{"id":24001,"date":"2020-06-07T16:47:02","date_gmt":"2020-06-07T14:47:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24001"},"modified":"2020-06-09T09:22:01","modified_gmt":"2020-06-09T07:22:01","slug":"rendez-vous-a-cinq-heures-21","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=24001","title":{"rendered":"RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (23)"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (23)<\/strong><\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>7\/06\/2020<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Cadavres exquis<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">(0)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Ils d\u00e9couvrirent les cadavres dans une tranch\u00e9e, \u00e0 l\u2019extr\u00eame limite nord du quartier d\u00e9pendant du commissariat. La compagnie du t\u00e9l\u00e9phone avait \u00e9ventr\u00e9 la chauss\u00e9e, la veille en d\u00e9but de matin\u00e9e, afin de r\u00e9parer des c\u00e2bles souterrains. Les ouvriers avaient termin\u00e9 leur travail \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, alors que la temp\u00e9rature \u00e9tait tomb\u00e9e en dessous de z\u00e9ro. Ils avaient provisoirement recouvert le trou de planches et l\u2019avaient encercl\u00e9e de barri\u00e8res \u00e9quip\u00e9es de feux clignotants afin de tenir les voitures \u00e0 distance de la longue et \u00e9troite tranch\u00e9e. Quelqu\u2019un avait<!--more--><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"> arrach\u00e9 les planches et jet\u00e9 les six corps dans le trou. Deux flics qui patrouillaient aux environs des quais \u00e0 bord de leur voiture-radio rep\u00e9r\u00e8rent la br\u00e8che dans le rev\u00eatement de planches et braqu\u00e8rent leurs torches \u00e9lectriques dans la tranch\u00e9e. C\u2019\u00e9tait un 6 janvier, \u00e0 trois heures du matin. \u00c0 trois heures dix, les inspecteurs Al Corbaccio et Bertram Winter \u00e9taient sur les lieux.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">Un enchev\u00eatrement de c\u00e2bles \u00e9lectriques et t\u00e9l\u00e9phoniques tapissait le fond du foss\u00e9 o\u00f9 l\u2019eau s\u2019\u00e9tait infiltr\u00e9e, se m\u00e9langeant \u00e0 la terre fraichement retourn\u00e9e pour former une fondri\u00e8re qui avait gel\u00e9 \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, si bien que les c\u00e2bles semblaient gain\u00e9s de plastique brun\u00e2tre. Les six corps gisaient p\u00eale-m\u00eale sur la croute de glace boueuse. La glace avait pris une autre teinte. Celle du sang. Les corps \u00e9taient nus. Leur nudit\u00e9 faisait paraitre la nuit plus froide encore qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait. Corbaccio, qui portait un blouson de cuir doubl\u00e9 de mouton, des gants de laine marron et un serre-t\u00eate, baissait les yeux vers le fond du foss\u00e9. Winter balayait les cadavres du faisceau de sa torche \u00e9lectrique. \u00c0 trois m\u00e8tres d\u2019eux, les gyrophares des deux voitures-radio clignotaient dans la nuit. \u00c0 pr\u00e9sent que les inspecteurs \u00e9taient arriv\u00e9s, les flics avaient regagn\u00e9 leurs voitures pour \u00eatre au chaud.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>(1)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Edgard<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La nuit de ce 3 janvier \u00e9tait moite. L\u2019\u00e9t\u00e9 tropical \u00e9tait chaud et humide. A 5 heures du matin, il faisait d\u00e9j\u00e0 34\u00b0. L\u2019inspecteur Flavio Migliaccio et son \u00e9quipier l\u2019inspecteur Wellington da Silva Santos de la section des homicides de la police criminelle arriv\u00e8rent avec peine au sommet du <em>Morro Careca<\/em>, tout en haut de la <em>favela<\/em> de Matosinho. Un sergent du 3<sup>\u00e8me<\/sup> bataillon de police militaire les attendait et leur d\u00e9signa d\u2019un geste las le charnier. Six corps gisaient en contrebas, \u00e9clair\u00e9s par la lumi\u00e8re incertaine d\u2019un lampadaire dont la pr\u00e9sence inattendue \u00e9tait la marque d\u00e9risoire et symbolique de l\u2019int\u00e9r\u00eat de la municipalit\u00e9 pour ce lieu oubli\u00e9 de tous. La police militaire avait \u00e9t\u00e9 alert\u00e9e par un