{"id":24073,"date":"2020-07-03T07:47:16","date_gmt":"2020-07-03T05:47:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24073"},"modified":"2020-07-06T05:34:09","modified_gmt":"2020-07-06T03:34:09","slug":"les-comedies-au-champagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24073","title":{"rendered":"Les com\u00e9dies au champagne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Morceau choisi<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-24482\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/images.jpg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"237\" \/>\u00ab Jeune gar\u00e7on, je pr\u00e9f\u00e9rais entre tous ces films que je surnomme \u00ab com\u00e9dies au champagne \u00bb. J\u2019adorais les histoires qui se d\u00e9roulaient dans des penthouses o\u00f9 l\u2019ascenseur arrive directement et o\u00f9 les bouchons de champagne sautent ; o\u00f9 des hommes suaves tiennent des propos spirituels pour faire la cour \u00e0 de belles femmes qui se pavanent dans des tenues qu\u2019on porterait aujourd\u2019hui lors d\u2019un mariage \u00e0 Buckingham.<br \/>\nCes appartements \u00e9taient immenses, en g\u00e9n\u00e9ral des duplex, avec de grands espaces blancs, et en y p\u00e9n\u00e9trant, le propri\u00e9taire ou invit\u00e9 se dirigeait invariablement vers un petit bar facile d\u2019acc\u00e8s pour servir des cocktails pr\u00e9par\u00e9s dans des carafes. Tout le monde buvait sans arr\u00eat et personne ne vomissait jamais. Personne n\u2019avait le cancer, il n\u2019y avait pas <!--more-->de probl\u00e8me de fuites, et quand le t\u00e9l\u00e9phone sonnait au milieu de la nuit, ces habitants de Park Avenue ou de la Cinqui\u00e8me Avenue n\u2019avaient nul besoin au contraire de ma m\u00e8re, de se tirer du lit et de se cogner les genoux en partant dans l\u2019obscurit\u00e9 \u00e0 la recherche de l\u2019unique combin\u00e9 noir pour apprendre qu\u2019un membre de leur famille venait de mourir subitement. Non. Katharine Hepburn, Spencer Tracy, Cary Grant ou Myrna Loy n\u2019avaient qu\u2019\u00e0 tendre la main vers leur table de chevet \u00e0 quelques centim\u00e8tres de leur lit pour saisir le t\u00e9l\u00e9phone, d\u2019ordinaire blanc, et les nouvelles n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec une invasion de m\u00e9tastases, ou une thrombose coronarienne due \u00e0 une consommation excessive et fatale de viande bon march\u00e9, mais plut\u00f4t avec des \u00e9nigmes faciles \u00e0 r\u00e9soudre telles que : \u00ab Comment ? Que veux-tu dire ? Notre mariage n\u2019est pas l\u00e9gal ? \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Woody Allen &#8211; Soit dit en passant &#8211; 2020<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>J\u2019ai quelques ann\u00e9es de moins que Woody Allen, sept exactement. Mais il semble que ce d\u00e9calage corresponde \u00e0 celui qui existait dans les ann\u00e9es cinquante entre la sortie d\u2019un film am\u00e9ricain aux USA et sa sortie en France. Sept ans, c\u2019est peut-\u00eatre beaucoup comme d\u00e9calage, mais on ne va pas pinailler sur les dates d\u2019\u00e9v\u00e8nements qui remontent aussi haut dans mon histoire personnelle. <\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Ce que je veux dire c\u2019est qu\u2019\u00e0 lire cet extrait de la biographie de l\u2019un de mes r\u00e9alisateurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir grandi moi aussi au milieu, avec et gr\u00e2ce \u00e0 ces \u00ab com\u00e9dies au champagne \u00bb. Skyline de Manhattan, musique l\u00e9g\u00e8re et puissante \u00e0 la fois, penthouses, portiers chamarr\u00e9s et amicaux, publicistes \u00e9l\u00e9gants, h\u00e9ritiers timides, mannequins joyeux ou stupides, qui pro-quo, flirts, t\u00e9l\u00e9phones blancs, Sach\u2019s Fifth avenue, jolies dactylos de Brooklyn, femmes \u00e9l\u00e9gantes de Upper East Side, danseuses d\u00e9butantes arrivant du Nebraska\u2026 Madame porte la culotte, Cette sacr\u00e9e v\u00e9rit\u00e9, Les hommes pr\u00e9f\u00e8rent les blondes, Comment \u00e9pouser un millionnaire, Confidences sur l\u2019oreiller\u2026, des dizaines et des dizaines de films, en noir et blanc, en couleur, en cin\u00e9mascope, en VistaVision, mais tous avec cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 d\u2019esprit, cette futilit\u00e9 reposante, cette \u00e9l\u00e9gance, cette sophistication, cet humour et, il faut bien le dire, cette certitude de happy-ending. Ces films ont \u00e9t\u00e9 mes contes de f\u00e9e de l\u2019adolescence. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Aujourd\u2019hui, il est rare que l\u2019on retrouve, m\u00eame dans les com\u00e9dies am\u00e9ricaines, m\u00eame dans les com\u00e9dies new-yorkaises, cette insouciance qui nous manque. Et quand on la retrouve, c\u2019est bien souvent dans un film de Woody Allen.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Morceau choisi \u00ab Jeune gar\u00e7on, je pr\u00e9f\u00e9rais entre tous ces films que je surnomme \u00ab com\u00e9dies au champagne \u00bb. 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