{"id":19385,"date":"2019-09-04T07:47:05","date_gmt":"2019-09-04T05:47:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=19385"},"modified":"2019-09-06T08:27:43","modified_gmt":"2019-09-06T06:27:43","slug":"never-grow-old-critique-aisee-169","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=19385","title":{"rendered":"Never grow old &#8211; Critique ais\u00e9e 169"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0169<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Never grow old<\/strong><br \/>\nIan Kavanagh &#8211; 2019<br \/>\n<em>John Cusack, Emile Hirsch, D\u00e9borah Fran\u00e7ois<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce film, je vais pouvoir vous en dire la fin. Ce n\u2019est pas mon habitude, mais de deux choses l\u2019une : ou vous l\u2019avez vu et vous la connaissez, ou vous ne l\u2019avez pas vu et vous ne la conna\u00eetrez jamais.<br \/>\nJamais ?<br \/>\nJamais !<br \/>\nOu alors dans deux ou trois ans sur l\u2019\u00e9cran fissur\u00e9 de votre tablette obsol\u00e8te et d\u2019ici l\u00e0, il y a longtemps que vous aurez oubli\u00e9 ma critique.<br \/>\nMais pourquoi, ce <em>jamais<\/em> p\u00e9remptoire ?<br \/>\nC&rsquo;est \u00e9vident :<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li>Never grow old est sorti au mois d\u2019ao\u00fbt<\/li>\n<li>\u00a0C\u2019est un western<\/li>\n<li>\u00a0Il n\u2019est pas sign\u00e9 Quentin Tarentino<\/li>\n<li>\u00a0Ni Brad Pitt, ni Tom Cruise ne jouent dedans<\/li>\n<li>\u00a0La presse n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bonne<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cinq mauvaises raisons, mais raisons quand m\u00eame pour qu\u2019il disparaisse des salles au bout d\u2019une semaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La critique du Masque et la Plume ayant \u00e9t\u00e9 unanimement bonne, je <!--more-->me suis aussit\u00f4t rendu chez mes fournisseurs habituels de cin\u00e9matographie, UGC Danton, UGC Odeon, UGC Gobelins, UGC 83, MK2 Saint Germain, Gaumont Parnasse et autres Fauvette. Disparu, Never Grow Old ! Si je voulais le voir, c\u2019\u00e9tait mardi soir \u00e0 20 heures au Studio Galande.<br \/>\nJ\u2019ai obtenu la permission et j\u2019y suis all\u00e9, tout seul, comme un jeune homme. Sympa, le Studio Galande. Autrefois on disait Cin\u00e9-Club, aujourd\u2019hui c\u2019est Cin\u00e9ma d\u2019Art et d\u2019Essai. \u00c7a fait moins intime, moins entre-soi, mais plus cultiv\u00e9. Moins de cent places probablement, raisonnablement conditionn\u00e9. J\u2019arrive \u00e0 20 heures pr\u00e9cises ; une quinzaine de spectateurs. Certains lisent un livre de poche, d\u2019autres les nouvelles sur leur iPhone, un seul dort dans la fraicheur. Je m\u2019installe. 20h05, la lumi\u00e8re d\u00e9croit, l\u2019\u00e9cran reste sombre, mais le son monte, un bruit de coups de marteaux, je crois. C\u2019est le film. Pas de publicit\u00e9, pas d\u2019annonce, le film, le r\u00eave !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le film est un western, sombre, pluvieux, boueux. L\u2019action est lente, pr\u00e9visible, la trag\u00e9die, in\u00e9luctable. Les d\u00e9cors sont tristes, comme la vie devait l\u2019\u00eatre \u00e0 cette \u00e9poque de conqu\u00eate de l\u2019Ouest, le milieu du XIX \u00e8me si\u00e8cle, quand, parti d\u2019Irlande, par fatigue, par peur, par n\u00e9cessit\u00e9, on allait pas jusqu\u2019au bout de son r\u00eave, la Californie riche et ensoleill\u00e9e, et qu\u2019on s\u2019arr\u00eatait au pied des derni\u00e8res montagnes avant le paradis, dans un pays sombre, pluvieux, boueux. C\u2019est l\u00e0 que se sont