{"id":23784,"date":"2020-05-27T16:47:17","date_gmt":"2020-05-27T14:47:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=23784"},"modified":"2020-05-27T10:25:44","modified_gmt":"2020-05-27T08:25:44","slug":"23784","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=23784","title":{"rendered":"RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (13)"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (13)<\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>27\/05\/20<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-23460 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/TASSE-DE-THE\u0301.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"127\" \/><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Annick et Fran\u00e7oise<\/u><\/strong><br \/>\n<em>Titre provisoire<\/em><\/p>\n<p><u>\u00a0<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Attention chantier\u00a0! Cette nouvelle est en cours de construction selon la m\u00e9thode surr\u00e9aliste des <strong>cadavres exquis<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle compos\u00e9e par des auteurs diff\u00e9rents qui \u00e9crivent chacun, en suivant leur imagination personnelle et\u00a0 dans leur style propre, la suite du texte de l\u2019auteur pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte de base (Cadavre exquis n\u00b00) est un court extrait d\u2019un texte d\u2019origine intitul\u00e9 \u00a0\u00ab\u00a0Les Deux Magots\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><u>Cadavre exquis (0)<\/u><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Par Philippe<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Il y a quelques minutes une tr\u00e8s jeune femme, vingt ans au plus, s\u2019est install\u00e9e non loin de moi. Je la vois de c\u00f4t\u00e9. Chez elle, tout est mince, clair et net. Le profil est pr\u00e9cis, la queue de cheval ch\u00e2tain est courte et bien serr\u00e9e et de sobres boucles d\u2019oreille fantaisie pendent \u00e0 ses oreilles. Elle se tient bien droite sans s\u2019appuyer au dossier de la banquette. Elle regarde autour d\u2019elle, me voit \u00e0 peine. Le gar\u00e7on s\u2019approche, mais elle dit qu\u2019elle attend quelqu\u2019un. Un peu plus tard, elle est rejointe par une autre femme, un peu plus \u00e2g\u00e9e, moins de trente ans. Elle se l\u00e8ve pour embrasser la nouvelle arrivante sur les joues (trois fois\u00a0: elle doit \u00eatre du Massif Central). Celle-ci est le contraire de celle-l\u00e0. Tout en elle est arrondi, flou, impr\u00e9cis. Sa silhouette de pas-tout-\u00e0-fait-grosse s\u2019est tass\u00e9e sur la banquette \u00e0 la gauche de son amie qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent elle me cache. Ses cheveux bruns et fris\u00e9s forment un nuage mousseux au-dessus de sa t\u00eate. Son jean marron clair comprime ses cuisses et son pullover en grosse laine noire poilue n\u2019arrive pas \u00e0 rejoindre la ceinture de son jean, laissant \u00e0 d\u00e9couvert une bande de chair. Elle a command\u00e9 deux formules J-P.Sartre \u00e0 26 Euros. Les jus d\u2019orange, les croissants, les tartines, les beurriers, les tasses, les cafeti\u00e8res et les th\u00e9i\u00e8res ne tardent pas \u00e0 encombrer la table. La plus jeune fouille dans son sac et en sort le Guide Hachette de Paris qu\u2019elle pose entre deux tasses.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Elle s\u2019appelle Fran\u00e7oise Maignan. Elle a 22 ans. Elle est la fille unique d\u2019un couple de pharmaciens install\u00e9s \u00e0 Chauvigny, \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Poitiers. Elle est \u00e9tudiante en pharmacie. Elle vient d\u2019arriver \u00e0 Paris par le premier TGV et en sortant de la Gare Montparnasse, elle a suivi les instructions de son amie Annick\u00a0: elle est pass\u00e9e le long de la tour et puis elle a pris la rue de Rennes tout droit avec le clocher de Saint Germain des Pr\u00e9s en ligne de mire. Avec ces indications, elle ne pouvait pas rater les Deux Magots.