{"id":21743,"date":"2020-03-05T07:47:32","date_gmt":"2020-03-05T06:47:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21743"},"modified":"2020-03-08T08:19:48","modified_gmt":"2020-03-08T07:19:48","slug":"un-apres-midi-de-chien-2-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21743","title":{"rendered":"Un apr\u00e8s-midi de chien (2\/2)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Couleur Caf\u00e9 n\u00b034\u00a0 <\/em><em>(suite)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Si vous n&rsquo;avez pas lu la premi\u00e8re partie de cet apr\u00e8s-midi de chien, vous feriez mieux de cliquer la-dessus :<\/em><\/span><\/p>\n<h5><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21740\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>LIRE LA PREMIERE PARTIE\u00a0<\/em><\/a><\/h5>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Maintenant, vous pouvez passer \u00e0 la suite.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-21748\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_8120-300x246.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"246\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_8120-300x246.jpeg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_8120-960x788.jpeg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_8120-768x630.jpeg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_8120-1536x1260.jpeg 1536w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_8120-2048x1681.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/em><\/span><br \/>\n<strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><br \/>\n<strong>Le Balzar<\/strong><br \/>\n49 rue des \u00c9coles &#8211; Paris 5<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un apr\u00e8s-midi de chien (2\/2)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 (&#8230;)<br \/>\n<em>\u2014 Oui, tiens, je veux bien un th\u00e9, <\/em>dit le pullover rouge.<br \/>\n<em>\u2014 Oui mais quel th\u00e9 ? Faut \u00eatre un peu plus directive que \u00e7a, ma grande, si tu veux \u00eatre servie dans la vie ! Un Darjeeling, un th\u00e9 au jasmin, un th\u00e9 noir, un th\u00e9 vert\u2026 ? Alors ? <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Vert. C\u2019est \u00e7a, un th\u00e9 vert !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Mais tu sais bien que tu n\u2019aimes pas \u00e7a, le th\u00e9 vert ! Tu m\u2019as dit que \u00e7a te donnait la colique !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Oh, \u00e9coute, Maman, ce n\u2019est pas la peine de\u2026<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Quoi, \u00e9coute Maman ? C\u2019est naturel, la colique. N\u2019est-ce pas, G\u00e9rard, que c\u2019est naturel, la colique ? D\u00e9j\u00e0 toute petite, le moindre \u00e9pice, le moindre grain de poivre, \u00e7a lui donnait des coliques \u00e9pouvantables. J\u2019\u00e9tais oblig\u00e9e de lui faire des plats \u00e0 part, bien fades\u2026 Ah ! Ce n\u2019\u00e9tait pas toujours facile, vous savez. Enfin\u2026 Gar\u00e7on ! Un Martini et un th\u00e9 vert\u2026 Dites, gar\u00e7on, ce n\u2019\u00e9tait pas plus grand ici, avant ? Il y a vingt ans, c\u2019\u00e9tait plus grand, non ? Ah bon ! \u00c7a a toujours \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a. Vous \u00eates s\u00fbr ? Demandez-donc au patron, Je vous prie.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le gar\u00e7on s\u2019\u00e9loigne. Un silence. Je rattrape un peu de texte.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 C\u2019est sympathique ici, <\/em>dit G\u00e9rard-la-moustache pour meubler<em>. J\u2019aime bien ce genre de d\u00e9cor\u2026<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ah ! Vous ne connaissiez pas ? C\u2019est vrai que vous ne sortez pas beaucoup. Faut dire que, de votre banlieue, ce n\u2019est pas facile\u2026 Andr\u00e9 et moi, on venait tous les dimanches. Fallait voir, c\u2019\u00e9tait bien fr\u00e9quent\u00e9 le dimanche. L\u00e0, vous ne pouvez pas vous rendre compte\u2026 D\u2019abord on est lundi et il n\u2019est m\u00eame pas 6 heures. Et puis surtout, les temps ont chang\u00e9, non ? Vous les jeunes, vous aimez les big-macs et les sushis et tous ces trucs industriels. