{"id":21402,"date":"2020-01-15T07:47:46","date_gmt":"2020-01-15T06:47:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21402"},"modified":"2020-01-16T14:02:43","modified_gmt":"2020-01-16T13:02:43","slug":"phedre-critique-aisee-n193","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21402","title":{"rendered":"Ph\u00e8dre &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0193"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0193<\/em><\/span><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><b>Ph\u00e8dre<\/b><br \/>\nJean Racine<br \/>\n<em>Mise en sc\u00e8ne : Brigitte Jaques-Wajeman<\/em><br \/>\n<em>R\u00f4le titre : Rapha\u00ebl<\/em><em>e Bouchard<\/em><br \/>\n<em>Par le Th\u00e9\u00e2tre de la Ville au Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses.<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-21404\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/download-3.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" \/><\/em><\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Cette fois-ci, nous n\u2019avons march\u00e9 qu\u2019une heure et demi dans un Paris priv\u00e9 de M\u00e9tro pour parvenir jusqu\u2019au Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses, qui abrite le Th\u00e9\u00e2tre de la Ville pour le temps de son interminable r\u00e9novation.<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Quand m\u00eame pas \u00e0 la taille du Th\u00e9\u00e2tre de la Ville (1000 places), celui des Abbesses (400 places) est cependant un vrai th\u00e9\u00e2tre, d\u2019architecture greco-moderne, moins confortable qu\u2019il n\u2019y parait au premier abord, mais avec une salle plut\u00f4t pentue qui permet de bien voir de partout. (<em>Bien entendre de partout, c\u2019est une autre histoire et on y reviendra.<\/em>)<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Avant ce soir l\u00e0, je n\u2019avais vu Ph\u00e8dre qu\u2019une seule fois. Maria Casar\u00e8s tenait le r\u00f4le titre, Alain Cuny \u00e9tait Th\u00e9s\u00e9e et Jean Vilar \u00e9tait \u00e0 la fois Th\u00e9ram\u00e8ne et metteur en sc\u00e8ne. C\u2019\u00e9tait au TNP. Nous y avions \u00e9t\u00e9 tra\u00een\u00e9 par notre \u00e9cole. Je n\u2019avais pas seize ans. Je me souviens du d\u00e9cor minimaliste, juste un petit banc sur un grand <!--more-->fond noir. Je me souviens des com\u00e9diens qui portaient des cothurnes et qui parlaient tr\u00e8s fort. Je me souviens que je n\u2019avais rien compris au jeu extr\u00eamement sensuel de Maria Casares et, par cons\u00e9quent, rien compris \u00e0 la pi\u00e8ce. Adolescent cr\u00e9tin, j\u2019avais m\u00eame d\u00fb ricaner.<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Mais<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>soixante ans plus tard, l\u2019autre soir aux Abbesses, ce fut diff\u00e9rent. J\u2019ai enfin compris le sens de cette pi\u00e8ce magnifique.<br \/>\n<em>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u2014 Eh bien, connais donc Ph\u00e8dre et toute sa fureur !<\/em><br \/>\nPar le jeu tr\u00e8s sensuel et tr\u00e8s physique de Mademoiselle Bouchard dans ce r\u00f4le \u00e9crasant, j\u2019ai pu ressentir toute la violence du d\u00e9sir, les affres de la passion, la torture de la jalousie, en un mot, la fureur de cette reine tragique.<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Une formidable Ph\u00e8dre, manipul\u00e9e par une excellente \u0152none, un Hippolyte trop fragile, un Th\u00e9s\u00e9e emport\u00e9 \u00e0 souhait et un bon Th\u00e9ram\u00e8ne bien path\u00e9tique.<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9cor des Abbesses pour Ph\u00e8dre est \u00e0 peu pr\u00e8s aussi minimaliste que l\u2019\u00e9tait celui du TNP et les costumes sont sans appr\u00eat. La mise en sc\u00e8ne ne se montre pas. Elle a visiblement demand\u00e9 aux com\u00e9diens de scander les alexandrins, ce qui ne m\u2019a personnellement jamais g\u00ean\u00e9 &#8211; <em>j\u2019aime beaucoup les alexandrins<\/em> &#8211; sauf quand on insiste un peu trop sur les terminaisons en \u00ab\u00a0ion\u00a0\u00bb, comme mal\u00e9diction, humiliation, etc&#8230;, en les hachant les syllabes de mani\u00e8re peu naturelle (<em>ma-l\u00e9-dic-si-on, hu-mi-li-a-si-on<\/em>).<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Mais je ne peux terminer cette critique ais\u00e9e sans adresser \u00e0 nouveau ma vieille supplique \u00e0 la corporation des metteurs en sc\u00e8ne. Mais avant la supplique, une question : ces messieurs-dames, \u00e0 qui j\u2019accorde mon estime et reconnais beaucoup de droits en mati\u00e8re de cr\u00e9ation,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>montent-ils de temps en temps dans les \u00e9tages du th\u00e9\u00e2tre, vers les corbeilles, les balcons, les loges du fond, les places d\u2019orchestre enfouies sous les corbeilles ? Grimpent-ils parfois jusqu\u2019au poulailler, jusqu\u2019au Paradis ? S\u2019assurent-ils que, de la derni\u00e8re de ces places, on entendra la tirade murmur\u00e9e d\u2019Hippolyte ou la fin chuchot\u00e9e du r\u00e9cit de Th\u00e9ram\u00e8ne ?<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Je con\u00e7ois tr\u00e8s bien que l\u2019on souhaite se distinguer des d\u00e9clamations emphatiques \u00e0 la Mounet-Sully, mais qu\u2019on veuille bien se rappeler que les Enfants du Paradis (<em>et les Vieillards de l\u2019Orchestre<\/em>) ont droit eux aussi \u00e0 la totalit\u00e9 du texte. Faut-il rappeler \u00e0 ces professionnels du spectacle que le naturel n\u2019a pas vraiment sa place au th\u00e9\u00e2tre, ce monde enti\u00e8rement fait d\u2019artifices et dans lequel il faut qu\u2019une confidence faite \u00e0 l\u2019oreille d\u2019un personnage sur sc\u00e8ne soit entendue de la place la plus modeste de la salle ?<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Alors, ma supplique : montez le son, sacr\u00e9 bonsoir !<\/p>\n<p class=\"p2\" style=\"text-align: justify;\">Heureusement et Ph\u00e8dre, et Oenone, et Th\u00e9s\u00e9e \u00e9taient parfaitement audibles. C\u2019est l\u2019essentiel non ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0193 Ph\u00e8dre Jean Racine Mise en sc\u00e8ne : Brigitte Jaques-Wajeman R\u00f4le titre : Rapha\u00eble Bouchard Par le Th\u00e9\u00e2tre de la Ville au Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses. Cette fois-ci, nous n\u2019avons march\u00e9 qu\u2019une heure et demi dans un Paris priv\u00e9 de M\u00e9tro pour parvenir jusqu\u2019au Th\u00e9\u00e2tre des Abbesses, qui abrite le Th\u00e9\u00e2tre de la Ville &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=21402\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Ph\u00e8dre &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0193<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[94,2],"tags":[21,947,96],"class_list":["post-21402","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critiques","category-textes","tag-philippe","tag-racine","tag-theatre"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21402","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=21402"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/21402\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=21402"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=21402"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=21402"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}