{"id":23868,"date":"2020-09-30T07:47:52","date_gmt":"2020-09-30T05:47:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=23868"},"modified":"2020-10-01T07:16:30","modified_gmt":"2020-10-01T05:16:30","slug":"une-chambre-avec-vue-suite-africaine-n11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=23868","title":{"rendered":"Suite africaine n\u00b014 &#8211; Une chambre avec vue"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Avertissement<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><span style=\"color: #0000ff;\">Contrairement aux\u00a0 pr\u00e9c\u00e9dentes, les suite africaines de cette nouvelle s\u00e9rie rel\u00e8vent de la fiction. Bien s\u00fbr, les lieux, les personnes et m\u00eame les petits incidents contenus dans ces histoires courtes sont inspir\u00e9s, parfois de tr\u00e8s pr\u00e8s, de la r\u00e9alit\u00e9, mais c\u2019est leur combinaison, leur assemblage, leur coexistence que j\u2019ai invent\u00e9s. Pour corser la chose, et afin que personne ne s\u2019y retrouve, j\u2019ai chang\u00e9 le noms des pays, des villes, des rivi\u00e8res et, bien s\u00fbr, des personnages. Inutile de Googueuliser sur Ngamb\u00e9 ou Malupo, \u00e7a ne vous m\u00e8nerait nulle part. En tout cas, pas au bon endroit.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">N\u2019allez surtout pas chercher dans ces Suites le r\u00e9cit d\u2019aventures extraordinaires, d\u2019actes h\u00e9ro\u00efques, ou de missions dangereuses dans des d\u00e9cors grandioses. Dans mes courts s\u00e9jours africains, je n\u2019ai jamais rencontr\u00e9 que des gens tr\u00e8s ordinaires, noirs ou blancs, qui menaient des vies tout aussi ordinaires. Seul le cadre de ces rencontres \u00e9tait exotique, et encore, pas pour eux. En \u00e9crivant ces petites histoires, ce que j\u2019ai voulu faire, c\u2019est rendre telle que je l\u2019ai per\u00e7ue, moi le blanc de passage, l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9trange et douce d\u2019une certaine Afrique que je n\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9e que bri\u00e8vement et \u00e0 laquelle, il faut bien le dire, je n\u2019ai pas compris grand-chose.<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #008000;\">(Apr\u00e8s quelques heures de route \u00e0 travers la brousse, le franchissement d&rsquo;un poste de p\u00e9age sympathique et d&rsquo;un pont anachronique, apr\u00e8s un superbe d\u00e9jeuner au bord du fleuve, le narrateur arrive \u00e0 destination au cr\u00e9puscule.)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\u00a0<\/em><strong>Une chambre avec vue <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Eh, Patron\u00a0! On est bient\u00f4t arriv\u00e9, me dit Andr\u00e9 en me touchant l\u2019\u00e9paule. Tu peux te r\u00e9veiller maintenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me redresse un peu sur la banquette et j\u2019entreprends une s\u00e9rie de b\u00e2illements tout en regardant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Sur notre droite, le soleil est en train de se coucher. Son disque rouge d\u00e9file derri\u00e8re les arbres diss\u00e9min\u00e9s de la savane. Dans un quart d\u2019heure, une demi-heure au plus, il fera nuit noire. Je me redresse un peu plus. J\u2019ai attrap\u00e9 un torticolis du diable. Je tourne lentement la t\u00eate \u00e0 droite, puis \u00e0 gauche. Je me redresse compl\u00e8tement et me penche avec prudence pour attraper la bouteille d\u2019eau qui roule sous mes pieds depuis ce matin. <!