{"id":21929,"date":"2020-02-29T07:47:06","date_gmt":"2020-02-29T06:47:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21929"},"modified":"2020-03-02T06:04:20","modified_gmt":"2020-03-02T05:04:20","slug":"21929","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21929","title":{"rendered":"1917 &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0200"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0200<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>1917<\/strong><br \/>\nSam Mendes &#8211; 2020<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-21932\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/images-1-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 : j\u2019ai mis du temps \u00e0 aller voir <em>1917<\/em>. Alors peut-\u00eatre l\u2019avez-vous d\u00e9j\u00e0 vu sans connaitre mon avis. De toute fa\u00e7on, je vous aurais dit d\u2019y aller. Mais si vous ne l\u2019avez pas encore fait, d\u00e9p\u00eachez-vous, car 1917 ne se joue plus que dans les plus petites des salles des complexes. Le film devrait donc disparaitre bient\u00f4t, car il parait qu\u2019il y a un \u00ab <em>Ducobu chez les Tuche<\/em> \u00bb qui arrive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour <em>1917<\/em>, les critiques ont \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s bonnes \u00e0 l\u2019exception essentielle de <em>Lib\u00e9ration<\/em>. Pour ce journal, le film \u00ab <em>manque de point de vue<\/em> \u00bb. Venant de <em>Lib\u00e9ration<\/em>, cela veut probablement dire qu\u2019on n\u2019y trouve ni d\u00e9claration pacifiste ni pamphlet anti-capitaliste. Peut-\u00eatre le journal regrette-t-il aussi que les officiers n\u2019y soient pas montr\u00e9s comme de sombres brutes alcooliques, aveugl\u00e9s par la discipline, insensibles au sort des hommes. <em>Lib\u00e9ration<\/em> aime bien les choses simples, claires, manich\u00e9ennes pour <!--more-->tout dire o\u00f9, quand on a une bonne conscience et de bonnes pantoufles intellectuelles, on peut s\u2019y retrouver facilement. Bon ! Laissons tomber <em>Lib\u00e9ration \u2014 c&rsquo;est \u00e7a, laissons tomber Lib\u00e9ration \u2014 <\/em>ce n\u2019est pas le sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le monde sait \u00e0 pr\u00e9sent, film vu ou pas vu, que les deux heures environ de <em>1917<\/em> se pr\u00e9sentent comme un seul plan-s\u00e9quence, c\u2019est \u00e0 dire une prise de vue unique o\u00f9 l\u2019on suit sans interruption les personnages dans leurs d\u00e9placements. Pas mal de mes confr\u00e8res (<em>mes confr\u00e8res ! Ah !<\/em>) ont salu\u00e9 une performance technique l\u00e0 o\u00f9, selon moi, il n\u2019y a qu\u2019une volont\u00e9 stylistique utile au sc\u00e9nario. Dire d\u2019un plan s\u00e9quence de deux heures qu\u2019il constitue une performance, c\u2019est non seulement tomber dans le clich\u00e9 absolu, mais aussi oublier les moyens techniques qui permettent aujourd\u2019hui de suivre partout et tout le temps le moindre personnage et de transformer une succession de plans s\u00e9par\u00e9s en un seul plan-s\u00e9quence. Quand Hitchcock avait tourn\u00e9 \u00ab <em>La Corde<\/em> \u00bb, son plan-s\u00e9quence unique (qui en fait n\u2019en \u00e9tait pas un \u00e0 cause de la dur\u00e9e maximale d\u2019une bobine), avec ses grosses cam\u00e9ras, ses projecteurs imposants et ses for\u00eats de c\u00e2bles, c\u2019\u00e9tait une performance. Mais pour <em>1917<\/em>, les mat\u00e9riels ont radicalement chang\u00e9 et ce n\u2019est pas l\u00e0 que Sam Mendes a cherch\u00e9 la performance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un sc\u00e9nario assez improbable, dont on nous dit cependant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 de l\u2019autobiographie du grand-p\u00e8re de Sam Mendes, deux soldats britanniques doivent traverser le no man\u2019s land pour rejoindre un r\u00e9giment anglais. Ils sont porteurs d\u2019un ordre annulant l\u2019attaque pr\u00e9vue qui conduirait le r\u00e9giment dans un pi\u00e8ge mortel mont\u00e9 par les Allemands. Y parviendront-ils ? Vous savez bien que je ne vous le dirai pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous savez aussi que je suis \u00e0 l\u2019aff\u00fbt des clich\u00e9s. Ils ont le don de me h\u00e9risser le poil. Mais ici, je n\u2019en ai vu qu\u2019un et c\u2019est la gentille petite fran\u00e7aise cach\u00e9e dans une cave de village en ruine avec un nouveau-n\u00e9 sur les bras. Pass\u00e9 ce poncif, et malgr\u00e9 l\u2019improbable maladresse des tireurs Allemands, j\u2019ai trouv\u00e9 le film tr\u00e8s r\u00e9aliste et tr\u00e8s prenant. Je sais, c\u2019est un peu ridicule quand quelqu\u2019un, n\u00e9 comme moi pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale, qualifie de r\u00e9aliste un film sur la premi\u00e8re. Disons seulement que c\u2019est l\u2019id\u00e9e que l\u2019on peut s\u2019en faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par son plan-s\u00e9quence unique, Sam Mendes a choisi de nous faire suivre de tout pr\u00e8s les deux soldats dans leur progression \u00e0 travers une terre d\u00e9vast\u00e9e par les bombardements et la succession des assauts et des contre-attaques, puis \u00e0 travers une campagne \u00e9trangement calme et pr\u00e9serv\u00e9e pour une sc\u00e8ne (presque) finale \u00e9poustouflante. On les suit, les deux soldats, et on devient eux, on rampe avec eux, on a peur avec eux, on franchit une cr\u00eate, on souffle et on repart avec eux. Les d\u00e9cors sont d\u2019une simplicit\u00e9 inhabituelle pour un film de ce genre, mais ils sont hallucinants. Je ne peux pas en dire davantage parce que, litt\u00e9rairement parlant, la description en serait trop difficile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne me parait pas utile de donner les noms des deux acteurs principaux ; vous ne les connaissez surement pas. Leur banalit\u00e9 donne beaucoup de cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 leur personnage. En plus, ils sont excellents. Par contre, si vous \u00eates attentif et cin\u00e9phile, vous reconnaitrez dans deux r\u00f4les \u00e9clairs, au d\u00e9but, Colin Firth et, \u00e0 la fin, Benedict Cumberbatch.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne peux pas clore cette critique sans souligner une vraie performance de r\u00e9alisation. Je veux parler d\u2019une sc\u00e8ne grandiose qui se situe un peu avant la fin du film. Une s\u00e9quence de travelling de plusieurs minutes, centr\u00e9e sur un soldat anglais d\u00e9sarm\u00e9 qui court d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment en croisant les centaines de soldat d\u2019un r\u00e9giment qui bondit \u00e0 la charge hors de la tranch\u00e9e.<br \/>\nSuperbe r\u00e9alisation technique, sc\u00e8ne \u00e9poustouflante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0200 \u00a01917 Sam Mendes &#8211; 2020 Voil\u00e0 : j\u2019ai mis du temps \u00e0 aller voir 1917. Alors peut-\u00eatre l\u2019avez-vous d\u00e9j\u00e0 vu sans connaitre mon avis. De toute fa\u00e7on, je vous aurais dit d\u2019y aller. 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