{"id":21849,"date":"2020-03-17T07:47:27","date_gmt":"2020-03-17T06:47:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21849"},"modified":"2020-03-18T12:17:23","modified_gmt":"2020-03-18T11:17:23","slug":"une-douche-froide-3-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21849","title":{"rendered":"Une douche froide (3\/5)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">3- Marantza sur la couchette<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant ce temps, la machine \u00e0 B.U.R. <em>(Boisson Universelle Revigorante)<\/em> avait d\u00e9livr\u00e9 son breuvage bleu\u00e2tre et fumant et la P.U.E. <em>(Pilule Universelle \u00c9nergisante)<\/em> matinale l&rsquo;attendait dans sa petite coupelle de verre devant le distributeur. Il but le B.U.R. et avala la P.U.E. Les deux substances ne tard\u00e8rent pas \u00e0 produire l&rsquo;effet recherch\u00e9.<br \/>\nIl commen\u00e7ait \u00e0 se sentir un peu mieux quand une pens\u00e9e encore confuse lui fit relever la t\u00eate : Marantza\u00a0! Marantza \u00e9tait l\u00e0, sur la couchette\u00a0! Le drap qui r\u00e9v\u00e9lait les formes splendides de son corps allong\u00e9 ne laissait \u00e0 d\u00e9couvert que son beau visage qui lui souriait doucement. Avec cette toile qui lui couvrait la t\u00eate, on aurait dit une madone des anciens temps. Le sourire de Marantza acheva <!--more-->de dissiper l\u2019\u00e9pais brouillard qui chaque matin baignait le r\u00e9veil de Ptlamn. Il se sentit fondre : les muscles de son dos se d\u00e9tendaient et sa mauvaise humeur avait d\u00e9j\u00e0 fait place \u00e0 une immense tendresse suivie d&rsquo;un d\u00e9sir qui allait croissant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela faisait maintenant trois jours qu&rsquo;il avait amen\u00e9 Marantza chez lui. Au matin de leur premi\u00e8re nuit, incapable de se s\u00e9parer d&rsquo;elle, il avait d\u00e9pos\u00e9 par pneumatique un arr\u00eat maladie en raison de douleurs subites d&rsquo;origine inconnue ressenties dans une r\u00e9gion qu&rsquo;il souhaitait garder confidentielle. La Municipalit\u00e9 de Bmacylaric o\u00f9 Ptlamn travaillait n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s regardante sur les cong\u00e9s ou les arr\u00eats maladie de ses employ\u00e9s et sa demande avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e et accept\u00e9e dans le quart d&rsquo;heure. On lui accordait trois jours pleins, en attendant mieux si son \u00e9tat devait s&rsquo;aggraver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant les trois jours qui suivirent, Ptlamn ne sortit plus de chez lui et connut avec Marantza les moments les plus intenses qu&rsquo;il ait jamais v\u00e9cus. \u00c0 vrai dire, le moment plus intense qu\u2019il ait jamais v\u00e9cu avant Marantza, c\u2019\u00e9tait la finale du tournoi r\u00e9gional de fl\u00e9chettes d\u2019il y a quatre ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois jours seulement s&rsquo;\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis qu&rsquo;elle \u00e9tait entr\u00e9e chez lui pour la premi\u00e8re fois et il avait d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9 comment c&rsquo;\u00e9tait, la vie avant elle. Quand remontait \u00e0 sa m\u00e9moire qu&rsquo;elle ne devait rester qu&rsquo;un mois, un terrible froid le prenait au ventre. Un mois, c&rsquo;est ce qui \u00e9tait pr\u00e9vu. Plus que vingt-sept jours\u00a0! Vingt-sept ou vingt-six jours\u00a0? Il ne savait plus. Il n&rsquo;osait m\u00eame pas v\u00e9rifier. Bien s\u00fbr, il y avait toujours la possibilit\u00e9 de prolonger le contrat ; six mois, un an, davantage encore ! Pourquoi pas ?