arr\u00eat\u00e9s Patrick Tate, sa femme et ses deux enfants, \u00e0 un ou deux miles de Garlow. Garlow, petite ville au commerce d\u00e9clinant, sans h\u00f4tel, sans bordel, sans saloon,\u00a0 sans alcool, \u00e0 la population soumise \u00e0 un pasteur fr\u00e9n\u00e9tique et \u00e0 sa femme fantomatique. Patrick Tate vit l\u00e0, r\u00e9sign\u00e9, gagnant quelques dollars \u00e0 faire la toilette des morts et leur construire leur dernier habit en sapin. Une nuit, encore davantage pluvieuse que d\u2019habitude, trois cavaliers, aussi sombres et boueux que la campagne environnante arrivent en ville. C\u2019est Dutch Albert, sorte de diable poli, et ses deux supp\u00f4ts : l\u2019idiot \u00e0 la langue coup\u00e9e Dumb-dumb (litt\u00e9ralement <em>muet-idiot<\/em> ou <em>idiot-muet<\/em> ou <em>double idiot<\/em>, au choix) , et le chafouin Sicily. Vous avez d\u00e9j\u00e0 devin\u00e9 : ils vont chambouler la ville. Ils vont rouvrir le saloon, faire venir des prostitu\u00e9es et des barils de whisky.<br \/>\nIls vont faire r\u00e9gner la terreur et tuer qui bon leur semblera, mauvais joueurs, ivrognes ou simples passants, restituant ainsi \u00e0 Garlow\u00a0 le visage traditionnel des petites villes de l\u2019Ouest que nous connaissons. Les morts s\u2019accumulent, la population n\u2019ose rien d\u00e9noncer, le sh\u00e9rif n\u2019en peut mais et le pasteur est au comble de la fureur. Patrick, lui, h\u00e9site. Depuis l\u2019arriv\u00e9e du trio infernal, ses affaires de croque-mort marchent mieux et il enfouit chaque dollar dans un coffret herm\u00e9tique \u00e0 la boue. De plus, il n\u2019 a rien \u00e0 craindre de Dutch Albert qui s\u2019est auto-proclam\u00e9 son ami sans qu\u2019il ose rien dire. Pourtant, sa conscience, bien aid\u00e9e en cela par sa femme, le travaille, lentement. Et viendra le jour o\u00f9 son sens du bien et du mal refera surface et o\u00f9\u2026, mais vous connaissez la suite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, tout cela est tr\u00e8s classique. Mais c\u2019est la fa\u00e7on de traiter le clich\u00e9 qui fait l\u2019int\u00e9r\u00eat du film : l\u2019absence des grands espaces, de troupeaux, de cow-boys, d\u2019indiens, le peu d\u2019importance des chevaux, la pluie, la boue, la faible lumi\u00e8re, la profession du personnage principal, sa lenteur et sa passivit\u00e9, la fureur du pasteur, la politesse mena\u00e7ante de Dutch Albert, la mort de Dumb-dumb et beaucoup d\u2019autres chose encore font un film original, bien ficel\u00e9 et que vous auriez pu voir avec plaisir pour peu que vous n\u2019ayez pas attendu ma critique tardive pour vous d\u00e9cider.\u00a0 Avec le film r\u00e9alis\u00e9 avec talent par ce r\u00e9alisateur irlandais, tourn\u00e9 en Irlande et dans le Grand Duch\u00e9 du Luxembourg (!), avec des acteurs am\u00e9ricains, belges, italien, britannique et irlandais, on est tr\u00e8s loin des lourdes caricatures\u00a0 et des copi\u00e9-coll\u00e9s nonchalants de Quentin Tarantino.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On en est loin. Et c\u2019est justement pour cela que vous ne pourrez pas voir ce film.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-19387\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/download-2.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"183\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Extraordinaire John Cusack !<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0169 Never grow old Ian Kavanagh &#8211; 2019 John Cusack, Emile Hirsch, D\u00e9borah Fran\u00e7ois Ce film, je vais pouvoir vous en dire la fin. 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