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ne croyez pas \u00e7a, Odile, <\/em>ose G\u00e9rard pour alimenter la conversation.<em> Un bon pot au feu, une bonne choucroute ou un bon foie gras, \u00e7a ne nous fait pas peur, vous savez. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ah ! Surtout, ne me parlez pas de foie gras, hein ! Je n\u2019ai jamais aim\u00e9 \u00e7a. \u00c7a me donne envie de vomir. Et puis, c\u2019est terrible, cette fa\u00e7on de gaver les oies, c\u2019est inhumain. Et puis, il y a la grippe aviaire. Vous avez pens\u00e9 \u00e0 la grippe aviaire ? D\u2019ailleurs, les am\u00e9ricains n\u2019en veulent plus, du foie gras. C\u2019est tout dire ! Je ne comprends m\u00eame pas que\u2026Enfin, comme je disais, tous les go\u00fbts sont dans la nature. Mais quand m\u00eame, faut \u00eatre snob&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Mais, Maman, \u00e0 No\u00ebl dernier, chez Fran\u00e7oise, il y avait du foie gras. Tu en avais pris, je me souviens.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Je voulais \u00eatre polie, c&rsquo;est tout, mais j\u2019ai toujours d\u00e9test\u00e9 \u00e7a. Dis donc, tu m\u2019as l\u2019air enrhum\u00e9e, toi !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Oui, un peu. \u00c7a fait une semaine et je ne m\u2019en sors pas. Ah ! Il ne faut pas que j&rsquo;oublie de prendre mes m\u00e9dicaments\u2026<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Patricia, tu prends trop de m\u00e9dicaments. Je te l\u2019ai toujours dit. G\u00e9rard, vous ne trouvez pas qu\u2019elle prend trop de m\u00e9dicaments ?<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Je\u2026<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Un m\u00e9dicament pour ci, un m\u00e9dicament pour \u00e7a\u2026 Tu as mal \u00e0 la t\u00eate, allez hop, une pilule ; tu as mal au ventre, et vas-y donc, un comprim\u00e9 ! Fais comme moi, ma grande, soigne-toi un peu intelligemment, lis des revues, \u00e9coute ton corps, fais de l\u2019exercice, bon sang de bonsoir. D\u2019ailleurs, je trouve que tu t\u2019emp\u00e2tes en ce moment. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 \u00c9coute, Maman, ce n\u2019est pas la peine de parler aussi fort.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Qu\u2019est-ce que tu racontes ? Je ne parle pas fort du tout !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Si, je trouve que tu parles un peu fort. D\u2019ailleurs, tout le monde t\u2019entend. G\u00e9rard, tu ne trouves pas, que Maman parle un peu fort ? <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Eh bien, je&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Je ne parle pas fort du tout. C\u2019est ma voix qui est voil\u00e9e, alors il faut que je la pousse un peu pour \u00eatre entendue. Mais je ne parle pas fort. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Si, tu&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Je te dis que c\u2019est ma voix qui est voil\u00e9e. Tu es sourde ou quoi, ma fille ? Et puis, si je parle fort, qu\u2019est-ce que \u00e7a peut faire, il n\u2019y a personne. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ben si, justement\u2026<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Qui \u00e7a ? Lui ? Oh, mais il n&rsquo;\u00e9coute pas, il \u00e9crit un truc. Regarde, il n&rsquo;arr\u00eate pas de taper sur sa machine. Les gens sont malades avec ces \u00e9crans&#8230; Et puis je m&rsquo;en fous de toute fa\u00e7on&#8230; Bon, je pendrais bien un g\u00e2teau, moi. Gar\u00e7on ! Qu\u2019est-ce que vous avez comme g\u00e2teau, ici ? Du baba au rhum ? Tiens, c&rsquo;est une id\u00e9e \u00e7a ! Il n&rsquo;est pas rassis au moins ? Non ? Parce que, bon&#8230; Tu veux un g\u00e2teau, Patricia ? Non, pas toi, il ne vaut mieux pas&#8230; Et vous, G\u00e9rard, vous ne voulez pas un g\u00e2teau ?