jeune coll\u00e8gue de l\u2019unit\u00e9 de police affect\u00e9e \u00e0 la pacification de la <em>favela<\/em> qui avait entendu le claquement familier de rafales d\u2019armes automatiques, des Kalashnikov probablement avait-il conclu. Migliaccio et son \u00e9quipier s\u2019approch\u00e8rent avec prudence du bord de la roche glissante qui surplombait le foss\u00e9 o\u00f9 s\u2019enchev\u00eatraient les cadavres de trois hommes, deux femmes et un enfant. Les corps, nus, \u00e9taient cribl\u00e9s de balles. L\u2019enfant ne devait pas avoir plus de sept ans. Les autres gu\u00e8re plus de vingt. L\u2019enfant, deux des hommes et les deux femmes \u00e9taient m\u00e9tis. Le troisi\u00e8me homme \u00e9tait un blanc. Bien qu\u2019habitu\u00e9 aux sc\u00e8nes d\u2019extr\u00eame violence, l\u2019inspecteur da Silva Santos ne put supporter la vision du petit corps d\u00e9chiquet\u00e9 et il d\u00e9tourna rapidement son regard. Aucun t\u00e9moin ni m\u00eame aucun badaud ne se trouvait sur les lieux. La population blas\u00e9e de la <em>favela<\/em> avait appris \u00e0 se tenir prudemment \u00e0 l\u2019\u00e9cart des embrouilles et surtout \u00e0 se taire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux premi\u00e8res lueurs de l\u2019aube arriv\u00e8rent les coll\u00e8gues de la police scientifique. Leur rituel commen\u00e7a imm\u00e9diatement. V\u00eatus de blouses blanches, affubl\u00e9s de gants et de masques, ils balis\u00e8rent la sc\u00e8ne du crime, photographi\u00e8rent les corps, les alentours, cherch\u00e8rent et r\u00e9pertori\u00e8rent les indices et \u00e9l\u00e9ments de preuve, firent d\u2019innombrables pr\u00e9l\u00e8vements, num\u00e9rot\u00e9s et plac\u00e9s avec pr\u00e9caution dans des sachets en plastique aussit\u00f4t scell\u00e9s. Migliaccio et da Silva Santos s\u2019\u00e9clips\u00e8rent et rejoignirent le commissariat apr\u00e8s avoir pris un indispensable <em>caf\u00e9zinho<\/em> au bar du coin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9briefing fut rapide. Pas de t\u00e9moins, pas de papiers d\u2019identit\u00e9, impossible de savoir qui \u00e9taient les victimes ni pourquoi elles avaient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9es. Toutes les hypoth\u00e8ses \u00e9taient possibles\u00a0: r\u00e8glement de comptes entre trafiquants de drogue ou gangs rivaux, ex\u00e9cution sommaire par une milice arm\u00e9e de d\u00e9linquants pass\u00e9s au travers des mailles de la justice, vengeance d\u2019un mari tromp\u00e9\u2026Les deux policiers s\u2019accord\u00e8rent sur la priorit\u00e9 d\u2019une enqu\u00eate qui s\u2019annon\u00e7ait manifestement difficile\u00a0: identifier les victimes. Pour cela, ils ne pouvaient compter que sur le hasard ou sur la chance. Avec un peu de chance en effet, l\u2019une ou l\u2019autre des victimes aurait eu d\u00e9j\u00e0 affaire \u00e0 la police et pourrait \u00eatre identifi\u00e9e par ses empreintes digitales. Sinon, il faudrait publier les photos dans la presse. Exercice d\u00e9licat vu l\u2019\u00e9tat des cadavres qui demanderait un effort particulier au maquilleur de l\u2019identit\u00e9 judiciaire habituellement charg\u00e9 de redonner un semblant de vie aux regards \u00e9teints des morts. Et puis, il faudrait encore esp\u00e9rer qu\u2019un t\u00e9moin se manifeste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Migliaccio et da Silva Santos en \u00e9taient l\u00e0 de leurs r\u00e9flexions quand le commissaire Jo\u00e3o Marechal Grana, matinal comme \u00e0 son habitude, entra dans le bureau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Salue le chef\u00a0<\/em>\u00bb, intima Migliaccio \u00e0 son \u00e9quipier en lui donnant un coup de coude dans les c\u00f4tes.