{"id":22814,"date":"2020-05-22T07:47:50","date_gmt":"2020-05-22T05:47:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=22814"},"modified":"2020-05-22T19:28:23","modified_gmt":"2020-05-22T17:28:23","slug":"22814","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=22814","title":{"rendered":"Les Deux Magots (1\/2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Couleur Caf\u00e9 n\u00b036<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les Deux Magots<\/strong><br \/>\n<em>6 place Saint-Germain-des-Pr\u00e9s<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est vraiment une belle salle que celle des Deux Magots. Surtout \u00e0 cette heure&#8230;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-22828\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/france-paris-linterieur-de-la-les-deux-magots-cafe-boulevard-saint-germain-c1bw5x-300x197.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"197\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/france-paris-linterieur-de-la-les-deux-magots-cafe-boulevard-saint-germain-c1bw5x-300x197.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/france-paris-linterieur-de-la-les-deux-magots-cafe-boulevard-saint-germain-c1bw5x-960x631.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/france-paris-linterieur-de-la-les-deux-magots-cafe-boulevard-saint-germain-c1bw5x-768x505.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/france-paris-linterieur-de-la-les-deux-magots-cafe-boulevard-saint-germain-c1bw5x.jpeg 1300w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait le matin. C\u2019\u00e9tait l\u2019hiver. Il faisait beau, juste un peu froid. C\u2019\u00e9tait avant l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Le ciel \u00e9tait clair et la travers\u00e9e des Jardins du Luxembourg, tout propres des averses de la veille, m\u2019avait rempli d\u2019optimisme. J\u2019avais enfin red\u00e9marr\u00e9 l\u2019\u00e9criture de mon roman qui \u00e9tait en chantier depuis des mois, <em>Le Cujas<\/em>, et je me disais que j\u2019avais assez de mati\u00e8re devant moi pour interrompre quelques heures, peut-\u00eatre m\u00eame quelques jours, la r\u00e9daction de son cinqui\u00e8me chapitre. Je m\u2019accordai donc une matin\u00e9e de vacances avant d\u2019aller tout \u00e0 l\u2019heure chez Grasset r\u00e9cup\u00e9rer le manuscrit qu\u2019ils venaient de me refuser dans les formes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je continuai donc \u00e0 descendre vers Saint-Germain des Pr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par des matins d\u2019optimisme comme celui-l\u00e0, l\u2019\u00e9criture de quelques lignes m\u2019est aussi indispensable qu\u2019une douche ou un caf\u00e9-tartines. Malgr\u00e9 ma d\u00e9cision de laisser mon opus magnum en plan pour la journ\u00e9e, je me dis que j\u2019irais bien passer une heure <!--more-->ou deux dans un caf\u00e9, en esp\u00e9rant y trouver un sujet pour r\u00e9diger quelques mots d\u2019une <em>Couleur caf\u00e9<\/em>. En traversant la froide et superbe place Saint-Sulpice, c\u2019est l\u2019image du Caf\u00e9 de Flore qui s\u2019est form\u00e9e dans ma t\u00eate. Le Flore, ce n\u2019est pas loin de chez Grasset et, t\u00f4t le matin, c\u2019est presque intime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait d\u00e9cid\u00e9, ce serait Le Flore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seulement voil\u00e0, quand je d\u00e9bouchai de la rue Bonaparte sur la place du Qu\u00e9bec, le soleil faisait \u00e9clater le vert joyeux du dais des Deux Magots. Ses encombrantes annexes qui, chaque ann\u00e9e, naissent au printemps sur le trottoir et qui me font toujours l\u2019effet d\u2019enclos \u00e0 touristes, n\u2019\u00e9taient pas encore \u00e9t\u00e9 mont\u00e9es et les terrasses vitr\u00e9es paraissaient d\u00e9sertes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La porte \u00e0 tambour \u00e0 demi repli\u00e9e pour laisser passer un livreur et son chargement me permit de v\u00e9rifier que la salle \u00e9tait aux trois quarts vide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019\u00e9tais tent\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a faisait longtemps que je n\u2019\u00e9tais pas entr\u00e9 aux Deux Magots, dix ans, quinze ans peut-\u00eatre.