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">Annick Cottard a 31 ans. Elle est chercheuse \u00e0 Normale Sup dans le d\u00e9partement des Sciences de l\u2019Antiquit\u00e9. Le grand studio dans lequel elle vit seule est situ\u00e9 tout en bas de la rue Mouffetard. C\u2019est un peu bruyant le matin, mais ce n\u2019est pas loin de la Rue d\u2019Ulm, et elle ne paie pas de loyer : le studio appartient \u00e0 la Ville de Paris qui l\u2019a mis \u00e0 sa disposition en \u00e9change d\u2019une dizaine d\u2019heures de travail par mois \u00e0 la Direction de la Communication de l\u2019H\u00f4tel de Ville. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, Annick a connu une vie sentimentale chaotique et une vie sexuelle h\u00e9sitante. R\u00e9cemment, apr\u00e8s une liaison idyllique de cinq semaines avec un chercheur du CNRS adepte de la th\u00e9orie des cordes et de l\u2019\u00e9changisme, elle a connu une p\u00e9riode d\u2019abstinence de 14 mois, \u00e0 peine interrompue par quelques aventures furtives \u00e0 l\u2019issue de soir\u00e9es universitaires. Cette p\u00e9riode s\u2019\u00e9tait achev\u00e9e avec les derni\u00e8res vacances de No\u00ebl quand elle avait rencontr\u00e9 Fran\u00e7oise dans un chalet de l\u2019UCPA \u00e0 Notre-Dame de Bellecombe. Toutes deux skieuses d\u00e9butantes et, au fond, peu enclines \u00e0 la pratique sportive, d\u00e8s le deuxi\u00e8me jour Annick et Fran\u00e7oise avaient abandonn\u00e9 le cours de ski d\u00e9butant pour se retrouver dans de longues balades dans les forets enneig\u00e9es. C\u2019est au cours d\u2019un piquenique ensoleill\u00e9 qu\u2019elles s\u2019\u00e9taient mutuellement d\u00e9couvertes, allong\u00e9es sur un matelas de neige fraiche et d\u2019anoraks Canada Goose. Avant qu\u2019elles ne se s\u00e9parent sur un quai de la Gare Lyon-Part-Dieu, Annick avait fait promettre \u00e0 Fran\u00e7oise de venir passer quelques jours \u00e0 Paris afin de lui faire d\u00e9couvrir les lieux historiques de la capitale. Elles commencent avec Jean-Paul Sartre aux Deux Magots.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><u>Cadavres exquis (1)<\/u><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>Par Jim<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Fran\u00e7oise et Annick \u00e9taient manifestement heureuses de se revoir. Et pourtant, tout les distinguait. Les \u00e9vidences de cette distinction n\u2019\u00e9chappaient pas aux coups d\u2019\u0153il et \u00e0 l\u2019ou\u00efe fine de l\u2019homme attabl\u00e9 \u00e0 leur gauche, pench\u00e9 sur son Mac, une simple tasse de caf\u00e9 \u00e0 sa droite. Il avait rapidement saisi que la pr\u00e9sentation des deux amies ainsi que leur conversation r\u00e9v\u00e9laient leur diff\u00e9rence sociale. Fran\u00e7oise, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, appartenait \u00e0 la bonne soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise provinciale, \u00e0 l\u2019\u00e9lite d\u2019une petite ville comme Sill\u00e9-le-Guillaume ou Chauvigny dans le centre de la France par exemple, catholique, \u00e9duqu\u00e9e, dipl\u00f4m\u00e9e m\u00eame s\u2019agissant des professions des chefs de famille, m\u00e9decins, notaires, pharmaciens, industriels locaux, etc. Fran\u00e7oise \u00e9tait \u00e0 l\u2019image de ce que ses parents souhaitaient, un fille s\u00e9rieuse destin\u00e9e \u00e0 reprendre plus tard l\u2019officine paternelle sur la Grande Place une fois les \u00e9tudes termin\u00e9es et l\u2019esp\u00e9rance d\u2019un mariage c\u00e9l\u00e9br\u00e9 en grande pompe avec un bon parti, le fils du notaire par exemple, un gar\u00e7on bien sous tous rapports . En attendant, c\u2019est dans par la lecture des romans de Flaubert, Balzac ou Stendhal qu\u2019elle