<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Non merci, Odile, pas \u00e0 cette heure.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Allez, allez, G\u00e9rard, vous \u00eates tout fluet, l\u00e0. Prenez donc un g\u00e2teau ! \u00c7a ne vous fera pas de mal. Je vous l&rsquo;offre, allez ! C&rsquo;est de bon c\u0153ur. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Non merci, vraiment !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Bon, bon ! Ce n&rsquo;est pas la peine de vous \u00e9nerver, G\u00e9rard!<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Mais je ne&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Gar\u00e7on, un baba au rhum&#8230; Avec deux cuill\u00e8res, des fois que vous changiez d&rsquo;avis&#8230; <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Maman, puisqu&rsquo;il te dit&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Oh \u00e7a va ! Je connais les hommes mieux que toi. <\/em><br \/>\n<em>\u00a0<\/em><br \/>\nUn nouveau silence. J&rsquo;en profite pour boire une deuxi\u00e8me gorg\u00e9e de bi\u00e8re. Elle est moins bonne. Et puis :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 Pour la Saint-Valentin, G\u00e9rard a r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la Closerie des Lilas. C&rsquo;est chic, il parait. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ah ! J&rsquo;ai bien connu la Closerie autrefois, mais je n&rsquo;y vais plus. C&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s intello, mais c&rsquo;est devenu immangeable, enfin, il parait&#8230; A l&rsquo;\u00e9poque, ce qu&rsquo;il fallait prendre, c&rsquo;\u00e9tait le steak tartare, mais maintenant ce n&rsquo;est plus chic du tout. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Pourtant, on m&rsquo;a dit&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 La Saint-Valentin, vous f\u00eatez \u00e7a, vous ? Ce n&rsquo;est pas un peu ridicule ? C&rsquo;est juste fait pour faire du commerce, vous savez,\u00a0 pour faire d\u00e9penser de l&rsquo;argent. \u00a0<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Oui, c&rsquo;est un peu vrai, <\/em>r\u00e9pond G\u00e9rard, arrangeant<em>. C&rsquo;est comme Halloween ou comme No\u00ebl ou comme&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ah ! non ! Pas comme No\u00ebl. No\u00ebl, \u00e7a remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9, c&rsquo;est les enfants, la famille, une tradition&#8230; Comment pouvez-vous dire des choses pareilles, G\u00e9rard ? Pas comme No\u00ebl, \u00e7a non !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Oui, non ! Pas comme No\u00ebl. No\u00ebl, c&rsquo;est No\u00ebl. C&rsquo;est diff\u00e9rent, <\/em>se repend l&rsquo;imprudent G\u00e9rard.<br \/>\n<em>\u2014 Ce que j&rsquo;ai chaud ! Vous ne trouvez pas qu&rsquo;il fait chaud ici ? <\/em>dit Patricia qui tente de changer la conversation.<br \/>\n<em>\u2014 C&rsquo;est parce que tu es trop couverte, ma ch\u00e9rie. Ce n&rsquo;est pas \u00e9tonnant que tu sois tout le temps malade. Regarde-moi-\u00e7a ! \u00a0Tu es bien trop couverte. On dirait que tu es aux sports d&rsquo;hiver avec cette tenue. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Maman, ce n&rsquo;est pas la peine de parler aussi fort, enfin !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Je t&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 dit que c&rsquo;\u00e9tait ma voix. Je n&rsquo;y peux rien. Tu \u00e9coutes ce que je te dis ? <\/em><br \/>\n<em>\u2014 N&#8217;emp\u00eache que tu parles trop fort&#8230; <\/em>dit Patricia d&rsquo;une voix mourante<em>.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Qu&rsquo;est-ce que tu dis ? Parle plus fort !