--more-->Je bois une gorg\u00e9e. L\u2019eau doit bien \u00eatre \u00e0 40 degr\u00e9s. Je me dis que ce n\u2019est pas grave parce que de toute fa\u00e7on, c\u2019est l\u2019heure du th\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00c7a va toujours, Andr\u00e9\u00a0? Pas trop fatigu\u00e9\u00a0? demand\u00e9-je pour la forme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00c7a va, Patron. Quand je conduis, je suis jamais fatigu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 J\u2019ai dormi longtemps\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Depuis qu\u2019on s\u2019est arr\u00eat\u00e9 pour l\u2019essence. \u00c7a fait bien deux heures. Maintenant que tu as bien dormi, tu es pr\u00eat \u00e0 faire la f\u00eate\u00a0? Tu verras, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, il y a de la musique tous les soirs. C\u2019est un orchestre local, il joue \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la piscine jusqu\u2019\u00e0 deux heures du matin. Tous les blancs de Makuta, ils y vont. Il y a des africains aussi, mais moins. Moi, je pourrais pas entrer. Trop cher pour moi. Mais toi, tu devrais. C\u2019est de la bonne musique tu sais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tu sais, ce soir, j\u2019ai plut\u00f4t envie de me coucher de bonne heure. Un bon diner, une ou deux Nationale bien fraiche, et au lit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tu ferais mieux d\u2019aller \u00e9couter la musique. De toute fa\u00e7on, presque toutes les chambres donnent sur la piscine, alors pour dormir, c\u2019est difficile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Bon, on verra. Mais viens diner avec moi, si tu veux. Je t\u2019invite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andr\u00e9 semble embarrass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 C\u2019est pas possible, Patron. Je vais dormir dans mon village, pas loin par l\u00e0-bas, dit-il avec un geste vague vers la gauche de la route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9vident qu\u2019il me raconte des histoires. Avant-hier, il m\u2019avait expliqu\u00e9 que son village \u00e9tait au nord de Ngamb\u00e9. Nous sommes maintenant \u00e0 400 kilom\u00e8tres plus au Sud et voil\u00e0 qu\u2019il me dit que son village est tout pr\u00e8s. Il a d\u00fb oublier. C\u2019est la troisi\u00e8me fois en deux jours qu\u2019Andr\u00e9 refuse de prendre un repas avec moi. A chaque fois, les pr\u00e9textes se ressemblent : la f\u00eate au village, la famille, le mariage d\u2019une cousine\u2026 Il ne doit pas avoir beaucoup d\u2019imagination, Andr\u00e9. Je me demande quelle est la raison profonde de ses refus. Est-ce la crainte d\u2019\u00eatre vu au restaurant en compagnie d\u2019un blanc ? Aurait-il peur d\u2019\u00eatre l\u2019objet de plaisanteries ou m\u00eame de critiques de la part des autres africains ? Peut-\u00eatre, mais pourquoi ? Sa g\u00eane devant une fraternisation trop \u00e9vidente ? Un trop grand respect de la hi\u00e9rarchie ? Un vieux ressentiment anticolonialiste ? Pour moi, les repas au restaurant, surtout quand on n\u2019est que deux, ont toujours \u00e9t\u00e9 les moments les plus favorables pour parler \u00e0 son convive, que ce soit avec la femme qu\u2019on aime, quelqu\u2019un de la famille, un ami, une relation ou un \u00e9tranger. Au restaurant, \u00e0 deux, on n\u2019a rien d\u2019autre \u00e0 faire qu\u2019\u00e9changer, chercher \u00e0 comprendre et \u00e0 se faire comprendre. La douce euphorie que provoque la plupart du temps le partage d\u2019un repas, et peut-\u00eatre d\u2019un peu d\u2019alcool, parvient sinon \u00e0 \u00e9liminer, du moins \u00e0 abaisser temporairement les barri\u00e8res sociales, culturelles ou mentales qui se dressent entre les gens. Andr\u00e9, le chauffeur que m\u2019a attribu\u00e9 la Compagnie en m\u00eame temps que le pick-up Peugeot \u2014 d\u00e9sol\u00e9, m&rsquo;ont-ils dit, c\u2019est la seule voiture disponible pour le moment \u2014 doit avoir une dizaine d\u2019ann\u00e9es de moins que moi. Il est plut\u00f4t sympathique et joyeux. J\u2019aurais aim\u00e9 pouvoir discuter un peu avec lui en dehors du cadre de son travail, conduire, pour connaitre quelques d\u00e9tails sur sa vie, ses amis, sa fa\u00e7on de voir les choses, apprendre de lui un peu plus que des informations sur l\u2019\u00e9tat de la piste et des commentaires sur la fa\u00e7on de conduire des taxis-brousse. Mais, non. Aurais-je \u00e9t\u00e9 trop distant avec lui ? Me croirait-il atteint par une forme b\u00e9nigne