r\u00eavait sa vie sentimentale plus qu\u2019elle n\u2019avait pu la vivre \u00e0 travers quelques flirts sans lendemains. Ce matin, elle \u00e9tait heureuse de retrouver Annick mais surtout de vivre une premi\u00e8re aventure parisienne loin des parents, de Chauvigny, de la fac de pharmacie de Poitiers et des vacances familiales \u00e0 Pornichet. D\u00e8s la d\u00e9couverte d\u2019Annick Cottard \u00e0 Notre-Dame de Bellecombe au stage de l\u2019UCPA d\u00e9cid\u00e9 par ses parents en toute confiance, elle envia sa nouvelle amie, plus \u00e2g\u00e9e, plus exp\u00e9riment\u00e9e des choses de la vie, plus libre aussi de pouvoir satisfaire ses envies, son m\u00e9tier apparemment plus passionnant que celui d\u2019un potard de province, et m\u00eame ses origines sociales moins guind\u00e9es, parisiennes, plut\u00f4t intellectuelles, bref, plus propices \u00e0 la passion comme avait pu la vivre Madame de R\u00eanal ou Emma Bovary.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">Leur voisin replia son Mac, r\u00e9gla sa note et s\u2019en alla non sans un rapide dernier regard vers ses deux voisines . Leur observation, not\u00e9e sur son Mac, pourrait toujours servir un jour. Fran\u00e7oise qui avait aussi remarqu\u00e9 cet homme m\u00fbr se pencha vers Annick et lui dit \u00ab tu as remarqu\u00e9 l\u2019homme qui vient de partir, je crois qu\u2019il ne perdait pas une goutte de ce que nous disions et je crois qu\u2019il notait notre conversation sur son ordi \u00bb. \u00ab Probablement un \u00e9crivain \u00bb r\u00e9pondit Annick, \u00ab ici c\u2019est leur rep\u00e8re, ils viennent chercher l\u2019inspiration et revivre les grandes heures de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s, celle de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Juliette Gr\u00e9co ou Boris Vian, mais Les Deux Magots c\u2019est surtout devenu un must pour les touristes en qu\u00eate de respirer l\u2019intellectualisme de Paris, ici ou au Flore \u00e0 cot\u00e9 ou en face chez Lipp . Et puis tant mieux si nous avons servi de mod\u00e8le \u00e0 celui-l\u00e0 si c\u2019est un \u00e9crivain. Pourvu qu\u2019il nous rendent belles et int\u00e9ressantes ! \u00bb Fran\u00e7oise \u00e9tait aux anges, elle avait l\u2019impression que son escapade \u00e0 Paris la faisait traverser le miroir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">La table voisine ne resta pas longtemps inoccup\u00e9e. Deux jeunes am\u00e9ricains, joyeux et un peu bruyants, entr\u00e8rent et s\u2019install\u00e8rent \u00e0 la place de l\u2019homme au Mac. En peu de temps, ce dernier, comme il l\u2019avait accompli avec ses deux voisines, eut not\u00e9, car il comprenait et parlait couramment l\u2019am\u00e9ricain, que l\u2019un s\u2019appelait John, qu\u2019il \u00e9tait un \u00e9tudiant du MIT \u00e0 Boston, bon chic bon genre, \u00e9videmment d\u2019origine WASP, fra\u00eechement arriv\u00e9 le matin m\u00eame \u00e0 Roissy par le vol United, un cadeau offert par ses riches parents avocats l\u2019un et l\u2019autre \u00e0 Chicago \u00e0 l\u2019occasion du Masters Degree en Physique Nucl\u00e9aire obtenu brillamment, et que l\u2019autre, un peu plus vieux, d\u2019origine afro-am\u00e9ricaine, se nommait Robert mais John s\u2019adressait \u00e0 lui par Bob, qu\u2019il s\u00e9journait \u00e0 Paris depuis un an pour terminer sa th\u00e8se de doctorat d\u2019histoire de la Columbia University of New York sur le r\u00f4le particulier de Benjamin Franklin dans la n\u00e9gociation du trait\u00e9 de Paris qui consacra l\u2019ind\u00e9pendance des Etats-Unis-d\u2019Am\u00e9rique en 1782, les deux amis ayant nou\u00e9 plusieurs ann\u00e9es auparavant une amiti\u00e9 fid\u00e8le au summer camp de Namequoit sur le Cap Cod o\u00f9 Bob \u00e9tait alors moniteur de voile pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 pour payer ses \u00e9tudes et John un jeune participant envoy\u00e9 l\u00e0 par ses parents pour se d\u00e9gourdir.