\u00a0 Le bagage de pr\u00e9jug\u00e9s que je tra\u00eene depuis mon adolescence m\u2019avait longtemps fait associer ce caf\u00e9 au snobisme et \u00e0 la domination pass\u00e9e des id\u00e9es de gauche qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de ma jeunesse, pass\u00e9e elle aussi, confinait au terrorisme intellectuel. En particulier, je trouvais un c\u00f4t\u00e9 dominateur et pu\u00e9ril dans la fa\u00e7on dont l\u2019\u00e9tablissement certifiait sur ses tickets de caisse qu\u2019il \u00e9tait \u00ab\u00a0<em>le rendez-vous de l\u2019\u00e9lite intellectuelle<\/em>\u00ab\u00a0. Je n\u2019allais donc que tr\u00e8s rarement aux Deux Magots, la crainte d\u2019y rencontrer Sartre et Beauvoir peut-\u00eatre. La disparition de ces deux-l\u00e0 ne m\u2019avait fait changer ni d\u2019habitude \u2014 c\u2019\u00e9tait trop tard \u2014 ni d\u2019\u00e9tat d\u2019esprit \u2014 c\u2019\u00e9tait trop difficile. La cons\u00e9quence naturelle \u00e9tait que je n\u2019avais \u00a0jamais rien \u00e9crit ni dans ni sur les Deux Magots, alors que sur le Flore, si.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me faufilai derri\u00e8re le livreur et j\u2019entrai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est neuf heures et demi. Le soleil qui filtre \u00e0 travers la couleur cr\u00e8me du velum \u00e9claire le d\u00e9cor Napol\u00e9on III d\u2019une lumi\u00e8re chaleureuse. La salle est belle et accueillante\u00a0: banquettes de moleskine rouge sombre, lourdes tables en bois verni, quelques bouquets, maitre d\u2019h\u00f4tel en complet gris, deux ou trois gar\u00e7ons virevoltants, moins d\u2019une dizaine de consommateurs discrets et deux magots qui surveillent le tout, juch\u00e9s sur leur console. Aucune musique ne vient couvrir le doux murmure des conversations bien \u00e9lev\u00e9es et le cliquetis des tasses et des th\u00e9i\u00e8res sur les plateaux de t\u00f4le argent\u00e9e sonne \u00e9l\u00e9gamment. Tout est parfait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019installe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autour d\u2019une table non loin de moi, trois hommes discutent autour d\u2019un petit d\u00e9jeuner. Leur conversation est calme et leurs tenues d\u00e9contract\u00e9es. Ils portent la quarantaine et une barbe maintenue \u00e0 trois jours. De temps en temps, ils se tournent vers l\u2019\u00e9cran d\u2019un MacBook pos\u00e9 sur la table et l\u2019un d\u2019eux fr\u00f4le quelques touches. J\u2019aper\u00e7ois un tableur Excel et ses petites cases aux couleurs pastel.<br \/>\n<em>Ils mettent la derni\u00e8re main au business-plan de la start-up qu\u2019ils vont pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9jeuner aux repr\u00e9sentants de trois banques d\u2019investissement. Ils ont r\u00e9serv\u00e9 un salon particulier \u00e0 11h30 chez Le Doyen car, quand on veut lever une dizaine de millions juste pour commencer, il faut ce qu\u2019il faut, surtout quand la start-up repose sur une id\u00e9e de drones d\u00e9tecteurs de c\u00e8pes, de girolles et de truffes.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je consulte la carte du matin et je commande un <em>Caf\u00e9 noir filtre des Deux Magots, service au pot<\/em>, \u00e0 4,90 Euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur ma gauche, \u00e0 deux tables, un couple s\u2019agite et se l\u00e8ve. La femme referme un dossier \u00e0 sangle, replie un ordinateur, place l\u2019ensemble au creux de son bras et se dirige vers la sortie. L\u2019homme se rassied, commande un autre caf\u00e9 au gar\u00e7on qui passe et sort son iPhone de sa poche int\u00e9rieure.