{"id":20470,"date":"2019-12-06T07:47:18","date_gmt":"2019-12-06T06:47:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=20470"},"modified":"2019-12-09T07:20:50","modified_gmt":"2019-12-09T06:20:50","slug":"tres-cher-cinema-francais-critique-aisee-n183","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=20470","title":{"rendered":"(tr\u00e8s) cher cin\u00e9ma fran\u00e7ais &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0186"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0186<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>(tr\u00e8s) cher cin\u00e9ma fran\u00e7ais <\/strong><br \/>\n\u00c9ric Neuhoff<br \/>\n<em>Albin Michel &#8211; 2019 &#8211; 131 pages &#8211; 14 euros<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Moi, je l\u2019aime bien, \u00c9ric Neuhoff. Bien qu\u2019il se soit un peu emp\u00e2t\u00e9, \u00e0 63 ans, il a toujours une gueule de lyc\u00e9en redoublant une terminale. Il y a longtemps que je ne lis plus Le Figaro (non, je n\u2019ai pas chang\u00e9, mais le temps est trop court), mais je l\u2019entends souvent au Masque et la Plume. Je l\u2019aime bien, Neuhoff, au Masque et la plume. Je ne suis pas comme l\u2019autre l\u00e0, vous savez, Le Herpeur. On dit qu&rsquo;au Masque, Neuhoff est critique de cin\u00e9ma et que Le Herpeur est critique de Neuhoff. Il n&rsquo;est pas que critique de cin\u00e9ma, Neuhoff, il est aussi romancier. Il y a quelques ann\u00e9es, j&rsquo;avais lu de lui un de ses romans de jeunesse. J&rsquo;en ai oubli\u00e9 le titre, mais c&rsquo;\u00e9tait l\u00e9ger, agr\u00e9able. Il est aussi essayiste et son petit bouquin <em>Lettre ouverte \u00e0 Fran\u00e7ois Truffaut<\/em> valait le coup. J&rsquo;en avais donn\u00e9 ici un extrait il y a un peu plus d&rsquo;un an. Cliquez l\u00e0, si vous voulez :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=13096\">http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=13096<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il vient de sortir un petit bouquin (131 pages qui, avec une mise en page normale, auraient bien tenu en 60) <strong>\u00ab\u00a0(tr\u00e8s) cher cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u00a0\u00bb<\/strong> (les parenth\u00e8ses sont de lui) et qui lui a valu<!--more--> le prix Renaudot dans la cat\u00e9gorie des essais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, \u00c9ric Neuhoff est critique, romancier, essayiste, mais surtout, nostalgique. <a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=13096\">Nostalgique du Paris d&rsquo;avant<\/a> , nostalgique du cin\u00e9ma d&rsquo;avant, nostalgique. Son livre commence ainsi :<br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\">\u00ab\u00a0<em>HS. Kaputt. Finito. Arr\u00eatons les frais. Le cin\u00e9ma fran\u00e7ais agonise sous nos yeux. Il ne faut plus se voiler la face. Notre cin\u00e9ma se meurt, notre cin\u00e9ma est mort. Les Inrocks et T\u00e9l\u00e9rama tiennent les cordons du po\u00eale<\/em>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a vous met dans l&rsquo;ambiance. Un peu plus loin :<br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>\u00ab\u00a0Le cin\u00e9ma fran\u00e7ais s&rsquo;oublie, dans tous les sens du terme. Il nous parle une langue \u00e9trang\u00e8re, d\u00e9borde d&rsquo;humanisme, se gave d&rsquo;audaces factices. Ses prestiges sont pass\u00e9s. Incapables de consid\u00e9rer le fracas du monde, il ne se souvient pas qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 grand. Il ressemble \u00e0 Anne Hidalgo : sectaire, rev\u00eache, sans gr\u00e2ce, empestant l&rsquo;arrogance et la mauvaise foi. La paresse exerce des ravages. Le favoritisme r\u00e8gne en ma\u00eetre. M\u00e9lodrames b\u00e2cl\u00e9s, remakes malingres, biopic pl\u00e2treux, le choix est vaste. Les acteurs sont pay\u00e9s des fortunes : ils ne font pas une entr\u00e9e (exception Luchini).