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">\u00ab Jo, I am so happy that you accepted my invitation to visit me in Paris. We are going to have a great time. Paris is a terrific place, so different from New York, so beautiful and so lively. Have you noticed these two French girls at the next table. One of them has been giving you the eye. Her name is Fran\u00e7oise. The other one is Annick. I think we should invite them to join us.\u00a0\u00bb<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">Une grande aventure se pr\u00e9parait, \u00e0 Paris d\u2019abord, mais apr\u00e8s\u2026 et m\u00eame longtemps apr\u00e8s\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><u>Cadavres exquis (2)<br \/>\n<\/u><em>Par Bruno<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Entendant la suggestion de Bob, l\u2019homme au Mac, qui avait d\u00e9j\u00e0 rev\u00eatu son long loden vert, d\u00e9pos\u00e9 sur son chef son curieux chapeau en forme de bob en tissu enduit, \u00e9galement vert, et quasiment atteint la sortie, se trouva d\u00e9contenanc\u00e9. Non qu\u2019il pr\u00eet pour lui-m\u00eame l\u2019invitation formul\u00e9e, que l\u2019honorable lecteur ne se m\u00e9prenne pas. Mais il devait absolument publier sur son blog, avant 16h48, comme il s\u2019\u00e9tait lui-m\u00eame condamn\u00e9 \u00e0 le faire (\u00e0 ce qui \u00e9tait devenu depuis lors son grand et quotidien d\u00e9sappointement) une historiette \u00e0 l\u2019attention de lecteurs aussi rares que pr\u00e9cieux, ses \u00ab\u00a0followers\u00a0\u00bb comme il les d\u00e9signait avec affection, et il lui apparut d\u2019\u00e9vidence qu\u2019il tenait l\u00e0 une source in\u00e9puisable qui lui permettrait de d\u00e9rouler les pages avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante, \u00e0 la stup\u00e9faction de tous tant il se proclamait depuis de longs mois en panne d\u2019inspiration, atteint d\u2019une sorte de syndrome de Guillain-Barr\u00e9 c\u00e9r\u00e9bral.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Comme pris d\u2019une soudaine envie, il se d\u00e9tourna de la porte, se dirigea vers les toilettes dans une banale man\u0153uvre de diversion, les quitta imm\u00e9diatement sans m\u00eame en faire usage et regagna la salle, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 simuler, aux yeux interloqu\u00e9s du gar\u00e7on et \u00e0 l\u2019ahurissement des clients de la salle du fond, un diable de lumbago qui le contraignait \u00e0 ne marcher que pli\u00e9 en deux, voire \u00e0 quatre pattes dans les moments les plus douloureux, pour rejoindre une banquette sur laquelle, sans se redresser, il s\u2019avachit mollement \u00e0 moiti\u00e9 allong\u00e9, se retrouvant par cette strat\u00e9gie digne de celle par laquelle Napol\u00e9on 1<sup>er<\/sup> subjugua simultan\u00e9ment lors de la bataille de Montmirail (11 f\u00e9vrier 1814) le prince russe Fabian Goettlieb von Osten Sacken et le g\u00e9n\u00e9ral prussien (d\u2019ascendance cachoube) Ludwig Yorck von Wartenburg, se retrouvant disions-nous en position d\u2019ou\u00efr tout \u00e0 loisir sans \u00eatre vu, s\u00e9par\u00e9 de ses cibles par le dos de la banquette qu\u2019il avait investie\u00a0; seule la position du Mac avait exig\u00e9 quelques am\u00e9nagements pour demeurer confortable, am\u00e9nagements semblables \u00e0 ceux mis en \u0153uvre par James Stewart pour stabiliser son Nikon en direction de l\u2019appartement oppos\u00e9 dans le c\u00e9l\u00e8bre et hitchcockien \u00ab\u00a0Fen\u00eatre sur Cour\u00a0\u00bb, qu\u2019il avait regard\u00e9 la veille pour la dix-septi\u00e8me fois sur son iPad et dans son lit (qu\u2019il avait rejoint, on le sait, d\u00e8s 20h00, d\u00eener pris, pyjama enfil\u00e9, et dents vraisemblablement lav\u00e9es &#8211; il y a d\u00e9bat sur ce dernier point).