\u00a0 C&rsquo;\u00e9tait une option possible, c&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9vu, en toutes lettres\u00a0! Un an ! Mais jamais le petit capital que Ptlamn avait d\u00e9j\u00e0 joyeusement entam\u00e9 ni son salaire ne lui permettraient une telle folie ! Ou alors, il faudrait gagner plus, travailler plus, beaucoup plus&#8230;<br \/>\nIl r\u00eavait : l&rsquo;avoir tous les jours chez lui, \u00e0 lui, pour lui ; pouvoir la regarder, l&#8217;embrasser, la caresser, tous les jours, une ann\u00e9e, toute la vie&#8230; Cette pens\u00e9e fit monter dans ses reins une nouvelle pouss\u00e9e de d\u00e9sir. Il fit un pas vers la couchette. Son visage \u00e9tait tout pr\u00e8s maintenant, \u00e0 la hauteur des yeux de Marantza. Il \u00e9baucha un geste vers le drap qui recouvrait son corps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Non, non, tu vas \u00eatre en retard, dit-elle d&rsquo;un ton rieur tout en se tournant vers le mur. De cette rebuffade, il ressentit aussit\u00f4t un pincement au c\u0153ur. Elle d\u00fbt s\u2019en apercevoir car, bient\u00f4t, il entendit sa voix \u00e0 demi \u00e9touff\u00e9e par l&rsquo;oreiller qui disait d&rsquo;un ton plein de promesses \u00a0: \u00ab\u00a0Je serai encore l\u00e0 ce soir, tu sais !\u00a0\u00bb Il n&rsquo;insista pas. Il fallait \u00eatre raisonnable : apr\u00e8s trois jours d&rsquo;arr\u00eat maladie sans justificatif, arriver en retard, \u00e7a la ficherait vraiment mal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tu as raison, Marantza, il faut que j&rsquo;y aille, mais j\u2019ai besoin d\u2019un petit acompte, dit-il et d&rsquo;un rapide basculement du buste, il vint lui mordre doucement la fesse \u00e0 travers le drap.\u00a0Le petit cri surpris et joyeux qu\u2019elle poussa en r\u00e9ponse le mit au comble du bonheur : cette jeune femme si belle \u00e9tait \u00e0 lui, bien \u00e0 lui. \u00ab\u00a0\u00c0 ce soir\u00a0\u00bb, lui dit-il en lui donnant une petite tape \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 il l&rsquo;avait mordue. \u00ab\u00a0A ce soir, \u00d4 mon seigneur et ma\u00eetre !\u00a0\u00bb r\u00e9pondit-elle avec emphase. Il entra dans le sas, r\u00e9gla son v\u00eatement sur \u00ab\u00a0ext\u00e9rieur\u00a0\u00bb et sortit. La journ\u00e9e commen\u00e7ait bien, la vie \u00e9tait belle, il \u00e9tait heureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il n&rsquo;\u00e9tait que six heures quarante-huit, mais la porte de l&rsquo;ascenseur E-34 arborait d\u00e9j\u00e0 le panneau d&rsquo;immobilisation pour entretien. Ptlamn devrait prendre le corridor qui menait tout droit \u00e0 l&rsquo;ascenseur E-33 \u2014 <em>deux cent cinquante-cinq m\u00e8tres \u00e0 parcourir dans un couloir venteux et mal \u00e9clair\u00e9<\/em> \u2014 mais qu&rsquo;importe ? Il \u00e9tait heureux ! Il se dit que l&rsquo;ascenseur E-33, qui \u00e9tait en panne la semaine derni\u00e8re, n\u2019\u00e9tait certainement pas d\u00e9j\u00e0 r\u00e9par\u00e9. Aucune importance, puisqu&rsquo;il \u00e9tait amoureux ! Il prendrait l&rsquo;escalier de secours. Il \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;air libre, cet escalier, mais il ne devait pleuvoir qu&rsquo;\u00e0 partir de onze heures cinq ou six et l&rsquo;indice de pollution \u00e9tait encore tr\u00e8s acceptable. Et puis, on n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;au dix-huiti\u00e8me \u00e9tage. Tout lui souriait puisqu\u2019il \u00e9tait amoureux d\u2019elle et qu&rsquo;elle l&rsquo;aimait aussi. C&rsquo;\u00e9tait \u00e9vident qu\u2019elle l\u2019aimait, tout le d\u00e9montrait. Il ouvrit la porte qui donnait sur l\u2019escalier de secours et se retrouva dans le froid. Sa combinaison s&rsquo;adapta aussit\u00f4t en envoyant les calories n\u00e9cessaires au maintien de la temp\u00e9rature de son corps. Il avait beau \u00eatre d\u00e9j\u00e0 en retard, dix-huit \u00e9tages, trois cents quatre-vingt-dix marches, \u00e7a ne se descend pas \u00e0 la vol\u00e9e, ou alors c&rsquo;est la chute presque assur\u00e9e. Il en avait d\u00e9j\u00e0 fait l&rsquo;exp\u00e9rience : durs les escaliers, dure la chute. Il aborda les premi\u00e8res marches avec prudence, chercha son rythme, l&rsquo;adopta et se mit \u00e0 penser \u00e0 autre chose, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 cette fantastique nouveaut\u00e9 qui bouleversait sa vie, Marantza.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong><em>A SUIVRE<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>3- Marantza sur la couchette Pendant ce temps, la machine \u00e0 B.U.R. (Boisson Universelle Revigorante) avait d\u00e9livr\u00e9 son breuvage bleu\u00e2tre et fumant et la P.U.E. (Pilule Universelle \u00c9nergisante) matinale l&rsquo;attendait dans sa petite coupelle de verre devant le distributeur. Il but le B.U.R. et avala la P.U.E. 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