\u00a0\u00bb<\/em><\/span><br \/>\n(J&rsquo;aime bien le passage sur Hidalgo.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Neuhoff fulmine contre l&rsquo;avance sur recette et l&rsquo;absence de risques financiers qu&rsquo;elle permet et qui permet \u00e0 tous de faire n&rsquo;importe quoi. Il rage contre les C\u00e9sars o\u00f9 le grand jeu consiste \u00e0 se moquer de Delon, o\u00f9 ni Belmondo ni Marielle n&rsquo;ont jamais mis les pieds \u2014 Marielle disait \u00ab\u00a0je ne suis pas un acteur de tombola\u00a0\u00bb \u2014 et qui n&rsquo;a jamais accord\u00e9 la moindre r\u00e9compense \u00e0 Bardot. Il proteste contre les dialogues construits \u00a0\u00bb <em>\u00e0 grand renfort de borborygmes. Les ou\u00efes les moins fines auront remarqu\u00e9 que les films fran\u00e7ais souffrent g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;un probl\u00e8me de son. Les com\u00e9diens, m\u00eame quand ils n&rsquo;habitent pas le 9.3., n&rsquo;articulent pas. On tend l&rsquo;oreille : une phrase sur deux est incompr\u00e9hensible<\/em>\u00a0\u00bb (content de ne plus \u00eatre tout seul \u00e0 le dire&#8230; j&rsquo;avais l&rsquo;impression de devenir sourd).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Neuhoff fulmine, et Neuhoff regrette, dans une longue \u00e9vocation du cin\u00e9ma disparu. Bien s\u00fbr, tout cela est exag\u00e9r\u00e9, parfois injuste, souvent facile, tout n&rsquo;\u00e9tait pas bon et tout n&rsquo;est pas mauvais, surtout quand on sort de voir <em>Hors normes<\/em> et qu&rsquo;on a vu cette ann\u00e9e, <em>J&rsquo;accuse<\/em>,\u00a0 <em>Alice et le Maire, Deux moi, Une intime conviction, L&rsquo;homme fid\u00e8le, Le chant du loup<\/em>. Il suffira d&rsquo;oublier <em>Frankie, Chien stupide et Happy End..<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais quand m\u00eame, Ventura, Blier Bernard et Bertrand, Mireille Darc, Granier-Deferre, Truffaut, Fran\u00e7oise Fabian, Audiard, Malle, Lelouch, Romy Schneider&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ceux qui sont de sa g\u00e9n\u00e9ration ou d&rsquo;avant, c&rsquo;est parfois \u00e9mouvant de se rappeler avec lui ces films, ces acteurs et ces actrices, surtout ces actrices.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>(Tr\u00e8s) cher cin\u00e9ma fran\u00e7ais<\/em> est un grand coup de gueule, mais c&rsquo;est aussi un grand coup d&rsquo;\u00e9p\u00e9e dans l&rsquo;eau. Il n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs que de voir la r\u00e9action de la profession \u00e0 ce pamphlet pour comprendre que rien ne changera. Il suffit d&rsquo;entendre Yvan Attal, qui vient quand m\u00eame de nous donner une belle le\u00e7on de je-m&rsquo;en-foutisme avec son Chien stupide, r\u00e9pondre \u00e0 Neuhoff que s&rsquo;il trouve que le cin\u00e9ma fran\u00e7ais se meurt, il n&rsquo;a qu&rsquo;\u00e0 aller voir l&rsquo;\u00e9tat du cin\u00e9ma am\u00e9ricain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je r\u00eave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0186 (tr\u00e8s) cher cin\u00e9ma fran\u00e7ais \u00c9ric Neuhoff Albin Michel &#8211; 2019 &#8211; 131 pages &#8211; 14 euros Moi, je l\u2019aime bien, \u00c9ric Neuhoff. Bien qu\u2019il se soit un peu emp\u00e2t\u00e9, \u00e0 63 ans, il a toujours une gueule de lyc\u00e9en redoublant une terminale. 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