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">C\u2019est ainsi qu\u2019il put, apr\u00e8s avoir chuchot\u00e9 sa commande (une formule Guy B\u00e9art, Eau Vive, \u00e0 4,80 \u20ac) et retrouv\u00e9 une respiration que nulle (et non pas nul, selon l\u2019Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise) Covid 19 heureusement n\u2019entravait, avidement suivre ce qui suivit et s\u2019ensuivit. Dieu merci, sa m\u00e9moire auditive, qu\u2019aucun audiotone pourtant ne stimulait, lui permit d\u2019attribuer chaque voix \u00e0 son l\u00e9gitime \u00e9metteur ou, alternativement, \u00e0 sa l\u00e9gitime auditrice.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">C\u2019est Bob, dont on rappellera au lecteur inattentif qu\u2019il avait vaillamment exerc\u00e9 les fonctions de moniteur \u00e0 voile et \u00e0 vapeur, qui prit l\u2019initiative, coupant la route et le vent de John qui enclenchait \u00e0 peine sa respiration. As de la man\u0153uvre r\u00e9gati\u00e8re, il interpella doucereusement les deux voisines, faisant mine de s\u2019adresser \u00e0 Annick, dont le temp\u00e9rament de leader ne lui avait pas \u00e9chapp\u00e9 et \u00e0 laquelle il d\u00e9cocha de son \u0153il gauche un regard engageant, bien qu\u2019il e\u00fbt plus particuli\u00e8rement l\u2019intuitive intention de mettre le cap sur Fran\u00e7oise, qu\u2019il observait de son \u0153il droit.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">\u00a0\u00ab\u00a0<em>Bonjour Mesdemoiselles<\/em>\u00a0\u00bb, les interpella-t-il avec un accent que le clavier de notre ordinateur ne nous permet pas de reproduire, mais dont on aura id\u00e9e en sachant que seul le meilleur laguiole aurait \u00e9t\u00e9 susceptible d\u2019en venir \u00e0 bout, \u00ab\u00a0<em>vous serait-il plaisant que vous vous vous joigniez \u00e0 nous\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb (Le lecteur observera la formulation de la question dont on ignore, \u00e0 ce stade, si elle doit \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 un temp\u00e9rament particuli\u00e8rement narcissique ou \u00e0 un simple mauvais usage de la langue fran\u00e7aise).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Annick, dont les cheveux bruns et fris\u00e9s formaient, on le sait, un nuage mousseux au-dessus de sa t\u00eate, se demanda, perplexe, si la similitude capillaire qu\u2019elle avait avec l\u2019afro-am\u00e9ricain qui l\u2019interpellait \u00e9tait un motif suffisant pour autoriser une telle immixtion dans l\u2019intimit\u00e9 si r\u00e9cemment retrouv\u00e9e avec sa compagne Fran\u00e7oise, se refusant d\u2019embl\u00e9e \u00e0 renouer avec les pratiques \u00e9changistes auxquelles la th\u00e9orie des cordes ch\u00e8re \u00e0 son ancien compagnon l\u2019avait men\u00e9e sans bonheur patent.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">C\u2019est alors que Fran\u00e7oise, qui avait jusqu\u2019alors affich\u00e9 la candeur timide d\u2019une provinciale peu initi\u00e9e au commerce des hommes, fit preuve d\u2019une science de la man\u0153uvre qu\u2019elle ne tirait pourtant pas de la pratique de la r\u00e9gate, le petit plan d\u2019eau du ch\u00e2teau d\u2019Harcourt, fleuron comme chacun sait de son Chauvigny natal, ne lui ayant pas permis de d\u00e9passer le cap de l\u2019Optimist. Ayant remarqu\u00e9 la double inconstance de Bob et identifi\u00e9 le danger que refl\u00e9tait son regard, et plus sp\u00e9cialement son \u0153il droit (ses parents pourraient vraisemblablement supporter une premi\u00e8re aventure parisienne, mais commencer par un afro-am\u00e9ricain serait sans doute, malgr\u00e9 la sp\u00e9cialisation d\u2019Harcourt pour le noir et blanc, leur demander beaucoup), profitant par ailleurs de l\u2019h\u00e9sitation perplexe d\u2019Annick et faisant preuve d\u2019une malice digne des meilleurs enfants du Poitou, elle