<br \/>\n<em>C\u2019est un marchand d\u2019art qui vient de donner ses instructions \u00e0 sa principale collaboratrice pour la vente qui va commencer \u00e0 onze heures pr\u00e9cises chez Christie\u2019s, avenue Matignon. La collection Dufy va \u00eatre dispers\u00e9e et il lui faut absolument acqu\u00e9rir au moins une vingtaine de pi\u00e8ces \u00a0pour le compte d\u2019une rock star. Comme il ne dispose pour cela que de 800.000 $, la strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 mettre au point, mais maintenant, elle est pr\u00eate. Il appelle l\u2019homme de confiance de son client pour le tenir au courant. A Los Angeles, c\u2019est le milieu de la nuit mais il sait qu\u2019il ne d\u00e9rangera pas. Il n\u2019a jamais aim\u00e9 Raoul Dufy et il se demande ce qu\u2019on peut bien lui trouver. Il doit y avoir anguille sous roche. A tout hasard, il a demand\u00e9 \u00e0 un ami d\u2019en acheter deux ou trois pour son compte. Moins de 100.000 \u20ac devrait suffire. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gar\u00e7on m\u2019apporte le caf\u00e9 command\u00e9, effectivement servi dans un joli pot en argent aux armes de l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus loin, sous l\u2019un des deux magots, un homme s\u2019est install\u00e9. Il fait vieux, c\u2019est-\u00e0-dire plus vieux que moi. Enfin, j\u2019esp\u00e8re faire moins vieux que lui. Blazer bleu marine, chemise \u00e0 larges rayures rouges, pantalon de velours jaune, Westons rouges, parka militaire informe pendant sur ses \u00e9paules. Il laisse refroidir devant lui un petit d\u00e9jeuner formule <em>Classique<\/em> \u00e0 12 Euros tant il est plong\u00e9 dans la lecture d\u2019un \u00e9pais document dactylographi\u00e9 qu\u2019il annote m\u00e9ticuleusement d\u2019un stylo marqu\u00e9. Le ma\u00eetre d\u2019h\u00f4tel est plein d\u2019attentions pour lui. C\u2019est un habitu\u00e9. D\u2019ailleurs, je me souviens qu\u2019\u00e0 son arriv\u00e9e, il l\u2019a salu\u00e9 d\u2019un \u00ab\u00a0Bonjour ma\u00eetre\u00a0\u00bb.<br \/>\n<em>Il s\u2019appelle Bertrand Paillet, fondateur et associ\u00e9 du cabinet Paillet, Wisiemski, Grandjean et Paillet, avocats au barreau de Paris. Sur la modeste plaque de cuivre qui orne le porche de l\u2019immeuble des Deux Magots depuis plus de quarante ans, le premier Paillet, c\u2019est lui, Bertrand, et le deuxi\u00e8me, c\u2019est Patrick, son fils. Tr\u00e8s t\u00f4t, le cabinet s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9 dans le domaine de l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re et ce que le vieux monsieur examine de pr\u00e8s, c\u2019est un projet de conclusions dans une affaire Belridge Oil Company contre Total. C\u2019est Antoine, son petit-fils qui l\u2019a r\u00e9dig\u00e9. L\u2019affaire est de moyenne importance, la Belridge n\u2019est qu\u2019une petite compagnie californienne, mais si on veut s\u2019ouvrir le march\u00e9 am\u00e9ricain, il s\u2019agit de ne pas faire d\u2019erreur. Et en face, l\u2019\u00e9quipe de chez LeCloarec qui d\u00e9fend Total n\u2019est pas compos\u00e9e que d\u2019incapables, loin de l\u00e0. De toute fa\u00e7on, Antoine n\u2019a pas encore le statut d\u2019associ\u00e9. Il n\u2019a pas le droit de signer ses conclusions. Le vieil avocat s\u2019est donc auto d\u00e9sign\u00e9 titulaire du dossier et c\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019il supervise le travail d\u2019Antoine. Ma\u00eetre Bertrand Paillet avance vite, il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 reprendre\u00a0; les conclusions seront pr\u00eates pour \u00eatre tap\u00e9es pendant l\u2019heure du d\u00e9jeuner. Bertrand aime bien Antoine. Il le trouve dou\u00e9, bien plus dou\u00e9 que son andouille de p\u00e8re. L\u2019audience est \u00e0 15 heures.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00a0<\/em><em>A SUIVRE\u00a0 (demain)<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Couleur Caf\u00e9 n\u00b036 Les Deux Magots 6 place Saint-Germain-des-Pr\u00e9s C\u2019est vraiment une belle salle que celle des Deux Magots. Surtout \u00e0 cette heure&#8230; C\u2019\u00e9tait le matin. C\u2019\u00e9tait l\u2019hiver. Il faisait beau, juste un peu froid. C\u2019\u00e9tait avant l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. 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