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">*<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Malgr\u00e9 tout le charme exotique et la couleur locale du chapitre r\u00e9dig\u00e9 par Edgard, force est de constater que s\u2019il a respect\u00e9 la longueur requise, il a, avec entrain et sur un rythme de Batucada, foul\u00e9 au pied la lettre et l\u2019esprit des r\u00e8gles qui doivent pr\u00e9sider \u00e0 la conception des textes de ce Cadavre au gout nouveau. Dois-je le rappeler, l\u2019essentiel de ces r\u00e8gles \u00e9tait\u00a0:<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>\u2014 s<\/strong><strong>e situer dans la continuit\u00e9<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>de celui de l\u2019auteur pr\u00e9c\u00e9dent<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em><strong>\u2014 <\/strong><strong>prendre telle quelle la situation <\/strong>laiss\u00e9e par l\u2019auteur pr\u00e9c\u00e9dent, et<strong>\u00a0<\/strong><strong>laisser \u00e0 l\u2019auteur suivant une nouvelle situation<\/strong><strong>\u00a0<\/strong>tout aussi compliqu\u00e9e, sinon plus.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Pour permettre au jeu de continuer dans des conditions optimales, et en vertu des pouvoirs discr\u00e9tionnaires que je viens de me voter, je me permets d\u2019ajouter le codicille suivant au chapitre br\u00e9silien qui pr\u00e9c\u00e8de. Cet addendum, tout en respectant les unit\u00e9s de temps, de lieu et d&rsquo;action du texte d&rsquo;Edgard, tente de le ramener vers l&rsquo;histoire premi\u00e8re sur des rails r\u00e9glementaires. La t\u00e2che n&rsquo;\u00e9tait pas si facile et j&rsquo;ai du pour cela enfreindre la r\u00e8gle de la longueur maximum. Mais cela ne devrait plus se reproduire. N&rsquo;est-ce pas ?\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">*<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Wellington qui \u00e9tait arriv\u00e9 la veille dans le service ne connaissait pas encore le caract\u00e8re fac\u00e9tieux de son co\u00e9quipier. Il se redressa donc aussit\u00f4t dans un garde \u00e0 vous qu\u2019il aurait voulu r\u00e9glementaire en tentant de faire sonner l\u2019un contre l\u2019autre ses deux talons, comme il venait de l\u2019apprendre \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de Police. H\u00e9las, il ne parvint pas \u00e0 accomplir ce qui alors eut \u00e9t\u00e9 un exploit, car il portait des espadrilles. C\u2019est pourquoi, au lieu de compl\u00e9ter son salut par le port de sa main droite en visi\u00e8re \u00e0 la hauteur de son k\u00e9pi en glapissant : \u00ab Inspecteur da Silva Santos, au rapport, chef ! \u00bb, il ne put prononcer que <em>Oumpff !<\/em>\u00a0en se baissant pour frotter la r\u00e9gion subitement douloureuse de ses mall\u00e9oles internes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00c7a va, Da Silva, inutile de vous prosterner, dit le commissaire, se m\u00e9prenant sur le sens de la position courb\u00e9e de son subordonn\u00e9. Dites-moi plut\u00f4t s\u2019il s\u2019est pass\u00e9 quelque chose d\u2019int\u00e9ressant la nuit derni\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Migliaccio, tr\u00e8s satisfait du succ\u00e8s de sa premi\u00e8re blague de la journ\u00e9e, r\u00e9prima un dernier soubresaut de rigolade et, apr\u00e8s avoir essuy\u00e9 quelques larmes de joie au coin de ses yeux, il put enfin r\u00e9pondre \u00e0 son chef v\u00e9n\u00e9r\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Rien d\u2019int\u00e9ressant, Chef ! Six cadavres sur le Morro Careca\u2026 La routine\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Seulement six ? s\u2019\u00e9tonna le Commissaire. En toute une nuit ? On dirait bien que \u00e7a se calme par l\u00e0-haut, pas vrai ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre le pouce et l&rsquo;index, Marechal Grana lissait le bord de la visi\u00e8re en carton plastifi\u00e9 du k\u00e9pi r\u00e9glementaire de son bel uniforme. C\u2019\u00e9tait chez lui le signe indubitable d\u2019une profonde concentration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Da Silva, voulez-vous cesser de vous gratter les chevilles ! cria-t-il en jetant par terre son couvre-chef pour le pi\u00e9tiner avec fureur. C\u2019est aga\u00e7ant, \u00e0 la fin ! Comment voulez-vous que je trouve le coupable dans ces conditions ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Inutile, Chef. C\u2019est fait, on l\u2019a arr\u00eat\u00e9, lui r\u00e9pondit Migliaccio. Il s\u2019\u00e9tait perdu dans la favela et il a demand\u00e9\u00a0 \u00e0 un policier qui passait s\u2019il connaissait un bon h\u00f4tel pas trop loin, parce qu\u2019il \u00e9tait vraiment crev\u00e9. Comme le type avait une Kalashnikov \u00e0 la main et que sa chemise \u00e9tait couverte de sang, le flic a trouv\u00e9 \u00e7a \u00e9trange. Alors, il l\u2019a envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019antenne de police de Matosinho en lui disant que c\u2019\u00e9tait un Sofitel. Il y est encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Vous l\u2019avez identifi\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9gligemment, un sourire suffisant sous sa fine moustache, Migliaccio sortit de sa poche un petit fascicule bleu marine et le tendit \u00e0 son chef.