s\u2019\u00e9cria\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Tout le plaisir sera pour vous, et pour moi aussi sans doute si Monsieur John veut bien me faire une place \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s afin que nous \u00e9changions sur nos \u00e9tudes respectives\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">C\u2019est ainsi qu\u2019une nouvelle table se forma, l\u2019homme au Mac se calant un peu plus au fond de sa banquette indiscr\u00e8te tout en pensant, non sans un certain d\u00e9chirement angoiss\u00e9, qu\u2019il allait devoir bient\u00f4t partir pour honorer le d\u00e9jeuner suivi d\u2019une s\u00e9ance de cin\u00e9ma promis \u00e0 celle qui pour lui incarnait la sagesse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong><u>Cadavres exquis (3)<br \/>\n<\/u><em>Par Lorenzo<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Petit retour en arri\u00e8re &#8230;.. Fran\u00e7oise Maignan sort d\u2019un immeuble aussi cossu que les honoraires de son m\u00e9decin, le docteur Philippe C., psycho-psychanalyste extra-freudien r\u00e9put\u00e9 \u00e0 Poitiers. La comp\u00e9tence se paie, m\u00eame en province, se dit-elle avec amertume. C\u2019\u00e9tait plusieurs mois avant ce qu\u2019elle appelait avec humour et d\u00e9rision sa lune de miel \u00e0 Paris avec Annick o\u00f9 elles avaient v\u00e9cu ensemble plusieurs jours d\u00e9licieux en bas de la rue Mouffetard. T\u00f4t le matin, elles apercevaient parfois, prenant son caf\u00e9 en terrasse, le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain Daniel Pennac qui habitait une gar\u00e7onni\u00e8re au premier \u00e9tage d\u2019un vieil immeuble de la rue Daubenton. Il semblait encore plus sympathique que ne le laissaient supposer ses \u00e9crits empreints d\u2019une bienveillance rare.\u00a0 <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Il y avait cependant un b\u00e9mol \u00e0 son bonheur qui revenait hanter ses nuits. C\u2019\u00e9tait le souvenir de cet homme blond aux yeux bleus assis devant son portable \u00e0 la terrasse ensoleill\u00e9e du Cujas o\u00f9 elle attendait Annick retard\u00e9e pour des raisons professionnelles. El\u00e9gant, le visage avenant, la fixant avec une insistance qui par instants la g\u00eanait un peu, celui qu\u2019elle imaginait \u00eatre un modeste romancier avait quelques ann\u00e9es de plus qu\u2019elle, la soixantaine au minimum. Cette diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge, que d\u2019autres auraient trouv\u00e9e r\u00e9dhibitoire, ne la rebutait pas\u00a0; elle percevait en effet chez lui une chaleur, une tol\u00e9rance et une d\u00e9licatesse apr\u00e8s lesquelles elle courait depuis son enfance solitaire en Poitou. Bien \u00e9videmment, elle n\u2019en avait pas dit un mot \u00e0 son amie.\u00a0 <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>La premi\u00e8re s\u00e9ance avait dur\u00e9 plus d\u2019une heure, pour faire connaissance, pr\u00e9cisa le sp\u00e9cialiste. Il\u00a0lui proposa de la revoir deux fois par semaine en fin de journ\u00e9e. La d\u00e9marche courageuse de Fran\u00e7oise lui en coutait et pas seulement sur le plan p\u00e9cuniaire. Elle ne pouvait se satisfaire de sa situation sentimentale qui, \u00e0 cette \u00e9poque, rendait impossible une future maternit\u00e9. Or, Fran\u00e7oise ressentait une envie irr\u00e9pressible d\u2019avoir des enfants. Elle \u00e9tait pourtant fille unique. Elle avait peu connu sa famille proche, dont quelques cousins et cousines de son \u00e2ge, qui v\u00e9g\u00e9tait au fin fond du Cantal contrairement \u00e0 ses parents trop heureux d\u2019avoir trouv\u00e9 une pharmacie dans une r\u00e9gion moins sinistre. Ils s\u2019\u00e9taient d\u2019abord install\u00e9s dans un bourg agricole du Poitou non loin de Chauvigny. Ce qui distinguait Joigny le Pont de leur Cantal d\u2019origine, ce