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Rien, rien.\u00a0 <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Excusez-moi, Mesdames, mais je vais passer aux toilettes, <\/em>annonce G\u00e9rard.<br \/>\n<em>\u00a0<\/em><br \/>\nIl s&rsquo;\u00e9loigne vers le fond de la salle. Un silence&#8230; Je tape, et puis :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 Dis-moi, Patricia. \u00c7a va ? \u00c7a va bien ?<\/em><br \/>\n<em>\u2014 \u00c7a va.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Tu es s\u00fbre ? <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ben, oui. Pourquoi ?<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Je ne trouve pas \u00e9panouie. Tu grossis, tu t&rsquo;habilles mal, tu es souvent malade, tu n&rsquo;as plus rien \u00e0 me raconter. Je suis sure qu&rsquo;il y a quelque chose qui ne va pas.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Tout va bien. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Tu n&rsquo;es pas malade au moins ? Je veux dire malade-malade&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Mais non, je t&rsquo;assure&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Alors, c&rsquo;est G\u00e9rard !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Mais non, enfin ! Arr\u00eate !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Ah ! J&rsquo;en \u00e9tais s\u00fbre. C&rsquo;est G\u00e9rard ! Je l&rsquo;ai toujours dit que ce n\u2019\u00e9tait pas l&rsquo;homme qu&rsquo;il te fallait. Il m&rsquo;a toujours paru un peu falot, un peu \u00e9troit&#8230; Il manque vraiment de&#8230; Attention, le revoil\u00e0 ! &#8230; Dites-moi, G\u00e9rard, Patricia vient de me dire que vous n\u2019avez toujours pas termin\u00e9 cette fameuse biblioth\u00e8que ?<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Maman, enfin !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Parce que, depuis le temps&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Vous savez, Odile, je n\u2019en ai pas beaucoup, de temps. J\u2019ai voulu m\u2019y remettre l\u2019autre soir en rentrant du bureau, mais le voisin est arriv\u00e9 en disant que je faisais trop de bruit avec la perceuse, qu\u2019on n&rsquo;avait pas le droit de bricoler apr\u00e8s 18 heures et tout un tas d\u2019\u00e2neries comme \u00e7a.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Mais ce ne sont pas des \u00e2neries, G\u00e9rard. C\u2019est la loi ! Apr\u00e8s 18 heures, on n\u2019a pas le droit de bricoler ou de passer l\u2019aspirateur ou de faire du bruit. C\u2019est la loi, vous savez ! Votre voisin, il a raison !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Vous croyez ? <\/em>dit G\u00e9rard en se permettant une pointe d&rsquo;ironie.<em> Tiens, \u00e7a m&rsquo;\u00e9tonne. Attendez, je v\u00e9rifie.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout en parlant, G\u00e9rard consulte son iPhone, tandis que , levant les yeux au ciel, Odile pianote sur la table.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 Ah ! Voil\u00e0, c&rsquo;est \u00e7a ! Tapage nocturne&#8230; 22 heures ! La loi dit que c\u2019est 22 heures, le tapage nocturne. Entre 22 heures et 7 heures. Vous voyez ! <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Peut-\u00eatre que la loi, c\u2019est 22 heures, mais 18 heures, c\u2019est l\u2019heure de la d\u00e9tente, l\u2019heure de l\u2019ap\u00e9ro. On n\u2019a pas le droit d\u2019emmerder les gens chez eux apr\u00e8s 18 heures ! <\/em><br \/>\n<em>\u00a0<\/em><br \/>\nCette fois-ci, c&rsquo;est mon t\u00e9l\u00e9phone qui sonne. Il a beau \u00eatre dans la poche du duffel-coat que j&rsquo;ai pos\u00e9 sur la chaise qui est de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de ma table, on entend tr\u00e8s bien sa sonnerie futuriste. Passant le bras par-dessus la table, je manque de renverser mon verre et de faire tomber mon iPad et je mets un temps