de racisme ? J\u2019agite ces id\u00e9es pendant un moment et puis, pour mettre un terme \u00e0 ces interrogations existentielles, je pr\u00e9f\u00e8re conclure qu\u2019Andr\u00e9 craint tout simplement de s\u2019ennuyer pendant tout un diner avec celui qu\u2019on lui a donn\u00e9 comme patron pour quelques jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a d\u00fb percevoir mes interrogations intimes, et pour chasser la g\u00eane qui s&rsquo;\u00e9tablit, il demande tout naturellement :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00c0 quelle heure tu veux que je vienne te prendre demain matin ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00c9coute, j\u2019ai rendez-vous au bureau de la compagnie \u00e0 7 heures. On m\u2019a dit que c\u2019\u00e9tait juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019h\u00f4tel. Je n\u2019ai pas besoin de la voiture. J\u2019irai \u00e0 pied.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 A pied ? C\u2019est pas bien, \u00e7a, Patron. Tu es un homme important, tu dois arriver en voiture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 J\u2019irai \u00e0 pied. Tu n\u2019auras qu\u2019\u00e0 passer me prendre \u00e0 l\u2019h\u00f4tel apr\u00e8s d\u00e9jeuner. Il faudra surement qu\u2019on aille jusqu\u2019\u00e0 Enea dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi. D\u2019ici l\u00e0, tu n\u2019as qu\u2019\u00e0 garder la voiture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Vrai, Patron\u00a0? Pas de voiture demain matin\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Vrai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andr\u00e9 arbore un large sourire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Ils vont \u00eatre dr\u00f4lement contents dans mon village. On va pouvoir faire la f\u00eate toute la nuit et se lever tard\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 D\u2019accord, Andr\u00e9, d\u2019accord, mais ne fais pas l\u2019andouille avec le pick-up et sois l\u00e0 demain \u00e0 deux heures, dis-je d\u2019un ton ferme. Et j\u2019ajoute\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0P\u00e9tantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Oui, Patron\u00a0! D\u2019accord, Patron\u00a0! Compris, Patron\u00a0! Deux heures \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, Patron ! dit-il en roulant des yeux et en chargeant son accent africain, puis il se met \u00e0 jouer doucement du tam-tam sur le volant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense qu\u2019il me fait payer mon petit acc\u00e8s d\u2019autorit\u00e9 en se payant ouvertement ma t\u00eate. Mais il a l\u2019air tellement heureux \u00e0 la perspective de sa soir\u00e9e avec un pick-up \u00e0 disposition que je ne dis rien. J\u2019imagine que ce qu\u2019il va faire, c\u2019est tourner dans les faubourgs de Makuta avec le pick-up, ramasser quelques amis, draguer quelques filles et faire la tourn\u00e9e des boites africaines. Il finira probablement la nuit en dormant sous une b\u00e2che sur le plateau, tout seul ou \u00e0 plusieurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A pr\u00e9sent, la nuit est tomb\u00e9e. Nous avons d\u00e9pass\u00e9 les faubourgs avec ses v\u00e9lomoteurs surcharg\u00e9s, ses camionnettes d\u00e9hanch\u00e9es, ses taxis-brousse bond\u00e9s, avec sa foule rigolarde ou besogneuse qui tourne autour des petites boutiques en t\u00f4le, \u00e0 peine \u00e9clair\u00e9es par des loupiottes \u00e0 gaz. Nous roulons maintenant, enfin, sur une route goudronn\u00e9e, entre deux rang\u00e9es de flamboyants, dans la lumi\u00e8re jaune des lampes \u00e0 sodium de l\u2019\u00e9clairage public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 C\u2019est l\u2019avenue du Pr\u00e9sident NGann Yonn, m\u2019indique Andr\u00e9. Ton h\u00f4tel est tout au bout, l\u00e0-bas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous prenons un large rond-point. Le centre en est occup\u00e9 par un monticule autour duquel circule un calicot\u00a0qui