ah, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on a pu rire. C&rsquo;est dommage que c&rsquo;\u00e9tait un enterrement, sans \u00e7a, \u00e7&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 encore plus dr\u00f4le. Bien s\u00fbr, ce soir-l\u00e0, il nous a pas beaucoup parl\u00e9 de sa patronne, ni qu&rsquo;elle l&rsquo;avait mis dans son lit et qu&rsquo;il \u00e9tait bien content et tout \u00e7a. \u00c7&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 convenable, vu les circonstances. Mais moi, j&rsquo;avais devin\u00e9. Une m\u00e8re, vous savez, \u00e7a devine tout, \u00e7a comprend tout. Eh bien moi, je vais vous dire, j&rsquo;\u00e9tais bien contente qu&rsquo;il ait trouv\u00e9 une femme plus \u00e2g\u00e9e pour le d\u00e9niaiser. \u00c7a fait des vrais hommes, \u00e7a ! Et puis, je la comprenais, l&rsquo;Antoinette. C&rsquo;est qu&rsquo;il \u00e9tait beau, mon Robert. Il \u00e9tait bien beau&#8230;Quel g\u00e2chis, la guerre&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, il s&rsquo;est fait tuer l\u00e0-bas, en Indochine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0. Mais \u00e0 quoi je pense, moi ? Je vous ai m\u00eame pas offert \u00e0 boire. Tout ce que j&rsquo;ai, c&rsquo;est de la poire, mais je peux vous dire que c&rsquo;est de la bonne. C&rsquo;est Abel, le fr\u00e8re de Robert, qui la fait lui-m\u00eame. Il faut rien dire aux gendarmes, c&rsquo;est s\u00fbr, mais tout le pays sait que notre poire, c&rsquo;est la meilleure. De toute fa\u00e7on, les gendarmes, c&rsquo;est des amis et m\u00eame que de temps en temps, ils viennent la gouter, en douce. Bon, un petit coup de poire ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si, laissez-vous faire, allez ! D&rsquo;ailleurs, je vais en prendre un petit verre avec vous. C&rsquo;est pas bon pour ce que j&rsquo;ai, mais \u00e7a me fait tellement plaisir de pouvoir parler de &#8230; mon fils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la bonne heure ! Louise, tu sors deux verres et le p\u00e2t\u00e9 de li\u00e8vre. C&rsquo;est \u00e7a. Et le pain aussi. Bon. Robert est rest\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s un an comme \u00e7a, le jour au caf\u00e9 et la nuit avec la patronne. Mais, vous savez ce que c&rsquo;est, pour un jeune, une vraie femme, c&rsquo;est bien au d\u00e9but, mais il finit par se lasser. Il a besoin d&rsquo;une jeune fille de son \u00e2ge, c&rsquo;est bien naturel. Eh bien, beau comme il \u00e9tait, le pauvre, il a pas eu de mal \u00e0 en rencontrer une. Arlette, elle s&rsquo;appelait. Dix-neuf ans, comme lui. Jolie comme un c\u0153ur, et gaie et gentille. Enfin, c&rsquo;est ce que Robert disait dans ses lettres, parce qu&rsquo;Arlette, moi, je l&rsquo;ai jamais vue. M\u00eame apr\u00e8s la mort de Robert. Mais je juge pas, remarquez. Elle a d\u00fb rester l\u00e0-bas, aux Colonies. Peut-\u00eatre m\u00eame qu&rsquo;elle y est pass\u00e9e elle aussi, parce que les Japonais, hein, il parait qu&rsquo;ils y ont pas \u00e9t\u00e9 de main morte&#8230; Enfin, Arlette, je l&rsquo;ai jamais vue. Ce que je sais, c&rsquo;est que c&rsquo;est elle qui avait d\u00e9cid\u00e9 Robert \u00e0 partir dans ce pays de sauvages&#8230;Tenez, vous allez comprendre. Lisez la lettre d&rsquo;apr\u00e8s que j&rsquo;ai re\u00e7ue de Robert. Vous pouvez la copier aussi si vous voulez.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>A SUIVRE<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Le-Cujas-copie-660x960.jpeg\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Je sais bien que je n&rsquo;ai que dix-huit ans et que je ne suis pas majeur, mais dis-lui bien qu&rsquo;il ne m&rsquo;envoie pas les gendarmes pour me ramener, parce qu&rsquo;avec mon ain\u00e9 Abel, mes trois s\u0153urs Louise, Marie et Josette, le P\u00e8re, toi et moi, \u00e7a fait bien trop de monde \u00e0 vivre sur &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24432\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le Cujas (12)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,2],"tags":[21],"class_list":["post-24432","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=24432"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/24432\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=24432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=24432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=24432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}