n\u2019\u00e9tait pas la densit\u00e9 de la population mais son climat moins rigoureux en hiver. Situ\u00e9 au croisement de deux nationales, Joigny le Pont n\u2019\u00e9tait pas a proprement parl\u00e9 une cit\u00e9 radieuse\u00a0: quelques fermes encore actives, les commerces indispensables, une \u00e9cole communale, deux bars-tabac, le caf\u00e9 du Commerce et le bar des Sportifs, des vieux, des retrait\u00e9s et de jeunes autochtones d\u00e9biles. Pas de quoi s\u2019enthousiasmer, m\u00eame quand on d\u00e9barque du Massif Central. Dans sa petite enfance, la d\u00e9viation routi\u00e8re n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 construite et la circulation charriait \u00e0 longueur de journ\u00e9es d\u2019\u00e9normes semi-remorques qui \u00e9branlaient tout Joigny. Elle apporta le calme \u00e0 l\u2019ann\u00e9e dans la rue principale et la d\u00e9solation dans les commerces dont la fermeture s\u2019av\u00e9ra irr\u00e9m\u00e9diable. Par chance, Fran\u00e7oise connut la fin de l\u2019Ecole Communale ce qui lui sauva la vie\u00a0: ses parents furent contraints de la mettre en pension au coll\u00e8ge Sainte C\u00e9cile \u00e0 Poitiers. C\u2019\u00e9tait une enfant dou\u00e9e, intelligente et travailleuse. Elle d\u00e9couvrit que la vraie vie n\u2019\u00e9tait pas celle de Joigny le Pont ni, plus tard, celle de Chauvigny d\u00e9j\u00e0 frapp\u00e9e par l\u2019exode rural. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>A Joigny, la petite pharmacie de ses parents donnait sur la place triangulaire du village avec \u00e0 son sommet l\u2019\u00e9glise dont seul le porche, moins laid que le reste du b\u00e2timent, \u00e9tait d\u2019origine. Manquant de s\u2019\u00e9crouler, elle avait \u00e9t\u00e9 reconstruite peu apr\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale et, p\u00e9riode oblige, la municipalit\u00e9 en avait profit\u00e9 pour \u00e9difier devant son entr\u00e9e un monument aux morts de taille disproportionn\u00e9e. Allong\u00e9s sur un socle de marbre noir, trois soldats \u00e9taient \u00e0 moiti\u00e9 ensevelis dans un terrain mar\u00e9cageux et un quatri\u00e8me, couch\u00e9 lui aussi, mais le buste relev\u00e9, tendait le bras pour implorer le secours des passants. Ce qui choquait le plus, ce n\u2019\u00e9tait pas tant la couleur verd\u00e2tre des soldats que la grossi\u00e8ret\u00e9 de leurs traits \u00e0 mi-chemin entre ceux d\u2019extra-terrestres et d\u2019animaux des champs. L\u2019auteur de l\u2019ouvrage, un sculpteur autodidacte et analphab\u00e8te originaire d\u2019une ferme des environs, n\u2019avait d\u2019ailleurs pas persist\u00e9 dans cette voie peu prometteuse. Il s\u2019en \u00e9tait retourn\u00e9 peu apr\u00e8s l\u2019inauguration, un soir de novembre sous une pluie glaciale, \u00e0 la r\u00e9paration des tracteurs dans un garage pr\u00e8s de Poitiers. L\u2019impact de la d\u00e9viation ne fut r\u00e9alis\u00e9 que trop tard par les \u00e9lus locaux qui \u00e9taient plus pr\u00e9occup\u00e9s par la valeur de leur r\u00e9colte que par l\u2019avenir de la boulangerie. Quand ils se r\u00e9veill\u00e8rent, le mal \u00e9tait fait, d\u2019autant qu\u2019ils ne r\u00e9ussirent jamais \u00e0 se mettre d\u2019accord sur l\u2019implantation d\u2019une sup\u00e9rette dans les locaux d\u00e9saffect\u00e9s de l\u2019\u00e9cole. A part ce b\u00e2timent d\u00e9suet, le village de Joigny ne comptait que deux ou trois \u00e9difices remarquables par leur taille. Il s\u2019agissait des anciennes demeures de riches agriculteurs ou de notables comme le m\u00e9decin et le notaire. D\u2019une architecture oscillant entre le baroque d\u00e9cadent et le directoire kitch, elles \u00e9taient elles aussi ferm\u00e9es depuis longtemps et leurs jardins jadis fleuris d\u00e9p\u00e9rissaient. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Fran\u00e7oise avait grandi l\u00e0. De la fen\u00eatre de sa chambre, la vue donnait sur le monument aux morts et plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur le visage agonisant du futur cadavre. Cela n\u2019incitait ni \u00e0 l\u2019optimisme ni \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019art. Heureusement ou pas, il y avait \u00e0 Joigny d\u2019autres enfants qu\u2019elle retrouvait le week-end quand elle rentrait chez elle. Il ne s\u2019agissait pas encore de petits d\u00e9linquants mais de jeunes d\u00e9s\u0153uvr\u00e9s que les travaux des champs lib\u00e9raient quelques heures. L\u2019exploit du plus t\u00e9m\u00e9raire, un certain Bernard, avait \u00e9t\u00e9 de voler une tablette de chocolat \u00e0 l\u2019\u00e9picerie de Madame Clabeau. C\u2019\u00e9tait ce m\u00eame Bernard qui lui avait fait des avances alors qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient \u00e2g\u00e9s que de douze ans. Dans la grange obscure du P\u00e8re M\u00e9nard, Il ne lui r\u00e9cita pas un joli po\u00e8me d\u2019amour mais ouvrit sa braguette. L\u2019objet qu\u2019il en extirpa d\u00e9plut \u00e0 Fran\u00e7oise\u00a0: il \u00e9tait gris et flasque comme un pis de vache apr\u00e8s la traite. Bernard lui demanda de le tripoter, ce qu\u2019elle trouva peu hygi\u00e9nique et refusa cat\u00e9goriquement de faire. En rentrant \u00e0 la maison, Fran\u00e7oise passa s\u2019agenouiller \u00e0 l\u2019\u00e9glise pour demander pardon au Seigneur de son involontaire m\u00e9saventure. Elle en profita pour lui demander pourquoi Dieu le P\u00e8re Tout Puissant n\u2019avait pas mieux fait son travail en affublant les gar\u00e7ons d\u2019un instrument aussi laid.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Voil\u00e0 ce qu\u2019elle avait racont\u00e9 \u00e0 son psy lors des premi\u00e8res s\u00e9ances. Il en avait conclu, p\u00e9remptoire plus qu\u2019inquiet, qu\u2019il y avait effectivement du boulot.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>A SUIVRE<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(Attention, Edgard, \u00e7a va \u00eatre \u00e0 toi&#8230;)<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Bient\u00f4t publi\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Demain, 07:47 Un petit coin au Mexique<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Demain, 16:47 RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (14)<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>29 Mai, 07:47 Les acteurs \u2013 Critique ais\u00e9e n\u00b0204<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>29 Mai, 16:47 RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (15)<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (13) 27\/05\/20 Annick et Fran\u00e7oise Titre provisoire \u00a0 Attention chantier\u00a0! Cette nouvelle est en cours de construction selon la m\u00e9thode surr\u00e9aliste des cadavres exquis, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle compos\u00e9e par des auteurs diff\u00e9rents qui \u00e9crivent chacun, en suivant leur imagination personnelle et\u00a0 dans leur style propre, la suite du texte de l\u2019auteur pr\u00e9c\u00e9dent. &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=23784\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">RENDEZ-VOUS \u00c0 CINQ HEURES (13)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,2],"tags":[1578,1582,1372,21],"class_list":["post-23784","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-bruno","tag-jim","tag-lorenzo","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23784","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=23784"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/23784\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=23784"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=23784"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=23784"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}