dit \u00ab\u00a0Bienvenue \u00e0 Makuta et Vive le Pr\u00e9sident NGann Yonn\u00a0\u00bb. Le monticule est couronn\u00e9 par une fontaine digne du rond-point des Champs Elys\u00e9es. Andr\u00e9 me dit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tu as vu comme ils sont riches ici\u00a0? C\u2019est pas aussi grand que Ngamb\u00e9, mais c\u2019est plus riche. Nous, \u00e0 Ngamb\u00e9, on a le gouvernement, mais eux, ils ont l\u2019argent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis pay\u00e9 pour le savoir\u00a0: les mines d\u2019uranium de la province de Makuta sont parmi les plus riches du continent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une centaine de m\u00e8tres apr\u00e8s le rond-point, l\u2019h\u00f4tel apparait. C\u2019est un bloc de b\u00e9ton ocre perc\u00e9 d\u2019une multitude de petites fen\u00eatres sombres, \u00e0 moiti\u00e9 dissimul\u00e9 par une jungle de hauts cocotiers. Au-dessus de l\u2019entr\u00e9e, sous une rang\u00e9e d\u2019une dizaine de drapeaux, une discr\u00e8te enseigne lumineuse bleue imite une signature qui dirait\u00a0: Le Pr\u00e9sident.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Andr\u00e9 ralentit et s\u2019arr\u00eate majestueusement sous l\u2019auvent de l\u2019h\u00f4tel juste devant un homme en grand uniforme qui ouvre ma porti\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je descends, sale, frip\u00e9, poussi\u00e9reux, les cheveux en bataille, coll\u00e9s par la transpiration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Bienvenue au Pr\u00e9sident, Monsieur\u00a0! me dit l\u2019homme en \u00f4tant sa casquette \u00e0 galons dor\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un groom en ch\u00e9chia et culotte bouffante, mais sans chemise ni chaussures, s\u2019est d\u00e9j\u00e0 empar\u00e9 de ma valise sur le plateau du pick-up. Le g\u00e9n\u00e9ral chamarr\u00e9 me fait signe de le suivre. Inutilement, et sans doute juste pour ne pas obtemp\u00e9rer sur le champ, je fais signe au portier d\u2019attendre, je passe la t\u00eate \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cabine et je dis \u00e0 Andr\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Demain, quatorze heures, ici m\u00eame, Andr\u00e9\u00a0! C\u2019est compris\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Oui, Monsieur\u00a0! dit Andr\u00e9 qui entre dans le jeu, car c\u2018est bien la premi\u00e8re et la derni\u00e8re fois qu\u2019il m\u2019appellera comme \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019embo\u00eete le pas du beau militaire. Deux autres grooms identiques au porteur de valise nous ouvrent la porte \u00e0 double battant et j\u2019entre dans le grand salon. Il ne doit pas y faire plus de vingt degr\u00e9s, alors que dehors, il ferait plut\u00f4t trente-cinq, sans compter les quatre-vingt-quinze pour cent d\u2019humidit\u00e9. La sueur se fige instantan\u00e9ment sur mon front, dans mes cheveux, dans mon dos et mes v\u00eatements se collent sur ma peau tandis que j\u2019avance en frissonnant vers la r\u00e9ception. Des haut-parleurs invisibles diffusent une chanson sirupeuse en anglais. Je reconnais Bing Crosby qui chante White Christmas. \u00c7a me rappelle que ce sera bient\u00f4t No\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Bienvenue au Pr\u00e9sident, dit la jolie fille de la r\u00e9ception. Vous avez de la chance, il nous reste une chambre avec vue sur la piscine.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Fin<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avertissement Contrairement aux\u00a0 pr\u00e9c\u00e9dentes, les suite africaines de cette nouvelle s\u00e9rie rel\u00e8vent de la fiction. Bien s\u00fbr, les lieux, les personnes et m\u00eame les petits incidents contenus dans ces histoires courtes sont inspir\u00e9s, parfois de tr\u00e8s pr\u00e8s, de la r\u00e9alit\u00e9, mais c\u2019est leur combinaison, leur assemblage, leur coexistence que j\u2019ai invent\u00e9s. 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