fou \u00e0 l&rsquo;extraire de la poche de mon manteau et \u00e0 interrompre son angoissante sonnerie. Odile s&rsquo;agace, presque ostensiblement, et dans la prolongation de sa derni\u00e8re r\u00e9plique :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0 <em>Et au restaurant non plus, d&rsquo;ailleurs ! Il y en a, je vous jure ! <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 Oui ? <\/em>susurre-je en me tournant \u00e0 demi &#8230; <em>Au Balzar&#8230; J&rsquo;\u00e9cris un truc&#8230; un petit drame familial&#8230; dans le genre Bazin, tu sais, Vip\u00e8re au poing, quelque chose comme \u00e7a&#8230; Non, je ne peux pas rentrer tout de suite, ce n&rsquo;est pas fini, je veux dire \u00ab\u00a0JE\u00a0\u00bb n&rsquo;ai pas fini&#8230; Je sens que \u00e7a ne va pas tarder \u00e0 d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer&#8230; Il ne faut pas que je rate \u00e7a&#8230; \u00c9coute, ils ne vont pas arriver avant 7 heures et demi, 8 heures, non ? \u00a0Alors ce n&rsquo;est vraiment pas la peine que je&#8230; Si ? Mais alors, je n&rsquo;aurai pas ma fin ! Il va falloir que j&rsquo;invente. Tu sais bien que je ne sais pas faire \u00e7a&#8230; Bon, d&rsquo;accord, d&rsquo;accord, j&rsquo;arrive&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au moment o\u00f9 je repousse la table pour pouvoir me relever, j&rsquo;entends G\u00e9rard qui dit :<br \/>\n<em>\u2014 H\u00e9 bien, je vais aller chercher la voiture, maintenant. Vous m&rsquo;attendez-l\u00e0, Odile ? J&rsquo;en ai pour un petit quart d&rsquo;heure, pas plus. <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Attends, ch\u00e9ri, <\/em>dit Patricia<em>, je viens avec toi.<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Dites-donc, <\/em>proteste Odile,<em> je ne vais quand m\u00eame pas attendre ici toute seule !<\/em><br \/>\n<em>\u2014 \u00c9coute, Maman, j&rsquo;ai oubli\u00e9 ma Carte Bleue dans une boutique sur le chemin. Il faut absolument que je passe la reprendre \u00e0 pied avant que \u00e7a ferme. Avec la voiture, ce serait bien trop compliqu\u00e9. Alors, attends-nous l\u00e0. Il n&rsquo;y en a pas pour longtemps&#8230;<\/em><br \/>\n<em>\u2014 Bon, eh bien, d\u00e9p\u00eachez-vous alors, parce que je n&rsquo;ai pas que \u00e7a \u00e0 faire, de vous attendre !<\/em><br \/>\n<em>\u00a0<\/em><br \/>\nIls sortent devant moi et prennent la rue des \u00c9coles \u00e0 droite. C&rsquo;est aussi mon chemin. J&rsquo;entends :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 <em>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait ? \u00a0On la tue tout de suite ? <\/em><br \/>\n<em>\u2014 Non. Pour le moment, on la plante l\u00e0, on rentre direct \u00e0 la maison et on r\u00e9fl\u00e9chit.\u00a0<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Couleur Caf\u00e9 n\u00b034\u00a0 (suite) Si vous n&rsquo;avez pas lu la premi\u00e8re partie de cet apr\u00e8s-midi de chien, vous feriez mieux de cliquer la-dessus : LIRE LA PREMIERE PARTIE\u00a0 Maintenant, vous pouvez passer \u00e0 la suite. \u00a0 Le Balzar 49 rue des \u00c9coles &#8211; Paris 5 Un apr\u00e8s-midi de chien (2\/2) \u2014 (&#8230;) \u2014 Oui, tiens, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21743\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Un apr\u00e8s-midi de chien (2\/2)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[12,2],"tags":[1557,21],"class_list":["post-21743","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit","category-textes","tag-balzar","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21743","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21743"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21743\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21743"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21743"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21743"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}