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Quand le suspect est arriv\u00e9 au guichet, le flic de service lui a demand\u00e9 ses papiers. Alors, le gars qui se croyait \u00e0 l\u2019h\u00f4tel lui a remis \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ses blagues continuelles, sa petite moustache et sa fa\u00e7on de faire le malin en \u00e9pluchant les bananes, Migliaccio avait le don d\u2019agacer le commissaire. Mais Marechal Grana prit le passeport et sur lui pour n\u2019en rien montrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Mais c\u2019est un passeport am\u00e9ricain ! explosa le commissaire. Qu\u2019est-ce qui vous a pris d\u2019arr\u00eater un am\u00e9ricain ? J\u2019esp\u00e8re que vous ne l\u2019avez pas tabass\u00e9 !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Ben, un peu quand m\u00eame, Chef, mais juste ce qu\u2019il faut, hein, pas plus !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Mais \u00e7a va pas, la t\u00eate ! Combien de fois vous a-t-on dit qu\u2019en cas d\u2019arrestation d\u2019un am\u00e9ricain, il faut le mettre illico dans un avion pour son pays ? Je ne veux pas d\u2019histoire avec le Ministre des Affaires \u00c9trang\u00e8res, moi ! Je prends ma retraite dans six mois, moi ! Allez Zou ! Allez me faire des excuses \u00e0 l\u2019Amerloque \u00e0 la kalasch, et foutez moi tout \u00e7a dans un avion pour n\u2019importe o\u00f9 chez l\u2019oncle Sam. Rompez !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Migliaccio, qui portait les Berluti sur\u00e9lev\u00e9es r\u00e9glementaires, claqua bruyamment des talons et fit demi-tour apr\u00e8s un impeccable salut, tandis que Da Silva effectuait la m\u00eame man\u0153uvre, suivie d\u2019un deuxi\u00e8me <em>Oumpff !<\/em> car il portait toujours ses espadrilles. Ils r\u00e9ussirent \u00e0 \u00e9viter les deux volumes de l\u2019annuaire des t\u00e9l\u00e9phones invers\u00e9 que leur chef venait de leur lancer \u00e0 la t\u00eate pour foncer, sir\u00e8nes hurlantes, vers le Sofitel de Matosinho.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c\u2019est ainsi, que l\u2019assassin six fois meurtrier se retrouva le 4 janvier au soir dans le hall d\u2019arriv\u00e9e de l\u2019a\u00e9roport de l\u2019une des plus grandes villes des \u00c9tats Unis, cette m\u00eame ville o\u00f9 deux jours plus tard, deux inspecteurs du commissariat du Quartier Nord allaient se retrouver \u00e0 leur tour avec six cadavres sur les bras.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\">*<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Mais l\u2019am\u00e9ricain rel\u00e2ch\u00e9 \u00e9tait-il vraiment l\u2019assassin de Matosinho ? Et si c\u2019\u00e9tait vraiment lui, est-il aussi celui de la tranch\u00e9e du t\u00e9l\u00e9phone ? Et si c\u2019est bien lui, aurions-nous affaire \u00e0 un Serial Killer ? Douze meurtres, est-ce assez pour constituer une s\u00e9rie ? Ou alors est-ce que par hasard les cadavres du 3 janvier seraient les m\u00eames que ceux du 6 janvier ? Et quand est-ce que \u00e7a va s\u2019arr\u00eater, tout \u00e7a ? Et que fait la Police ?<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Vous le saurez peut-\u00eatre en lisant le chapitre de Lorenzo qui ne saurait tarder.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (23) 7\/06\/2020 Cadavres exquis (0) Ils d\u00e9couvrirent les cadavres dans une tranch\u00e9e, \u00e0 l\u2019extr\u00eame limite nord du quartier d\u00e9pendant du commissariat. La compagnie du t\u00e9l\u00e9phone avait \u00e9ventr\u00e9 la chauss\u00e9e, la veille en d\u00e9but de matin\u00e9e, afin de r\u00e9parer des c\u00e2bles souterrains. 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